27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 09:29

Nous nous étions implantés à une cinquantaine de kilomètres d'Istanbul. Istanbul, la promise, celle qui nous attendions tous. Istanbul était un symbole aux multiples facettes. Parvenir aux portes d'Istanbul, c'était d'abord de la fierté, celle d'avoir accompli la moitié de notre tour d'Europe. C'était un signal fort envoyé à ceux qui n'y croyaient pas. Istanbul, c'était aussi la découverte, celle d'un autre monde, que nous qualifions tous les trois d'Européen.

C'est donc avec la conviction que notre aventure avait pris du galon que nous filions vers la ville, mégalopole de 12 millions d'habitants. Nous avions d'abord pour projet de nous garer près de l'aéroport, afin de ne pas nous placer trop près de la ville, réputée pour sa circulation infernale, et d'avoir ainsi un point de repère. Mais nous échouons, et parvenons alors à nous garer dans une petite rue située près d'un hôpital. Le premier contact, deux hommes à qui je demande le chemin, est plus que positif.

europa tour (27)Nous prenons le dolmuç (bus) afin de relier la station de tram et nous approcher du centre. Une fois cela fait, j'aperçois une Mosquée aux 6 minartets, que je pense être Sainte Sophie. Grave erreur, le guide d'Istanbul que j'étais commençait mal la partie. Il s'agissait en fait de la Mosquée Bleue, édifice réellement impressionnant, avec ses 6 minarets et son intérieur colossal.  Nous parvenons à y pénétrer à la condition de rêvetir un magnifique drap bleu censé nous couvrir les jambes.

Puis nous prenons la route de la fameuse basilique Sainte Sophie, toute proche, mais nous ne réussissons pas à y rentrer, celle ci pratiquant des tarifs quelque peu démesurés. C'est la même chose pour le Palais de Topkapi, l'autre édifice représentant la ville. Palais des sultans, c'est un peu le Versailles Turc. Mais un Versailles entouré de murs de 5 mètres, ça ne laisse pas beaucoup de place à la fraude dont nous étions devenus des spécialistes. Face aux imposants murs de Topkapi, nous abandonnons et poursuivons la visite vers le Bazar Egyptien.P1020699 (modifié)

Dans ce bazar, nous instaurons les premiers contacts avec les Stambouliotes qui confirment l'impression positive du début. Très chaleureux, accueillants, prêts à se mettre en 4 pour nous. Le midi, on se fait plaisir, parce que c'est Istanbul. Fort logiquement, on s'offre un kebab, accompagné d'un jus de fruit pressé qui restera dans les annales, et ce pour la modique somme de 1.50 euros! Puis nous décidons d'acheter une autre spécialité locale, les loukoums. Les loukoums d'Istanbul entreront dans la légende du tour d'Europe, et nous les consommerons précieusement pendant encore une bonne partie du trajet. Alors que nous commençions à les entamer sur un petit murer du quartier de Fatih, un homme passa devant nous et fit tomber une brosse. Je décidais de lui rendre, et pour me remercier ce monsieur s'enquit de me cirer les chaussures. Je refusais par deux fois mais devant son insistance à vouloir "me remercier", cédais. Bien évidemment mes collègues ne manquèrent pas l'occasion de me charier. A la fin, je me sentis naif d'avoir cru au caractère gratuit de la prestation de notre ami en échange de mon aide, puisqu'il nous demanda de payer...Pour être tranquilles, nous lui donnâmes néanmoins une petite compensation.

P1050819.JPGPar la suite, nous continuons dans le quartier de Fatih, réputé fondamentaliste, et nous y perdons. Soudain, la masse imposante d'une mosquée surgit devant nous et nous aidà à retrouver le chemin. Se perdre dans les rues d'Istanbul était un plaisir, plaisir dépassé par celui de s'asseoir au beau milieu de la population pour siroter un thé et manger une pâtisserie. Là encore, l'accueil est chaleureux.
Puis nous marchons encore, vers le Grand Bazar et le Vieux Bazar, où nous profitons pour acheter quelques souvenirs, pratiquement les seuls du périple. Les vendeurs nous interpellent de tous les coins, criant des "Barcelona!" à tout va à la vue du maillot de Romain. (Correction de l'auteur : Lucas fume trop, Romain avait le coq français tandis que Jérémy avait bel et bien le maillot de Barcelone).

Nous parvenons vite sous les coups de 19h, et traversons le fameux pont de Galata qui relie le vieux Istanbul que nous quittons à l'Istanbul moderne, plus européen, que nous nous apprêtons à découvrir. Alors que le soleil se couche sur le Bosphore, j'appelle Olivia pour lui souhaiter son anniversaire. Le tableau des pêcheurs à la ligne qui s'acharnent sous la couleur du soleil en effacerait presque la laideur du pont. Nous restons à proximité de celui ci pour déguster un...kebab! mais au poisson cette fois ci, alors que les chats et les mouettes se livrent une véritable guerre autour de nous pour s'approprier les restes de poisson gisant autour du port.
 

P1020728 (modifié)Comme prévu, c'est bien un autre Istanbul que nous découvrons durant la soirée, où tout nous ferait penser que la Turquie a déjà un pied bien ancré en Europe. Les rues sont tracées à l'Européenne, les boutiques le sont aussi, et la population semble également vivre à l'heure du Vieux Continent. Il y a sans doute un peu de raisons historiques, puisque le quartier de Galata fut fondé par des Gênois et fut peuplé pendant longtemps d'une population majoritairement européenne. On se perd à nouveau dans les quelques ruelles du quartier, le temps d'échouer au pied d'une mosquée à l'heure de la prière. On a alors l'impression que les imams conversent entre eux religieusement, les prières se faisant d'un coup d'un seul entendre à partir de tous les minarets de la ville. Une sensation inoubliable qui nous fait à nouveau prendre toute la mesure de cette aventure aux confins de l'Europe.

Puis, on se pose manger quelques loukoums sur le quai, admirant les batîments et les mosquées éclairées sur l'autre rive alors que la nuit est totalement tombée désormais. Instant symbolique puisque nous étions à ce moment précis sur le point le plus à l'Est de notre parcours. Puis nous revenons dans le quartier de la Corne d'Or, celui que nous avions visité dans la matinée, dans le but de revenir sur nos pas tout doucement. J'en profite pour m'acheter un dernier...kebab et calmer ma faim intarissable avec mes derniers deniers, alors que Romain reste fan de pâtisseries.

Le tram nous conduit jusqu'au quartier où nous avons posé la voiture. Le problème qui se pose est alors de retrouver celle ci! Nous voici, dans les 1h du matin, au beau milieu de la banlieue d'Istanbul, en train d'errer pour retrouver cette petite rue perdue parmi des milliers! Le matin, nous avions heureusement pensé à prendre des photos des noms de places et de rues environnantes pour retrouver notre chemin par la suite. Cela étant, on tourne en rond pendant au moins trois quarts d'heure, certains nous indiquant tantôt une direction, alors que d'autres nous dirigent vers la route opposée. On en vient à demander notre chemin aux policiers, plus que sympathiques et preuve supplémentaire de la gentillesse du peuple turc. Malheureusement, même eux ne parviennent pas à nous éclairer!
Finalement nous retrouverons la voiture, après avoir cédé à l'appel des taxis. Nous nous sommes mis en route sur les coups de 2h du matin, éreintés par cette journée pleine. Sans doute nous souviendrons nous longtemps de ce 27 juillet 2009, jour où Istanbul fut conquise!


Lucas
P1050844 (modifié)

J'avoue avoir adoré Istanbul. Ses habitants furent charmants, très chaleureux.  La mosquée bleue m'impressionna. Le grand bazar fut magnifique. Les loukoums m'ont emmené ont paradis. L'appel de la prière résonne encore dans mon esprit. Après quelques jours de rationnement, les prix nous ont encouragés toute la journée à la consommation des spéciliatités locales et le kébab-verre de jus d'orange à 1€50 ou le fish-kébab restent graver. Mais le moment le plus drôle fut le cirage de pompe, ou plutôt de sandale Décathlon de notre président Lucas. Romain nous fit une journée Benny Hill, à savoir je me prends le trottoir tous les 250 mètres. Chacun à donc sa spécialité, c'est ça une équipe qui gagne. La ville reste également pour moi une dualité étrange, avec un pont faisant office de frontière entre l'Europe et la Turquie, la vraie.

Istanbul fut pour moi un délice, un immense loukoum aux saveurs bien particulière, très différent edu reste de notre tour. Alors ce n'était qu'un au revoir.

 

Note de la journée : 19/20

 

Jérémy

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