24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 12:02

Me retrouver avec Camus c’est avant tout de la fainéantise. A la bibliothèque de Tampere, je partais à la recherche d’ouvrages en français après une expérience difficile en compagnie d’Hemingway (le vieil homme et la mer, avec une multitude de vocabulaire marin qui m’était jusque là inconnu). Je me suis trouvé face à Victor Hugo, mais Notre-Dame-de-Paris équivalait à un sac de pommes de terres de 10kg niveau poids. Je poursuivi dans les rayons et j’ai vu Camus, Albert de son prénom.

Camus, je me souvenais avoir lu l’envie de notre actuel président de la République de transférer ses cendres au Panthéon. Comme le monsieur n’est pas à un très grand fan de littérature française et notamment de la Princesse de Clèves, j’ai pensé qu’il devait y avoir une raison à cet attrait pour le Prix Nobel 1957. De plus le livre était court, alors pourquoi résister ?

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J’ai commencé par l’étranger et j’ai très vite apprécié le style d’écriture. Je ne suis pas un grand fan des descriptions à la Madame Bovary, je préfère un peu plus d’actions. L’étranger c’est l’histoire d’un mec comme vous, comme moi, qui s’ennuie parfois dans sa vie. Il fait plusieurs rencontres intéressantes, des nouveaux amis et tout d’un coup il déconne totalement. Le livre m’a laissé perplexe, j’avoue ne pas toujours comprendre la réaction de cet homme qui se transforme en quelques dizaines de pages en assassin. Cependant, après avoir apprécié le style, je pouvais passer au livre le plus connu de l’auteur : la peste.

 

La Peste m’a charmé, impressionné, touché, troublé, ému, affecté et tant d’autres synonymes d’enchanté. L’histoire est au départ très basique, une épidémie de peste se déclare à Oran, en pleine Algérie française. La suite est juste un délice de description des réactions et des sentiments de ses habitants. Camus passe tout en revue : la fermeture des portes de la ville, les couples brisés, la peur de la mort, la peur de l’autre, le temps de l’action, de l’inaction, l’amour, l’amitié, le plaisir. Tout a changé avec la peste qui ne fait pas de distinctions sociales. Les enfants meurent autant que les adultes, les femmes, les animaux, rien n’est épargné. Camus évoque également la religion avec ses espoirs et ses désespoirs. Le temps aussi, qui passe au rythme de la peste, s’accélère, ralentit et emporte tout sur son passage.

En résumé, c’est un livre à lire. Un livre que j’ai directement classé sur le podium de mes livres préférés.

 

Enfin, j’ai fini ma période Camus avec la Chute. J’ai rigolé pendant trois chapitres et j’ai beaucoup réfléchi les deux derniers. Encore un livre court au style aisé. Un humour sarcastique, parfois noir. Et un façon de pensée la vie très différente du reste de mes contemporaines.

 

Je finirai avec quelques citations de ces ouvrages :

La bêtise insiste toujours. [La peste]

Le charme : une manière de s’entendre répondre « oui » sans avoir posé aucune question claire [La chute]

Nul homme n’est hypocrite dans ses plaisirs [La chute]

Et surtout : Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser [La Peste]

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