14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 09:37

Que s'est-il passé pour qu'on en arrive là ? Comment est-on passé si proche de la fin du périple ? C'est ce que je vais essayer de comprendre en même temps que de raconter...
Après notre nuit agitée le réveil est très sympathique. Imaginez à 8 heures une plage méditerranéenne déserte sous un lever de soleil. Du haut de notre poste de secours on observe les premiers debout, ceux qui vont promener leur chien avant que les touristes ne débarquent.

P1010557.JPGNotre programme du jour est light, l'objectif est d'atteindre Valras Plage. Par la route, viamichelin me dit 49 km. Nous, simples marcheurs, longeons la côte. Une petite matinée dans le désert nous attend. On a les gourdes pleines, heureusement, et on avance. Les paysages sont agréables, osmose avec la nature.

P1010563.JPGArrivés sur le midi à Valras plage, on décide de se poser sur la plage. Cela doit être une journée tranquille, reposante. Mais la météo en a décidé autrement. Le beau soleil des cartes postales est remplacé par la grisaille et le vent nous refroidit vite. On met le pull et on s'endort dans ces conditions. La nuit a été difficile, on récupère un peu.
Le problème est que nous n'avons rien mangé aujourd'hui, assez peu hier. Et toujours pas de douche à l'horizon. Heureusement que notre point de chute est ici, mon oncle arrive aujourd'hui en vacances. On attend donc le bon moment pour l'appeler. La journée passe, et en fin d'après-midi je tente l'appel du bonheur. Pas de réponse. Une fois, deux fois. Je décide donc d'envoyer un message. On est posé devant les campings, assis sur une malheureuse pierre. Le moral descend au fur et à mesure que les minutes s'écoulent. Il faut bouger.
Quelle erreur ! On se retrouve dans le centre ville à humer les odeurs de pizza et de barbecue. Les affiches résonnent dans nos têtes : 3 pizzas, 20€. Ne pas craquer, ne pas craquer. Et mon oncle qui n'appelle pas... 20 heures, l'heure fatidique que nos estomacs rappellent sans cesse. Les gens se goinfrent à côté de nous, dépensent leurs euros sans compter. Antoine est au bout. Je vais acheter quelque chose, 3 pizzas, je les mange. Ne pas craquer, ne pas craquer. Dans trois jours on est à Saint-Omer ! Je veux rentrer. Le harcèlement moral m'atteint de plus en plus.
Je fais un deal : si à 21 heures mon oncle n'a pas appelé, on rentre lundi.
20h58 appel du bonheur, de la délivrance. Au fond du tunnel une lumière, on aperçoit la douche, le repas, la nuit.
Sans doute l'une des meilleures soirées que l'on ait passé. La journée a tellement été dure. On est accueilli comme des princes. Les discussions s'enchaînent, on raconte notre périple, notre nuit et notre journée. Mais on ne se plaint pas, on est arrivé à bout de la souffrance. A deux minutes près...

P1010569.JPGJ.R.

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