18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 09:19

Le ciel lui tombe sur la tête. Après le dernier (mauvais) album d'Astérix, nous avons maintenant droit à pire, avec la sortie en fanfare d'Obélix au pays des Soviets. On le pensait pourtant parti chez les Belges et puis non, le voici arrivé en Mordovie, province digne d'un sceptre d'Ottokar.

C'en est donc fini de l'invincible gaulois, celui qui lutte encore et toujours contre l'envahisseur fiscal. La faute à Julius Hollandus et à son préfet Jean-Marcus Ayrus, et à leur idée de faire payer à l'ensemble du village une taxe à 75% (au-dessus du million de sesterces). Le bougon Obélix n'a pas tergiversé très longtemps, pour lui (et son entreprise florissante de menhirs) c'est impensable. Au revoir Gaule, mère patrie, et direction la démocratie soviétique.
Tout le monde a un peu donné son avis sur la question de part et d'autre de l'Oural. Sauf moi, simple citoyen ordinaire. Le débat a été tendu, avec un premier ministre minable, un Torreton grossier et un Lanvin pute. Oui, les mots ont parfois été vulgaires, et la tendance ne s'améliore pas au fil des jours, les Inrockuptibles ayant décidé de tuer le cochon.

Danton-Gerard-Depardieu-Philippe-Torreton.jpgPar où commencer ? Par Obélix, tout d'abord, car c'est de lui que tout part. Obélix qui fut Danton, révolutionnaire audacieux (ci-dessus). Obélix qui part, en Belgique. Ce n'est pas le premier à franchir la frontière dans ce sens. Beaucoup préfèrent la Suisse ou Monaco. Mais ceux-ci le faisaient dans un autre climat. A l'heure où l'on demande une certaine solidarité (financière) aux plus riches du pays, Obélix fuit le bateau qui tangue. Et ce n'est pas son poids physique ou financier qui provoque les remous, mais son poids culturel. L'image que cela envoie, en France, à ceux qui galèrent. L'image que cela envoie, dans le reste du monde, d'une France qui fait fuir les riches (on n'en avait pas forcément besoin!). Non, Obélix, sur ce coup là, je ne te soutiens pas. Payer 75% d'impôt au-dessus d'un million de revenus, ça ne me semble pas honteux. Peut-être parce que l'histoire m'a appris que ce fut déjà le cas, et que les États-Unis des années 50 avaient des impôts sur le revenu à 90%. Et Gérard Lanvin d'affirmer qu'il ne faut pas le prendre pour une pute... il en connaît beaucoup, des putes, qui gagnent un million d'euro sur une année ?? Et le métier d'acteur est-il comparable à celui d'une prostituée ? Il conseille même à ses enfants de quitter la France. Et les commentateurs du Figaro d'applaudir, les mêmes qui il y a quelques mois encore proclamaient à tue-tête : la France, tu l'aimes ou tu la quittes !


Le choix de la Russie a provoqué un échos encore plus fort. La Belgique passe encore, on sait qu'Obélix aime les sangliers avec des frites, assortis de bière. Mais la Russie ?! En quelques heures Vladimir Leninus Stalinus Poutinus lui offre un passeport. La Russie ? Le pays où un président de la République peut devenir premier ministre pour contourner la loi (et garder le pouvoir) puis redevenir président de la République. Le pays où la liberté d'expression est très limitée, le pays où la dernière élection a été un peu (trop) truquée. Obélix, celui qui résiste à l'oppresseur, se jette dans les bras de l'empereur Tsar.

En Russie, ce sont surtout les opposants qui ne comprennent pas. Merci Danton pour ton audace.


Cependant, jeter simplement la pierre sur Obélix serait minable. Et pour cause, ils sont nombreux à en faire de même, sans le claironner sur les monts de l'Oural. Combien de réfugiés fiscaux dans les Alpes suisses ? Acteurs, sportifs, patrons... et pas seulement depuis Julius Hollandus ! Il paraît que le bouclier de notre ancien chef devait les ramener à la maison. Je m'en souviens bien du petit, debout sur le bouclier, à l'attention des riches de Gaule et de Navarre : venez les riches, je vais vous sauver ! Le résultat, on le connaît ! Peu sont revenus, et l’État faisait des chèques à Liliane Bettencourt (100 millions d'euro au total !).

Jeter la pierre sur Obélix sans jeter un caillou sur Julius Hollandus et son armée serait aussi une faute. Parce qu'au niveau de la manœuvre, ce fut une petite Bérézina ! C'est bien de claironner un peu partout : vive la taxe à 75% ! vive la taxe à 75% ! Et puis pouf, retoqué par le Conseil Constitutionnel. On a eu le désavantage, à savoir une mauvaise publicité dans tous les pays anglo-saxons, sans avoir l'avantage, avec les quelques centaines de millions d'euros que l'on espérait voir rentrer dans les finances de l’État. Merci Julius.

 

Décidément, je préférais les aventures de l'original. Surtout qu'on savait la Gaule gagnante à chaque fois.

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