17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 03:35

Après une nuit de bus au départ de Sapa, nous débarquons dès l’aube à Hanoï, capitale du Viêt-Nam, deuxième plus grande ville du pays avec ses 3 millions d’habitants (cela paraît peu par rapport aux mégalopoles chinoises !) Un taxi nous pigeonne un peu d’entrée pour nous emmener chez ma Couchsurfer, Yojin, Coréenne ayant grandi à New York et vécu à Paris et Helsinki. Elle habite un appartement de fou qu’elle partage avec une Canadienne et une Américaine, toutes 3 sont professeures (avec businessman, j’ai l’impression que l’enseignement est le meilleur job pour voyager et s’installer à l’étranger !)

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L’appartement est situé du côté de Ho Tay, le plus grand lac d’Hanoï, un quartier très européen. Nous faisons le tour de la zone et je découvre que la France a laissé une influence plus profonde qu’imaginé jusque-là. L’architecture des maisons (ou plutôt des villas) est grandement française, le nombre de boulangeries « made in France » est incalculable. Les Vietnamiens appellent toujours les étrangères « Madame », avec une prononciation française s’il vous plaît ! J’ai rencontré plusieurs vieilles dames qui ne parlaient pas anglais, mais qui se débrouillaient avec la langue de Molière.

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La France a quitté le Viêt-Nam (et l’Indochine) en 1954 (accords de Genève, deux mois après la défaite de Dien Bien Phu). Depuis, le pays a traversé la guerre contre les Etats-Unis, un conflit entre le nord et le sud, occupé le Cambodge dix ans et mis fin au régime des Khmers rouges, et entretenu des relations diplomatiques très difficiles avec la Chine (conflit frontalier en 1979). Je rappelle aussi que le Viêt-Nam est officiellement un pays communiste et c’est donc sans surprise que l’on peut visiter le mausolée d’Ho Chi Minh, figure de l’indépendance et de la résistance à l’envahisseur étranger (après le mausolée de Lénine et de Mao… tradition des communistes ces mausolées !).

Alors oui le Vietnamien paraît petit comme ça. Il sourit, il est gentil, serviable… mais en temps de guerre il se révèle un redoutable combattant, capable de résister aux envahisseurs mongols au XIIIème siècle ou de mettre à la porte les Américains malgré une différence dans les technologies assez abyssales.


 

Assez d’histoire, revenons à la ville de Hanoï qui restera un très bon souvenir. Beaucoup de lacs, un grand soleil, une température correcte : les conditions étaient réunies pour que l’on puisse passer un agréable séjour. Nous avons dépensé deux jours dans les 36 vieilles rues du centre-ville à marchander et négocier  (épisode déjà longuement évoqué dans mon précédent article). Point intéressant : la plupart des prix sont annoncés en dollars. Etonnant de la part d’un pays sous embargo américain jusque 1994 ! L’explication est assez simple, 1€ vaut 28 000 dongs, monnaie locale. Alors quand nous demandons un prix, le vendeur préfère dire 5$ que 100 000 dongs, cela paraît beaucoup moins cher à l’oreille. Mieux, alors que nous payons au restaurant, nous obtenons 1$ américain de change. Pour ma partenaire n’ayant jamais visité les Etats-Unis, c’est l’occasion d’avoir un nouveau billet dans sa collection !

 

Concernant les restaurants, et la nourriture en général, on m’a dit beaucoup de bien de la nourriture vietnamienne. Je suis déçu, très clairement. J’en viendrais presque à regretter la nourriture chinoise ! Depuis 48 heures je suis un peu malade et j’accuse très clairement la cuisine locale ! De la soupe, des nuddles, du bœuf, du riz. Rien d’extraordinaire pour l’Asie, et moins bien préparé, pour le moment, qu’en Chine.

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Traverser la rue à Hanoï est un challenge. Le nombre de motos est extraordinaire (je mise sur une voiture pour 20-30 motos). Comment traverser ? Les locaux nous ont expliqué : il ne faut pas regarder ! Marcher lentement en diagonale, les motos vont vous effleurer mais réussiront toujours à vous éviter ! Cela paraît dangereux ? Ça l’est ! Cela a bien fonctionné jusqu’au dernier jour, lorsqu’une voiture ne m’a pas évité… heureusement elle roulait à une vitesse très limitée, due à la dense circulation. Je m’en sors sans dégâts. Ce système fonctionne donc avec les motos, moins avec les autos.

Enfin, nous avons pu découvrir les joies de la poste au Vietnam. Objectif : envoyer un colis (15 kilos !) en France. Temps estimé : 3 mois (réduit à deux après discussions, à croire qu’il faut tout négocier ici !). Bien sûr il faut protéger ce que nous envoyons, papier journal, rouleau d’adhésif, polystyrène… tout ce que nous trouvons dans le coin entre dans le carton ! Nous sommes finalement restés dans la poste… 3h30 ! Dany Boon pourrait en faire un sketch.

 

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Pour quitter Hanoï c’est la galère. Nous pensons pouvoir prendre un bus depuis une station, finalement ce n’est pas la bonne. Les locaux nous aident, nous montrent le bus numéro 1. Le chauffeur nous explique que ce n’est pas le bon bus. Même histoire pour le bus 28. Nous prenons finalement un taxi qui nous pigeonne assez magistralement avec son compteur : lorsque j’observe le compteur il évolue lentement… 1, 2, 3… je tourne la tête deux secondes : 13 ! J’ai renouvelé l’expérience deux fois, la même ! Ensuite je n’ai pas quitté le compteur des yeux !

Une nouvelle station de bus. Au guichet on nous explique qu’il n’y a pas de ticket disponible aujourd’hui. Les locaux veulent nous venir en aide, mais ils en viennent surtout presqu’aux mains, à savoir qui a raison sur la solution à apporter à notre problème. Ils s’énervent, se crient dessus. Nous, au milieu de tout ça, on en regrette presque d’avoir posé la question. Finalement, une demoiselle, plus énervée que les autres, nous prend par la main et nous fout dans un bus, qui se révèlera être le bon ! A nous la côte !

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