30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 09:47

A quelques heures de mon retour en Europe, il est un point qu'il faut que je mette en valeur : la chance que j'ai.

Oui chanceux je le suis, de pouvoir vivre ainsi. J'ai déjà eu mon lot de voyages, suffisant pour toute une vie. J'ai vécu une tonne d'aventures aux quatre coins du monde, rencontré des centaines de visages si peu familiers à l'Europe. J'ai vu des paysages oh combien merveilleux. Et je continue encore, et encore.

 

Parfois j'ai des moments de tristesse lors de ces voyages. Je pense les avoir fait ressentir, notamment lors de mon premier périple à Nairobi. Je me dis que je serais aussi bien en Europe, qu'il faut que je me pose quelque part, que je veux arrêter de voyager. Je suis blasé de ce que je vois, et je ne me souviens plus à quel point je suis un privilégié. Mais le plus souvent, rassurez-vous, je reste lucide sur ma situation. Je suis un étudiant chanceux, qui effectue une recherche sur un sujet que j'ai choisi et qui me plaît. Je reçois de l'argent pour effectuer mes recherches dans des pays exotiques, au-dessous de l’Équateur. Et quand je vois la situation des locaux, je réalise à quel point mes petits problèmes de motivation ou d'envie sont des soucis de riche. 

 

Parfois je me demande ce que j'ai fait pour mériter ça. Et puis je pense au karma. Oui, c'est un principe auquel je crois peu face aux gens qui y croient beaucoup. Mais il n'empêche que c'est quelque chose à quoi je réfléchis beaucoup. Le principe est simple : lorsque vous réalisez des actions de bien, le bien revient vers vous. Il en va de même avec le mal. 

Je n'ai pas attendu de connaître le karma pour essayer de faire le bien. Et surtout, je ne fais pas le bien pour recevoir le bien. Ce serait d'un fantastique égoïsme. Non j'essaie de faire le bien pour faire le bien. Attention, je ne suis pas Mère Térésa ou Gandhi. Mais j'essaie de faire les choses à mon niveau, avec mes ami(e)s, ma famille, ou les gens que je rencontre. Avec ce blog même, un peu. J'essaie de faire évoluer les gens dans la direction que je crois bonne, celle du respect des autres, de leur culture. J'essaie de faire changer les mentalités vis-à-vis des pays que je traverse, de supprimer les idées reçues pour montrer ce qui se passe vraiment ici, en Afrique. J'ignore si j'y arrive, mais je me plais à croire que votre vision du Rwanda a, ne serait-ce qu'un peu, évolué. 

 

Je me dis aussi que cette chance m'a été donnée comme une récompense. J'ai longtemps eu l'impression, pendant mon enfance, d'être un gamin très malchanceux. Et aussi malheureux. Les choses n'étaient pas parfaites dans ma vie d'alors, et j'ai longtemps hésité vers quel chemin me diriger. On dit que dans chaque berceau se cachent l'ange et le diable. Pendant mon adolescence, j'ai hésité entre ces deux directions, entre ces deux symboles. J'ai tangué vers le mal, parfois. Mais le bien m'a rattrapé par le col, et m'a dit que ce chemin était le bon. J'ai l'impression que la chance qui m'est donnée depuis plusieurs années est la récompense de ce choix. Je sais, ça peut paraître un peu con comme ça, cette drôle de croyance limite païenne. Mais j'y crois, parfois.

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