15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 23:19

Annoncer à sa copine que l’on va aller faire les magasins cet après-midi… quelle idée de fou ! Pourtant j’étais prévenu, beaucoup m’avait évoqué ce sujet sensible chez nous, gente masculine. C’est un peu une sorte de drame collectif, vécu par près de 50% de la population. Un après-midi de magasins et pas n’importe où : la cité de l’Europe ! Plus de 100 enseignes prêtes à découvrir le livret A de Monsieur pour le bonheur de Madame.

Tout commença avec l’annonce. Cela ressemblait à une demande en mariage. D’un côté, le Monsieur qui, en exprimant ses mots, continue de se demander s'il ne fait pas là l’erreur de sa vie. De l’autre, Madame, des yeux pétillants et un sourire ravageur. Elle sait que cela va être son moment. Elle organise déjà les préparatifs : comment nous nous y rendrons ?, combien de temps nous resterons dans ce lieu paradisiaque ? (ou démoniaque selon le côté duquel on se trouve) Quelles enseignes font des réductions ? De quel vêtements ai-je besoin ? La gente masculine ne me contredira pas lorsque je lui susurre à l’oreille « mais tu as déjà tout ce qu’il te faut…. » De l’autre côté, la gente féminine me rappela que six paires de chaussures sont très peu dans une vie et qu’une septième servira ce soir, pour ce fameux anniversaire où elle ne savait pas quoi porter.
Sur la route, peu importe la conversation, tout revient à cette robe, présente dans le magasine. Tu peux aborder tous les sujets que tu souhaites, tu peux même essayer de t ‘engueuler, elle ne perdra pas de vue les magasins. Et lorsque Candide entre dans son eldorado, on y décèle le bonheur sur son visage. Pour Monsieur, c’est un calvaire de plusieurs heures qui commencent.
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En effet, si les hommes aiment parfois les magasins, ils sont loin du niveau de Mesdames. Surtout ils n’ont pas la même technique d’achat. Pour lui, c’est facile : j’aime, j’essaie, ça me va, j’achète. Madame a un processus beaucoup plus compliqué et bien plus long. Une longueur que l’on peut ressentir à l’entrée des magasins où toute une foule de Monsieur attends, avec les enfants, parfois très nerveux et reportant leur colère sur leurs démons de gosses que l’on ne peut pas tenir. « Kévin, viens ici ! T’arrêtes maintenant ! Je vais t’en mettre une ! Ca va barder ! » (rappelons que notre histoire se déroule dans le Calaisis)
Pendant ce temps Madame recherche la perle rare, celle que personne ne portera le soir même, sinon c’est le drame d’une vie. Comme si elle serai l’unique porteuse de cette robe à fleur. Madame choisit quelques vêtements après de longues hésitations. Puis elle les essaie. « Ca me va ? » Comme tout garçon intelligent qui espère en finir au plus vite je répond logiquement « mais oui ma chérie, tout te va ». Malheureusement ce n’est pas la réponse qu’elle attendait, elle voulait un « oui, cette robe te met parfaitement en valeur, et tous les autres garçons se retourneront sur toi tellement tu es jolie et les autres filles seront jalouses et te demanderont « où as-tu trouver cette perle rare ? » ». Malheureusement tu n’as pas l’âme d’un littéraire et cela la conduit à retirer ce vêtement et à le remettre en rayon. Ce processus se répète plusieurs fois.
A plusieurs reprises tu penses à avoir fini quand elle a un sourire et dis : « j’aime bien, c’est plutôt jolie ». Puis, sans aucun explication rationnelle, elle remet la robe en rayon et t’achève en quelques mots : « finalement non, c’est pas pour moi ce genre de vêtements ». Dans ta tête tu te demandes logiquement : « mais pourquoi l’essayer ? » ou encore un légitime « qu’est-ce que j’ai fais pour mériter cela ? »

Soudain, ses yeux pétillent. Elle l’a vue. C’est cette robe qui fera son bonheur.
Lorsque tu regardes le prix, ton cœur frétille. As-tu bien vu ? C’est cette robe qui te cause tant de douleur.

Reste les chaussures. Là c’est un défilé de mode qui se déroule devant tes yeux. Elle aime cette paire là mais elle pense qu’elle peut trouver mieux. On continue. Un magasin, puis deux, trois, dix. Finalement on retourne au premier, quelques instants (dizaines de minutes) plus tard. Tu n’entres pas en expliquant que ton allergie te reprend (en vérité cette allergie est causée par une trop grand présence féminine dans un lieu ouvertement hostile à ton porte-monnaie). Dix minutes plus tard, elle n’est toujours pas réapparue. Que peut-elle donc faire ? Enfin, là voilà qui surgit, deux paires de chaussures de plus, 50€ de moins.


A tous les traumatisés des magasins
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