28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 08:47

J'ai découvert Thomas Mann grâce à Luchino Visconti. Dirk Bogarde m'avait époustouflé, je le revois encore crier « Tadzio » dans Mort à Venise. Alors je me suis lancé.

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Le livre de l'écrivain allemand est intitulé Der Tod in Venedig dans la langue de Goethe. J'ai été surpris par le vocabulaire utilisé, parfois difficile à comprendre. Et pourtant, je l'ai bien lu en français. Les différences entre le livre et le film sont nombreuses. Dans l'ouvrage nous sortons dans Venise, Gustav Von Aschenbach est un écrivain et non pas un musicien. Mais l'esprit reste le même, celui d'un amour interdit, celui d'un amour pédophile. L'écrivain choisit de rester dans Venise, devenue ville fantôme, déchirée par un mal qu'est le choléra. Il reste pour son amour, pour l'observer, pour le scruter. Il ne saura jamais si cet amour est réciproque, n'osant aborder le jeune Polonais, son Tadzio. 

L’œuvre de Thomas Mann dispose donc d'un vocabulaire extrêmement riche, parfois trop pour moi. Les références à la mythologie sont nombreuses, et j'avoue ne pas toujours avoir compris. Thomas Mann ne cachait pas que son œuvre était inspirée par des personnages réels (les traducteurs polonais ayant retrouvé le Tadzio!).

Extrait :

D'être seul et de se taire, on voit les choses autrement qu'en société ; en même temps qu'elles gardent plus de flou elles frappent davantage l'esprit ; les pensées en deviennent plus graves, elles tendent à se déformer et toujours se teintent de mélancolie. Ce que vous voyez, ce que vous percevez, ce dont en société vous vous seriez débarrassé en échangeant un regard, un rire, un jugement, vous occupe plus qu'il ne convient, et par le silence s'approfondit, prend de la signification, devient événement, aventure, émotion.

 

Thomas Mann, Tristan

Gabrielle Klöteryahn arrive à Einfried, maison de repos. Elle bouleverse l'écrivain Spinell, qui perd son temps chaque année ici. De discussions en discussions, les deux personnages centraux finissent par se rapprocher et l'apogée de leur rencontre se fait une journée, au son du piano, avec l’interprétation par Gabrielle de Tristan et Iseut de Wagner. Spinell, tourmenté, accuse le mari de Gabrielle d'être indigne d'elle, alors que celle-ci décède.


Drôle de passion mise en scène ici par Thomas Mann. L'écrivain raté semble être à la recherche d'un objectif de vie, et il est prêt à tout donner pour Gabrielle. Celle-ci, frêle, fragile, pure, correspond à ses attentes. La scène du piano est magique et terrible à la fois.

Extrait : Sa belle humeur était celle d'un homme dont l'estomac et les finances sont en règle.

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Published by Phileas Frog - dans Les arts
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