27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 07:55

 

Sur la route du bonheur, l'amour est une voiture. Elle vous emmène à toute vitesse à travers villes et campagnes, elle vous permet de savourer chaque paysage et chaque minute du voyage.
Depuis plus d'un an j'admire depuis ma fenêtre, je goûte au bonheur de voir défiler les lieux et le temps. J'en vois d'autres, autour de moi, qui, malheureusement, sont tombés en panne. On essaie alors de réparer comme on peut, on s'improvise mécanicien de l'amour. Certains sont doués, d'autres n'y arriveront pas. Ils se diront que c'est définitivement cassé et laisseront là, abandonné, le véhicule avec qui ils ont tant voyagé. Je les vois ensuite, se balader à pied le long de la route de l'amour. Mais que les distances semblent longues ! Ils y en a qui tentent le stop et se feront prendre dès les premiers kilomètres. Mais descendront très vite en réalisant que le chauffeur va peut-être trop vite, ou qu'il n'est pas assez sérieux. Pour d'autres, au contraire, c'est une longue traversée du désert qui s'annonce. Le stop ne fonctionne pas, c'est que ça se joue souvent à la tête...

Des amis sont fans de rallye. Ils foncent dès qu'ils mettent un pied dans la voiture. Au risque d'un accident sanglant. D'autres avancent à un rythme un peu plus pépère, profitant des paysages. Ceux-là ont déjà eu plusieurs voitures et ils se souviennent souvent de la période à pied. Ils se rendent compte de la chance qu'ils ont, et préfèrent ne pas précipiter les choses. Ils savourent les premiers kilomètres, les plus magiques. Ils sont fiers aussi, et exhibent leur nouvelle voiture. Ils en vantent la carosserie, l'endurance, la fiabilité. Il paraîtrait même qu'elle a un bon sens de l'humour.

 

J'admire souvent les vieilles voitures. Ces antiquités si solides, on n'en fait plus des comme ça. A l'époque on pouvait tranquillement réparer le moteur à la main. D'ailleurs on n'aurait même pas pensé s'en séparer. Ça aurait été mal vu ! Maintenant tout est électronique, ça n'a plus le même charme. Et comme tous les objets électroniques, on jette quand c'est cassé, ou passé de mode. On voit la même en mieux en magasin, alors on craque. On n'a d'yeux que pour les nouveautés. Enfin, j'utilise le « on », mais je ne me considère pas comme ça. J'aime trop les vieilles voitures, celles avec qui on a une véritable histoire. Ah, cette voiture de caractère ! Et quand je les vois, les fiers, se balader en Aston Martin 1964, je me dis qu'ils ont de la chance. Moi-même j'ai déjà cassé deux véhicules. A croire que je n'étais pas assez bon pilote. Le permis en poche, on se croit fort, capable de maîtriser n'importe quel changement de direction. J'ai lâchement abandonné mon premier véhicule, ne le pensant pas fait pour moi. C'est le second qui m'a lâché en plein milieu d'une autoroute inconnue. J'ai longtemps été perdu. Et puis...


Mon véhicule est magique. Je l'ai ramené de l'étranger. La fiabilité allemande. Et avec lui j'ai voyagé, ô combien ! J'ai traversé la Russie, j'ai vu la Mongolie, j'ai mangé des kilomètres en Chine. J'ai fait un road-trip en Asie du Sud-Est. Et puis je suis revenu avec en Europe. Au cours du voyage je me suis aperçu de la solidité du véhicule. Je n'ai plus douté.

Et puis j'ai dû laisser ma voiture au garage, le temps de deux mois. Je suis parti à l'étranger en essayant d'en prendre soin comme je pouvais. Mais rien ne vaut la présence. Ne dit-on pas, loin des moteurs, loin du bonheur ? A mon retour, au moment de reprendre la route, j'ai eu l'impression que je ne connaissais plus mon véhicule, que je ne le reconnaissais pas. On aurait dit qu'il avait changé. Et sur la route, on ne voyait rien devant nous. C'était flou. Un épais brouillard. Une brume qui risque de durer 3 ans. On l'appelle relation à distance. Mon véhicule n'aime pas, et comme je le comprends.

 

Je tente d'être un mécanicien de l'amour, j'essaie de trouver des solutions, de trouver de nouvelles routes. Quelque chose qui nous amènerait un peu plus de visibilité sur moyenne ou longue distance. Sans forcément trouver. Alors on fera exactement ce que l'on fait en temps de brouillard : on ira doucement, sans s'affoler, en se disant que si un accident arrive nous n'y pouvons rien. On plisse les yeux, on contracte le cœur, et on prie qu'un mur ne se trouve pas au prochain virage.

Et si accident il y a, il restera la possibilité d'effectuer un voyage en train.

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