8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 11:54

C’est fou comme nos souvenirs peuvent être associés à un objet, à une parole, à une odeur, à une saveur. Cette dernière semaine, j’ai eu plusieurs de ces flash-back qui vous font traverser le temps pour revenir à un âge où la vie semblait plus facile, moins compliquée. Les souvenirs de jeunesse, à bord de ma Doloriane personnelle, mon propre cerveau.P1180914.JPG

J’étais chez ma Couchsurfer, à Bielefeld, dans la partie centre-ouest de l’Allemagne. Son appartement, situé au 3ème étage, surplombe le quartier avoisinant. Devant sa fenêtre, une rue droite court à perte de vue, là-bas, vers l’horizon. Et d’un coup, c’est revenu. C’était mon appartement, à Canterbury. Erasmus. La rue qui traversait Parkwood, les bus qui défilaient, les footballeurs qui s’en allaient jouer, les couples qui se retrouvaient. Cette rue se trouvait à nouveau devant moi. Je revoyais les arbres, l’allée pour les piétons, les maisons similaires. Je me revoyais, jeune Français à la recherche d’un apprentissage, à la recherche de l’anglais. J’ignorais alors que j’apprendrais la vie. Cette année-là j’avais une vue parfaite sur mon Erasmus. Je me sentais roi, je l’étais au fond de moi.

Alba évoque la sœur de sa copine, qui aime Justin Bieber et poste un statut par jour sur la vie de sa star. Une vraie adolescente, qui ne rêve que par la vie de mannequin. Mon cerveau m’amène à l’OV, Arras. Les débuts de l’université, la première année, une soirée dans un lieu que nous aimions bien fréquenter. Cette fois, un photographe personnel est là et propose de faire des séances gratuites. Nous n’hésitons pas longtemps. Le début est un peu chiant : maquillage et photo pose sans grande originalité. Puis nous avons le droit à deux minutes en free style. J’avance vers la caméra, fais le gangsta avec mon maillot du FC Barcelone. Cette photo restera dans ma chambre jusqu’en Erasmus. Et aujourd’hui, je porte le même maillot.

La vue d’une barrière. Et me voici plongé dans Tilques, en pleine obscurité. Je suis avec Alexandre, et nous allons chez Antoine, où les « wowowos » sont rassemblés. Nous sommes un peu en retard, et décidons de leur faire peur, alors qu’ils sont occupés à jouer au ping-pong. Nous passons sur la droite de la maison, regardant l’horizon pour ne pas être repérés. La chute est soudaine, brutale. Un grillage était posté là, nous ne l’avons pas vu. Nous sommes au sol, et rigolons plusieurs minutes sans pouvoir nous arrêter, sans même pouvoir nous relever. J’ai mal au ventre. Nous finissons par passer par l’entrée principale, l’air de rien.

D’ailleurs le dernier souvenir me ramène à Alexandre. Alors que je tombe sur le match Federer-Djokovic, une pub pour le base-ball me ramène dans sa cour. Nous expérimentons la batte qu’il a achetée en Allemagne. 14 ans. Comme nous ignorons les règles, nous jouons seulement à (tenter de) frapper dans la balle, de tennis. Je lance la balle, Alexandre est un peu plus bas, vers sa sortie. Il shoote parfaitement et la balle de tennis s’envole au-dessus de la maison. Elle rencontre son antenne, arrondie. La balle se loge exactement dans l’arrondi et ne bougera pas de là pendant plusieurs mois. Probabilité de le faire : 0,00001%. C’était cette fois. Fou rire.

 

A nos souvenirs, ancrés dans nos mémoires, qui font resurgir nos années de gloire.

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