16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 09:59

 

P1030581.JPGCe dimanche là rien de notable ne vaut vraiment la peine d’être raconté. Ce ne fut que route, à une vitesse normale, avec quelques ralentissements au niveau de l’Allemagne. Vers 13h, nous avions déjà passé le Danemark et avons mangé pour la dernière fois dans une boulangerie allemande notre traditionnel pain avec un peu de confiture. Nous avons fait de l’essence une dernière fois en Belgique, alors que la nuit était déjà tombée. Nous sommes revenus par chez nous un peu après minuit, je crois.

Sur le chemin du retour nos pensées respectives devaient être à peu près similaires. Il y avait sans doute de la surprise mêlée à de la fierté, car il faut bien avouer qu’au départ nous nous demandions si nous irions au bout. C’est notamment la question du véhicule qui posait problème, puisqu’effectuer tant de kilomètres en aussi peu de temps avec une voiture de plus de 10 ans nécessite beaucoup de chance. Nous y avons eu droit, notre destrier ayant parfaitement relevé le challenge, avec aucun problème à relever.  Dans l’équation figurait également la question du mental comme du physique. Nous partions 50 jours, ce qui au final n’est pas si énorme que ça, mais ce devait être 50 jours de privation compte tenu de l’objectif des 3 euros par jour et par personne. Là encore, nous n’avons pas failli, si l’on excepte les quelques entorses à la sacro sainte règle lorsque nous jugions qu’il nous fallait un repas à la hauteur des évènements (cf arrestation par la police grecque). De même, ça n’a l’air de rien, mais il fallait se supporter. Avantage Révillon sur ce point, qui nous connaissait bien tous les deux, alors que Romain et moi ne savions quasiment rien l’un de l’autre avant l’aventure. Il s’agissait donc de relever le défi de la communauté de vie, durant ces 50 jours, où aucun moment de solitude ne nous serait accordé, ou presque. Pour les solitaires qui sommeillaient en chacun d’entre nous, c’est une fois encore un challenge réussi, puisque si l’on excepte le petit incident norvégien, tout s’est bien déroulé.

Alors que chacun refait ses comptes dans l’automobile qui nous ramène en France en ce dimanche 16 aout 2009, je pense que le bilan est donc assez positif. Nous n’avons pas marché sur la Lune, et il n’y a pas de quoi faire ce Tour d’Europe une aventure hors du commun, qui mériterait d’être citée dans les exemples du genre. Bien des gens de notre âge ont du faire la même chose, sans doute parfois mieux. Néanmoins il semblerait tout de même qu’ils ne soient pas nombreux, et c’est là que réside notre part de fierté, dans une certaine originalité, une part de non conformisme. Il y avait dans cette aventure une recherche des autres et une recherche de soi, et alors qu’on décrit notre génération comme cherchant ses repères, nous ne nous fondons pas dans la masse. De même ce voyage était une ouverture, une ouverture à l’Europe, ce continent qui nous intéressait tant, peut être parce que nous savons que l’avenir se jouera avec lui. Mais très simplement ce périple nous aura donné l’occasion de vivre certains de nos rêves, ceux de dépasser les frontières et de voir de l’ailleurs ; et nous savons tous qu’aujourd’hui comme hier, ça n’est pas du luxe. En ce sens, pour avoir osé, pour avoir cédé à nos envies les plus folles, peut être pourrons nous un jour nous vanter d’avoir été, pendant un temps, une étrange sorte d’aventuriers.

Lucas

 

Les Allemands refont leurs ponts, et nous patientons. Sur la route de Jack Kerouac me tient compagnie et me donne d'autres idées un peu folles. Ce tour d'Europe restera positif puisque j'ai découvert de nombreux paysages et de nombreuses villes. Mais j'ai un regret qui me poursuit depuis quelques mois maintenant : celui de ne pas avoir assez appris sur la population européenne. J'ai grandement apprécié les séjours chez nos différents amis Erasmus, et c'est à ces endroits où j'ai eu l'impression d'être pleinement dans le Tour d'Europe. Alors, si quelqu'un d'un peu fou passe ici et rêve d'un tel périple, je lui conseillerai d'entrer un peu plus en contact avec la population locale. Je pense qu'on aurait pu par exemple se faire parfois quelques heures chacun de notre côté, en essayant de partir à l'abordage des autochtones. L'exemple norvégien a montré qu'après quelques milliers de kilomètres, ce n'était pas toujours facile de garder l'ambiance au beau fixe. Il faut que chacun puisse avoir un peu de liberté, un peu de temps libre, seul.

Alors oui, si je dois reprendre la route, je vais profiter de cette expérience européenne. 41 jours qui nous auront appris autant qu'une année de cours, si ce n'est plus, et pour des frais plus que réduits.  Beaucoup pensaient qu'une telle expédition de 15 000 km en Clio 1995 était impossible. Mais ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

 

Jérémy

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