20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 15:05

Que faire pendant 32 heures de train ? Qui plus est quand il y en a 56 qui arrivent très vite !

Le lecture apparaît comme LA solution, surtout quand on voyage sans nouvelles technologies. Mais le hic c'est l'approvisionnement. A Moscou j'ai réussi à trouver des livres en français sans grande difficulté, en sera-t-il de même sur les prochaines étapes ? Rien n'est moins sûr, sauf si les Alliances francaises se révèlent être vendeuses.

 

Au cours de cette première semaine, j'ai donc lu 1984 d'Orwell, La cantatrice chauve et La leçon d'Ionesco, Le petit prince de Saint-Exupéry, Thérèse Desqueyroux de Mauriac et la Métamorphose de Kafka. Sans aucun doute mon meilleur score depuis 3 décennies !

 

1984, Orwell.

Il y a des livres que l'on se doit d'avoir lu. Et 1984 en fait partie. De par son impact sur la société, de par son esprit visionnaire.

Big Brother. Expression devenue courante. Malheureusement. La guerre c'est la paix. La liberté c'est l'esclavage. L'ignorance c'est la force.

 

En dehors de cette société de surveillance, c'est l'aspect contrôle de l'histoire qui m'a le plus impressionné. A toutes les personnes qui se demandent pourquoi l'histoire est une discipline universitaire, là est la réponse. Celui qui contrôle le présent contrôle le passé.

 

A bas Big Brother.

 

J'avoue que ce livre me remplit d'inquiétude, tout en me donnant le courage pour un long combat contre une certaine vision de la société. Contre la surveillance à tout va. Contre l'idéologie d'un parti. Pour la liberté. Pour la pensée. Pour la connaissance. Pour l'éducation.

 

Mais finalement, on se demande si nous aussi ne serions pas entrainés. Si pour un certain confort matériel, nous ne sacrifierions pas un peu de notre liberté. Si nous ne serions pas des O'Brien, persuadés d'avoir fait le bon choix, persuadés de la juste cause de nos actions. Et si, finalement, j'aimerais Big Brother.

 

Ionesco, c'est le théâtre de l'absurde par excellence. La cantatrice chauve c'est du burlesque, des répliques sans rapport les unes avec les autres. Je pense que de le voir jouer au théâtre de la Huchette serait autre chose qu'une lecture. Mais cela restait divertissant. La leçon s'inscrit dans la même optique, même si la qualité est moindre. Des livres qui m'ont permis de patienter dans le métro de Moscou. 2 x 45 minutes.

 

http://www.cele.unam.mx/lingualia/uno/img/archivosIMG/recuerdo.jpgLe petit prince, c'est une histoire d'amour, c'est une histoire d'amitié. C'est une histoire pour les enfants, c'est une histoire pour les adultes. Le petit prince rappelle les bases de la vie. C'est un rappel. C'est un exemple. Derrière des traits enfantins, c'est une leçon. C'est aussi l'hommage à un ami qui m'a, un jour, longuement parlé de l'apprivoisement. Il a réussi. Et bientôt ce sera mon tour.

 

Citations : Il faut exiger de chacun ce que chacun peut donner. (...) l'autorité repose d'abord sur la raison.

Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui.

L'essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu'avec le coeur.

 

Thérèse Desqueyroux c'est un drame de vie. La vie d'une dame malheureuse, qui va agir contre son mari, sans réellement savoir pourquoi, ni comment. Un peu à la manière de L'étranger de Camus, ça va la prendre comme ça, un jour, sans crier gare. Thérèse s'ennuie. Thérèse n'aime pas sa vie. Thérèse aimera Paris. Mauriac montre ici une certaine vision de la campagne, conservatrice, et où tout se sait.

 

J'ai été agréablement surpris par La métamorphose de Kafka. Je ne sais pas pourquoi mais au départ je voyais d'un oeil très circonspect l'histoire de cet homme qui se transforme en cafard. Mais cette métaphore, même si elle reste en partie mystérieuse, présente extrêmement bien le rejet de l'autre en raison de sa différence. Un peu de La Fontaine, sauf qu'ils restent des humains, qui agissent cependant en animaux. Homosexualité, différente couleur de peau, changement de sexe, malade de la lèpre ou de la peste, handicap ? J'avoue avoir eu de nombreuses idées de métamorphose sans être véritablement comblé par l'une d'entre elles. Reste le regard des gens, la réaction de la famille et finalement le départ de ce cafard, départ souhaité des deux côtés.

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commentaires

M



partage totalement l'avis de Sandrou sur Kafka ou Bovary ...



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S


Je suis contente de voir que le "désamour" de Kafka n'est pas héréditaire... J'ai détesté lire La métamorphose alors que j'étais en classe de 1ère, et que ce bouquin faisait partie des oeuvres à
présenter au bac... 



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M


Ah ! enfin ! LE petit prince ;)



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