23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 14:07

Je te revois, petite fille blonde, jeune demoiselle déjà, juste assise à côté de moi. Depuis le début de l'année, je ne pensais que toi, je me réveillais pour toi, je vibrais pour toi. Ton sourire, ton regard, ton humour... oui, je pense bien que je t'aimais bien.

 

Je me souviens bien de ce jour-là, du couloir où tu m'accompagnais, juste avant de rentrer en cours. Nous discutions du futur, pas forcément du nôtre, mais du tien et du mien. Tu n'étais jamais très confiante et je n'avais pas toujours les mots adéquats. Tu ne m'en voulais pas. Je pense que tu m'aimais bien.

Mais ce midi-là les choses ont été plus loin. Ton manque de confiance t'a fait pleurer. Je vois les larmes doucement couler le long de tes joues rouges. Les pleurs sont saccadés.

 

Depuis, je regrette. Oui, ce jour-là, je ne savais pas quoi faire. J'ai hésité et je n'ai pas réussi à te prendre dans mes bras. Pardonne-moi de mon inexpérience qui à elle-seule peut expliquer mon attitude.

 

Quelques semaines plus tard, tu disparaissais de la fac. Dépression. Si tu savais comme je regrette de ne pas avoir su t'aider.

 

 

 

Je te revois, petit garçon brun à lunettes. Collège, sixième, cour du bas, devant les casiers. C'était l'automne, et la dure loi du collège faisait son oeuvre. Ils étaient trois devant toi. Et ils t'embêtaient. Plus comme à l'école primaire. Cette fois-ci les coups ont remplacé les mots.

 

Il se trouve que je te vois, juste derrière un mur. Je veux venir t'aider. Mais je n'y arrive pas. J'ai trop peur. Peur de recevoir des coups, peur de ne pas réussir à t'aider. Pardonne-moi mon manque de courage. Pourtant je connaissais deux des garçons. J'aurais pu t'aider, j'en ai maintenant la certitude. J'ai fui.

 

Le jour même, ton nez finira cassé. Et tu changeras de collège quelques semaines plus tard.

 

 

 

On a tous des regrets. Notre comportement nous déçoit souvent et il n'y a pas pire jugement que celui que l'on se fait à soi-même.

 

Depuis, j'ai pris des dizaines de filles dans mes bras. Dès qu'une larme coule je me jette, comme pour mieux rattraper ce qui s'est passé cet après-midi là. Depuis, j'ai voulu m'interposer dans plusieurs bagarres, sous toujours beaucoup de réussite. Mais j'aurai au moins essayé.

 

On apprend toujours de ses erreurs.

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