26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 21:26

1500998988_small.jpgUn vendredi soir peu banal...

Jérémy, 20 ans, parfois un peu fragile physiquement, joue au foot mercredi. Jusque là rien d'extraordinaire.

Mais il (oui je parle de moi à la troisième personne, non pas que je sois fan d'Alain Delon mais cela me permet parfois d'être un peu plus objectif et en retrait par rapport à ma narration !) revient avec une petite douleur au pied. Jusque là rien d'extraordinaire non plus, Jérémy a souvent mal en revenant du foot.

Le petit souci, c'est que le lendemain, la douleur est toujours présente. L'orteil est passé au rouge. Pas grave, ce soir, il n'y aura plus rien. Perdu, le soir l'orteil est passé au violet. Ah, petit soucis là, il y a laser game ce jeudi soir. Mais le destin en a décidé autrement et le laser game est fermé. Un mal pour un bien, mon pied gauche est soulagé.
Vendredi matin, l'orteil est resté au violet, mais il est gonflé. Aie ! Là, ça sent mauvais (non pas que mes pieds sentent mauvais en général, mais la situation devant laquelle je me trouve pose problème...rah il faut tout t'expliquer !)


La décision est prise, vendredi soir je vais aller aux urgences (je sais, ce n'est pas la sortie du siècle mais j'ai des circonstances atténuantes). Ma sœur est contente quand je lui annonce la nouvelle, "Nanie, tu m'emmènes à Helfault quand on revient !" "Yahou" fait ma sœur (en vérité cela la fait vraiment chier, elle a un resto de prévu, mais je ne veux pas lui donner le mauvais rôle).

Arrivé aux Urgences à 20H05, la bonne nouvelle est l'installation de la télé dans la salle d'attente.
[A oui petit retour dans le passé, l'année de ma cinquième je l'ai passé aux urgences d'Helfault, pour le pied, le poignet x 2, le coccyx... j'ai donc pu observer les changements et les investissements de l'Etat dans l'établissement !)

En effet j'ai même pu les observer très longuement. Je n'étais pas le cas le plus pressent, je comprends parfaitement. Au bout de dix minutes je dis à Nanie qu'elle n'est pas obligée de m'attendre, que je l'appelle quand je sors. Elle insiste pour rester (en vérité elle court vers la sortie !)

J'attends donc, et au fur et à mesure de mon attente la douleur amplifie, dans le pied, puis dans la main, puis le bras. C'est comme si les Urgences réveillaient toutes mes douleurs de l'année. Je me pose des questions, je ne me suis pas casser le poignet au moins ? (je sais, c'est très con, mais dès que le mental pense la douleur quelque part...)


Et là commence mon observation d'un lieu peu commun pour une soirée. Les urgences, où se mélangent tant de sentiments, tant d'attitudes. Pour comprendre les problèmes des français, je conseille aux politiques d'aller faire un tour. C'est le lieu des enfants, qui pleurent, qui patientent, qui jouent, qui rient. Un retient mon attention, il faut dire qu'il restera deux heures avec moi dans la salle d'attente (qui n'a jamais aussi bien porté son nom). Le petit s'est coincé le pouce dans une porte (fait pas genre il est trop con, ça nous est tous arrivé !). Il arrive aux urgences et pleure. Réaction normale au départ. Puis il s'habitue au lieu. Certes il touche à tout, mais cela reste un enfant. Il tente aussi de faire caca dans un coin, là je rigole un peu (non pas que je me moque ou que je l'observe constamment mais C'est la star dans la salle d'attente !). Une fille rigole avec moi. Un peu plus jeune que moi (je dirai 18 ans mais c'est très approximatif), baggie taille very basse, plutôt jolie j'avoue. Elle est présente pour sa grand-mère qui, en voulant rentrer une poubelle de sa voisine, est tombée (fait pas genre elle est trop conne ou trop vieille, ça ne t'es jamais arrivé de tomber ?) Mamie a mal, mal dans son corps (épaule droite), mal dans son cœur aussi, surtout quand son mari arrive en catastrophe, ses larmes montent, les miennes également (Voir pleurer une vieille m'émeut!).
D'autres personnages sont présents mais moins longtemps avec moi. D'abord le jeune de 16 ans, casquette de travers, survêt tacchini. Lui c'est le poignet qui souffre, un bandage et c'est parti. Puis les pompiers qui arrivent, ils amènent un mec un peu torché. Et comme bon nombre de mec bourré, il commence à faire chier son monde. Les infirmières et les pompiers le calment. Le geste de l'un d'eux en ma direction est sans équivoque (il se frotte la joue avec le revers de la main, l'air de dire "pffff quel casse-*******").
Enfin, surtout, les infirmiers, qui provoquent chez moi une certaine admiration. Des études de fou pour certains d'entre eux, des salaires de misère parfois, des heures supp' non-stop, mais ils gardent quand même leur sourire. Malgré toutes les blessures qu'il voie, l'infirmier reste calme, souriant, toujours désireux de t'aider.

Pourtant, certaines choses me feraient peur. Un accident de la route sanglant, un enfant qui meurt devant toi. Ou encore l'image que j'ai vue, celle d'une vieille dame qui accompagne son mari, mais à qui on dit qu'elle doit rester là, qu'elle ne peut plus l'accompagner derrière cette porte. Ce sont des larmes, pour peut-être ce qui est un dernier au revoir.


Et là je me dis que j'ai de la chance. Tant pis si c'est la Star Ac' qui m'accompagne toute la soirée, je fais semblant de m'intéresser. Tant pis si je passe une soirée aux Urgences, au lieu d'aller manger en ville ou de faire carnaval. Tant pis si je reste trois heures ! Surtout, après la radio, j'ai la bonne nouvelle : "Non, ce n'est pas cassé". Ahhhh la d'accord !
Je peux donc rejouer au foot, je peux bosser ce week-end, je peux aller au laser-game mercredi. Pas de béquilles, pas de galère pour le train, pour monter les deux étages avec le sac. Et peut-être même bientôt les Philippines.

En sortant, je marche presque parfaitement comme si la douleur était partie après cette belle soirée. Quand je disais que c'était mental !

 

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