7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 11:06

Pour arriver à Saint-Pétersbourg, c’est toute une mission. Un visa à 50€, un bus Tampere-Helsinki puis un bus Helsinki-Saint-Pétersbourg. 4 contrôles à la frontière avec notre beau visa sur le passeport. Le dernier bus fut mon favori : il était russe, avec un chauffeur russe et des passagers russe. De ce fait, nous étions déjà plongé au cœur de la Russie, à l’écoute de Radio Sputnik ! Nous arrivons aux alentours de 2 heures dans une ville éclairée de milles lumières, tel un phare en plein milieu du désert de la campagne russe. Titta et Eero nous accueillent, ce sont deux amis de Canterbury, partis faire leurs études à Saint-Pétersbourg et qui bénéficient d’un appartement à l’emplacement idéal pour notre séjour : en plein centre. Pas besoin de métro ou de bus, nous pouvons attaquer très vite notre visite de la ville.

 

Saint-Pétersbourg, l’orthodoxe

 

La première journée fut consacrée aux églises. Oh, je vois un sourire ambiguë naître en vous. Que je sois un amateur d’églises en générale et de cathédrales en particulier n’est plus une nouveauté. Cependant, que je me laisse emporter par une journée d’édifices religieux en compagnie de la demoiselle tient du miracle, l’atmosphère de Pâques aidant sans doute.

Oui, pour moi Saint-Pétersbourg se résume dans mon esprit à une édifice religieux : la cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé.P1080768.JPG Le nom ne vous dit rien mais la photo vous parle, j’en suis convaincu. Elle fut construite sur l’emplacement même où le Tsar Alexandre II fut assassiné en 1881. On a même détourné le canal pour que ce soit tout à fait exact. Tout se rapporte à cet assassinat : par exemple la taille de la plus haute tour est de 81 mètres, comme l’année de sa mort. Cette cathédrale m’a envouté. J’ai pris plusieurs dizaines de photo à l’intérieur et à l’extérieur pour satisfaire mon appétit de la posséder. Rien de comparable à ce que j’ai vu jusque là dans ma vie. L’intérieur est grandiose, des mosaïques à ne plus savoir où donner de la tête. Pas de doute, c’est devenu en quelques minutes mon édifice architectural favori. P1080785.JPG

 

Parmi les autres édifices religieux, la cathédrale Notre-Dame-de Kazan, qui fut un musée de l’athéisme pendant la période communiste. Puis la cathédrale Saint-Isaac nous a permit d’observer le tout Saint-Pétersbourg depuis sa tour culminant à 101 mètres.

Le reste de la journée fut occupé à se balader dans la ville pour rejoindre ces différentes cathédrales. Nous avons pu découvrir l’alphabet cyrillique et tenter de le reconstituer au fur et à mesure des enseignes que nous connaissions. Toi-aussi, joue avec Mc Donalds !

P1080793.JPG

Une nouvelle langue, un autre alphabet, une autre religion, une autre culture. Pas de doute, ma recherche du dépaysement est assurée.P1080833.JPG Quant à la magie d la ville, elle est amplifié par un opéra dans la soirée, Il viaggio a Reims (le voyage à Reims), de Rossini, au théâtre Mariinsky, un joyau. 


 

Saint-Pétersbourg, la belle

 

Le lendemain, nous bénéficions de guides en présence de nos hôtes. Les deux se livrent à un duel sans merci pour être nommé « meilleur guide du séjour » et nous bénéficions de nombreuses anecdotes et point historique tout au long de notre parcours. Nous avons tout d’abord découvert la plage de Saint-Pétersbourg.  Oui, moi aussi, j’ignorais que cela était possible. La neige se mélangeait au sable, la glace à l’eau. Et puis  soudainement nous voyons des Russes d’un âge avancé bronzer en sous-vêtements.P1080852.JPG Ils se mélangent à la neige et au sable et regardent tranquillement le soleil. J’en suis encore surpris.

Au-delà de notre séance UV, nous avons découverts la cathédrale la plus importante pour les habitants de la ville, la cathédrale Pierre-et-Paul. Elle est la nécropole des Romanov, les Tsar de Russie. Pierre le Grand, Catherine II et même la famille du dernier Tsar Nicolas II, avec notamment la petite Anastasia. J’avoue que l’alphabet cyrillique a compliqué ma tâche pour savoir qui était qui !


Ensuite direction la forteresse du même nom, où nous avons pu observer les conditions de vie des prisonniers avant 1917, avec notamment le frère de Lénine. C’est juste devant que la révolution d’octobre 1917 a débuté, avec le croiseur Aurore, qui lança les premiers canons sur le Palais d’hiver, la résidence des Tsar.

 

Au niveau culinaire, j’avoue avoir beaucoup découvert. Tout d’abord les blinis, sortes de crêpes bretonnes. Puis Kroschke Kertoschke, un fast-food russe dont les plats sont à base de pomme de terre. Enfin, j’ai découvert la joie des Sushi, dont le prix m’était plus accessible qu’en France.

La soirée fut un club russe très underground, avec notamment trois filles qui dansaient sur le bar en tenue légère. St-Petersburg-038.JPGTrès… russe. Les Russes sont néanmoins des gros fêtards et les clubs ne ferment pas avant 7h.

 

Saint-Pétersbourg, la ville aux deux visages

 

Le lendemain, ce fut un choc. Nous allions visiter un marché russe dans la banlieue de Saint-Pétersbourg. Après avoir pris le métro (et survécu !), nous découvrons une autre Russie. Fini les immeubles à l’architecture soignée, fini les policiers à chaque 50 mètres, fini les nettoyeurs qui travaillent 24h/24h. Me voici en Russie, la vraie. Le temps semble ici s’être arrêté en 1990. L’atmosphère est différente, les gens ne sont pas les même. Sur le marché, la boue remplace le béton. Les vêtements sont posés à même le sol. Cela ressemble à une braderie. Les objets bradés sont néanmoins très différent de Lille : Lénine et Staline sont des stars. Tu peux acheter une grenade. Ou une croix nazis ou un symbole S.S. P1080931.JPGUne partie de ce marché est composé d’ordure que les vendeurs ont jeté ci et là. On négocie chaque prix, au rouble près.

Le niveau de vie est plus faible en Russie qu’en Europe. Déjà le centre de la ville était moins cher, l’extérieur est clairement pauvre. Le rouble remonte un peu face à l’Euro, mais vous en disposez de 40 pour un simple euro. Quant aux centimes, il ne valent pas un kopeck (c’est leur nom).

 

Le lendemain, j’ai découvert le musée de l’Ermitage. Et j’ai compris pourquoi les Tsar ont été renversé. Installés dans le palais d’hiver, leurs résidence, ce bâtiment est peut-être plus joli que Versailles, en tout cas plus impressionnant. De la dorure, l’architecture, les sculptures, l’argent du peuple a bien servi ici. Il n’a pas servi ailleurs, à l’extérieur de la ville. Saint-Pétersbourg a été voulu par Pierre-le-Grand, pour ouvrir une fenêtre sur l’Europe. La fenêtre est dorée à l’intérieur mais les extérieurs sont à refaire. Le musée en lui-même n’a rien à envier aux grands musées européen : immense et bénéficiant d’une belle collection des principaux maîtres.

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Saint-Pétersbourg fut donc une belle découverte. Une surprise aussi. Je n’imaginais pas le centre aussi beau, aussi riche. Je n’imaginais pas non plus l’extérieur aussi pauvre. A voir et à découvrir si vous en avez l’occasion.

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