15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 09:04

Pour la première fois du voyage, c’est la chaleur qui nous sort du sommeil, au milieu de nos deux champs. Sous les coups de 9h, nous traversons la frontière croate et entrons pour la première fois dans un pays qui n’est pas dans l’UE. Le changement de paysages est loin d’être immédiat, il s’agit toujours de collines verdoyantes, même si une certaine pauvreté se fait sentir au fil des kilomètres. Très vite, nous apercevons même quelques façades criblées de balle, et cela devient monnaie courante au fur et au mesure que l’on s’enfonce dans le pays, encore marqué par les stigmates d’une guerre toute récente. On aperçoit même un tank au repos, entre deux maisons. Cependant, les images changent plus on se dirige vers le sud. Il faut dire que nous traversions le nord est du pays, voisin de la Serbie. La Croatie marque l’entrée dans les pays méditérranéens, cela se ressent effectivement au climat, alors que nous approchons des fameux lacs. L’avantage d’un parc naturel est qu’on y entre aussi simplement que dans une forêt, et c’est aussi simplement que nous évitons les 15 euros de frais d’entrée au Parc national des lacs de Plitvice. L’endroit est tout simplement magnifique, pas d’autre mot. L’eau est d’une couleur incomparable, un turquoise qui ferait pâlir les atolls du Pacifique.europa tour (16) Durant la visite, le temps s’oublie au fil de l’eau. Nous tutoyons cette eau limpide où les poissons grouillent le lond des berges. Pour la première fois, si j’oublie les touristes venus en nombre eux aussi, je crois revenir à la nature, aux premiers temps, tant ce site impressionne par sa beauté toute vierge.  Après une sortie des sentiers battus qui restera mémorable tant nous avons galéré à rejoindre la route, nous faufilant au milieu des arbres sur une pente de 45°, au milieu de ce décor grandiose. On passe même à l’endroit où la guerre serbo-croate de 1991 aurait éclaté, causant à cet endroit les 3 premiers morts du conflit. Au moment de repartir, il nous faut reprendre une sorte de bus pour parvenir au point où nous sommes entrés, preuve de la taille de ce parc. On monte dans un de ces bus, qui démarre puis s’arrête au bout de quelques centaines de mètres pour une raison inconnue. Nous ne repartirons pas et continuerons à pied. La raison : un Américain se serait allongé sur la route afin de stopper le bus, pour que celui-ci attende ses amis. Cette version, on la recueille auprès d’une française mais impossible de savoir si c’est la vérité. Toujours est il que le chauffeur refuse de repartir, le temps d’attendre la police qui arrive rapidement, alors que je tente envers et contre tout de défendre la réputation de mes amis américains, complètement entachée par cet incident ! Mes deux amis ont l’idée saugrenue de courir afin d’arriver à temps pour reprendre un autre bus au prochain point d’arrêt, alors que nous n’avons pratiquement pas mangé le midi. Nous parvenons finalement à retrouver notre chère Clio, et reprenons la route en direction de la côte. On passe devant quelques bunkers, et je retrouve un arrière pays semblable aux paysages corses. Vers 19h30, l’Adriatique, que je revois pour la deuxième fois, est en vue. Nous nous baignons dans la ville de Karlobag et prenons notre première douche depuis chez Oleg, le temps pour mes amis de me charrier puisqu’une croate relativement agée avait l’amabilité de faire fonctionner ma douche pour que j’aie le temps de me savonner ! On reprend la route alors que la nuit s’approche. On se pose donc au bord de la route pour manger du riz et des tomates avant que le soleil ne se couche. Il nous faut donc chercher un endroit où camper à l’aveuglette désormais. On trouve un campement fortune, sur des cailloux…alors que l’on aperçoit un muret à la lumière des phares. On décide tout de même de s’y établir, mais quelqu’un approche rapidement muni d’une lampe torche. Je vous présente le maitre des lieux, accompagné de son aimable chien ! Etonnamment, alors que nous nous étions préparés à plier bagage, l’homme nous autorise à rester pour la nuit si nous repartons tôt le lendemain matin…

 

Lucas

Ce fut là sans aucun doute ma journée préféré dans ce doux pays qu'est la Croatie. Pendant longtemps, il est vrai que j'ai apprécié ce pays sans trop savoir pourquoi. Les rumeurs disent que cela débuta le soir de Croatie-Allemagne (3-0) que je regardais chez ma grand-mère lors de la Coupe du Monde 1998. Bref, trêve de détail footballistique. Revenons à de l'histoire et de la géographie, deux matières que j'avoue adoré depuis tout petit. (Cela date notamment de Monsieur Hannotel et d'un cours sur Henri IV ainsi que ces capitales du Monde, jeux que l'on aimé faire à la cantine de Tilques city (oui, aujourd'hui, c'est la foire au détail sur mon enfance ^^)) Le nord du pays fut une immersion totale dans les Balkans que j'imaginais. Les balles, les tanks, les panneaux "Attention, mines !" Puis dans le genre parc naturel, Plitvice fait dans le top. Interdiction de s'y baigner, cela peut expliquer en partie une eau turquoise à faire passer pour noir la Méditerranée (et je n'imagine pas comparer avec notre Belle Mer du Nord !) J'avoue avoir apprécié l'étape "mais où est la voiture ?", avec le petit footing suite à l'incident diplomatique avec nos amis Américains (certains disent qu'il était Texan !). Lorsque l'on repart, je peux apercevoir le drapeau de l'Union Européenne flottait au côté du drapeau local. J'ai une impression d'un assez grand nationalisme dans ce pays et d'une réelle envie d'adhésion. Enfin ma première découverte de l'Adriatique et quelques balbutiements d'Allemands à l'encontre d'un local (c'est fou comme l'Allemand est parfois nécessaire) afin de pouvoir dormir en sécurité.

Note personnelle : 16,5

J.R.

EPOUSTOUFLANT ! J'attendais beaucoup de la visite de ces lacs. J'ai été gâté ! C'était au-dessus de mes espérances. D'abord, la nature, enfin ! Si on met de côté la foule, que l'on pouvait assez facilement fuir, se promener dans cet havre de nature était un pur bonheur. Quelles couleurs ! Entre la verdure, et le bleu de l'eau, on a là des photos cartes postales ! Et puis, sortir des sentiers battus, se sentir perdu en forêt, s'orienter, retrouver son chemin. Les joies de la course à pied, préférée au bus immobilisé. Enfin, la baignade, la première de ce tour d'Europe (mais certainement pas la dernière). Imprégné des paysages, on s'endort l'esprit léger, malgré les pierres qui chagrinent le dos, surveillés par ce gros chien bienveillant.

 

Romain

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