22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 09:23

Olympie! Réveillé par ces satanés boeufs, c'est d'assez mauvaise humeur que je monte dans notre carosse, en direction de cette ville au nom enchanteur. Ville, bien grand mot car il s'agit plutôt d'un site, orné de vestiges grecs de l'Antiquité. L'amateur d'histoire qui sommeille en moi est impatient et s'imagine déjà rester béat devant les immenses colonnes et les statues divines. J'ai donc la tête ailleurs alors que nous franchissons le pont qui sépare le continent européen du Péloponèse, terre de légendes et de mythes. Alors que nous nous arrêtons pour acheter quelques fruits bon marché, nous profitons de la présence d'une fontaine pour nous rafraichir.. Jérémy se fait soigneusement engueuler par une dame grecque qu'il l'aperçoit en plein délit d'urinement dans les bosquets derrière la fontaine ^^. On reprend doucement la route et nous posons sur une plage quasi déserte, où l'ambiance semble propice à la sieste. Aussitôt dit, aussitôt fait, et nous restons bien deux heures sur le sable chaud du Péloponèse. Le temps pour moi d'attrapper un sérieux coup de soleil qui laissera quelques traces!

A 15h, nous parvenons à Olympie, sous une chaleur intense, il faut dire que nous approchons du point le plus au sud de notre parcours. On s'accorde une nouvelle petite sieste (oui encore!) tant ce climat ne permet aucune activité humaine! Sans surprise, la visite est payante, environ 3 euros. Un grand débat doctrinal s'offre alors à nous: les bons touristes honnêtes qui en avons les moyens doivent ils payer ces 3 euros? Ou alors les voyageurs de fortune doivent ils sacrifier le montant de leur repas du jour? Le choix est vite fait, d'autant qu'il y a un challenge: des barrières d'une hauteur d'environ 2m entourent les ruines. Nous cherchons un moyen d'entrer, et y parvenons à l'abri des regards indiscrets! Rien ne nous dit alors que cette infraction nous vaudra une revanche des forces de l'ordre par la suite! Quoiqu'il en soit, nous y voilà, et devant le paysage qui s'offre à nous, on se dit qu'on a bien fait de ne rien débourser. Si les archéologues seraient sans doute comblés, on s'accorde à dire qu'il n'y a rien de bien impressionnant ici à part quelques blocs de pierre qui sortent de terre. Je généralise quelque peu, mais il n'en reste pas moins que le spectacle est décevant. On reste à peine une heure, le temps de jouer les photographes pour un couple québécois pour le moins extraverti dans ses rapports!

A 17h30, nous avions fait le tour et décidions de recharger nos portables après une nouvelle entrée illégale (décidément) dans les sanitaires d'un camping. Une fois repartis vers l'Est, on tergiverse sur le moment et le lieu de notre repas: faut il manger maintenant afin de devancer la nuit ou attendre encore un peu? On préfère opter pour la deuxième solution et parvenons à trouver un emplacement aux aspects coquets entre deux champs de maïs. On s'y engouffre allégrement, mais on s'aperçoit vite que l'emplacement est occupé, vu le pick up bleu qui y stationne, et son étrange conducteur...On fait alors marche arrière, et route vers le village afin de trouver des chemins plus propices à notre quête. Ce ne sera pas le cas, ce qui nous fait revenir sur nos pas et passer devant ce fameux emplacement. A ce moment, le pick up bleu aperçu plus tôt sort en trombe et se range à nos côtés! Le type, d'une quarantaine d'années, accompagné d'une vieille dame, baisse le carreau pour engager la discussion, en grec. Discussion que je pense cordiale, vue de mon siège arrière, mais que Romain et Jérémy perçoivent comme menaçante. Que nous veut ce grec? Sans doute nous reproche t il d'avoir voulu entrer dans sa propriété. Toujours est il que l'on met les bouts, et le type prend la même direction que nous. Une coincidence, me dis je au départ. Mais au bout de 20 kilomètres de route commune, je commence à douter. C'est à cet instant qu'une voiture de police nous prend en chasse après le passage à un tournant. L'officier hurle à la fenêtre de nous ranger sur la droite. Pas le moment de faire le malin, Romain coopère avec calme. Mais son sang froid et le notre prendront un coup quand nos amis des forces de l'ordre sortiront de la voiture en sortant leur calibre! What what what??? On ne comprend plus rien, nous qui pensions être interpellés pour un excès de vitesse, ce qui nous est déjà arrivé 2 fois déjà! Le temps s'arrête, et on hallucine. Les flics demandent alors à Romain de sortir du véhicule, et de mettre ses mains sur le capot. Quant à Jerémy et moi, nous devons garder les mains posés devant nous, et leur donner notre passeport lentement, à une main. Juste avant, on s'était aperçus que le pick up bleu qui nous suivait s'était stationné juste derrière nous au moment de notre interpellation. Ca pue l'embuscade!  Mille questions se bousculent alors sous les injonctions agressives des policiers grecs et les "Oh my God" successifs de Jérémy ^^. Je pense même à des faux policiers, après tout ça s'est encore vu il n'y a pas si longtemps en Espagne. Heureusement pour nous, seul un des 4 ou 5 policiers parle anglais, et Romain parvient à expliquer la situation. Ils se rendent bien compte que ces 3 français ne sont pas si malfaisants que semblait le dire le grec, propriétaire du pick up, qui les appelé pour nous accuser de tentative de vol...! TF1 national ou non, l'obsession insécuritaire règne aussi sur les champs grecs! Très vite pourtant, notre ami aux propos quelque peu diffamatoires se fait chasser par nos nouveaux amis flics. Ceux ci, soudainement souriants et détendus (ç'en est presque du foutage de gueule devant nos tronches effrayées), nous parlent désormais de notre président et surtout de sa femme. Ils nous demandent aussi si on aime la Grèce. Bien sûr Mr l'agent!
Retournés par toutes ces émotions, nos estomacs restent pour autant vides. L'occasion est trop belle: fêter notre liberté, liberté chérie, alors que les geôles grecques nous ont frôlé de peu ^^! Un peu d'exagération de ma part peut être, il n'empêche que nous saisissons ce prétexte pour substituer aux pâtes sauce tomate qui étaient prévues un repas un peu plus consistant dans un restaurant d'une ville proche. 8 euros chacun, c'est peu, mais beaucoup pour un Tour d'Europe. Mais tel est le prix de la liberté!

 

Lucas

 

Difficile d'enchaîner après le ton cérémoniel de mon ami ! son récti est cependant proche de la perfection. J'ajouterai également quelques détails qui m'ont fait sourire. Tout d'abord, le grec roule sur deux voies, surtout lorsqu'il n'y en a qu'une. Ainsi, la voiture de droite roule en grande partie sur la bande d'arrêt d'urgence et peut se laisser facilement doubler. Plutôt que de construire une 2 x 2 voies... belle économie ! Aussi, peu après notre siestre et une douche (et oui, vous ne rêvez pas !), Romain part en laissant sa pochette sur le coffre. "Chute, chute à l'arrière". Ce sera l'une de ces spécialités. Concernant la visite, j'avoue avoir été deçu, de la vision, mais également de l'absence de panneau explicatif. Nous observons donc une pierre et à nous d'imaginer ce que c'était il y a 2 500 ans... Après l'épisode des policiers grecs, ce fut l'un des repas que nous avons le plus savourer. Une balle perdue et nous mourrions l'estomac vide, c'eut été dommage !

 

Jérémy

 

Note personnelle : 12/20 (merci les policiers pour remonter la moyenne !)

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