24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 21:29

Revenir deux semaines après deux mois d'absence, c'est revoir beaucoup de monde. La famille et les amis, le chien et les voisins. Revenir deux semaines, c'est finalement court et long à la fois. Court, car j'ai l'impression de ne pas arrêter. Mais long aussi, car je réussis à revoir tout le monde, et certains à plusieurs reprises.

Je ne vais pas vous ennuyer avec mon emploi du temps plutôt rempli de ces vacances Made in Nord-Pas-de-Calais (je le ferai dans un autre article héhé). Mais simplement évoquer mon état d'esprit du moment. Ca semble un peu bête, mais c'est surtout pour moi, pour m'en souvenir (les paroles s'envolent, les écrits restent).

En ce moment, j'ai l'impression de toucher des doigts le bonheur. Le vrai, le véritable. Le 100%. Celui que je n'avais pas ressenti depuis plusieurs années. Peut-être depuis la période d'insouciance Erasmus. Mais cette fois, c'est légèrement différent, et peut-être plus vrai. Un copain à moi évoque souvent Erasmus, et il me rappelle que c'est une sorte de rêve éveillé, mais que ça ne peut pas être la vraie vie. Il n'a pas tort. Erasmus c'est une bulle. Une expérience folle et magnifique, mais ça reste une bulle. Tout ce qui se passe en Erasmus reste en Erasmus. Les contacts avec le monde réel, les autres, les emmerdes, le boulot, et même les études, tout ça n'existe pas. Erasmus ce n'est rien que la fête, l'insouciance, l'amour, les amis. Mais rares sont les mauvais côtés. On s'en rend d'ailleurs très vite compte quand on revient chez soi. Erasmus est une folie, mais Erasmus n'est pas la vie, telle qu'elle existe ensuite.

Erasmus est terminé depuis bien longtemps pour moi. Mais une autre source de bonheur est apparue. J'avoue que je ne l'ai pas trop vue venir. Et depuis quelques jours, je m'en délecte. C'est le bonheur du Carpe Diem.

Ce n'est pas la première fois que j'écris cette locution latine, sans doute pas la dernière. Mais cette fois, c'est différent. Je ne suis plus dans le Carpe Diem « on profite, on fait la fête, on voyage ». En tout cas, plus seulement. Je suis dans le Carpe Diem « on regarde autour de soi, on admire la nature, on observe ses proches, et on profite de tout ça avec le sourire ».
J'ignore un peu comment ce sentiment est venu en moi. Peut-être est-ce le film vu récemment sur ce type qui pouvait revivre chacune de ses journées, pour en profiter une deuxième fois. Ou peut-être est-ce la nature que je côtoie de plus en plus régulièrement qui me donne cette sensation de plénitude. C'est peut-être les randonnées de la Forêt-Noire, ou les balades avec mon chien. C'est aussi mes amis, que je revois depuis quinze jours. C'est également la famille, avec qui je prend plaisir à discuter, surtout quand je les écoute.

Ça commence dans Tilques. Un arbre qui bouge, et le bruit du vent. Je hoche la tête vers le ciel, les yeux fermés, me concentrant sur ce bruit fantastique. Le souffle. Fort, venant du lointain. Ce vent se déplace à travers les terres sans faire attention à moi. Mais moi, je l'écoute attentivement. La sensation est magnifique.

C'est ma grand-mère qui me parle. C'est la deuxième fois que je suis là cette semaine. Et elle évoque un sujet que je connais déjà, puisqu’elle en a parlé la première fois. Mais plutôt que de l'arrêter, je l'observe. Ses traits, ses cheveux, cette façon de parler. Une expression sortant tout droit d'un temps ancien. Je ris. Elle aussi. Je sais qu'elle a déjà fait une bonne partie du chemin, et que des moments comme aujourd'hui ne se reproduiront peut-être plus cent fois. Le temps fait son effet. Pour moi aussi.

C'est mon chien qui remue la queue à chaque fois que je rentre dans ma cuisine. Pourtant je suis parti il y a quinze secondes vers ma chambre. A peine suis-je parti que je l'ai entendu sauter du fauteuil et marcher vers la porte. Lentement, je remonte mon couloir, tout en admirant sa petite tête dépasser des carreaux inférieurs. Quelques centimètres derrière, sa queue gigote. Je lui parle de l'autre côté de la porte, et il se dresse sur ses pattes arrière. J'appuie sur la poignée, et le fauve se jette sur moi pour me faire une fête. Je le prends dans mes bras, essayant de donner autant d'amour que j'en reçois de sa part. C'est con un chien. Mais c'est tellement bon.

Mon père s'est endormi dans le fauteuil. Il a essayé de regarder le classico, que j'ai enregistré pour lui. Mais la fatigue a pris le dessus (et pourtant, quel match!). De mon côté, je regarde à nouveau le match, alors que je l'ai déjà vu la veille. Mais je sais que c'est une rencontre tellement fantastique... Je prends plaisir à suivre le déplacement d'Inesta alors que celui-ci n'a pas le ballon. Le replacement de Busquets, l'accélération de Benzema dans la surface pour être le premier sur le ballon. Et puis j'observe mon père, dans une situation assez habituelle pour lui. Sa sieste après manger. Traditionnel. Et je souris.

Vous voyez, ce ne sont pas des moments extraordinaires. Ce sont d'ailleurs les moments les plus ordinaires du monde. Et c'est ça que j'ai compris : le bonheur c'est de se délecter des moments ordinaires. C'est con à dire, mais ils sont si nombreux. Regarder la pluie tomber avec le sourire, et c'est toute une vision de la vie qui change. Dire bonjour à toutes les personnes que je rencontre, toucher l'herbe derrière ma maison. Le bonheur c'est prendre le temps de vivre. Le bonheur, c'est la fin de tout stress superflu. Je ne fais pas ça aujourd'hui, je le ferai demain. Ou le jour d'après. Et si je ne le fais pas du tout, tant pis. Il n'y a pas mort d'homme. J'ai le temps. Je me laisse savourer. Je me laisse être heureux.

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commentaires

A

Je surkiffe !!! et je suracquiesce aussi ...
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