5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 04:45

pourquoi-je-quitte-facebook.jpgDepuis quelques semaines c’est une idée qui me trotte dans la tête. Quitter Facebook, dire adieu à mes « 613 « « « amis » » » » (un oxymore). Après avoir abandonné le téléphone, je risque cependant de rentrer dans les injoignables. Pas grave, je prends le risque.

J’avoue ne pas être encore trop sûr de ma décision. Il y a bien quelques côtés pratiques sur ce site, qui n’existaient d’ailleurs pas vraiment lors de mon inscription, en octobre 2007. Il faut dire qu’à l’époque Fb n’était pas traduit en français, ce qui limitait beaucoup le nombre d’inscrits, encore plus sur Saint-Omer. Depuis, tout le monde, ou presque, est arrivé, même ma mère, chose impensable 5 ans auparavant. Certains ont même un de leurs grand-parents, c’est dire.

Mais voilà, Facebook a tendance à prendre trop d’importance, dans ma vie, et sans doute, un peu, dans la vôtre. J’ai souvent l’impression que l’on passe de plus en plus de temps à raconter nos soirées, nos vacances ou nos bons moments sur le site au lieu de les vivre sur le moment. C’est pire depuis qu’Internet s’est installé sur les téléphones et qu’ils sont de plus en plus à nous faire suivre, en direct, des moments de joies et de peines. On actualise notre statut, limité à 140 caractères, parce que Facebook considère que les meilleures idées sont les plus courtes. On peut même suivre en direct ce que les gens lisent au même moment, sur un site partenaire. Telle personne lit l’équipe.fr. Et Orwell se retourne.

Pour être clair, je me fais de plus en plus chier sur le site. Je rigolais bien au départ quand je voyais un groupe sur Chuck Norris ou le fameux « J’ai un problème de motivation jusqu’à ce que j’aie un problème de temps ». Problème, cette atmosphère bonne enfant a disparu à mesure que le site enflait, et j’ai pesté contre les multiples invitations « Non au Facebook payant » ou « Clique pour savoir qui consulte ton profil ». A chaque nouvelle version du site, on pouvait signer une pétition, et même les grands journaux nationaux analysent maintenant chaque mouvement sur le site. A défaut de parler de l’actualité internationale qui, de toute façon, intéresse de moins en moins, on fait maintenant la Une sur les réseaux sociaux et ce qui s’y dit ou fait. L’épisode des apéro-géants (ah les jeunes !), le twitte politique de Valérie (ah les femmes ! ^^). On analyse chaque déclaration, on en fait une publicité monstre à chaque émission (« et vous pouvez nous retrouver sur Fb ou Twitter… »). Même l’ancien Premier Ministre a annoncé sa candidature à la présidence de l’UMP en avant-première sur Twitter.

Les réseaux sociaux devaient nous permettre de partager certains moments choisis de vie avec nos ami(e)s les plus proches. Et ils ont tendance à remplacer la vie, tout court. On parle souvent de sa « seconde vie », celle que l’on a sur le web. Avec facebook, on se met en scène, même dans nos activités quotidiennes. Nous sommes devenus, chacun à notre façon, des acteurs. On donne d’ailleurs souvent une image, qui correspond rarement à la réalité. La plupart de mes « ami(e)s », jeunes adultes, sont des méga-super-géniaux potes qui font des soirées tout le temps et qui s’amusent comme jamais, mais tout le temps. Leurs profils regorgent de photos de soirées, de statuts d’après-soirées géniales. Mais chez eux, le soir, quand ils doutent un peu de leur vie, quand ils se demandent ce qu’ils foutent là, sur cette terre, combien le décrivent ?

Ok, sur cet article, je risque de ne pas me faire que des ami(e)s. Ça fera du tri. Mais ça me déleste de quelque chose, j’encourage les autres à en faire de même. A arrêter d’écrire en moins de 140 caractères, à essayer d’exprimer quelque chose avec plus de deux phrases. Souvent je croise des personnes avec qui je « socialise » sur le site. Et elles ont beaucoup de mal à « socialiser » dans la réalité. Impossible de lancer une discussion. Je me retrouve bloqué après 140 caractères. « Ah oui, j’ai vu sur Facebook ». Et la discussion prend fin. On a déjà vu sur Facebook, et on ne veut pas en savoir plus. En posant quelques questions, on pourrait se rendre compte que le statut précédent ou les photos publiées ne correspondent finalement pas beaucoup à la réalité, que la soirée était en fait un peu naze, qu’on s’est fait tellement chier qu’on a passé notre temps à prendre des photos de nous et finalement ça rend plutôt bien (et là, je deviens publiquement interdit de soirée dans la région).

Bon, ce qui m’embête un peu, c’est le côté « on garde contact ». Ça m’arrange souvent quand je voyage, surtout après avoir fait Erasmus. Du coup, plutôt que de le supprimer totalement, je vais juste disparaître du site sans effacer mon compte. Et si j’ai un besoin urgent de contacter quelqu’un, je pourrai toujours le faire. J’ai une amie qui fait ça depuis quelques mois, et elle le vit très bien.

Cette décision peut paraître un peu égoïste. Je le conçois. Sans téléphone, sans Facebook, comment me contacter ? Pour cela, plusieurs solutions. Tout d’abord je garde ce blog. Oui, j’aime m’exprimer, surtout avec plus de 140 caractères. Il y a aussi les bons vieux mails (je peux vous filer l’adresse si ça vous intéresse). Et puis il reste ma maison, dans mon village. Mes ami(e)s savent souvent où elle se trouve. Pour les autres, vous êtes les bienvenu(e)s. J’y serai à partir du 27 juillet. On pourra se raconter notre vie, la vraie.

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commentaires

P

pour garder un contact avec le monde extérieur, et notamment les ami(e)s et la famille !
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M

Comment ne pas saluer cette sage décision !

par contre, je ne comprends pas pourquoi tu n'appliques pas les arguments que tu énonces à ce blog ?
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P

les deux mon capitaine !
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L

Comme tu as du le vivre durant ton voyage, heureusement que je ne m'arrête pas à Facebook pour suivre les nouvelles de la France et du Monde ...


Ce qui m'étonne dans cet article c'est la conclusion. Facebook n'est pas "bien" ou "pas bien". C'est comme tu dis, l'usage que l'on en fait.


Vu l'usage que tu en faisais (et que j'aimais beaucoup car je savais quand il y avait du nouveau sur ton blog ;-)) je ne penses pas que tu quitte facebook pour cette raison. 


Quittes tu donc Facebook à cause des autres ? Ou parce que l'utilisation que tu en faisais n'était pas bonne ?
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