21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 18:50

francois-hollande-affiche-le-changement-c-est-maintenant.jpgA deux semaines des six premiers mois de François Hollande à l’Élysée, c'est peut-être l'heure de mon premier bilan. Il faut dire qu'avec un slogan tel que « le changement c'est maintenant », on attendait beaucoup du début, moi le premier. Et pour cause, j'ai fait partie des 51,64% de Français à avoir voté pour lui lors du second tour de la présidentielle.

 

Déception ? Oui, le mot n'est pas trop fort. Car je n'ai toujours pas vu de changements importants, profonds, qui sont de ceux qui marquent une présidence.

Commençons par l'Europe. Le fameux traité européen. Hollande voulait le renégocier, et pour cause, il déclarait en mars que « ce traité est une illusion mais aussi un risque... ». Sa proposition n°11 était justement de le renégocier. Comme on a pu voir, la renégociation a été de courte durée, un petit passage où on déclare vouloir se soucier de la croissance des États et puis c'est tout. Du coup, il aura fallu appeler au sens du devoir l'ensemble des députés socialistes pour que celui-ci soit voté à l'Assemblée sans avoir besoin des voix de la droite. Ce qui ne fut pas tout à fait le cas...

 

Le changement c'est maintenant. Ça tombait plutôt bien, je commençais un peu à en avoir marre de la politique du tout sécuritaire du précédent gouvernement, les Roms...

Là non plus, les choses n'ont pas vraiment changé. Manuel Valls ferme des camps de Roms. Où vont les Roms ensuite ? Ça, on ne sait pas. 500 mètres plus loin en moyenne. La communication est une nouvelle fois mieux préparée que les solutions : on sait dire aux journalistes où venir pour voir la destruction du camp, mais on ne sait pas répondre aux Roms quand ils cherchent un moyen de se reloger.


Pire, pire. Là, c'est LA grande déception. La cumul des mandats. Mais si, vous savez, ce que le gouvernement Jospin a promis. C'était l'engagement n°48 du programme socialiste en 2012. Il y avait même une date butoir : le 1er octobre, les députés socialistes devaient avoir choisi l'un de leurs mandats (texte adopté solennellement par le PS en 2010). Résultat : il reste... 220 cumulards ! Une broutille. La loi, on en parle pour... 2014 ! D'ici là, on aura le temps de penser à autre chose.


Petit
 bonus :

Le programme disait : « Fixation d'un éventail maximal de 1 à 20 pour les rémunérations dans les entreprises publiques -- décret fin mai ». Le résultat, ce fut le principe d'un plafond de 450 000 euros annuels, qui concerne moins de 20 dirigeants...



Bon, ne présenter que les déceptions ne serait pas trop objectif (mais est-ce que la pleine objectivité existe?). La hausse du SMIC, le coup de pouce pour l'allocation de rentrée scolaire, la fin de la circulaire Guéant, la suppression de la TVA sociale, la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires, le retour à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont assez cotisé, une nouvelle loi contre le harcèlement sexuel, le retour de la TVA à 5,5% sur le prix du livre et les spectacles vivants, impôt à 75% au-dessus du million pour les très hauts revenus, le blocage des loyers, des prix du carburant... autant de mesures à mettre au crédit du nouveau gouvernement.


Cependant, j'ai l'impression que les gros chantiers ont été volontairement repoussés. La loi d'assainissement du secteur bancaire par exemple, avec la séparation des activités de dépôt et des activités spéculatives, promise pour le début du mandat, a été repoussée de quelques mois (quand ? Ça, on ne sait pas, puisque sur le calendrier c'est devenu tout de suite beaucoup plus vague une fois au pouvoir).

 

Surtout, c'est la méthode qui me gêne un peu. Non, pas la méthode du président, sa normalité, sa posture bla bla... ça me gêne moins que le précédent. Mais c'est la méthode du gouvernement, qui me semble être de courir après l'actualité. Dernier exemple en date : l'accouchement dramatique dans le Lot. Réponse du gouvernement, par la voix de Mme Touraine : le déploiement de nouvelles antennes d'urgence mobiles. Suivre l'actualité : le mouvement des pigeons, on recule. La légalisation du cannabis, on n'ouvre pas le débat. Drame à Echirolles, on proclame que justice sera faite en se rendant sur place.

Le problème n'est pas tant de suivre l'actualité que de permettre à celle-ci de fixer le calendrier. Au lieu de se concentrer sur les problèmes de fond... (chômage à 10%, comptes publics dans le rouge...)

 

Bon, il n'est pas là pour tout réaliser en six mois. Du coup, rendez-vous en mai pour les un an ! Ce sera l'occasion d'un nouveau bilan.

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commentaires

L
Triste bilan ...
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P

"Le coup
de pouce pour l'allocation de rentrée scolaire,  la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires, le retour à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont assez cotisé.


 


Je
voudrais bien savoir pourquoi ce sont des bonnes choses ??? Il y aura t il une meilleur éducation ? Le chomage a t il baissé ? Le déficite est il entrain de se combler ?"

Ce n'est pas à moi de le dire, et je pense que tout le monde a une opinion sur le sujet (il y a 65 millions de président, un peu comme les sélectionneurs de football !). Cet article a simplement
vocation à témoigner des choses qui changent, et de celles qui devaient changer selon le programme. 
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S

Au risque de me répéter, au sujet du cumul des mandats, difficile de faire voter un texte quand les personnes qui votent sont aussi celles qui cumulent, non??? Cumul des mandats, des indemnités,
des droits à la retraite... ça fait beaucoup de choses auxquelles renoncer... Et les élus sont loin de vouloir "scier la branche sur laquelle ils sont assis" !
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L

Le coup de pouce pour l'allocation de rentrée scolaire,
 la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires, le retour à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont assez cotisé.


 


Je voudrais bien savoir pourquoi ce sont des bonnes choses
??? Il y aura t il une meilleur éducation ? Le chomage a t il baissé ? Le déficite est il entrain de se combler ?
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