20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 22:24

Le message est tombé en début d'après-midi. Un mail de mon directeur de thèse. Une proposition pour écrire une note d'une dizaine de pages sur la situation économique du Rwanda, contre rémunération. Ça y est, j'y suis. Cela correspond à la définition du travail. Et figurez-vous que ça m'a bousillé le reste de la journée.

J'ai toujours su que ça n'était pas la vie que je souhaitais réellement. Cependant je n'ai pas encore trouvé mieux. Je n'ai pas encore trouvé la réponse à la vie que je cherche. Je suis un éternel insatisfait. Bon, tout ce que j'écris là je l'écris pour moi avant tout. Je ne sais même pas si je vais le publier. Ça me fait chier. Je m'ennuie. Cela fait une semaine que je réclame du repos, que je dis souhaiter rester un peu chez moi et ne pas sortir. Et voilà le résultat. Je déprime. Je recherche la solitude pour mieux la haïr. Putain de relation à distance aussi. Putain de vie, putain d'espérance. Putain d'insatisfaction. Putain de moi, surtout. Jamais content. Toujours à râler. Non, vous ne vous en rendez pas compte, puisque je ne râle pas quand les gens sont là. Mais je râle alone, seul, sans personne. Je râle contre moi-même, contre mon mal-être. Ça m'apprendra à ne pas partager ça, du coup, je reste comme un con avec mes problèmes, sans les résoudre. Qui sait, quelqu'un pourrait avoir une réponse, peut-être même LA réponse.

Tu sais, ce choix d'étude me fait déjà un peu chier. Souvent je me pose la question : pourquoi ? Pourquoi faire ça, à quoi ça sert ? Bon, je me posais la question déjà au lycée quand j'étudiais les nombres premiers, mais à l'époque j'espérais qu'un jour ça servirait. Là je sais que ça ne servira pas. Si, bien sûr, ça peut me servir à avoir ma thèse, voir même choper un bon boulot. Mais est-ce que ça servira mon bonheur ? Question rhétorique, j'ai la réponse.

Putain de bonheur, plus je le cherche et moins je le trouve. Où est-il ce bonheur perpétuel ? Celui auquel je croyais il n'y a pas si longtemps. La solitude, décidément, n'est pas bonne pour celui-ci. Là, la question n'est pas pourquoi. Mais comment. Comment trouver ce bonheur, comment le réaliser ? Je me rends compte au jour le jour que ma vie me déçoit. Pas quand je fais quelque chose. Mais quand je m'arrête, et que je réfléchis quelque peu au sens de tout ça. Non, mais à quoi ça sert franchement ? Des journées insignifiantes qui s'enchaînent. Des soirées qui se ressemblent, des conversations qui s'éternisent pour revenir au point de départ. La même bouffe chaque semaine, les mêmes paysages, et toujours les mêmes idées qui reviennent, toujours, me hanter.

Pfff. Je crois que le fait de rester quelques jours/semaines au même endroit ne me réussit pas. Je crois que je ne me suis pas encore complètement réadapté à cette vie. Il me manque les aventures, l'aventure de la vie. J'ai l'impression de stagner, de laisser passer de précieuses minutes à ne rien faire, à être bloqué sur Facebook à contempler des vies plus chiantes que la mienne en ce moment pour me rassurer, et me dire que je ne suis pas le seul dans cette merde là qu'est la vie. Putain de Pas-de-Calais aussi. Putain de neige qui m'a bloqué aujourd'hui comme hier dans mon petit chez moi, bien au chaud, tranquille, blotti dans mon ennui.

Merde, putain, j'ai 25 ans ! Et je me fais déjà chier. Et j'en ai déjà marre. J'ai déjà l'impression d'avoir fait le tour. Qu'est-ce que ça sera dans 15 ans ? Heureusement, il me reste les gosses, c'est mon espoir ! Profiter d'eux. En faire déjà. Est-ce que ça sera ça, eux, mon bonheur ? Pourvu ! Même si quand je regarde autour de moi je vois bien que ça ne suffit pas. J'en ai vu des couples malheureux avec mômes.

Alors c'est ça, il faut que je m'y fasse. On ne peut pas être heureux, en tout cas, pas tout le temps. Chienne de vie, ne me dis pas que c'est vrai ! Moi qui croyais en toi, moi qui fondais tant d'espoir, moi qui essayais de tout faire bien, d'être gentil avec tout le monde, afin d'apporter le bonheur et de le récolter au passage. Merci du résultat.

Cendre et poussière que nous sommes. En pleine force de l'âge, j'ai peur des regrets. Je regarde de plus en plus ma carte du monde depuis que ce con d'Anglais est venu. Putain d'Amérique du sud. Et la route de la Soie. Et ces cons d'Amerlocks, avec leur road 66. Putain, j'ai peur d'être bientôt trop vieux pour avoir les couilles de le faire.

Voilà, tout ça c'est rien, ou si peu. Je n'ai pas trouvé les réponses que je cherchais, je n'ai même pas trouvé les vraies questions. Je reste au point de départ. Sans espoir. Journée de merde. Vivement demain.

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commentaires

C

et alors tu l'écris cette note?


réponse à ton texto : a quand une bonen franquette? t'es libre quel soir?
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F


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M

On avait croisé une p'tite famille de frenchies dans un fastfood sur la route 66, ils s'enfilaient leur burger face au coucher de soleil sur le désert arizonien, et leurs deux ados étaient
scotchés !
Il est jamais trop tard pour la prendre ! ;)
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F

Perpétuelle quête du bonheur... Moi je pense que l'homme n'a juste pas été conçu pour être heureux en permanence. On connaît le bonheur par intérim, justement pour se rappeler qu'il existe.
Ou alors il faut arrêter de se demander qu'est ce que le bonheur, comment l'atteindre, qu'est ce que je dois faire de ma vie et accepter de vivre chaque moment sans rien remettre en question...
Ou alors méthode plus facile, se répéter chaque matin 7 fois "je suis heureux !" ou plus efficace encore "je suis heureux bordel de cul !"
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