24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 07:46

Salut les ami(e)s ! Oui, je dis les ami(e)s, car j'imagine que vous êtes parmi mes plus fidèles lecteurs, tout en sachant qu'un certain nombre de ceux que je considère comme « mes ami(e)s » dans la vrai vie ne lisent que très peu ce blog, voire pas du tout. Alors que, dans le même temps, il y a beaucoup de mes « connaissances », et aussi des inconnu(e)s qui lisent ces quelques lignes. Bref, bonjour à toi, qui fais l'effort de la lecture et te demandes où je l'emmène avec mon article.


Je ne t'emmène pas dans un endroit inconnu. Au contraire, je t'amène vers tes ami(e)s. Je pense, du moins j'espère, que vous avez toutes et tous des ami(e)s, sur qui compter. Personnellement je ne me plains pas. Cependant j'ai été déçu, il y a plusieurs années de cela. C'était en 2008, et j'ai compris cette année-là qu'on ne pouvait pas être ami avec tout le monde.

En cette année 2008 j'étais à l'université, et pour la fin de la licence j'espérais réunir le maximum de personnes. Je l'ai dit à l'ensemble de mon amphi : venez ce soir, on se fera une petite fête tous ensemble. On m'a répondu oui à de nombreuses reprises. Et le soir même il n'y avait que les fidèles, ceux avec qui j'avais passé déjà tant d'autres soirées. Les autres, finalement, n'étaient pas des ami(e)s. Juste des personnes avec qui j'avais passé 3 ans de ma vie, mais rien de plus (sic!).

Et puis vint Erasmus. Là, ce fut le grand tri ! Il y a ceux qui sont venus et ceux qui ne sont pas venus. Il y a ceux avec qui j'ai fait l'effort de garder le contact sur le net, et il y a les autres. Il y a ceux qui ont fait l'effort de garder le contact avec moi, et les autres. Le résultat fut sanglant. Un tri, un vrai. Il resta alors les ami(e)s, les vrai(e)s.


C'était là une belle chimère, n'est-ce pas ? L'amitié universelle. Oui, j'y croyais. Je pensais qu'avec un peu d'effort je pouvais être ami avec l'ensemble de la terre ou presque. Manque de chance, la réalité m'a rattrapé.


Pire encore, le fait d'avoir une copine. Oui ; Madame, quelle qu'elle soit, est forcément possessive. Non, ne me regarde pas avec des yeux noirs, mademoiselle, ceci n'est pas un propos machiste, puisque c'est également le cas des garçons. Le fait d'être en couple vous oblige, ou du moins vous contraint, à passer du temps à deux. Ola, ne pensez pas que c'est là le bagne, au contraire. Mais cela implique forcément du temps pris sur... vos amis.

Certains n'arrivent d'ailleurs pas à très bien gérer cette situation. On le signale parfois, au détour d'une conversation : « ah lui, depuis qu'il est en couple, on ne le voit plus ! ». Les amis se sentent un peu abandonnés, l'amoureux ne s'en rend parfois même pas compte, obnubilé qu'il est par la découverte de l'amour, par les yeux de sa chère et tendre. Je le dis avec tant d'affirmation que je crois bien que c'est ce qui m'est arrivé à l'époque de mon premier amour. Je m'en rends compte aujourd'hui, pas forcément à ce moment-là, mais j'ai bel et bien délaissé quelques ami(e)s avec qui je passais le plus clair de mon temps auparavant. Pardon les gars, mais je ne savais pas. J'ignorais tout ! L'amour. Et puis la fin.


Un jour c'est un autre abandon, celui de l'être cher. Et là, on se rend compte. Ah, mes amis, que ferais-je sans vous ? Alors à la prochaine relation j'ai fait un peu plus attention.


Et puis une autre question est arrivée. Peut-on être ami avec son ex ? Et c'est là une question que j'ai étudiée cent fois, et toujours sans réponse concrète. Quel est l'intérêt ? Oui, c'est vrai, pourquoi être ami avec quelqu'un qui ne fait plus vraiment partie de votre vie ? La raison, je l'ai trouvée : c'est qu'elle a fait partie de votre vie. Et pas qu'un peu. Je parle ici des « ex importants », à savoir ceux avec qui on a passé plus que quelques soirées/nuits. Je parle ici de ceux avec qui on a partagé une certaine partie de sa vie, de celles qui nous ont transformé, de celle que l'on a aimée, de celle que l'on a maintenant perdue. De celle avec qui on a des souvenirs, de celle qui nous permet de les partager.

Personnellement, j'ai toujours été un extrémiste en matière d'amitié avec son ex. Je pense, toujours, que cela n'est pas possible. Et pour cause, l'amitié, la vrai, permet que l'on parle de tout. Elle suppose des rencontres régulières, des moments passés ensemble. Est-ce possible avec son ex ? Ma foi, c'est toujours plus compliqué. Et je me vois mal parler de ma vie actuelle, de mes problèmes de cœur ou de cul avec mon ex copine. Et je suis prêt à parier que vous me rejoindrez sur cette pensée. Pire encore, votre actuel compagnon n'appréciera peut-être pas l'idée que vous alliez boire un verre avec votre ex. Personnellement, je ne suis pas jaloux, et c'est quelque chose que j'ai déjà accepté. Mais j'en connais d'autres, un peu plus jaloux ou possessifs, qui tiqueraient bien davantage.


Alors aujourd'hui, quand je fais le point, quand je me retourne un peu, je me rends compte que j'en ai laissés, des ami(e)s. Pas abandonnés, d'un coup, d'un seul. Mais perdus de vue. Et maintenant ?


Et maintenant Bourdieu me fait chier. Et pour cause, il avait raison avec sa stratégie matrimoniale. Et on peut l'appliquer à ses ami(e)s. Je me rends compte en effet que mes ami(e)s appartiennent à ma « classe sociale ». A savoir qu'ils ont presque toutes et tous été à l'université. Qu'ils ont presque toutes et tous un Bac + quelque chose. C'est malheureux à dire, à écrire, mais mes ami(e)s sont restés mes ami(e)s car ils ont fait des études.

Alors non, je n'ai pas « abandonné » mes anciens ami(e)s parce que ceux-ci ont arrêté les études. Mais je me suis peu à peu éloigné d'eux car nous n'avions plus assez de choses en commun, plus les mêmes conversations, plus les mêmes centres d'intérêt. Nous nous sommes éloignés parce que nous n'avions pas les mêmes délires.

Quand je repense à mes ami(e)s du football, avec qui j'ai passé tant de moments dans ma jeunesse, je me dis que nous n'avions que le football... Au départ, c'était facile : le collège, le lycée, nos vies diffèrent peu. J'habite dans un village, toi dans un autre, mais nous nous ressemblons. Les choses ont considérablement changé avec l'université, avec Erasmus et pire encore avec la fin du football pour moi. A partir de ce moment-là, nous ne nous ressemblions plus, nous n'avions plus ces choses en commun. N'y voyez pas là des arguments de quelqu'un qui se croit supérieur ou autre chose, cela s'étant fait de manière totalement inconsciente. Et pour cause, je ne saurais même pas dire quand j'ai cessé de vous côtoyer. Pas de bagarre ou de prise de tête, ça s'est simplement fait petit à petit.


Alors maintenant, lorsque je vous revois, j'ai le sourire. Et quand je vous présente à la demoiselle, je le dis avec une pointe de nostalgie dans la voix : « c'est lui dont je t'ai déjà parlé ». Et pour cause, mes anciens amis restent mes beaux souvenirs. Et le temps ne les changera pas.

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