23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:22

L’administration, qu’elle soit française ou chinoise, n’échappe pas à un principe que je crois universel : la réponse change toujours selon la personne assise en face de vous.

 

Comment obtenir un visa pour la Chine ? Plusieurs possibilités. Tout d’abord faire son visa en France. Ambassade de Chine à Paris. Officiellement il faut les tickets d’avion aller-retour, la liste des hôtels où vous allez séjourner, l’itinéraire de voyage… quand vous partez de Russie un mois plus tôt et pensez loger avec Couchsurfing, difficile d’obtenir de tels documents. Mais il est assez aisé de s’expliquer et passer par une agence du style action-visa vous fera gagner du temps, à défaut d’argent. Une bataille administrative assez simple.

 

De mon côté j’ai choisi l’option originale, l’ambassade de Chine en Mongolie, Oulan-Bator. Un triomphe ! Là-bas, pas besoin de papier, une photo et c’est réglé ! Plutôt conciliant le Chinois de Mongolie.

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Après ce succès, la fleur au fusil, je pense faire de même pour obtenir un nouveau visa de 30 jours au consulat chinois de Hong Kong. Le premier bureau officiel joue l’incompréhension, explique qu’ils ne comprennent pas l’anglais et par un petit coup de Trafalgar, en profite pour me diriger vers le bureau central.

Le lendemain, toujours serein, je me dirige vers le bureau central. La Bérézina. On m’explique que ce n’est plus possible ainsi, qu’il me faut un ticket d’avion, des réservations d’hôtels… je contre-attaque, dévoile mon premier visa, explique que je souhaite prendre le train pour le Laos, montre mes papiers d’assurance, mon certificat financier. Toutes les munitions dans la balance, pas de quartier ! Mes arguments se fracassent sur la grande muraille chinoise administrative. L’ennemi à Hong Kong, c’est le Français. L’Espagnol ou l’Allemand à mes côtés, avec les mêmes armes, obtiennent une victoire probante. Malheureusement pour moi, le Chinois a mis toutes ses défenses de mon côté. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont toujours en berne depuis 2008.

 

Pas grave, la France a perdu une bataille, mais pas la guerre. Des agences de voyage proposent leurs services pour obtenir mon visa. Un allié de choix. Je leur fais confiance, leur cède une partie de mon territoire financier en échange (80 euros tout de même) et attend 7 jours en territoire ennemi (Hong Kong) pour obtenir ma probante victoire.

Déjà tout auréolé de gloire, j’imagine les prochaines campagnes victorieuses à travers le Sud de la Chine. Je prépare mes trajets, je contacte des soldats Couchsurfing à différents points stratégiques…

 

Waterloo. Mon Visa n’est valable que pour 5 jours. Mes alliés ne comprennent pas, demandent des détails du front. A 99 contre 1, la victoire était assurée. Pas de chance, je suis tombé sur un résistant acharné, l’ennemi du Français.

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Le moral des troupes est en berne. Elles se dirigent néanmoins vers la Chine continentale, 5 jours en sécurité avant, peut-être, un repli stratégique au Laos. L’unique possibilité reste l’extension de visa sur place, à Guilin. Là-bas, je rencontre des soldats ennemis, l’administration locale. Ils sont cependant très contents de me voir, parlent avec un grand sourire et essayent de m’aider après mes luttes « sans merci » (au sens propre). A la vue de mon visa, ils témoignent de leur incompréhension, parole de poilu : « pourquoi vous n’avez eu que 5 jours ? ». Ma petite dame, je voudrais bien le savoir !

De ce fait, elle me regarde maintenant d’un air méfiant : s’il n’a eu que 5 jours de visa, c’est qu’il doit y avoir une raison ! Ma défaite hong kongaise me pénalise à nouveau… Une heure d’attente sur le champ de bataille, blessé, meurtri, prêt à être achevé. L’ennemi se rapproche, et me dit que ce n’est pas encore pour tout de suite. J’ai le temps pour le dernier repas d’un condamné. A mon retour, le général consulaire l’affirme : revenez dans une semaine et vous aurez votre extension de visa ! Hourra ! Hourra !

 

Nous serons légèrement en retard pour récupérer les fruits de la victoire (à savoir mon extension de visa). Nous envoyons quelques câbles diplomatiques (par téléphone) pour prévenir nos adversaires. Le premier d’entre eux réagit très vite : toute absence risquerait de mettre en péril le traité de paix précédemment signé !

Notre armée se déplace à marche forcée vers le lieu de notre dernier combat. Problème, malgré la grande Armada de trains en Chine, aucun n’est capable d’arriver dans les délais impartis.  Je contacte à nouveau le capitaine consulaire, lui explique le problème… pas de souci ! Le traité de paix est signé, rien ne changera, venez récupérer les fruits de votre victoire quand vous le souhaitez !

 

Quand je vous dis que la réponse change toujours selon la personne assise en face de vous !

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Nous assistons cependant à une victoire à la Pyrrhus, à la vue des sommes engagées pour gagner cette bataille (160 euros de frais de visa au total pour la Chine, pour 60 jours, sans compter les nuits d’hôtel à Hong Kong et le prix de la vie locale). Surtout, ces salauds de l’administration occupent maintenant 5 pages de mon passeport ! Ne savent-ils pas que j’ai d’autres campagnes à mener ?

 

Vive la France, et vive le Général !

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