6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 13:50

Quand le compositeur est touché par la grâce, il entame l'écriture d'un aria qu'il peut déjà entendre. C'est la même chose pour un écrivain, qui vit en même temps que la plume rédige l'histoire.

C'est une vision, c'est un son. C'est l'image qui apparaît. Il n'y a plus qu'à laisser faire. Les doigts se dirigent directement sur les bonnes touches, ils accélèrent, ne s'arrêtent plus. Le cerveau se refroidit et l'inspiration prend le dessus. Le fait de penser me ralentit, il faut laisser faire, laisser aller. Il faut que cette idée prenne le contrôle de moi, qu'elle se joue de moi, qu'elle m'utilise. Il faut que je ressente la scène, que j'observe le paysage, que j'analyse chaque arbre, chaque fleur vibrant au vent. Les personnages, aux sourires étourdis, aux cheveux touffus, au visage bouffi ou à la mine réjouie. Les yeux cernés, le cœur gros, la larme discrète, cachée, les lèvres gercées. Les vêtements, toujours les mêmes, ou presque. Le pantalon gris avec le pli au milieu. Le gilet déboutonné. Les souliers noirs. Vaste cour, théâtre d'un drame des temps modernes. L'action se déplace, elle avance, entre dans la demeure. La table au milieu de la pièce, les chaises qui l'entourent. La réunion des êtres chers, la discussion suit son cours. Les photos sur le buffet reluquent cela avec le regard du passé, celui que l'on n'a plus, celui qu'on ne reconnaît plus. Et pourtant il est là, au centre des attentions, au centre de mon action. Ses yeux sont perdus dans le vague, il ne semble pas comprendre, à défaut de ne pas entendre. Son sort se joue ici, et maintenant. Il est scruté, j'espère toujours une réaction qui se fait attendre. C'est trop tard, il est déjà parti. C'est fini. Une autre histoire commence. 

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commentaires

B

c'est un belge, un marocain et frigid barjot
ils vont à la mine
et portent des après skis
et décident de visionner babe 2
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B

20% de réduction sur les potatoes. I'm lovin it. Talatatata
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