31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 14:27

Le mensonge par omission est celui qui peut facilement être pardonné. Avoir omis de préciser à mes parents ou mes amis que les élections présidentielles avaient lieu la première semaine de ma présence en Zambie est donc tout à fait pardonnable, surtout que la raison est simple : ne pas vouloir les inquiéter!

 

Mes premiers pas à Lusaka se déroulent parfaitement. J’ai de bons sentiments en parcourant la ville, à taille humaine. Pas de bouchon, pas de klaxon. Pas trop d’humains non plus, la Zambie reste sous-peuplée en comparaison avec mes autres expériences africaines, avec seulement 15 millions d’habitants pour une superficie plus grande que la France (20 habitants au km² contre 100 en France et 456 au Rwanda !). Cela donne l’impression d’une capitale où l’on peut respirer, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Mais commençons par le commencement : où diable se cache la Zambie sur une carte du monde ? Car si vous dites les Etats-Unis, je pense que la majorité de la population visualise. Pour la Zambie, je ne suis pas tout à fait sûr !

Lusaka et les élections présidentielles zambiennes

Le pays est donc enclavé en plein milieu de l’Afrique, entre le Congo et le Zimbabwe. Il est connu pour abriter des grosses réserves de minerais dans le nord (cuivre, cobalt, plomb, charbon, or, uranium…). Hormis ça, c’est loin d’être un pays touristique (moins de 10 000 Français pour leur année record), et j’y arrive sans trop connaître quoi que ce soit, y compris où je vais aller ou loger.

Je me retrouve dans une auberge la première nuit, où je fais connaissance avec trois sud-coréennes et une amerlock. Les élections ont lieu après-demain, j’observe beaucoup d’affiches dans les rues, notamment pour le président sortant Edgar Lungu. Le climat est un peu tendu selon la presse et les discussions que j’ai. Mais j’ai pourtant l’impression que l’atmosphère reste bonne, avec des personnes ayant le T-Shirt de leur candidat favori dans la rue. Kenneth, le cuisinier de l’auberge, m’affirme qu’il va voter pour l’opposition : « le changement a du bon. Chaque personne amène ses nouvelles idées. Le dernier c’était les routes ». Il conclut avec un « nous ne sommes pas le Zimbabwe », petit tacle au voisin où le président Mugabe, du haut de ses 93 ans dont 36 à la tête du pays, est loin d’être le démocrate du continent.

Lusaka et les élections présidentielles zambiennes

Les Zambiens m’apparaissent tout de suite sympathiques et souriants, toujours prêts à discuter. Je prends plaisir à les observer : chez les femmes, des coiffures très différentes, longues ou courtes, bouclées ou tresses, à plat ou ondulées. Chez les hommes, une seule coupe : à ras ! Sauf chez les Blancs ou les Asiatiques. Les Occidentaux sont plutôt nombreux dans la capitale, surtout aux abords des Malls, ces immenses supermarchés présents en grand nombre ici. Cela prouve la présence d’une certaine classe moyenne. Le pays dispose certes d’un sous-sol plutôt riche, mais on est loin du Qatar : 1 500€ de revenus annuels. C’est certes mieux que les 300€ annuels burundais, mais cette moyenne laisse quand même songeur. 10 à 15 centimes la banane (j’ai vu 2 centimes), 50 centimes la boisson dans les bars, 1€ pour le repas de base, 4€ pour le délicieux curry de l’hôtel. Au niveau indice de développement humain, le pays est classé 139ème sur 188 (devant le Laos, le Cambodge ou le Kenya tout de même).

Le pays est très religieux. La première personne qui me parle le matin est une fille qui me donne un papier des… témoins de Jéovah ! Ils sont décidément partout ceux-là ! 80% de la population serait catholique, contre 20% de musulmans. Une grande mosquée se trouve en face de l’auberge, et les églises sont très nombreuses un peu partout. C’est à peu près les seules choses que l’on peut apprécier niveau architecture dans les villes africaines, alors je ne me prive pas.

Lusaka et les élections présidentielles zambiennes

Je vois pourtant des panneaux pour la « piscine olympique », et je me prends à rêver de quelques longueurs sous le soleil… que nenni ! L’endroit est clairement à l’abandon depuis plusieurs années.

Lusaka et les élections présidentielles zambiennes
Lusaka et les élections présidentielles zambiennes

Je confirme donc une information que j’ai déjà relayée : les villes africaines sont loin d’être des paradis pour touriste. Pas grand-chose à signaler niveau architecture, le musée de Lusaka a vraiment mauvaise réputation (le petit futé écrit tout de même que « le musée est mal entretenu et son contenu rarement mis à jour »), et les jardins publics ne sont pas vraiment à la mode.

Mais ce qui me plaît à Lusaka passe par ma Couchsurfeuse américaine, Danielle. Elle connait très bien le pays et pour cause : ça fait deux ans qu’elle y habite. Elle est volontaire pour les Peace Corps, une sorte de coopération à l’américaine. Et elle m’emmène dans un endroit génial : une cuisine. Pas n’importe laquelle, celle d’Ami Zulu, la cuisinière en chef de l’ONG où Danielle bosse. Celle femme, la cinquantaine, est un peu ma grand-mère dans ses fourneaux. Je suis là pour apprendre à cuisiner avec elle, à la zambienne. Loin d’être un chef, je pensais surtout regarder, mais Ami Zulu en décide autrement. Elle me met une grande cuillère dans les mains, et me voici en train de touiller le nshima, le plat national. C’est de la farine de maïs cuite à l’eau et agglomérée en boule. On appelle ça ugali en Afrique de l’Est, pap en Afrique du Sud, et je pense bien que la polenta italienne fait partie de la même famille. Bref, pas besoin d’être Robuchon pour réussir le nshima…pourtant, c’est toute l’ONG qui vient me féliciter pour ma réalisation !

Attention, on ne rigole pas avec le nshima, et Ami Zulu affirme à Danielle que si elle ne sait pas cuisiner le nshima, elle ne trouvera pas de mari ! Danielle est forcément très déçue (je pense toutefois qu’elle s’en est remise depuis !). Elle se console en cuisinant de l’ifisashi, composé d’arachides et de feuilles de citrouilles. Quant aux petits poissons dans mon assiette ce sont des kapentas, des petites sardines originaires du lac Tanganyika. Ça donne envie, non ?

Lusaka et les élections présidentielles zambiennes

Ce qui vous donnera moins envie, ce sont sont les chenilles grillées. Personnellement, j’ai moyennement apprécié (très caoutchouteux !)

Lusaka et les élections présidentielles zambiennes

Les élections ont lieu jeudi, et je dois aller chercher mon ticket de bus pour le lendemain. Je me retrouve alors dans une Lusaka fantôme, avec très peu de circulation, et l’ensemble des magasins fermés. Même les petits commerçants des rues. Assez impressionnant. Les Zambiens ont beau me répéter que tout va bien se passer, on sent tout de même qu’ils ne sont pas aussi sereins qu’ils l’affirment. La commission électorale est protégée par des dizaines de militaires, et la route habituelle doit être contournée. Pourtant, le scrutin se déroule plutôt bien un peu partout dans le pays. Les résultats vont mettre plus de 3 jours à arriver, et le président sortant est élu au premier tour, avec un peu plus de 50% des suffrages exprimés. L’opposition conteste toutefois le résultat devant la cour constitutionnelle à l’aide d’une pétition. De mon côté, j’ai fait le tour de la ville. Direction le nord et 14 heures de bus !

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 10:02

Emirates ayant choisi d’être le ticket le moins cher pour la Zambie, me voici à Dubaï le temps d’une escale de 9h… Hum. Que faire pendant 9h d’escale ? D’ordinaire, je me serais sûrement retrouvé caché entre deux rangs de sièges, la bouche entrouverte, rêvant à mon lit douillet. Mais Dubaï ne nécessitant pas de visa, je me dis que c’est le moment de voir à quoi ressemblent les Emirats Arabes Unis ! J’en profite pour faire tamponner pour la première fois mon nouveau passeport (l’ancien n’ayant plus de page disponible… oui, je me la pète ! mais c’est tout de même un beau symbole d’une jeunesse réussie !). Et je prends un taxi pour 5 euros (enfin, en dirhams), direction le centre-ville.

Des tours. Des tours. Des tours. Voilà à quoi ressemble Dubaï. La nuit, quand elles sont éclairées, ça donne une vision sympa.

Dubaï by night
Dubaï by night

Il n’empêche, un drôle de sentiment se dégage rapidement : être à Disneyland. Cet ensemble de bâtiments semble irréel. Il y a plein de couleurs. Avec la musique du monde des poupées, on s’y croirait sans doute. Il est loin le temps de la ville des pêcheurs de perles de la fin du XIXème. 1 000 habitants en 1800, 2 millions aujourd'hui ! Dubaï s’est développé à très grande vitesse, et j’ai l’impression que l’artificialité des îles rejaillit sur l’ensemble de la ville. Il est deux heures du matin, il fait au moins 35 degrés, et je croise seulement des balayeurs venus du sous-continent indien. Sensation bizarre.

Mon objectif de la nuit est le Burj Khalifa. Depuis 2009, elle est la tour la plus haute du monde : 828 mètres ! Forcément, ça donne le torticolis. Et j’ai beau réfléchir et me déplacer cinquante fois : impossible de l’avoir en entier sur une photo !

Dubaï by night

Difficile également de montrer cette hauteur impressionnante. A quoi correspondent 828 mètres ? 2 tours Eiffel et demi. Pour mieux comprendre, je vous mets une photo de la tour avec les autres qui, en comparaison, ressemblent à de vulgaires cabanons en bois (c’est pourtant les tours que vous voyez sur les deux premières photos !)

Dubaï by night

La ville veut être la destination du luxe par excellence. Clairement, c’est sans aucun doute ce qui me correspond le moins au monde. Je suis venu. J’ai vu. Je ne reviendrai plus.

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 13:23

Cinq ans plus tard, me revoici dans la capitale britannique, arpentant des rues bien connues puisque tant de fois empruntées à une époque erasmussienne. Londinium, son agglo de 11 millions d’individus, ses 28 millions de touristes par an. Et moi, arrivé dans mon petit bus Eurolines à la gare de Victoria. Quatre jours pleins pour voir et revoir les charmes de la perfide. Car oui, Londres est cool. Voici les trois raisons principales :

- des musées gratuits

La National Gallery, l’un de mes musées préférés. Surplombant Trafalgar Square, où trône le grand Nelson, le musée propose quelques tableaux incroyables (les Ambassadeurs d’Holbein, les quatre âges de l’homme de Valentin de Boulogne) et d’autres ultra-connus (les Tournesols de Van Gogh, 19 Monet…). Or, quel est le prix de l’entrée ? 0. Enfin, le musée nous propose de l’aider, avec des troncs postés dans des endroits stratégiques. Le prix est le même au British Museum ou au Tate… Génial.

J’en ai profité pour découvrir le musée d’histoire naturelle (dont l’entrée fait très église !), peut-être moins impressionnant qu’à New York, mais qui vaut le détour.

Londres, I’m back

- des parcs gigantesques

Londres est verte. Bon, attention, ce n’est pas un parc naturel ! Il y a des voitures, des métros, du bruit etc. un peu partout en ville. Mais, contrairement à Paris, l’extrême centre-ville est vraiment fourni en parcs : Green Park, Saint-James Park, Hyde Park, Regent’s Park, les jardins de Kensington (avec son palais, où résident William, Kate et leurs charmants bambins….vive la République ! pardon, un réflexe).

Londres, I’m back

En vérité, il faut remercier la couronne pour ces parcs et pour cause : ce sont des parcs royaux ! A la base, ils étaient souvent des anciennes réserves de chasse de la famille royale, et aujourd’hui ils sont mis à la disposition du public grâce au bon vouloir de la monarchie (car ils appartiennent toujours en propre à la reine !). Sympa hein ! 22km² de parcs royaux sont donc présents dans le Grand Londres.

Je me suis dirigé vers Greenwich, l’un des parcs que je n’avais jamais vu… grave erreur ! C’est sans doute l’un des plus beaux ! Il est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco pour abriter l’observatoire royal : le point de départ du méridien le plus célèbre !

Londres, I’m back

La vue en haut du parc est époustouflante : on peut y voir le tout Londres ! Enfin presque ! De la City au quartier d’affaire de Canary Wharf jusqu’à l’O² Arena. La vue plongeante permet d’observer le parc, avec au fond, au centre, le musée maritime (installé dans la maison de la reine…puisqu’on vous dit qu’elle est sympa !) Juste derrière, un ensemble architectural impressionnant, l’Old Royal Naval College, aujourd’hui aux mains de l’université de Greenwich.

Londres, I’m back
Londres, I’m back
Londres, I’m back
Londres, I’m back

- une ville qui bouge

Là, une nouvelle fois, je vais comparer à Paris. Non, Paris n’est pas mort. Mais ce n’est clairement pas la ville de la fête en Europe. Londres, par contre, a une belle réputation en la matière. Mais je ne veux pas simplement parler des soirées ou boîtes de nuit. Londres vit et bouge dans son architecture. J’ai refait ma traditionnelle marche le long de la Tamise (connue de tous ceux qui sont venus me voir à l’époque). Et j’ai été surpris par le rythme des constructions ! De grandes tours ont surgi en cinq années ! J’ai notamment découvert le « talkie-walkie », surnom du 20 Fenchurch Street, terminé en 2014. Cette tour est géniale car…on peut aller au dernier étage gratuitement pour profiter de la vue ! Il faut réserver à l’avance, mais le Sky Garden vaut clairement le détour.

Bon, cette tour est également source de sacrées polémiques… (aspect visuel pour la tour de Londres, réfléchissement des vitres qui permet de faire cuire un œuf au sol dans les rues environnantes (la température peut atteindre 90°C !)). Mais pour le touriste que j’étais, elle est pratique (et cela manquait à la capitale britannique).

Londres, I’m back
Londres, I’m back
Londres, I’m back

J’ai également eu la chance d’assister au BBC Proms, festival de musique classique, à l’intérieur du Royal Albert Hall…. Outch ! Ouf ! Argh ! Oui, c’est un peu mon résumé de cette salle de concert mythique, qui peut encore réunir 5 500 spectateurs (8 000 à la base). Je pense que c’est la plus belle salle que j’ai vue dans ma vie. Le concert débute avec la toccata et fugue de Bach, sur le deuxième plus grand orgue d’Angleterre… Au niveau du son, ça envoie ! Puis l’orchestre prend le relais, avec une présentation très show à l’américaine. Une centaine d’enfants font les chœurs. La Valkyrie. Bizet…. C’était selon le Daily Telegraph le meilleur prom de l’année. Pour 12 pounds. Merci !

Londres, I’m back
Londres, I’m back

Bon, Londres reste une grande ville, et je refuserais quand même d’y habiter pour 4 000 euros par mois… beaucoup trop de monde !! Les touristes étaient partout (une queue incroyable pour le musée d’histoire naturelle, Greenwich, et surtout à Camden Town, soi-disant haut-lieu punk et altermondialiste, mais qui pue l’arnaque touristique). La qualité de vie reste moyenne, le métro coûte un bras (et tu y perds une heure de vie par jour), la bouffe est loin d’être extra et la pollution est impressionnante pour le campagnard que je suis (mon nez était en sang chaque soir). Mais pour visiter, surtout quand on habite dans le Nord (bus aller-retour Lille-Londres pour 40€…), ça serait dommage de se priver !

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 21:52

Je dois admettre que ces vieilles cartes postales de Saint-Omer me passionnent. Une nouvelle livraison m’est parvenue récemment, et je replonge donc dans la correspondance de mes aîné-e-s au début des années 1900, avec une ville qui a souvent bien changé…

Saint-Omer, à l’ancienne (2)
Saint-Omer, à l’ancienne (2)

La place Victor-Hugo Cette carte est datée du 1er juillet 1910. Elle est envoyée par Eulalie Guilbert à Edmond Beaurain, domicilié à Mitry-Claye (Seine et Marne), pour un « Bonjour amical, Mes meilleurs vœux ». On peut remarquer le peu d’évolution dans l’architecture de la petite place audomaroise (hormis les deux grands arbres). Aujourd’hui immense parking, elle est simplement empruntée par deux chevaux et un charretier sur la carte.

Saint-Omer, à l’ancienne (2)
Saint-Omer, à l’ancienne (2)

Le marché aux poissons. Là, nous sommes aujourd'hui sur la place Pierre Bonhomme, au sortir de la Grand’ Place. La différence est importante, puisque la halle aux poissons a disparu (et même le nom de la place a changé). Construite en 1884, elle est détruite en 1945. Les maisons à l'arrière sont par contre restées très similaires. J’aime beaucoup cette carte pour le public présent : travailleuses avec des espèces de grands seaux ou paniers, hommes souriants à l’arrière (notamment celui avec son chapeau), femmes aux longues robes…

Saint-Omer, à l’ancienne (2)
Saint-Omer, à l’ancienne (2)

La place Sainte-Marguerite. Si, si, j’vous jure, c’est le même endroit ! Pas évident à première vue, je le reconnais. La carte est datée du 3 septembre 1907. La place Sainte-Marguerite tire son nom de l’église éponyme. Je la connaissais pour une raison : dans mes recherches généalogiques, je me suis retrouvé avec un acte de naissance de Saint-Omer (Sainte-Marguerite), qui est l’une des six paroisses de la ville. Bref, cette église est détruite à la révolution française. Mais la place garde son nom… jusqu’à Alexandre Ribot (c’est le nom de la place aujourd’hui). Aujourd’hui, la poste de Saint-Omer trône au milieu de la place. La seule similitude tient au bâtiment à l’arrière de la poste, qui est le même que celui derrière le kiosque : l’école Jules Ferry. La place fait clairement plus bucolique en 1907, avec le kiosque et les arbres. Trois hommes semblent d'ailleurs tranquillement profiter du lieu. 


La carte est envoyée par Eulalie Guilbert à Edmond Beaurain. Au-delà du message, assez classique ("Sincères amitiés et meilleurs souhaits"), c'est le lieu de destination qui est intéressant, car Edmond Beaurain est domicilié à cette période à Champigny : Pivot d'armes, 4ème escadron, 19ème chasseurs !

Saint-Omer, à l’ancienne (2)
Saint-Omer, à l’ancienne (2)

Le monument de Jacqueline Robins. Pour cette première carte postale en format portrait, c’est un peu le jeu des 7 différences ! Et pour cause, le monument de Jacqueline Robins a été remplacé par celui d’Alexandre Ribot (toujours dans les bons coups !) sur la place du Vainquai (en face du Bretagne). La tour de l’abbaye Saint-Bertin s’écroule quant à elle en 1947, ce qui fait qu’aujourd’hui, en plus de la végétation beaucoup plus fournie, on ne puisse plus rien observer en arrière-plan.

Mais qui est cette Jacqueline Robins ? Là, c’est une histoire un peu folle. Cette veuve serait une batelière qui réussit à sauver la ville d’un siège en 1710, au péril de sa vie (elle navigue jusque Dunkerque, et ramène du ravitaillement). La statue est inaugurée en 1884. Le problème, c’est qu’en 1710 la ville n’est pas assiégée… et toute l’histoire semble peu à peu ressembler à une légende ! Au-delà de la véracité des faits, cette statue est bien présente en août 1908, datation de la carte ! Elle est ensuite déplacée place de la Ghière en 1936 avant d’être fondue par les Allemands en 1942 !

Cette carte est destinée à la famille Sergent-Guilbert à Muncq-Nieurlet, par Ruminghem : « Chers parents. Veuillez, je vous prie, me renvoyer mes souliers, par Marie Hermant samedi sans faute car si je continue de mettre mes bottines, je vais avoir fait vite [je pense qu’elle a oublié un mot]. Donc samedi j’irai voir si elle les a et je vous écrirai pour vous dire. A samedi. ». Tout ça, c’est écrit normalement. Et puis la carte part dans tous les sens, c’est écrit en vertical « Bonne santé ». Et à l’envers (!) : « Nous sommes rentrés à bon port et vous autres. Des compliments à tous. Mes baisers à Germaine. Votre fille et soeur dévouée. E. G. »

Saint-Omer, à l’ancienne (2)
Saint-Omer, à l’ancienne (2)

La dernière, avec Saint-Omer aviation (!), les ruines de l’abbaye Saint-Bertin et le quai du Commerce. Cette carte est datée du 1er août 1910, elle est adressée à Mr et et Mme Beaurain, cantonnier au chemin de fer par la famille Guilbert-Sergent : « Bien le bonjour ». Oui, c’est ce qu’on appelle un roman !

L’architecture du quai du commerce n’a pas évolué. On peut remarquer plusieurs péniches accostées (il y en a une autre aujourd’hui, accostée un peu plus loin, mais c’est…différent !)

Voilà pour les cartes postales audomaroises en ma possession. J'en ai un bon paquet d'autres endroits, je fais le tri et je reviens vite !

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 13:53

Une boîte métallique chez une personne âgée contient souvent 1000 trésors. Par deux fois, très récemment, j'ai pu découvrir cela. Aujourd'hui, c'est grâce à de vieilles cartes postales que je vous emmène dans un périple historique, à travers Saint-Omer.

Saint-Omer, à l’ancienne
Saint-Omer, à l’ancienne

La fameuse rue de Dunkerque, l'artère commerciale historique de la ville. Ce qui est amusant sur cette carte, c'est que la rue est à l'arrêt : tout le monde regarde le photographe.
Cette carte est datée du 2 novembre 1907, c’est-à-dire la veille de la naissance de mon arrière-grand-mère, Léa Sergent. C’est sa tante Eulalie qui écrit à sa sœur Elodie Sergent, enceinte : « Affectueux baisers de loin. Eulalie ».

Saint-Omer, à l’ancienne
Saint-Omer, à l’ancienne

Le boulevard de Strasbourg. On peut remarquer au centre un cheval tirant une charrette. Une deuxième est visible en arrière-plan, tandis qu’un homme est sur son vélo. Le Grand Garage Audomarois fait le coin avec la rue de Calais. Les couvre-chefs sont une institution.

Cette carte est datée du 24 août 1910. Elle est envoyée par un certain R. S. (Sergent ?) à Mr Sergent Guilbert. « Envoyer linge aujourd’hui mercredi. Bonjour. »

Saint-Omer, à l’ancienne
Saint-Omer, à l’ancienne

La caserne de la Barre, loin d'être un parking ! Cette carte est datée du 17 septembre 1929. Elle est envoyée par un certain Boyaval Guillemant. « Chers cousin et cousine. De la part de Louis, je vous envoie deux mots, il vous attend à la ducasse, et François pourra venir avec son fusil pour tuer du gibier. Bien le bonjour à tous ».

Saint-Omer, à l’ancienne
Saint-Omer, à l’ancienne

La Caserne de Bueil (écrit Rueil sur cette carte). Aujourd’hui, c’est localisé dans la rue Carnot (pour ce qui est l'un des bâtiments les plus horribles de Saint-Omer, le jaune et le vert pomme n'aidant pas !). Sur la droite, on peut lire l'inscription "buvette militaire". Cette carte est datée du 17 janvier 1906. Elle est envoyée par Eulalie à mon arrière-arrière-grand-mère, Elodie Sergent : « Chère sœur. Sois assez bonne de venir au devant de moi demain jeudi, car je vais être très chargée. Ne viens pas plus loin que le pont de Recques. Je descendrai là pour ne pas perdre de temps et je partirai de suite. Viens pour être là vers onze heures s.t.p. Ta sœur qui t’aime ».

Saint-Omer, à l’ancienne
Saint-Omer, à l’ancienne

Le faubourg de Lysel. Cet endroit a été asséché depuis (c'est la rue Saint-Martin, juste après le pont de la gare, en allant vers Clairmarais) Cette carte est datée du 4 janvier 1909. « Bonne et heure année. Reniez-Soupé ». Elle est destinée à Mr et Mme Sergent Guilbert et Mme veuve Guilbert, à Muncq Nieurlet, par Ruminghem.

On peut remarquer le prix du timbre : 5 centimes !

Saint-Omer, à l’ancienne

L’arsenal et l’hopital militaire. Cette carte est datée du 12 décembre 1908. « Remerciement. Votre amie. S C ». Elle est destinée à Elodie Guilbert.

Saint-Omer, à l’ancienne

Le jardin public. Elle est datée du 1er février 1906. « Chère sœur, j’arriverai samedi soir au train de 4 heures, dis à maman qu’elle repasse par chez toi, j’irai là. Peut-être que Monsieur Delattre vient samedi, s’il ne part pas trop tard je retournerai peut-être avec lui en voiture, mais je monterai chez toi tout de même. Mes baisers à Germaine. Ta sœur qui t’aime. Eulalie. »

Ce n’est pas une photo mais un dessin. On remarque les ombrelles utilisées par les femmes pour se protéger du soleil. Tout le monde porte des longs habits.

Saint-Omer, à l’ancienne

La gare, sur une carte datée du 14 mars 1906.  La gare de Saint-Omer est facilement reconnaissable, de par sa forme. Elle est inaugurée deux ans plus tôt, en 1904 (sur le fronton actuel, on peut lire 1903). Deux différences avec le bâtiment actuel : sur le toit, un clocheton trone. Il n’existe plus aujourd’hui. Sur le fronton, on peut lire « chemin de fer du Nord ». L’inscription a également disparu aujourd’hui.

Sur la place, on peut remarquer plusieurs calèches à droite et à gauche, et une au centre : celle-ci porte l’inscription « Grand hôtel de France ». Je présume que l’hôtel vient chercher à la gare ses clients. Les longues robes des femmes.

« Chère sœur. Les carottes seront à Recques jeudi soir, monsieur allant demain à Leulinghem, va les mettre là où monsieur Delattre doit les prendre demain, donc tu peux aller à Recques vendredi matin. Mon retour a bien été. Peut-être à D. ou une lettre ( ?) ; des compliments à tous. Mille baisers à Germaine. Ta sœur qui t’aime. Bonne santé. Eulalie ».

Si le sujet vous intéresse, un site est consacré aux vieilles cartes postales de Saint-Omer (la base de données a 366 cartes postales !)
http://www.cpa-saint-omer.fr/cartes-recherche.html

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 17:07

« Mais, qu’est-ce que tu vas faire après ta thèse ? ». Si tu fais un doctorat, tu devras répondre à cette question environ 437 fois! (elle vient en tête, suivie de très près par « c’est quoi ton sujet au fait ? » et « mais à quoi ça sert un doctorat ? »). Bon, j’ai un problème : j’ai changé de discours environ 436 fois. Et alors que la fin de ma thèse approche à grands pas (je dirais même plus : au grand galop), il me faut un peu anticiper. Gouverner, c’est prévoir. Juillet, c’est relecture. Septembre, c’est le dépôt. Novembre, c’est la soutenance. Et puis ?

 

Deux plans. Tout d’abord le plan A. Comme Adulte. Septembre, je me mets en remplaçant en professeur d’histoire dans l’académie de Lille. J’ai toujours eu envie d’enseigner au collège ou en lycée. Là, une remarque que j’ai déjà entendue 53 fois : « mais pourquoi ne pas enseigner à l’université ? ». Deux raisons : les postes, qui sont beaucoup (beaucoup) plus nombreux dans le secondaire. Et surtout cette envie d’enseigner à des adolescents. Beaucoup pensent que je suis fou (c’est le cas), que je serais bien plus tranquille à l’université etc. Mais ce n’est pas mon envie du moment. Je ne veux pas être tranquille (pas avant la retraite en tout cas). Et je veux me confronter à cette expérience du collège ou du lycée.

« Oui, mais après ? » Après, si ça me plaît, je peux passer les concours. Je peux regarder d’un peu plus près les lycées français de l’étranger. En vérité, après, ça me paraît trop loin. Il y a trop d’étapes avant ça. Surtout qu’il y a le plan F.

 

Le plan F. Comme Folie.

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Voilà comment avancent les secondes avant mes 30 ans. Certains pensent que c’est un cap. Que c’est vraiment là où l’on peut se dire adulte. Ils n’ont pas forcément tort. Mais j’ai une autre définition d’adulte, et je m’y tiens depuis plusieurs années, persuadé que c’est la bonne : on devient un adulte le jour où l’on travaille (pour de vrai). C’est la fin des études qui vous fait tomber dans cette catégorie. Car travail dit salaire, appelle appartement, demande déclaration de revenus etc. Aujourd’hui, ma vie n’est pas celle d’un adulte, malgré mes 29 ans sur ma tête (oui, oui). Je reste un étudiant. Pas en première année de licence, certes, mais sans salaire, sans appartement, et avec une déclaration de revenus qui s’effectue en deux minutes montre en main.

La fin de ma thèse m’oblige forcément à rencontrer ce mur, cette barrière, cette porte (attendez, je cherche une métaphore correcte). Ce toboggan ! Oui, c’est ça. La fin de la thèse peut me faire entrer dans un toboggan, celui du travail. Une fois dedans, ça glisse, parfois très vite, jusqu’à la fin. Oui, je sais, ma vision du travail est un peu subjective, mais c’est l’impression qui m’est renvoyée par ceux qui m’entourent. Trouver un travail, c’est devenir un adulte. Et j’ai l’impression qu’il n’y a pas vraiment de marche arrière. Surtout à 30 ans.

Tic. Tac. Tic. Tac. Or, je remarque un autre toboggan, juste à côté. Un toboggan très différent, plus incertain, très sombre. Je ne vois pas vraiment ce qui s’y cache, mais il a clairement un look un peu plus sexy. A l’intérieur, il peut y avoir du travail, mais il y a aussi du voyage, des rencontres, un exil. C’est sans aucun doute un toboggan qui me fait glisser sur un autre continent, pas encore arpenté. Il n’empêchera pas de revenir sur le toboggan travail dans quelques mois ou années, car celui-là, il ne bouge pas. Il restera là, bien ancré sur ses fondations. L’autre, par contre, est un toboggan éphémère. La porte est ouverte à la fin de ma thèse. C’est peut-être la dernière fois.

Devenir un adulte, c’est une question de choix. De volonté. Je peux franchir le pas. Une partie de moi en a envie, parfois. Travail. Famille. (non, non, pas patrie). Ami-e-s. Et je suis sûr que je rencontrerai des grands moments de bonheur si je me mets à glisser là-dessus. Mais une autre partie de moi fait l’éloge de la folie. Du Carpe Diem. Me rappelle le temps qui passe. Ceux qui partent avec des regrets. Ceux qui l’auraient vécu différemment. Une vie. Une seule.

Alors je regarde un carte du monde, comme je l’ai fait tant de fois. Tic. Tac.

Devenir un adulte
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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 18:44

3 sauts à l’élastique manqués en raison de la météo. Une entreprise qui fait faillite/se barre avec la caisse. Clairement, j’avais l’impression d’être le chat noir. Et je me demandais : « dois-je vraiment faire un saut ou est-ce que quelqu’un m’envoie un message ??! ».

Ce samedi, direction Marck, ville voisine de Calais. C’était là où je voulais sauter, et pas ailleurs. Je rêvais de voir le détroit de la Manche et les falaises anglaises du ciel. Mon certificat médical en poche (pas comme François Pignon), je fais mon inscription, et mes ami(e)s/ma famille payent (pratique !). Ca y est. Je n’ai jamais été aussi près/prêt ! Nous voyons les avions décoller, nous voyons les parachutistes atterrir. Tous ont des grands sourires, et des mots dans la bouche, de ceux que l’on n’utilise pas tous les jours (« incroyable », « fou », « génial »). Julie est à mes côtés, Sarah et Lucas nous ont rejoints. Cette belle équipe va partager ce rêve.

Après une mini formation (quelle position adopter pendant la chute, où placer les bras etc.), je mets ma combinaison, et en route ! Nous grimpons dans un petit avion. Nous sommes neuf, et clairement, on est super serré ! Mais ça n’entame pas ma bonne humeur : pas stressé, et en forme !

 

Le grand saut / Skydiving
Le grand saut / Skydiving
Le grand saut / Skydiving
Le grand saut / Skydiving

Calais vu du ciel. Le sable, la Manche, les étangs et en bas à droite le camp de réfugiés.

Le grand saut / Skydiving

Je me régale pendant le vol. Nous observons les falaises du Kent au loin, tandis que la mer du Nord vue du ciel est bleu turquoise !!! (sauf au niveau du port, où les taches d’huile ne font pas rêver à une baignade).

Altitude : 4 000 mètres. C’est l’heure. Mon moniteur me rappelle les consignes, m’attache au plus près de lui. 4 types sont là avant nous, ils vont sauter pour aller faire des figures. La porte de l’avion s’ouvre. Là, j’hallucine un peu. C’est bizarre cette sensation d’ouvrir la porte d’un avion alors que l’on est en vol ! Les 4 paras se mettent près du bord et….hop !

Le grand saut / Skydiving

D’où je suis assis, j’ai l’impression qu’ils partent à 200 km/h ! Impressionnant ! Pas le temps de tergiverser que je passe ma jambe droite au-dessus du banc, et me rapproche de la porte. Je m’assois, les pieds dans le vide. J’ai l’air souriant, mais c’est forcé pour la vidéo ! Une pensée me traverse : pourquoi suis-je là ??? Mon pouls monte à 200, et si ça ne tenait qu’à moi, je ferais demi-tour illico ! Mais c’est mon moniteur qui me tient, et lui ne me pose pas la question cruciale ! Il saute ! Enfin, nous sautons !

Le grand saut / Skydiving
Le grand saut / Skydiving

Là, j’ai l’impression de boire la tasse. Une énorme tasse d’air ! Ma tête tourne dans tous les sens, j’ai mal aux oreilles, les larmes me montent aux yeux ! J’ai ressenti la sensation de tomber pendant deux secondes, et puis nous nous stabilisons. La chute libre va durer 50 secondes, mais j’ai l’impression que ça dure à la fois 15 secondes et bien trop longtemps ! Je vais subir la chute libre. Mes oreilles souffrent énormément. J’ai envie de regarder la terre, mais je sais que je dois regarder l’horizon. J’observe la mer, je regarde mon caméraman, qui vient me serrer la main ! Je reste souriant, mais je vous garantis que je souffre, surtout quand le moniteur m’explique que l’on va faire quelques tours sur nous-mêmes !

Le grand saut / Skydiving

Nous prenons de la vitesse, beaucoup de vitesse : proche des 200 km/h ! Ça décoiffe ! A 1500 mètres d’altitude, c’est la fin de la chute libre, le moniteur tire le parachute !

Le grand saut / Skydiving

Là, une impression : le silence ! Un énorme silence ! Plus d’air à travers les oreilles (et l’ensemble du corps), plus de vitesse, tout paraît calme, paisible. Je peux enfin regarder le sol, la mer, la plage. Calais paraît petit, et j’ai l’impression de dominer le monde ! Clairement, ça va mieux ! Le moniteur me file les manettes du parachute, m’explique comment faire des virages. Et puis il se fait plaisir et fait lui-même des virages énormes ! Je me prends une force centrifuge assez incroyable, j’ai des fourmis qui naissent dans mes chaussures et sur les jambes. Il arrête, et je souffle !

La piste se rapproche. Le vent est assez fort (les sauts suivants sont d’ailleurs repoussés). Mais mon moniteur est facile (ça fait 43 ans qu’il saute !). Nous nous posons tranquillement.

Le grand saut / Skydiving

Quel est le bilan de tout ça ? Dingue. Fou. Cinglé. Et tout autre synonyme. Quelque chose à faire dans sa vie. A refaire ? Je ne sais pas. Sentiment mitigé. Chute libre en souffrance, parachute génial. Mais j’ai clairement l’air heureux, une fois sur terre !

Le grand saut / Skydiving

Et si vous en voulez plus, la vidéo en-dessous !

Certes, le coût est élevé (235€ + 75€ si vous voulez la vidéo, dont j'ai extrait ces photos), mais c'est un souvenir d'une vie !
Les parachutistes de Dunkerque ici : http://www.parachutisme-nord.com/

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 18:12

Pendant mes jeunes années, l'escapade était le nom du café où je devais tourner, sur la gauche, pour rejoindre le stade de l'Essor. Les entraînements, les matchs. J'échappais à ma routine de collégien et de lycéen le temps d'une heure trente, où les efforts n'étaient pas comptés, et où le plaisir était décuplé.

Aujourd'hui, mes escapades sont un peu différentes. Il me reste le football, le dimanche matin, et un plaisir presque inégalable. Mais l'escapade, cette action d'échapper un certain temps aux obligations de la vie quotidienne, est aussi (et comme souvent avec moi) dans les voyages.

La routine est quelque chose d'ennuyeux à vivre, mais c'est pire encore à raconter. Si je n'écris pas beaucoup depuis plusieurs mois, c'est que je partage ma vie avec ce mot que je déteste tant ! Routine de travail, qui peut se résumer ainsi : réveil, bibliothèque, repas, bibliothèque, repas, dodo. Bon, j'en rajoute un peu, et je sors souvent le soir, mais ça n'empêche, ma vie n'est pas très bandante. Et lorsque l'on me demande « quelles nouvelles ? » ou « qu'est-ce que tu as fait cette semaine ? », je ne peux pas m'empêcher de faire une moue dubitative : « j'écris ma thèse ». Je commence lentement à voir le bout du tunnel, et c'est l'occasion de parler un peu périple. Faut pas déconner non plus, j'ai un peu bougé, notamment ces dernières semaines.

Je commence avec une semaine de ski, ou plutôt de snowboard (ou plutôt assis dans la neige diront les témoins de la scène). C'était la première fois que je partais une semaine au ski, en compagnie de sept jeunes ou moins jeunes (et surtout des témoins). Saint-François Longchamp, une vue magnifique sur le Mont-Blanc, des soirées remplies de Néerlandais(es), raclette, fondue, pâtes, Agricola. Oh, merde, j'aime Agricola. Un énorme bol d'air, je comprends les gens qui partent chaque année.

L'escapade

Pas le temps de se reposer que je repartais en Belgique, direction Gand, avec un énorme coup de cœur. Une ville magnifique, un musée à ciel ouvert, mais vivant (à la différence de Bruges). J'adore les villes belges, et surtout celle-là. A 1h30 de Saint-O, foncez !

L'escapade
L'escapade

S'il y avait quelque chose que je voulais vraiment voir depuis plusieurs années pas loin de chez moi, c'était les falaises d'Etretat. Courbet, Monet, Flaubert, Maupassant, Arsène Lupin... l'endroit inspire. L'endroit respire. Cette craie blanche, l'arche, l'aiguille. Et même un phoque qui se balade au milieu de tout ça !

L'escapade
L'escapade
L'escapade
L'escapade

Changement de décor trois jours plus tard avec quelques foufous pour un enterrement de vie de garçon dans le Sud de la Belgique. On est des fous, on est des dingues (on est des cochons-dindes), à vélo, 50 bornes. A l'aller, le long d'une grande route. Pas le plus agréable, mais un bon entraînement pour le retour. Ca monte. Puis ça descend. Ca monte. Puis ça descend. Ca monte. Puis ça descend. Non, je ne radote pas (encore). Nous avons souffert ensemble, mais nous l'avons fait. Je regardais le goudron, mètre par mètre. Plus question de regarder devant, ça faisait trop mal au moral. Mais un véritable plaisir une fois à Chimay. Et une fierté. Nous l'avons fait. Sikora aime ça.

L'escapade
L'escapade

Enfin, un retour en Allemagne avec quelques autres foufous. Aix-la-Chapelle, une ville que je connaissais déjà. Mais cette soirée années 90.... l'une des meilleures de l'année ! Quelle ambiance ! Quelle musique ! Et ces Allemand(e)s, toujours aussi sympa !

L'escapade
L'escapade

Le fait de regarder en arrière me rassure un peu. Ma vie n'est pas bandante tous les jours (désolé pour le terme, je vois que je l'utilise trop!), mais ces escapades m'ont permis de tenir le choc. Ca n'est clairement pas un mauvais début d'année, au contraire. Et ça me donne beaucoup de motivation pour repartir une fois la thèse terminée. Ca tombe bien, j'y arrive.

Je n'ai pas oublié mon séjour à Marseille (j'attends les photos)

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 20:19

Il y a des inventions fantastiques. Couchsurfing. Un Banana Split. Le football. Et plus récemment, à Saint-Omer, le café polyglotte.

Le principe est plutôt simple : une rencontre chaque mercredi, dans un bar de la ville (à tour de rôle le Dreams, le café de France et le Spey), pour discuter dans une autre langue. La part belle est faite à l’anglais, mais vous entendrez parfois de l’allemand, de l’espagnol ou de l’arabe. Bien sûr, le franglais est également très pratiqué !

L’idée est très bonne, encore faut-il qu’il y ait du monde…et là, c’est la surprise de mon retour dans l’Audomarois : il y a énormément d’étrangers à Saint-Omer ! Ou plus précisément d’étrangères ! (oui, c’est encore mieux !). La faute aux assistantes de langue qui pullulent dans les collèges et lycées du coin. Ainsi, je peux croiser Anglaises, Américaines, Canadiennes, Allemandes, Espagnole, Australien ou Marocains chaque mercredi, depuis l’automne... Bien sûr, il y a aussi quelques Français, chanceux qu'ils sont d'être si bien entourés ! Les discussions sont variées, passant de la qualité de la nourriture australienne (?) au funny fact about Canada, mélangés à ce qu'aurait pensé Freud de tout ça. Un petit jeu est organisé chaque semaine pour animer la soirée.

Le café polyglotte

Idée géniale n°2 : le café polyglotte ne se cantonne pas à sa réunion hebdomadaire. Une association est créée, les polyglottes audomarois. Et elle organise des activités ! Une soirée karaoké où j'ai pu faire étalage de ma maladie vocale. Direction Lewarde et son centre historique minier, à 4 voitures. Puis visite de Douai, pour une journée organisée sur le thème du ch'ti !

Le café polyglotte

Semaine après semaine, ces gens sont devenus mon rituel du mercredi. Un endroit que j’adore fréquenter. L’exemple d’un monde où les peuples se mélangent, où les cultures se confrontent, et apprennent tellement des uns des autres. Certains rient quand je dis que je pars. Car, 30 minutes plus tard, je suis toujours là. Que voulez-vous, c’est difficile de vous quitter et j’avoue n’avoir qu’une envie, c’est de passer des heures, des jours et des semaines en votre compagnie.

Je me devais d’organiser quelques activités, et montrer les choses sympas de la région (oui, oui, il y en a, par dizaines !). Direction Lille et son ambiance festive, Dunkerque et son carnaval déjanté.

Le café polyglotte
Le café polyglotte

Forcément, ça me change de ma routine et de l’écriture de ma thèse. Forcément, ça me rappelle un peu mon Erasmus. Encore plus cette semaine. Car, une par une, elles se sont envolées. Direction leur pays d’origine ou des voyages de fous à travers l’Europe. Alors les sourires sont un peu partis, et des larmes ont coulé. Au revoir, et souvent adieu. C’est ainsi la vie. C’est ainsi ma vie. Une rencontre avec des gens formidables, vivre l’instant présent, et se dire au revoir. Qu’importe, mon retour à la maison est facile, aussi grâce à ces gens-là. Regardez, j'ai même l'impression de voler !

Merci à Lucie et Tim de gérer tout ça d’une main de maître.

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 19:41

Drôle de sensation. Je vole. Il a suffi de pas grand-chose. Un SMS. Je l’attendais. Le téléphone avait vibré deux heures plus tôt, mais ce n’était pas le prénom espéré. Cette fois, c’est le bon. Je souris, un grand sourire. J’attends un peu, je savoure le moment. Et puis je le lis.

 

J’ai un crush. Ce que nous appellerions dans notre si belle langue française un béguin. Ça fait bizarre. Ça faisait longtemps. Cette attente des SMS, des messages Fb. Les souvenirs reviennent. Bien sûr, elle n’est pas française. Bien sûr, c’est une histoire impossible. Forcément. Sinon ça serait trop facile. Sinon, je n’aurais pas été intéressé, sans doute. Ce n’est pas volontaire. C’est ce que je suis. Il faut apparemment que la fille soit étrangère, et que l’histoire soit très compliquée.

 

Comment la décrire. Une folie. Un ouragan. Une machine à conversation. Des blagues en rafale, avec un taux de réussite moyen. C’est irrésistible. Quelque chose dans le regard. Un mélange de bonheur, et une pointe de tristesse.

Difficile de la lire, de la comprendre. Elle est énigmatique. Exubérante et timide à la fois. Un peu susceptible, terriblement insecure. Pourtant, elle a tout pour elle. Je pourrais lui écrire 100 compliments, et la cuddler pendant des heures.

 

J’aurais pu passer du temps avec elle avant. J’aurais peut-être dû. Mais c’est aussi bien comme ça. Je ne souffrirai pas. Car mon crush s’envole. Et ça ne m’empêche pas de sourire. Tellement content de le rencontrer, de la rencontrer. Un dernier câlin. Et le train partira.

 

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