30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 11:35

Le stop, c'est beaucoup de talent et un peu de chance. Non. Recommençons.

Le stop, c'est un peu de talent et beaucoup de chance.

 

Lorsque je décide de prendre la route samedi matin, je pense déjà à une journée difficile. Il pleut. Et pas qu'un peu. Saint-Omer semble inondé. Le marché se met difficilement en place. La population court se mettre à l'abri. Et moi, je marche. Seul.

 

Samedi matin, je sais très vite que le stop va marcher. Je sors de chez moi et la première voiture s'arrête. Un monsieur de Tournehem, qui m'emmène sur la capitale audomaroise. Je dois ensuite marcher jusqu'à Blaise-Pascal pour être repris, et déposé à l'entrée de l'autoroute. Ma décision est prise, cap à l'Est.

 

Un couple et leur fille s'arrêtent très vite, direction Arras. C'est avec eux que je peux enfin développer un peu les conversations. On parle voyage, tour de France. Mon discours doit leur plaire, ils m'offrent un ticket restaurant en échange ! (je vous promets cependant que je ne fais pas du stop pour gagner de l'argent !)

 

Arras-Saint-Quentin, c'est un agriculteur. Puis Saint-Quentin-Reims. Et Reims-Strasbourg ! Le rythme accélère au fur et à mesure de la journée si bien que je n'ai même pas le temps de manger. J'annonce, l'un des bons copains de Cécile de France, bouddhiste, en combi VW, qui était prof de physique, maintenant en charge du chantier de la maison de l'actrice. Cinéma, musique, philosophie. On part parfois très loin. Et je me plais beaucoup à analyser chacun de mes conducteurs.

 

Strasbourg, 16h. Est-ce que je continue ? Je connais une Erasmus ici. Prendre un risque ?

16H15, j'ai franchi le Rhin. Une victoire en soi.

 

Très vite, une nouvelle voiture me dépose... sur une bretelle d'autoroute. Je n'aime pas. Dangereux. Et très difficile pour une voiture de s'arrêter. Tu parles. Aujourd'hui, tout me réussit. 5 minutes plus tard, nouveau combi VW ! Un Français, qui m'amène à Karlsruhe, puis jusque Stuttgart. Là, mon dernier combi VW de la journée, magnifique qui plus est (voir la vidéo), va à Augsburg. Je ne sais pas où c'est, mais allons-y !

 

 

 

Où je vais ? En fait, je pense aller rejoindre une fille. Allemande. Que j'ai rencontrée à Madrid. Elle habite Regensburg, ville inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Alors je ne m'arrête pas. Un couple d'Allemands me prend sur la voie d'accélération d'autoroute. Aichach me voici. Puis un autre Allemand. Ingolstadt. Je poursuis mon apprentissage de la géographie bavaroise. Deux Allemands. Puis un. J'avance de 10 kilomètres à la fois. 65 kilomètres de Regensburg (Ratisbonne en français). 21H15. Il me reste une heure de clarté. Je ne suis pas dans un endroit idéal.

 

Et je ne bouge plus. 22H15. Il fait noir. Les voitures accélèrent toujours, pas un seul ralentissement. Ca commence à être dangereux. Merde, ma quête s'arrête là. Je vois un pont. Echafaudage. Je prépare mon "lit". J'envoie un message à mon Allemande. Qui décide alors d'un road-trip pour venir à ma rescousse.

Minuit, Regensburg. Danube.

 

Saint-Omer-Regensburg, tu peux le faire en 8h30, si tu passes par la Belgique et Cologne (890 km).

De mon côté, c'est 1063km, 11H53 de prévu. En stop. Impossible n'est pas français.

 

Julia, merci.

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