12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 10:24

violence-post-electorale-Kenya-2007.jpgNous sommes au mois de février 2008. La communauté internationale ne comprend pas, le Kenya, meilleur élève de l'Afrique de l'Est, subit pour la première fois des violences post-électorales. Le président sortant, Mwai Kibaki, a été déclaré vainqueur, mais les partisans de Raila Odinga, son opposant, refusent de reconnaître les résultats.

Les morts se comptent par centaines. Des Kikuyu, groupe ethnique dont est originaire le président, tuent des Kalenjin et des Luo, dont est originaire l'opposant. L'inverse est également vrai.

1 500 morts plus tard, après une négociation internationale menée par Kofi Annan, le président Kibaki accepte de partager le pouvoir avec son nouveau premier ministre Odinga.


Pour avoir discuté politique ces dernières semaines avec les Kényans, je peux vous confirmer que ces violences ont laissé un traumatisme au sein de la population. Alors que les prochaines élections doivent avoir lieu au mois de mars 2013, cela fait depuis 2011 que les conversations et les inquiétudes tournent autour de ce sujet. Avec des problématiques ethniques tout autant que politiques.

 

Les ethnies au Kenya. Elles sont évaluées à une quarantaine. Certaines d'entre elles sont connues mondialement, comme les Maasaï, peuple guerrier du sud-ouest du pays. Les Kikuyu sont les plus nombreux, ils représentent 22% de la population. Viennent ensuite les Luhya et les Luo, qui représentent chacun près de 15% des Kényans. Ces groupes ont leur propre langue, ainsi que leurs coutumes. Le swahili est le langage officiel du pays, avec l'anglais, mais il se peut que vous rencontriez des personnes âgées de ces ethnies incapables de parler autre chose que le langage de leur tribu.

Peut-on différencier un Kikuyu d'un Luo ou d'un Maasaï ? Pas vraiment. D'apparence, et si les personnes ne portent pas leurs habits traditionnels, cela est impossible. Cependant, lorsque l'on vous donne le deuxième prénom, les Kényans savent à quelle ethnie il appartient.

 

Le problème des ethnies se retrouve en politique. Au Kenya, vous ne votez que très rarement pour un programme politique, vous votez pour celui qui fait partie ou représentera le mieux votre ethnie. Ainsi, pour mon chauffeur de taxi, si les votes se concentrent sur un Kikuyu, les Kikuyu seront avantagés ces prochaines années.

Pour les prochaines élections, Saitoti était considéré comme le favori. Étant originaire des Kikuyu et des Massaï, il devait ratisser large et remporter la mise. Un accident d'hélicoptère en juin dernier en a décidé autrement. Odinga, le premier ministre, est maintenant le favori. Ses principaux opposants seront Uuru Kenyatta, fils du premier président, et William Ruto. Problème, ces deux hommes sont accusés par la cour pénale internationale de crime contre l'humanité après les violences de 2007-08. Et la cour doit rendre son verdict.... après l'élection.

 

En mars 2013, je ne veux pas être au Kenya. 

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commentaires

phileas 13/11/2012 09:03


c'est que j'aime bien 2012 !

Samuel 12/11/2012 16:22


En mars 2013... je suppose :)

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