24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 11:36

Je partais un peu la fleur au fusil. Ma CS m'avait évoqué les lacs, des hippopotames, des crocodiles et un centre de santé. Une de ses amis travaille là-bas. C'est le déplacement idéal pour le week-end.

Et puis... la claque. Mais vraiment la grosse claque. Je suis arrivé dans un centre de chirurgie orthopédique pédiatrique et de réhabilitation, réservé aux enfants. En entrant dans les (jolis) bâtiments, je ne voyais pas encore ce qui allait m'arriver. Et puis nous avons franchi une porte et je les ai vus. Il y a 13 petits-enfants et une cinquantaine d'adolescents. Certains sont là depuis plusieurs mois, d'autres sont arrivés le matin même. Tous souffrent de problèmes de santé, certains sont atteints plus gravement que d'autres.
Centre de santé Rilima (7)Voir un môme de 3 ans incapable de marcher à cause de pied-bot. 11 enfants de 4 à 7 ans dans des fauteuils-roulants. Certains ne sont pas capables d'avaler leur nourriture.Centre de santé Rilima (12)

Les premières minutes étaient à la limite du supportable. Je détournais le regard, j'en avais mal pour eux. Les handicapés mentaux ont tendance à venir vers moi, bredouillent quelque chose en kinyarwanda. Je me sens oppressé, je me sens mal.
Centre de santé Rilima (11)Et puis... et puis après plusieurs minutes je me suis petit à petit adapté. Je suis allé vers les adolescents, tout contents d'avoir un partenaire pour le baby-foot. Alors je suis resté là, à jouer de multiples parties avec eux. Ils n'en demandaient pas plus. Beaucoup ont des problèmes au niveau des jambes et des pieds, cela ne se ressent pas devant un baby-foot.
Centre de santé Rilima (8)Après le dîner ce fut le temps de la musique. Et ils étaient tous là, le long d'un mur, à entonner des chants rwandais. Ils suivaient le rythme du djembé, frappaient des mains en chœur et en cadence, chantaient à tue-tête les refrains. Et moi, au milieu de tout ça. Ils m'ont poussé au centre, et je me suis mis à danser. Et ils dansaient avec moi. A ce moment-là ce n'était plus pour moi des handicapés, juste des partenaires de danse.Centre de santé Rilima (4)Centre de santé Rilima (5)Le soir même j'ai compris : ils réussissent chaque jour à faire fi de leur handicap pour vivre avec passion devant un baby-foot ou au son du djembé. Putain de leçon.


Le lendemain, après leur messe, ils sont revenus vers nous. Et je suis reparti devant le baby-foot. Ils étaient tout sourires (plus de photos ici). Encore plus quand nous sommes arrivés avec les bonbons que nous leur avions achetés. Car ça reste des mômes. Des mômes à qui la vie n'a pas forcément fait de cadeau.

Centre de santé Rilima (10)En repartant j'avoue avoir été ému. Je venais ici pour des lacs, je suis revenu avec une leçon de vie.Centre de santé Rilima (2)

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