15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 13:34

La filmographie de Jacques Audiard est finalement très rapide puisqu’il n’a réalisé que 7 films. Attention les chefs d’œuvre.

 

Regarde les hommes tomber (1994) : 15/20. Avec Jean Yanne, Jean-Louis Trintignant et Mathieu Kassovitz

 

Regarde les hommes tomber jacques audiard jean louis trintiDeux histoires qui se ressemblent. Celle de Simon (Jean Yanne) et celle de Marx (Jean-Louis Trintignant), emportés peu à peu par le temps qui passe. La vieillesse, la remise en question. Et au milieu, deux jeunots, dont Mathieu Kassovitz. L’histoire d’un meurtre, d’une vengeance, lente, qui se dessine finalement de la plus belle des manières. Le face à face Yanne/Trintignant est vraiment sombre, le jeu des deux acteurs est superbe.

3 Césars, dont le meilleur espoir pour Kassovitz.

 

Un héros très discret (1996) : 14/20. Avec Mathieu Kassowitz et Albert Dupontel.

 

Un héros très discret jacques audiard mathieu kassowitzLes vies les plus belles sont celles qu’on s’invente. Dès le départ, le film nous annonce la couleur. L’histoire est celle d’Albert Dehousse, qui espère dès le début de sa vie être un héros. Passe la Seconde Guerre Mondiale, où il ne joue pas de rôle. Lorsqu’il apprend que sa femme faisait partie d’un réseau de résistance, il décide de partir. Arrivé à Paris, sa vie va changer. Très vite, il entre dans la résistance, après la guerre.

Bon Mathieu Kassovitz, accompagné d’Albert Dupontel et de Sandrine Kiberlain. Prix de la mise en scène à Cannes.

 

Sur mes lèvres (2001) : 16/20. Avec Vincent Cassel et Emmanuelle Devos.

 

Sur mes lèvres jacques audiard vincent cassel emmanuelle dEncore un film assez sombre, plutôt violent, de maître Audiard. Ce que je retiens, c’est le très bon jeu d’Emmanuelle Devos, notamment par rapport à sa solitude. Quelques scènes font très mal au moral et m’ont franchement retourné, notamment lorsqu’elle est devant sa glace. Vincent Cassel en repris de justice est bon, dans un look un peu Mesrine. L’histoire est celle de Carla, sourde, qui, dans son agence immobilière, va recruter un stagiaire, Paul.

Neuf nominations aux Césars, et 3 victoires, notamment celle méritée pour Emmanuelle Devos.

 

De battre mon cœur s’est arrêté (2004) : 17/20. Avec Romain Duris et Niels Arestrup.

 

De battre mon coeur s'est arrêté, jacques audiard, romainPeut-être le plus intense des films d’Audiard. Romain Duris excelle dans l’enfoiré de l’immobilier, prêt à tout pour obtenir quelques parcelles. La scène où ils mettent à sac un appartement occupé par des squatters mériterait tous les débats du monde.

J’aime beaucoup les différentes scènes traitant de la relation à son père ou à sa mère. Et puis les passages au piano de Bach font une B.O. splendide.

Niels Arestrup est très bon. Film récompensé de huit Césars !

 

Un prophète (2008) : 18/20. Avec Tahar Rahim et Niels Arestrup.

 Un prophète jacques audiard niels arestrup tahar rahim

Vu dans un cinéma finlandais ! Le film a choqué beaucoup de mes voisins de salle. Le destin d’un prisonnier au cœur du système carcéral français. J’ai déjà eu un beau débat sur ce film, qui vient d’être refusé en Chine par le comité de censure au titre « de ne pas vouloir choquer les amis africains du gouvernement chinois ». J’avoue avoir été étonné par l’histoire dans son ensemble, mais surtout par la représentation « ethnique » de la prison (par ethnique j’entends couleur de peau, mais la langue française manque cruellement de termes pour exprimer mon idée). Au-delà de l’histoire, il y a également le problème d'ensemble d’un système qui pense remettre les personnes dans le droit chemin en les enfermant, sans les former.

Grand Prix du Jury au festival de Cannes en 2009, meilleur film, meilleur réalisateur aux Césars (9 récompenses), et Tahar Rahim meilleur acteur, pour sa magnifique performance. A noter une nouvelle fois Niels Arestrup (De battre mon cœur s’est arrêté, le Scaphandre et le papillon) en parrain corse.

 

 

De rouille et d'os (2012) : 15/20. Avec Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts

Encore, encore ! Oui, un nouveau bon film d'Audiard ! Avec une performance au niveau de la réalisation qui est remarquable. La rencontre d'Ali, petit videur à la vie difficile, avec Stéphanie, dresseuse d'orques à qui la vie sourit. Seulement leurs histoires vont prendre des trajectoires opposées, le premier réussissant à s'en sortir alors que la seconde perd ses jambes dans un terrible accident. Elle se reconstruit lentement, en grande partie grâce à lui. De nombreuses petites histoires à l'intérieur de leur grande histoire : son fils, ses combats, son handicap.
Nommé à Cannes, Marion Cotillard est nommée aux Golden Globes, en attendant les Oscars.

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Dheepan (2015) : 6,5/20.

Non. Non. Non. Pourtant, le film part très bien. Des réfugiés. Des tamouls. L'arrivée à Paris. L'intégration difficile, le problème de la langue, de la fille, de l'argent.

Et pourtant, Audiard gâche tout ça avec une banlieue omniprésente et sur-caricaturée. Pourquoi ? La fin du film est déplorable. Une vraie déception.

 

Les frères Sisters (2018) : 13/20. Avec Joachim Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed.

Eli et Charlie Sisters sont deux tueurs à gage dans l’Amérique de la conquête du Far West. Deux personnalités différentes, Charlie étant plus chien fou quand Eli pense à se ranger. Ils se lancent à la recherche de Warm, un chercheur d’or au gros secret.

Road trip western, ce film semble hors du temps ! Une fresque où Audiard se retrouve avec un très beau casting, et se permet de prendre le temps d’installer la tension. C’est sans doute mon plus gros reproche : le rythme, parfois très lent. J’ai l’impression que ça met du temps à prendre. Ainsi Phoenix n’est pas à son avantage dans ce rôle, étonnamment. Par contre, Reilly, plus sombre et moins manichéen, est très bon. Film tourné… en Espagne ! Damn !

Echec commercial, 9 fois nominés aux Césars…

 

Audiard est une référence française. Se faire un prénom après un tel père, c’est déjà une sacrée performance. Et plus les films vont, et plus ils l’imposent. Jacques Audiard, l’un des tout meilleurs réalisateurs français de son temps me satisfaisait à chacun de ses films. Dheepan m'ayant clairement déçu, j’attends le prochain avec impatience.

 

 

Mon classement des réalisateurs (totalement subjectif)

1. Emir Kusturica : 17,08/20 (7 films)

2. Albert Dupontel : 16,1/20 (5 films)

3. David Fincher : 15,94 (8 films)

4. Frank Capra : 15,50 (7 films)

5. Billy Wilder : 15,46 (12 films)

6. Charlie Chaplin : 15,29 (7 films)

7. Clint Eastwood : 15,25 (10 films)

8. Xavier Dolan : 15,2 (5 films)

9. Quentin Tarantino : 15,19 (8 films)

10. Les frères Coen : 14,96 (14 films)

11. Stanley Kubrick : 14,82 (11 films)

12. Henri Verneuil : 14,69 (8 films)

13. Sergio Leone : 14,58 (6 films)

14. Jacques Audiard : 14,5/20 (7 films)

15. Howard Hawks : 14,29 (7 films)

16. Alfred Hitchcock : 14,21 (12 films)

17. George Cukor : 13,95 (10 films)

18. Dany Boon : 13,88 (4 films)

19. Pedro Almodovar : 13,86 (11 films)

20. Steven Spielberg : 13,79 (12 films)

21. Stephen Daldry : 13,75 (4 films)

22. Woody Allen : 13,59 (17 films)

23. Tim Burton : 13,25 (12 films)

24. Wes Anderson : 13 (7 films)

25. Sofia Coppola : 12,9 (5 films)

26. Gus Van Sant : 11,5 (11 films)

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