17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 22:42

Grâce à cette fabuleuse invention qu'est la GoldCard de la DeutscheBahn, je peux, dès mon arrivée à Hambourg, rejoindre Lübeck. 36 minutes, 18,50€ avec le TGV local, et gratuit pour moi !
Lübeck 2Lübeck sent bon pour moi le Moyen-Age et le début de l'époque moderne, en mode Europa Universalis. Lübeck, c'est la reine de la Hanse, cette association des villes marchandes de la mer du Nord et de la mer Baltique qui fonctionna pendant plus de trois siècles. Et Lübeck, c'est aussi une ville inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco, une valeur en soi (exceptée le Havre). Vue du ciel, on comprend pourquoi la ville s'est vite intéressée à la marine marchande...
Lübeck vu du cielD'entrée je me retrouve face à l'emblème de la ville, la Holstentor, datant du XIIIème siècle (à l'arrière-plan sur la photo). Sur la facade, un beau et déroutant SPQL, sur le modèle romain du SPQR, pour le Senatus Populusque Lubecensis, le Sénat et le peuple de Lübeck.LübeckEt puis je commence ma petite marche à travers le centre-ville. Tout de suite, j'ai l'impression d'être de retour à la maison, dans le Nord de la France. Ou alors d'être en Belgique. La faute aux briques rouges...Lübeck 5L'architecture des maisons ferait penser à Arras. Si la ville est dépositaire du label Unesco, c'est justement grâce à son centre-ville construit en briques rouges. L'ensemble est assez uniforme et plaisant pour les yeux. Chose amusante, Lübeck a été française ! En 1810, époque napoléonienne oblige, elle est même la sous-préfecture des Bouches-de-l'Elbe ! Il faut dire que l'Empire francais de l'époque a tendance à légèrement déborder sur ses voisins ! (Paris, Bruxelles, Amsterdam, Genève, Barcelone, Rome et Hambourg dans un même Etat).
Empire-francais-1810.pngOn sent au fur et à mesure une ville bourgeoise, riche de son passé, et toujours riche à présent. Le froid me prend au corps. Ici, les Pays-Bas, c'est le Sud. Mais ca permet à la glace de doper les effets miroirs de l'eau.
Lübeck 3Lübeck, patrie de Thomas Mann, prix Nobel de littérature, auteur du formidable "La mort à Venise" (et quel film de Visconti !). Lübeck, patrie de Willy Brandt, prix Nobel de la paix pour sa Ostpolitik. Lübeck, patrie de Günter Grass, prix Nobel de littérature, auteur du non moins formidable "Le tambour", adapté au cinéma et palmé à Cannes en même temps que Coppola pour Apocalypse Now (rien que ca !). Oui, Lübeck a frabriqué des grands hommes allemands. Et je ne suis pas étonné, l'atmosphère dans la ville donnant envie de se poser quelques minutes au bord d'une table et d'écrire quelques lignes.
On découvre toujours une petite rue semblant abandonnée, des maisons de toutes les couleurs, un vélo qui traîne non loin de là. Les gens vaquent tranquillement à leurs activités, sans grand stress. Le rythme semble suivre le cours des canaux,  voguant vers la mer du Nord. Les bateaux sont bien rangés dans le port, arborant une couverture hivernale. Je jette un oeil aux cartes postales tandis que les mouettes m'appellent à prendre le large. Sans y prendre garde, on se ferait volontiers une entorse entre deux pavés. Le chocolat chaud fume sur la terrasse, je patiente en regardant la population. Les enfants crient sur la patinoire, installée au coeur de la ville. Les adolescents flirtent, les cheveux blancs sourient. Chacun semble jouer son rôle à merveille. Je range mon plan et regarde ma montre. Hambourg, attends-moi.Lübeck 6



Partager cet article
Repost0

commentaires

Plus De Blogs