3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 10:05

L’excitation est à son comble. Je me suis levé avec beaucoup de motivation. 7 heures, un petit-déjeuner classique puis une nouvelle sieste avant de se préparer pour 8h30. A 9 heures, nous sommes sur la ligne de départ. A nos côtés, présents pour nous encourager, Sophie, Maxime et Lucas. Le second cité est passé par là, il doit comprendre les sentiments qui me traversent. Je fais partie des 5 000 personnes qui s’apprêtent à prendre le départ du semi-marathon de la braderie de Lille. Une foule compacte me côtoie, tous prêts à aller 21,1 km plus loin. Au bout de l’effort.


Le coup de feu du départ résonne, un mouvement de foule vers l’avant débute. 20 bonnes secondes plus tard nous pouvons faire nos premières foulées, à allure réduite. Difficile d’accélérer quand dix personnes font front devant toi. Je fais mon au revoir à Olivia, ma partenaire d’entraînement. Aujourd’hui c’est un effort solitaire. J’accélère enfin.

semi-marathon-lille-braderie-2012-photo-participants.jpg Quelqu’un devant moi court avec un grand panneau écrit « 1h50 ». Ca tombe plutôt bien, c’est peut-être le temps que je compte faire. En fait, je n’en sais strictement rien. J’ai couru 2 fois les quinze derniers jours, et un maximum de 14 kilomètres. Alors après quelques secondes je me décide à accélérer. Il y a trop de monde. Et je pense déjà au ravitaillement qui s’annonce très compliqué dans cette foule aussi compacte. Je double. Beaucoup de monde. J’ai l’impression que je me sens fort. J’accélère constamment. Après 3 kilomètres j’ai rejoint le panneau « 1h40 ». Je reste derrière lui. Le temps d’une petite pause. Mais je n’aime pas suivre l’allure de quelqu’un. Alors je réaccélère.

 

Premier ravitaillement. Cinquième kilomètre. Personne n’est devant moi. Je chope un gobelet d’eau. Pas facile de boire. Je bois un quart du gobelet, mon T-Shirt les ¾ restants. On ne s’arrête pas devant moi, j’imite mes voisins de course. Quelqu’un avec son T-Shirt Bricoman va à une allure qui me convient plutôt bien, je le suis. Sur le boulevard Vauban, nous croisons les premiers dans l’autre sens. Des Kenyans, en petit groupe. Tous mes voisins applaudissent en courant, je fais de même. Ce n’est pas la même course. Le premier, Ezekiel Chebii, un… Kenyan (comme 9 des 10 premiers !) finira son semi-marathon en 59 minutes et 5 secondes. Au 8ème kilomètre je passe la porte de Paris. Je suis encore frais, je peux faire un petit signe amical à mes supporters. Sur le coup je frappe presque mon voisin de course.


La grosse difficulté du début de l’épreuve s’appelle les autres coureurs. Quand tu doubles tu dois d’abord regarder à gauche, puis à droite. Sans rétroviseur. La tête se secoue dans tous les sens. Parfois, aussi, tu te fais doubler. Et il faut faire attention de ne pas percuter les pieds de l’autre coureur. De temps en temps, c’est un mur qui est devant toi. Tu slalomes vers la gauche puis la droite afin de trouver la bonne porte, le petit espace qui te permettra de franchir le mur.

 

Tout cela fatigue. Au 12-13ème kilomètre je commence à sentir qu’il me manque du coffre. De l’endurance. Un défaut d’entraînement. Je débute le décompte des kilomètres, qui s’effacent de plus en plus lentement. J’attends avec impatience chaque ravitaillement, tous les 5 kilomètres. Si je n’ai pris qu’un gobelet sur le premier, j’ai chopé de l’eau, une orange, une éponge sur le dernier. Je commence à être en perdition. Je le vois. Depuis plusieurs kilomètres je ne double plus personne, ou alors des coureurs plus en perdition encore que moi. Le reste du temps je me fais effacer par les autres coureurs. J’ai été lâché par Bricoman et son T-Shirt il y a quelques kilomètres, je ne le reverrai plus. J’essaie de calquer ma course sur les personnes devant moi mais j’ai l’impression que celles-ci accélèrent constamment. Les faux-plats montants du côté de la citadelle me font mal, je ne parviens plus à relancer. Je regarde de plus en plus derrière moi pour voir si le monsieur « 1h40 » n’est pas là. Merde, il reste 3 kilomètres, ce serait con de lâcher maintenant.


Heureusement il y a la foule. Qui t’encourage, qui te porte. Les autres coureurs aussi, avec un petit mot sympa quand ils te doublent. Certains doivent bien sentir à mon allure que je suis au bord de la rupture. Heureusement, il y a aussi un peu d’amour propre. Non, je n’abandonnerai pas. Je regarde derrière moi et je vois au loin le panneau « 1h40 » qui flotte. Non, je ne le laisserai pas revenir. Sous les 1h40 ce serait très bien. Alors je donne tout ce que j’ai. Le dernier kilomètre est un chemin de croix. Les pavés font mal, mes jambes encore plus. J’ai l’impression que mon genou droit commence à crier « tendinite ! tendinite ! ». Tais-toi donc ! Là, c’est le mental qui compte. Dans la dernière ligne droite j’ai les adducteurs en feu. Certains tapent un sprint. Rien à foutre. Je vois le chrono, 1:39:.. Ca me va. Plus besoin d’accélérer. Je fais un sourire à ma petite sœur et à Alba, présentes dans les derniers mètres. J’y suis. Je l’ai fait.


Les premiers mètres d’après-arrivée je boîte légèrement. Mais mon corps se réhabilite assez vite. Je chope à boire, me mets au sol pour réaliser les premiers étirements. Qui font tant de mal sur le coup, mais tant de bien pour la suite. Je rejoins mes supporters sur la dernière ligne droite. Olivia arrive, dans un temps surprise pour moi (2h02:51). Clap clap. J’ai froid. Je frissonne même. Désolé Christophe, mais je n’attends pas que tu finisses tes 10 kilomètres. La douche réparatrice m’attend. Puis une bonne sieste. 1h39:26. Temps de référence pour le prochain semi-marathon. Mais pas tout de suite.


Prochain objectif : sous les 1h30. Ou un 10 km en moins de 43 minutes. Et puis l’objectif final : le marathon de Paris. Je lance un appel à tous les intéressés !

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