27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 23:21

Tout a finit dans un endroit pas si différent de cela où tout avait commençait. Le commencement, c’était un lundi matin de septembre 2006, dans un couloir gris peu à la mode du bâtiment d’histoire. J’observais cette populace historienne qui allait bientôt rentrer dans ma vie, celle d’un étudiant de l’université d’Artois. Au final, ce fut un couloir vert. Tellement vert que cela ressemblait à une ligne et que mon esprit ne pouvait s’empêcher de prendre cela pour un signe. La ligne verte. Je vais donc terminer ma vie étudiante dans une de ces salles dont je me suis toujours demander à quoi servait-elle. Vue sur l’IUFM. Un petit public de fidèle est présent avec moi lors de cette épreuve qui peut faire évoluer beaucoup de chose dans ma vie. La réussite et le départ vers Rennes. L’échec et un redoublement, ainsi qu’un loyer de plus à payer et toutes sortes d’emmerdes financières en perspective. Je ne joue pas seulement mon année universitaire, je joue également mon livret A du fait d’un appartement déjà réservé dans la capitale bretonne (je ne rentre pas encore dans le débat Rennes-Nantes de quelle ville est la véritable capitale de la Bretagne, j’aurai le temps d’épiloguer sur ce sujet par la suite).

Revoir Monsieur Turpin et Monsieur Césari ressemblait à un retour vers le passé. Je me rappelais des cours intéressant pour l’un, plus ennuyeux pour l’autre (je ne cite pas le nom du coupable même s’il se peut que les noms apparaissent dans l’ordre…). Dans quelques minutes, ils se transformeront en juge suprême, prêt à faire entendre leur sentence. L'accusé prend place et explique assez vite le pourquoi de son génocide. Les jurés dans le fond de la classe m’observent avec attention. Les deux juges semblent un peu désintéressés par mes paroles. Ils examinent les pièces du dossier pendant mon intervention. Puis vient le tour des questions et des remarques. Ils reprennent page par page les arguments. Ils me montrent certaines contradictions, certaines erreurs. Très vite, l’accusé se sent devenir coupable aux yeux de ces juges sans cœur. Il tente de réagir, d’expliquer, de revenir sur ces erreurs. Il avoue, parfois. Les juges demandent le huit-clos et vont procéder à la délibération.

Me voici de retour dans ce couloir de la mort. Je ne sais pas si je dois être content ou pas. Un des juges semblait plus ou moins d’accord avec mon argumentation. L’autre considérait que j’étais présumé coupable et que c’était à moi de prouver mon innocence, en apportant de nouvelles pièces au dossier. Les jurés me laissent seuls, ou c’est peut-être le contraire. Je parcoure plusieurs fois ce couloir en réfléchissant à quelque chose que je pourrai faire pour évacuer le stress. J’ai pensé à crier mais cela aurait pu effrayer les juges qui auraient pu en déduire que le génocidaire qui sommeillait en mois se révélait. J’attends donc. Les juges m’appellent, le sentence va être prononcée. J’ai l’honneur de vous remettre votre première année de Master 1, avec la note de 14/20. Le reste, je ne l’écoute pas. L’accusé regarde par les nombreuses fenêtres la cour de la liberté. C’est fini. J’abandonne la prison d’Arras qui fut très longtemps pour moi un espace de grande liberté. Je m’en vais vers un avenir qui s’annonce radieux. Je parcoure une nouvelle fois la ligne verte avec un sourire en coin de bouche, pour garder un peu de suspense pour les jurés. Je suis libre.

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