23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 08:37

La question m'a souvent été posé ces dernières semaines : "que fais-tu ?" Et je réponds après un temps de réflexion : "bonne question". Quand je dis bonne question, sachez que cela veut dire que je ne répondrai pas, ou alors de manière vague. J'enchaîne avec un "officiellement ou officieusement ?", ce qui enthousiasme un peu plus mon interlocuteur et le pousse à une curiosité malsaine. "Les deux !" Officiellement, j'explique mon inscription à Lille 3 et officieusement, j'explique l'intérêt d'une année de transition.

 

"Mais dans les faits, que fais-tu pendant une année de transition ?" Nouvelle bonne question ! Dans les faits, cette année a été caractérisé par deux gros voyages : New York et l'Espagne. Dans les faits, cela se traduit sur mon CV par une nouvelle ligne : Langue, Espagnole, niveau intermédiaire. A côté de cela, quelques petits périples en Angleterre, Ecosse, Allemagne, Pays-Bas, Alpes... Je fais ce que tout le monde rêve de faire lorsqu'il a du temps libre, voyager.

 

"Mais en dehors des voyages ?" Très bonne question ! Je pense souvent à vous, travailleurs, ou véritables étudiants débordés. J'étais dans votre situation il n'y a pas si longtemps de cela et je me disais : ah, que ça doit être bon d'avoir du temps libre... Je pourrais lire des livres, regarder des tonnes de films, faire du sport...

Maintenant que ce rêve est une réalité, c'est ce que j'ai fait ! J'ai aisément regardé 150 films en quelques mois, j'ai lu plus de livres en une année que sur les dix dernières (exception faîte des livres d'histoires) et je joue au foot chaque semaine. Et pourtant...

 

Pourtant, je pense que cette situation ne peut perdurer. Chaque matin, je me lève tôt. Afin d'éviter de perdre une demi-journée de vie chaque jour. Et chaque matin, je me pose cette question : pourquoi je me lève ? Rien à faire, pas d'obligation, pas d'envie particulière. Personne pour qui se lever. Cette situation m'oblige à me motiver constamment pour ne pas perdre cette chose si rare qu'est le temps libre. Je bouge sur Lille pour avoir des personnes qui m'aident de ce côté là, qui m'obligent à me réveiller même si c'est pour aller boire un verre ou traîner dans une B.U.

 

Je pense aussi très souvent aux chômeurs de longue durée. Et je me dis que cette vie doit être très difficile. Certains les envient, d'autres les pointent du doigt en les stigmatisant. Et pourtant, comment vivre avec un RSA ? Rejeter du système, ces personnes ont également 24 heures de temps chaque jour. Que font-ils ? Comment s'occupent-ils ? Ils voyagent ? Allons. Lisent-ils, regardent-ils des films ? Ou laissent-ils le temps passé ? Se laissent-ils doucement mourir ? Comment se motiver quand on n'a plus d'objectifs dans la vie ?

 

Heureusement pour moi, je déborde d'objectifs. Je dois seulement être patient. Mais c'est difficile d'être patient et de voir lentement ce temps couler entre mes doigts. Sans possibilité de le retenir. Alors, comment souvent, je me retrouve sur Ryanair.

 

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