29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 11:22

Je me suis donc décidé pour une thèse. Un doctorat. A PhD. Mais qu'est-ce donc que cette foutue thèse ? A quoi ça correspond, à quoi ça sert ? C'est combien de temps ? Tu veux faire quoi ensuite ? On m'a posé tout un tas de questions depuis mon choix de réaliser un doctorat. Autant écrire ici les réponses, toutes au moins partielles.

 

Je commence ma thèse officiellement aujourd'hui. Ou hier. Ou dans trois jours. Enfin, vous connaissez les contraintes administratives en France. Mon inscription est presque faite, mais pas encore tout à fait. Toujours est-il que je suis inscrit à l'université de Pau. Jusque là, c'est facile. Je fais partie, de par mon professeur, du LAM, le laboratoire des Afriques dans le monde. Ceci est mon centre de recherche. J'espère que tout le monde suit, parce que les choses vont se compliquer très vite. Le LAM est une structure sur deux établissements : à l'université de Pau et à l'université de Bordeaux, où il fait également partie de l'Institut d’Études Politiques. Mon directeur de thèse est officiellement Mr Thibon, qui fait partie de l'université de Pau. Cependant, il dirige actuellement, et pour deux ans, l'Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA). De ce fait, j'ai choisi un autre professeur, avec pour idée de réaliser une co-tutelle. Celui-ci se nomme Daniel Bach et enseigne à Bordeaux. Il fait partie d'un centre de recherche, mais pas du LAM. Je suis officiellement inscrit en histoire parce que Monsieur Thibon l'est également. Mais Monsieur Bach enseigne les sciences politiques. Celui-ci n'a pas encore coché la case co-tutelle pour éviter les contraintes administratives.


Voilà d'un point de vue administratif. Une thèse dure 3 ans. Oui, c'est long. Est-ce que j'ai des cours ? Non. Ces trois ans seront consacrés principalement à la recherche. Je peux, de temps à autre, réaliser un stage ou une mission, mais de courte durée. J'ai choisi de ne pas passer le CAPES ou l'Agreg pour ne pas me disperser. Je peux donner des cours, mais seulement en troisième année (ATER). Mes fonds sont limités, à savoir des financements pour des déplacements sur le terrain. Le reste du temps, je suis nu, comme un ver. Cependant, ces fonds de terrain vont très vite me servir car dans 11 jours je me rends au Kenya.

 

Pourquoi le Kenya ? Ne travailles-tu pas sur le Rwanda ? C'est exact, mon sujet est consacré au Rwanda, et plus précisément à sa politique étrangère. Le titre officiel est « la politique étrangère du Rwanda, un modèle axé sur le développement ». Je vais à Nairobi, capitale kényane, pour des raisons pratiques. Mon professeur, celui de Pau, mon directeur de thèse, est sur place. Ça facilitera l'acclimatation. De plus, une bonne partie de mon travail sera consacrée à la politique du Rwanda vis-à-vis de l'Est de l'Afrique. Le Kenya étant le premier partenaire commercial du pays, il va de soi que je devais me rendre un jour sur place. L'idée est également de me construire un réseau pour faciliter mes trois prochaines années de recherche.

carte-afrique-de-l-est-EAC-East-African-Community-communaut.jpg

Ouf. Vous avez compris ? Bon, je continue. Du fait de ce déplacement à venir en Afrique, qui durera un mois, je ne prends pas pour le moment d'habitation à Pau, ou à Bordeaux. L'intérêt serait trop limité. Je peux commencer aisément mes recherches de chez moi, mais j'aurai un jour besoin de fréquenter d'une manière intense les bibliothèques de ces deux centres de recherche.

Concernant les financements, la situation peut évoluer. A moi de trouver les bourses et d'y accéder. La bourse de l'IFRA est une possibilité très intéressante pour mon étude mais elle entraînera forcément mon éloignement de l'Europe pour une durée un peu plus longue. A voir si je pense réellement en avoir besoin. Le reste, des bourses pour la plupart anglo-saxonnes, sera à approfondir en vue de la deuxième et troisième année.


Bon, et à quoi ça sert une thèse ? Qu'est ce que tu veux faire ensuite ? Là, ce sont les questions les plus difficiles. Une thèse ça sert à avoir un bac + 8, ça a surtout une grande réputation à l'international. Pour être clair, une thèse, en France, n'est pas très valorisée. Comparativement parlant tout au moins. En Europe, aux Etats-Unis, une thèse, c'est un standing.
Pour la suite, après la thèse, j'avoue que cela me paraît bien loin. L'enseignement en université est une possibilité intéressante. Mais j'ai fort peur de m'ennuyer. Le secteur privé, et notamment les entreprises travaillant avec l'Afrique, en est une autre. La politique, un jour. Enfin, vous savez...



J'avoue douter un peu avant de débuter cette thèse. Douter de mes capacités à la faire, douter de mes capacités à la finir, douter de ma motivation sur trois années et un seul et même sujet. Ça m'a pris quand mes professeurs ont commencé à m'embrouiller avec leurs sigles. Ils parlaient de l'AFD, de la SAOS et autres sigles incompréhensibles pour celui qui ne les emploie pas, me citaient des noms de professeurs qui étaient apparemment des spécialistes du sujet mais dont je n'ai jamais vu le signalement dans mes articles à disposition. Ils m'évoquaient la bourse Lavoisier ou celle d'Oxford comme une évidence. Je les ai vu évoquer tel congrès à Lisbonne où ma présence serait très bénéfique pour me créer un réseau.

 

Tous ces doutes seront très vite balayés. Balayés par un travail important ces prochains mois. Je veux m'y mettre à fond, ne pas avoir l'impression, comme je l'ai en ce moment, d'être constamment en retard. Je veux commencer mes recherches à un rythme des plus soutenus pour pouvoir ensuite pouvoir bien gérer mon emploi du temps. Je veux pouvoir trouver ces bourses et les obtenir. Je veux me libérer du temps libre pour réaliser des stages. Je veux gagner du temps pour pouvoir enseigner en troisième année. Je veux voyager, et découvrir ces pays que j'ai déjà tant étudiés. Je veux passer du temps avec ma partenaire, avec ma famille, avec mes ami(e)s. Je veux tout. Reprendre le foot, regarder des films, me mettre à la musique. Mais il faudra faire des choix. Ainsi va la vie. Mais ce que je veux par dessus tout, c'est ne rien regretter. Alors allons-y, travaillons, à fond, pour construire ce futur qui nous fascine tant.

 
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commentaires

P
merci mon brave homme pour vos conseils mais - les allocations recherche dépendent uniquement du bon vouloir de l'école doctorale. J'ai beau avoir plus de 16 à mon Master ça ne m'aidera pas à en
avoir une. Mon école doctorale n'avait qu'une allocation pour cette année, qui était réservée au Master de la promo précédente. Je viens d'une autre université, je ne pouvais pas postuler. - Pour
les cours, cela dépend également de l'école doctorale. C'est eux qui m'ont confirmé pour la troisième année (la politique est différente selon les écoles)
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M

Salut Jeremy,


As-tu pensé aux allocations de recherches pour t'aider financièrement? Je sais qu'elles ne sont pas simple à avoir (il me semble qu'il faut au moins 16 au mémoire de Master II pour postuler),
mais renseigne toi, c'est la première possibilité de financement d'une thèse. 


Aussi, tu as dis que tu ne pourra pas donner de cours avant la 3ème année de thèse? Pourtant je connais des doctorants de science po qui ont commencé à donner des cours dès leur première année de
thèse. Après en histoire il y a peut étre une foule de doctorant et donc de demande pour donner des cours, à voir en tout cas.


Evidemment, il doit étre trop tard pour cette année, mais regarde pour l'an prochain :)))


 
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