18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 19:11

Aujourd’hui je n’ai rien fait. Je n’ai pas bougé. Je suis resté là, à attendre quelque chose qui ne venait pas. Une idée. Faire. Regarder. Agir. J’étais sclérosé. Je n’avais aucune envie, aucun but. J’ai réfléchi, au sens de tout ça, au sens de la vie, au sens de mon existence. Et je n’ai rien trouvé. Pas de réponse. Même les questions ne venaient pas. Je me suis réveillé dans le même état d’esprit qu’hier soir. Une tristesse. Une solitude. Je regarde au plus profond de moi-même et je ne vois rien.

 

J’ai toujours pensé que je finirais un jour par me suicider. Non pas que l’envie de me tuer m’attire particulièrement. Mais je refuse que ce soit quelqu’un d’autre que moi qui décide de la fin. Je veux battre le sort et la maladie, je veux combattre Dieu ou le destin. Je veux choisir l’heure et le jour, le lieu et les gens qui m’entourent. Je ne veux pas vivre mes dernières semaines malade à crever, ou en étant déconnecté. La maladie de mon grand-père me confirme la chose. Si Alzheimer s’empare un jour de moi et de mon cerveau, n’hésitez pas une seconde, flinguez moi. Je ne veux pas finir ainsi.

 

 Aujourd’hui j’ai ainsi perdu plusieurs heures de ma vie, à ne rien faire. Plus j’avance et plus je doute. Plus les jours passent et moins je comprends. J’ai pensé un jour détenir la réponse et puis non, ce n’est pas ça. Je rêve d’être un animal. Je rêve de déconnecter mon cerveau, de le laisser sur ma table de nuit, d’abandonner ainsi toutes ces questions qui se bousculent. La solitude ne me réussit pas, le célibat encore moins. Mais c’est surtout l’absence d’objectif qui me détruit. J’ai bien des choses à faire mais j’ai une totale démotivation. J’ai honte de moi, de ma position. J’ai honte de ne rien faire alors que je peux justement tout faire. Mais je ne veux rien. Rien de ce qui m’entoure. Rien de ce que je n’ai pas. Je n’ai rien à l’esprit, rien à l’envie. Je suis triste. Sans comprendre pourquoi.

 

J’essaie de trouver des réponses au fur et à mesure de ces lignes, espérant dénicher après une virgule la réponse que je cherche tant. Si je pouvais tout au moins trouver la réponse, juste avant ce point. Trop tard. Ca ne vient pas, rien ne vient, rien n’arrive. Mon cerveau est là pour me pourrir la vie. Je regrette parfois mes études, je regrette d’avoir continué à me nourrir d’informations pour finalement ne pas savoir quoi en faire. Je ne suis rien, et je n’ai rien envie d’être. Je n’ai pas envie d’être différent, je n’ai pas envie d’être moi. J’ai l’impression de craquer. J’ai presque pleuré, pour la première fois depuis de nombreux mois. 5, 6 fois aujourd’hui. Je criais dans ma voiture. Je hurlais parfois son nom. Elle n’est pas là, et elle me manque.

 

Le pire, c’est l’absence de futur commun. 3 ans de relation à distance. Non, mais, vous imaginez ? Sérieusement ? La folie. Est-ce que j’en ai envie ? Est-ce que j’y crois ? J’ai l’impression que la négative l’emporte pour la seconde question. L’expérience peut-être. La différence d’âge. Son début d’université. Mon manque de confiance en moi.

Oui, c’est ça aussi le problème. Je ne crois plus en moi, en tant que part intégrante du couple. Je m’en rends compte, ça m’a fait mal. Le fait d’être abandonné une fois, moi, l’homme idéal, m’a détruit. L’amour-propre a disparu, emporté par un vent nordique. Depuis je crains l’abandon de façon maladive. Je ne veux pas m’engager, je ne veux pas tout déclarer, de peur de tout perdre, une nouvelle fois. O putain, je crois que je touche au but. Je crois que je viens de trouver la question, la réponse, le sujet qui m’emmerde si terriblement depuis 2 jours, qui m’empêche de bouger ou de réaliser quoi que ce soit. C’était donc ça. C’est vrai, je m’en suis rappelé en Irlande. Je l’ai senti. Et ça s’est renforcé hier et aujourd’hui. J’ai perdu espoir. Je doute de l’amour. Je doute de la vie.

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commentaires

C

Je suis tombée par hasard sur ce blog; c'est effrayant à quel point je me reconnais dans ton texte, dans ton ressenti. J'aime ta prose, ta façon d'écrire, je rêverais savoir manier le verbe aussi
bien que toi. Je pense que l'écriture est un excellent exutoire, probablement même le meilleur pour ceux qui savent l'utiliser: tu trouveras c'est certain. Au plaisir de te relire..
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S

Qu'est-ce que c'est que ces idées noires ??? Allez zou, on se secoue et on positive !!! Et tu me fais le plaisir d'oublier vite fait la première phrase de ton deuxième paragraphe...
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