15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 09:06

 13 films, 3 courts-métrages documentaires. Entre 1951 et 1999, Stanley Kubrick n'a pas abusé de la caméra. Au contraire, et au grand dam de ses (nombreux) fans. Pourtant il a laissé une marque indélébile dans l'histoire du cinéma. Connu et reconnu par le grand public, il l'a également été par ses pairs, étant nominé 4 fois à l'Oscar du meilleur réalisateur, sans jamais toutefois le remporter. Certains de ses films sont devenus mythiques, d'autres mériteraient de l'être. Petit tour d'horizon.

 

Le début : bon film pour peu de moyens

 

 Le baiser du tueurLe baiser du tueur (Killer’s Kiss) (1955) : 14/20.

 

Un boxeur, Davey Gordon (Frank Silvera), perd son dernier match de façon plutôt minable. Revenu chez lui, il voit sa voisine, Gloria (Jamie Smith) se faire agresser par ce qui se révèlera être un patron de mafia. S’en suit une interminable course-poursuite, notamment dans les entrepôts de New York, avec en bonus une incroyable scène de combat dans une entreprise de mannequins.

 

Le film vaut surtout pour les détails de la vie de Gloria, notamment sa vie familiale.

C’est le premier vrai succès de Kubrick, filmé avec peu de moyens et cela s’en ressent parfois. La film reste cependant d’une grand qualité esthétique.

 

L Ultime Razzia pour MilevL’ultime razzia (1956) : 14/20. 

 

C’est l’histoire d’un puzzle. Johnny Clay (Sterling Hayden) a décidé de chaque pièce, afin d’obtenir le gros lot, la caisse d’un champ de courses. C’est son dernier coup, alors qu’il vient juste de sortir de prison. Seulement, une femme va modifier l’ensemble du puzzle.

 

L’histoire d’un hold-up bien différent de l’ordinaire, qui prend toute sa splendeur dans les dix dernières minutes. Les flash-back tout au long du film ainsi que les différents points de vue en inspirèrent plus d’un (Tarantino au hasard). Stanley Kubrick se fait vraiment connaître et reconnaître à la suite de ce film.

 

L'attraction

 Lolita pour Milev

Lolita (1962) : 15/20.

 

Tiré du roman éponyme, Lolita évoque beaucoup de chose. La vieillesse. L’amour. La jeunesse. L’attraction. Le désir. Film de vieux pervers pour certains, reconnu par la critique, il traite une partie de la société culturelle, attiré par la jeunesse du corps et de l’esprit.

 

Condamné par l’Amérique puritaine à sa sortie, il fut coupé à plusieurs reprises par la censure. Il remporta cependant 4 Golden Globes, dont celui de meilleur réalisateur. Shelley Winters joue la mère jalouse de Lolita, désespérée de l’amour qu’elle ne peut obtenir, au contraire de sa fille. Sue Lyon, 14 ans au moment du film, joue prodigieusement bien Lolita et ne fait clairement pas son âge. Quant à James Mason (La Mort aux trousses), écrivain amoureux et honteux, il sera nommé à l’Oscar.

 

eyes wide shut pour MilevEyes Wide Shut (1999) : 13,5/20.

 

Il paraît que c’est l’un des films les moins réussis de Kubrick. Ou en tout cas sans la classe qui le caractérise. 12 ans sans tourner, cela commençait à faire long. Le casting est prestigieux, même si Tom Cruise amène toujours son flot de critique. Nicolas Kidman, Sydney Pollack… et une histoire assez abracadabrantesque !

 

Bill Harford, jeune médecin, apprend par sa femme que cette dernière avait eu envie de le tromper. A la suite de cette révélation, il se lance dans une nuit d’aventures, durant laquelle il s’infiltre dans une orgie massive de gens masqués, au sein d’un château aux abords de la ville.

Film un peu censuré… comme souvent chez Kubrick, afin d’éviter d’être classé X.

 

Le "j'y arrive pas".

 

L'odyssée de l'espace. Non, je n'y arrive pas. 6 fois tenté. 6 fois endormi. Ce film a un effet somnifère sur ma personne.

 

Les fresques

 

Spartacus pour Milev Spartacus (1960) : 14,5/20.

 

Quelle fresque ! Et quelle ode à la liberté ! Kirk Douglas est très charismatique dans ce rôle.

 

J’ai apprécié ce film d’autant plus qu’il évoque la fin de la République romaine et des personnes qui ont laissé leur trace dans l’histoire (Crassus, César…). Spartacus, l’esclave révolté, la gladiateur qui défie Rome en marchant sur la ville éternelle. La guerre, l’amour, la liberté, des thèmes porteurs, certes, mais qui prennent plus de valeur avec ses 3 heures de Kubrick. Je suis Spartacus !

 

 

Barry Lyndon pour MilevBarry Lyndon (1975) : 12/20.

 

L’histoire commence au début de la guerre de Sept Ans et dépeint le destin d'un jeune irlandais sans sou, Redmond Barry (Ryan O'Neal), de son ascension pleine d'audace, et sa déchéance dans la société anglaise du XVIII siècle, après son mariage avec une riche Lady (Marisa Berenson), qui lui apporte une fortune considérable et un fils.

 

4 oscars, beauté visuel, mais c’est plutôt un échec commercial pour le réalisateur. Personnellement, je l’ai trouvé un peu plus long que les films précédents ou suivants.

 

La folie

 

Shining (1980) : 15/20.

 

Un film d’horreur/psychologique de Kubrick ? Oui, et quel film ! Woh, Jack Nicholson, à chaque fois qu’il joue un fou, (Vol au-dessus d’un nid de coucou) est sensationnel !

 

Ce film provient d’une œuvre de Stephen King, Jack Torrance (Jack Nicholson), ex-professeur qui se voudrait écrivain, accepte le poste de gardien de l'hôtel Overlook, un palace isolé, vide et coupé du reste du monde durant tout l'hiver. Il y a plusieurs années, un précédent gardien avait assassiné sa femme et ses deux filles avec une hache. Il décide malgré tout de s'installer dans l'hôtel avec sa femme Wendy et son fils Danny. Mais ce dernier semble savoir bien des choses sur l'hôtel, des visions sanglantes l'avertissent des dangers à venir.

 Shining pour Milev-copie-1

 

Les satires

 

Les sentiers de la gloire pour Milev Les sentiers de la gloire (Paths of Glory) : 17/20.

 

L’histoire de la première guerre mondiale côté français, où le commandement souhaite prendre une colline imprenable. On envoie les hommes à la mort sans résultat. Il faut trouver un fusible. La justice militaire dans toute sa splendeur. Un très bon Kirk Douglas. Et quelle dernière scène de la chanson allemande ! A noter que la film fut interdit en France jusque 1975 !

 

  Docteur Folamour pour MilevDocteur Folamour, ou comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, 1964) : 16/20.

 

Comédie militaire et satirique qui vous force à sourire d'un sujet si sérieux.

 

L'histoire se déroule en pleine guerre froide. Le général américain Jack D. Ripper, frappé de folie paranoïaque, décide d’envoyer des B-52 frapper l’URSS. Le président des États-Unis commande une réunion d'urgence dans la salle souterraine de commandement stratégique pour tenter d'éviter une guerre nucléaire.

Un débat s’engage, finalement, on consulte le Docteur Folamour, un scientifique, transfuge du régime nazi, nostalgique et psychopathe.

 

4 fois nominés aux Oscars. Peter Sellers interprète à lui seul trois rôles : le président des États-Unis, l'officier anglais Lionel Mandrake et le Docteur Folamour ! Certains scènes sont tout simplement extraordinaires et mériteraient d'être mythiques. J'en souris encore !

 

Les mythiques

 

Orange Mécanique (1971) : 15/20. Ca c'est un film original ! Film de violence, un drame, parfois futuriste et surtout totalement psychologique. Un très bon Malcolm McDowell.

 

En Angleterre, dans un futur pas forcément éloigné mais à l'ambiance très futuriste, Alex DeLarge, jeune délinquant passionné par la musique de Beethoven est obsédé par le sexe et adepte de la violence. Alex et sa bande, les droogs ou droogies, s'expriment dans un argot anglo-russe (Nadsat) Ils errent dans la ville en enchaînant passages à tabac, viols et affrontements avec bandes ennemies.

Un jour, un cambriolage dégénère en meurtre et, trahi par ses « fidèles droogs », Alex est arrêté par la police et condamné à 14 ans de réclusion criminelle. Deux ans plus tard, pour sortir de prison, il se porte volontaire pour tester une thérapie révolutionnaire. Après sa remise en liberté, il apparait toutefois totalement inadapté et sans défense face au reste de la société.

 

Grande censure (pour changer) et surtout de nombreux problèmes en Grande-Bretagne quand certains jeunes se sont identifiés au film et ont reproduit certaines scènes...

 Orange mécanique pour Milev

 

 

Full Métal Jacket (1987) : 17/20

 

Centré sur le personnage de J.T. Davis (Matthew Modine), jeune engagé dans les Marines durant la guerre du Viêt Nam, le film commence par des images d'un camp d'entraînement. Le sergent Hartman prend en main avec brutalité un groupe de nouvelles recrues, et humilie régulièrement Gomer Pyle. Celui-ci  décide finalement de devenir un soldat particulièrement discipliné pour mieux se venger.

 

L'action du film se déplace ensuite au Vietnam, où Davis a choisi d'être affecté à une unité de journalistes militaires . Se heurtant à ses supérieurs, il est finalement envoyé en reportage sur le champ de bataille, que l'offensive du Tết a considérablement bouleversé. Il se retrouve engagé de manière directe dans les combats.

 

Le personnage principal, Joker, porte un casque sur lequel est inscrit Born to kill (né pour tuer) en même temps qu'il arbore un badge représentant le symbole de la paix. Il déclare qu'il symbolise ainsi « la dualité de l'homme ».

 

Le film est extrêmement sombre. Véritablement divisé en deux parties distinctes, il évoque deux traumatismes possibles en temps de guerre : le service militaire et sa préparation, puis la guerre et ses morts. Le Viêt-Nam a traumatisé les Etats-Unis et ce film est, avec Apocalypse Now, l'un des meilleurs sur le sujet.

 

Paint it, black des Rolling Stones en B.O., woh !

 Full Metal Jacket pour Milev

 

 

Kubrick n'est pas mon réalisateur favori, mais il entre dans mon Top 3. Touchant, attachant, effrayant, ces films marquent souvent leur génération.

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