5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 07:43

J’ai ressenti aujourd’hui un manque de confiance en moi. C’est arrivé d’un coup, sans trop comprendre ni le comment, ni le pourquoi.

 

Pourtant, mes ami(e)s pensent que j’ai parfois trop confiance en moi. Ce voyage en serait la preuve. Partir seul à l’assaut du monde, en voilà une belle preuve de courage.

Cependant je doute aujourd’hui de mon avenir. Dans 3 mois elle part. Et ça fait chier. Je vais me retrouver seul, sans trop savoir quoi faire. Il y a encore toute une partie du monde qui m’attend, mais j’ignore encore comment la découvrir, comment la financer. J’ai peur de perdre trop de temps.

 

Je ne perds pas mon temps. Voyager, voir le monde, c’est justement profiter pleinement du temps qui passe. Mais j’ai peur de mon âge. J’ai peur de courir après la femme de ma vie sans jamais la rattraper. J’ai peur que ce voyage sacrifie une partie de mon avenir professionnel. J’ai peur de moi, des décisions que je prends. J’ai peur du temps qui passe.

 

Dans deux bons mois j’atteindrai le quart de siècle. Une génération. Je passerai dans le côté obscur des « jeunes adultes », laissant au passage les avantages de la carte 12-25 ou les musées gratuits.

« Jeune adulte », moi qui me considère encore comme un enfant, tout au moins un adolescent.

 

Dans une semaine cela fera 5 mois que je suis parti. Putain, cinq mois. On ne le croirait pas. Je me revois encore courir pour attraper mon avion à Bruxelles. Depuis beaucoup de choses ont évolué, ont changé. Vous. Moi par la même occasion.

 

Les voyages forment la jeunesse. Et pas qu’un peu. Les voyages vous ouvrent également de nouveaux horizons, vous ouvrent les yeux sur le monde, vous ouvrent l’esprit. Mais les voyages ferment aussi quelques portes.

Je ne crois plus à la relation à distance. Ou si peu.

 

Je peste de plus en plus contre le temps qui passe. C’est de ma faute, j’ai voulu l’accélérer pendant des années. Accélérer quelques années d’enfance. Accélérer les heures des cours d’allemand. Et maintenant, je cherche à les ralentir. Reviens jeunesse, je t’aimais bien.

 

S’asseoir devant l’ordi et passer 24 heures devant Football Manager. Faire un réseau, Counter Strike, Age of Empire ou Europa Universalis. J’ai l’impression de ne plus pouvoir le faire, de ne plus avoir le temps. Se mettre devant l’ordi et j’aurais l’impression de perdre mon temps.

 

J’ai peur de ne plus profiter et d’avoir le besoin de construire quelque chose. Je n’ai encore rien fait. Ou si peu.

 

Je doute constamment. Je me remets en question, j’hésite à publier. Je me regarde, au fond des yeux. Je vois si peu. Rien de solide. Pas de croyance, pas d’opinion. Un homme changeant, influençable, en mouvement. Qui prend une idée le matin, l’examine à midi, se met en accord l’après-midi et en désaccord le soir. Rien de bandant.

 

J’envie parfois ceux qui sont si sûrs. Sûrs de ce qu’ils font, sûrs de ce qu’ils pensent, sûrs de ce qu’ils veulent.

J’ai un sentiment d’insécurité. Pas l’insécurité de Nicolas, Brice ou Claude. Non, l’insécurité que je m’inflige. Est-ce que je prends la bonne décision ? N’aurai-je pas trop de regrets ? (car des regrets, on en a toujours) Est-ce que je dois la laisser partir ? Dois-je la retrouver ? Est-ce la bonne façon de vivre une vie ? Aurais-je le droit au bonheur ?

 

Parce que finalement on se sent tous seuls. Peu importe quand ou comment. Ça finit toujours par arriver. Seul et face à soi-même. Seul face à ses doutes, ses craintes, ses interrogations, ses regrets, ses remords. Seul à avoir ce cerveau, seul à pouvoir le comprendre à 100%. Seul car différent. Unique. Pas deux comme toi. Pas deux comme moi.

 

Ce n’est pas bon de regarder en arrière. Trop de regrets. Trop de souvenirs. L’impression que la jeunesse s’est déjà un peu envolée, emportée par ce voleur de temps qui passe.

Ce n’est pas bon de s’arrêter. De regarder le temps qui passe. De s’en plaindre, d’essayer de le comprendre, de l’analyser. De se demander pourquoi la vie est ainsi faite. A trop le regarder, on finit par être dépassé.

Alors finalement, il n’y a pas 36 solutions. Il faut continuer, regarder droit devant soi. La vie continue, il y a encore un long chemin.

 

Elle dort à mes côtés. La jeunesse dorée.

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commentaires

M

Il n'est jamais trop tard pr changer de vie. Au contraire, j'ai autour de moi l'exemple d'un homme qui etait malheureux dans son precedent travail, notamment en raison d'une atmosphere tres
mediocre (mauvais resultat d'entreprise, licenciement) et qui a change d'emploi. Il ne le regrette pas.


 


L'occasion d'un nouveau depart. Certes il y a des doutes, des peurs. Mais l'important c'est d'avancer. C'est seulement trop tard quand c'est fini.
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D

Même si 17 années nous séparent je pense etre dans le même état d'esprit que toi quand tu as écrit cet article.
Je doute bcp mais contrairement à toi ça n'est pas arrivé d'un seul coup ça fait hélas quelques semaines, quelques mois que le doute me "hante" ...
Un manque total de confiance en moi depuis quelques temps encore plus depuis la réception d'une certaine lettre .... Bcp de remise en question, je doute bcp de mon avenir, j'ai peur, très
peur,  me pose , moi aussi, bcp de questions hélas sans réponse pour l'instant  ... 
Mais toi tu es encore jeune ... pour moi n'est ce pas trop tard? Toi tu as encore toute la vie devant toi et je suis certaine que tu sauras prendre les bonnes décisions. Enjoy !!!


5 mois demain que tu es parti, la planisphère se remplit p'tit à p'tit ...


 


 
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M

T'inquiète pas pour la carte 12-25. La scnf a lancé la carte 25-30.
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L

Je pens que tout le monde passe par là, en tout cas je souhaite à tout le monde d'y passer. Certe ce n'est pas facile, mais avec du recul quel bonheur d'avoir "l'intelligence" de se poser ces
questions et de ne pas "subir" la vie (j'ai fait ça, je vais faire ça, etc. sans se poser de questions).


 


Mon futur départ pour le Canada, m'ont fait poser certaines questions. J'ai un boulot qui me plait en CDI avec une paye intéressante. Je remet tout en jeu pour aller vivre au Canada pour ensuite
revenir en France sans savoir ce qu'il m'attend. Mais j'ai confiance en moi (sans vouloit être présomptueux), dans ce que je sais faire et ce que je peux faire ...


 


Ca n'aidera surement pas, mais j'ai un poète que j'adore écouter e dont j'adhère beaucoup à ces idées (écoute "je dors sur mes deux oreilles" et "Rencontres")
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