2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 23:25

25 ans. Pour le Rwanda, cela fait 25 ans que le génocide a eu lieu.

10 ans. Une décennie que je travaille sur le Rwanda (et le Burundi). De manière moins insistante qu'il y a quelques années, à l'époque de ma thèse, mais je reste un spectateur attentif aujourd'hui. Je n'ai pas « transformé l'essai », à savoir publié mes recherches, notamment la thèse, par manque de motivation essentiellement. Mais j'ai un statut, je suis un « docteur », un « chercheur associé » dans un laboratoire d'université française. Alors, de temps en temps, on vient me chercher pour répondre à quelques questions sur la région (France Culture et La liberté ces deux dernières semaines). Par contre, je n'ai pas encore reçu d'invitation concernant la commission d'enquête française chargée de travailler sur le rôle de la France au Rwanda entre 1990 et 1994. D'ailleurs, cette commission n'a aucun spécialiste de la zone... Etrange. Qu'importe, je donne ma version des faits ici, avec des informations que vous retrouverez forcément ailleurs. Car la France a un rôle important dans le génocide rwandais.

 

Pourtant, le Rwanda n'était pas une colonie française, mais allemande, puis un mandat belge (de 1919 à 1962). Paris débarque à Kigali via un accord de coopération civile (1962) puis d’assistance militaire technique signé le 18 juillet 1975 et modifié en 1983. A cette époque, le président rwandais est Juvénal Habyarimana. La France s'engage donc à aider militairement le Rwanda, comme elle le fait dans la majorité de ses anciennes colonies, via l'envoi d'instructeurs par exemple. Stabilité, gain diplomatique, facilité économique, les raisons justifiant cet accord sont de natures diverses pour la France.

Lorsque la guerre débute en 1990 entre le gouvernement de Kigali (toujours mené par Juvénal Habyarimana) et les rebelles, descendants de réfugiés (le FPR, mené par l'actuel président Paul Kagamé), la France choisit son camp : celui du gouvernement. La France envoie des hommes, le Détachement d’Assistance Militaire et d’Instruction (et aussi son pendant gendarmerie), envoie des armes (mortiers de 60 mm, 81 mm et 120 mm ainsi que des fusils de 105 mm) tandis que la BNP garantit les achats d'armes (dès 1992). Cet approvisionnement en armes inonda le pays, si bien qu’en 1993, il devint possible d’acheter des grenades sur les marchés de plein air pour quelques dollars la pièce...

 

La France est le pays le mieux informé sur ce qui se passe en Rwanda avant 1994. Des militaires entendent parler de listes, les discours extrémistes ne sont pas susurrés, ils sont criés sur tous les toits. Paris ne réagit pas, les militaires français participent même, souvent dépassant leur fonction/ordre, à des combats sur le front entre l'armée rwandaise et les rebelles. Deux mois et demi avant le génocide, alors qu'un embargo sur les armes existe désormais, la France est prise la main dans le sac à l'aéroport de Kigali, alors qu'elle envoie des armes à l'armée rwandaise...

Lorsque le génocide débute, les principaux organisateurs se réfugient à l'ambassade de France. Ils sont évacués, ils sont protégés par la France. Agathe Habyarimana, la femme du président, celle vers qui beaucoup se tournent quand il faut expliquer le génocide, vit encore en France aujourd'hui, bien à l'abri de la justice. Un gouvernement provisoire est mis en place... dans l'ambassade de France. Ce gouvernement provisoire qui supervisera le génocide.

Quant à ceux qui encadrent le génocide, sur le terrain, ce sont essentiellement des militaires et des gendarmes formés par les Français. Très bien formés. Trop bien formés, en y regardant avec 25 ans de recul.

 

Que fait la France ? Comment réagit-elle alors qu'un génocide a lieu, et que, selon le terme, l'ensemble de la communauté internationale doit réagir ? Elle tergiverse. Elle garde à l'esprit son vieux schéma, elle reste du côté du gouvernement. Les premiers avions débarquent avec des munitions pour le gouvernement rwandais. Des avions transportant des armes sont envoyés de France à Goma pendant le génocide. Quand la France lance l'opération Turquoise, le 23 juin, à la fin du génocide, elle le fait toujours avec une idée derrière la tête : protéger le gouvernement officiel, celui qui doit fuir devant l'avancée des rebelles. Tout cela en se drapant du manteau de l'opération humanitaire, destiné à sauver des vies. Les génocidaires sont heureux, ils acclament l'armée française à son arrivée, celle qui va les protéger pour qu'ils puissent fuir, avec leurs armes, leurs munitions, et le sang sur leurs mains. Des armes arrivent au Zaïre, pour les génocidaires, alors qu'un embargo international a été mis en place. Des militaires français de haut rang le voient, et ne réagissent pas. Ces armes seront bientôt utilisées dans les guerres congolaises.

 

Voilà le rôle de la France pendant le génocide rwandais de 1994. C'est clair, c'est précis, c'est documenté. Les Français sont restés les plus proches alliés du gouvernement rwandais sur les plans militaire, politique et diplomatique. On peut parler de complicité, notamment en raison des armes envoyées. Certains hommes politiques de l'époque ne veulent pas regarder la vérité en face (Hubert Védrine en premier lieu). Des erreurs monumentales ont été faites par l'Elysée à l'époque (François Mitterrand donc), sans doute très mal conseillé par son fils Jean-Christophe ou par les militaires qui l'entourent.

Oui, la France doit présenter ses excuses officielles. Les Etats-Unis et la Belgique l'ont fait il y a bien longtemps (1998 et 2000). Ce n'est pas cracher sur l'armée française, c'est simplement admettre que de nombreuses erreurs ont été commises. Les faits sont têtus.

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 23:30

Mardi soir, une très bonne amie du lycée, et sa fille. Jeudi soir, un très bon copain d'enfance, 3 enfants dans la maison, une femme enceinte. Dimanche après-midi, la bande de l'université, deux enfants, et deux nouveaux bébés. Si parfois j'essaie de me persuader que je ne vieillis pas vraiment, que c'est simplement dans la tête, ces rencontres me mettent un gros coup de vieux. Et aussi un peu le spleen. Oh, je n'avais pas besoin de ça pour l'avoir, je crois même que je l'ai toujours un peu eu. Là, ça se renforce quand je rentre. Tout d'abord parce que ces amis, avec qui j'ai passé du bon temps, ne seraient plus disponibles aujourd'hui pour faire les mêmes conneries/soirées/sorties qu'avant. Alors qu'à titre personnel, j'ai encore le temps pour ça. Surtout, ils avancent dans la vie, une vie qui tourne autour des enfants. On le sent très vite dans les « conversations ». Enfin, les bribes de conversation, car les coupures sont très fréquentes quand on a des bambins ! Ici que je crie pour avoir à manger, ici que j'interromps la conversation pour montrer mon bobo, là que je veux que tu joues avec moi. J'ai beau essayer de causer ou de faire causer les copains, on en revient forcément à eux. Et, bien sûr, je comprends. Oui, une vie avec un enfant est totalement transformée. C'est LE changement dans une vie. A partir de là, tout tourne autour de lui, de votre temps à votre amour.

C'est vrai qu'ils sont beaux. C'est vrai que je vous envie. Je ne vous le dis pas trop, car vous, de votre côté, vous me répétez souvent que j'ai de la chance, qu'il faut que je profite, etc. Moi, je pense que c'est vous qui avez de la chance. Le tic-tac fait son effet. Petit à petit, depuis quelques mois, j'ai l'impression d'avoir une envie d'enfants. Je ne sais pas si ce sont les voisins en Guyane qui me font ça (les gamins traînent régulièrement chez nous, ça crée des contacts), vous qui pondez, ou le temps qui fait son effet sur moi. Là, il y a juste un hic : l'homme ne peut pas procréer tout seul. La nature est intraitable là-dessus ! Mon objectif du moment est donc, non plus de trouver une copine, mais aussi une mère. Et je me rends compte que mes critères ont bougé en l'espace de quelques mois.

 

C'est que les enfants des autres me rappellent que je veux aussi des enfants. Si possible une petite tripotée. Je les voyais bien jouer avec vos enfants d'ailleurs. Là, ça risque d'être les petits de la bande, de ceux qui vous saoûlent un peu, et qui risquent de saoûler encore plus vos enfants, une fois grands : « ah, non, on ne veut pas jouer avec Benito, il est trop petit !: ». [le prénom risque d'être modifié] Je m'estime néanmoins chanceux, mes sœurs n'ont pas encore franchi le cap, et la pression est un peu moins intense. Quand ça viendra, par contre...

 

Cette pression (car je le ressens de plus en plus ainsi) me stresse. Je me dis que je dois trouver assez vite quelqu'un, et surtout ne pas me planter. Contradictoire. J'en suis arrivé à aller voir des sites de rencontre. Sans payer. Juste parce que ça a fonctionné pour d'autres, aujourd'hui parents. Est-ce que je rencontre beaucoup de monde dans ma vie en ce moment ? Bof. Est-ce que je rencontre des filles qui me plaisent. Niet. Merde, qu'est-ce qui cloche.

Pour être encore plus compliqué, je me mets dans la tête que je pars au Pérou en septembre, avec mon sac à dos, et que je reviendrai à Noël. Tu parles d'un bon parti. Vaudrait peut-être mieux que je me pose. Où d'ailleurs ? La Guyane ? J'ai l'impression d'avoir fait mon temps. Le Nord ? Mes parents vendent la maison et déménagent, Saint-Omer ne m'attire plus, Lille ne m'a jamais vraiment attiré. Le Sud alors ? Avec qui ? Je reprends la route ?

 

Vous voyez, vos enfants perturbent un peu mon esprit (bon, j'étais perturbé de base). Ils confirment néanmoins que le bonheur n'est réel que s'il est partagé (je n'en doutais plus). Aujourd'hui, ce soir, j'ai l'impression d'avoir de plus en plus de mal à ne vivre que pour moi. Pour deux, c'est certain. Pour plus, à fond. Alors mes ami-e-s me disent que ça viendra. Il n'y a pas de raison. Hum. Ca fait bientôt 5 ans sans amour. C'est long vous savez. Très long. Alors une petite étincelle, et je vendrais mon royaume, mes souvenirs, mes photos, mes films, ma patrie. Mais où est-ELLE ?

Les enfants des autres
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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 13:36

Tribunal de Saint-Laurent du Maroni, mercredi matin. Un jeune homme est accusé d'avoir transporté 1,8 kg de cocaïne. Il est arrêté à l'aéroport de Cayenne, alors qu'il partait vers la métropole. Originaire du Surinam, il risque 10 ans de prison pour un voyage qui devait lui rapporter 10 000€. La valeur marchande de sa cocaïne est estimée à 76 700€.

Deuxième affaire. Un jeune homme, 1,1 kg de cocaïne. Soit 120 boulettes qu'il a ingurgitées.

Troisième affaire. Une femme, sans emploi, a ingurgité 4,320 kg de cocaïne. Menacée par quelqu'un, auprès de qui elle était endettée, elle aurait réussi, grâce à ce voyage, à éponger sa dette de 8 000€. La valeur estimée de sa cargaison est de 175 260€.

Quatrième affaire. Une femme, sans emploi. Elle est mère de 8 enfants. Son bébé de 6 mois est à l'hôpital militaire de Paris. Elle voulait le voir. Elle n'avait pas l'argent pour le rejoindre. Elle transportait 1,6 kg de cocaïne dans son corps. C'est son second voyage, la première fois, elle n'avait pas été payée.

Misère sociale. Argent facile. Envie de société de consommation. Prise de risque. Les mules, en Guyane, sont un phénomène de société. 500 personnes ont été arrêtées en 2018 aux aéroports de Cayenne et de Paris-Orly. Un chiffre en expansion, qui ne reflète qu'une partie de la réalité : les douaniers estiment qu'une dizaine de mules seraient présentes dans chaque avion quittant la Guyane pour la métropole. Selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, quasiment un tiers du marché français de cocaïne vient de Guyane. Comment en est-on arrivé là ?

Saint-Laurent du Maroni (3/3), narco-city

Le Surinam, de l'autre côté du fleuve Maroni (juste au fond sur la photo ci-dessus), est un narco-Etat. Depuis les années 1990, un trafic de très grande intensité existe avec la Colombie, le Surinam envoyant des armes au cartel de Cali, quand celui-ci envoie la cocaïne au Surinam. Ce trafic se fait par les airs, avec des pistes d'atterrissage en pleine forêt amazonienne. C'est un trafic d'Etat, littéralement : le président du Surinam Desi Bouterse a été condamné pour trafic de drogue par le tribunal de la Haye (mais il est aujourd'hui encore le président en exercice....) tandis que son fils est en prison aux Etats-Unis pour la même chose. Le principal opposant politique, Ronnie Brunswijk, a été condamné par contumace pour trafic de drogue... La cocaïne corrompt l'économie du Surinam, et touche l'Europe : 60% de la cocaïne qui arrive au port de Rotterdam, l'un des plus grands centres de distribution d'Europe, provenait du Surinam.

Les deux "opposants"

Les deux "opposants"

Le Suri-cartel étant sous le feux des projecteurs, et, dans le même temps, Saint-Laurent du Maroni ayant un taux de chômage de 60% (85% pour les moins de 25 ans).... la rencontre s'est révélée inévitable.

Si le nombre de mules augmente, c'est aussi que la consommation française de cocaïne augmente. Il y a quinze ans, j'aurais été surpris de rencontrer quelqu'un ayant consommé de la cocaïne dans sa vie. Aujourd'hui, j'en connais plusieurs, et ça ne me surprend plus. La cocaïne est tendance, 1,6% d'usagers en 2017 contre 1,1% en 2014, multiplication des saisies par deux en dix ans, tandis que le nombre d'intoxications a été multiplié par six depuis 2010. Oui, petit rappel, la drogue, c'est de la merde. Pour celui qui en consomme. Pour celui qui la transporte aussi. En février 2017, une mère de famille de 35 ans voyage avec son fils sur la ligne Cayenne-Paris. Elle convulse. Un médecin la prend en charge. Elle meurt par overdose, une des boulettes s'est déchirée dans son ventre. Devant son fils. La drogue c'est aussi de la merde pour les pays producteurs (je ne reviens pas sur les guerres en Colombie et au Mexique, vous connaissez Pablo Escobar et El Chapo).

 

Alors, à Saint-Laurent du Maroni, on fait de la prévention. Dans mon lycée, on rappelle tous les mauvais côtés (risque pour la santé, risque judiciaire). Dans le même temps, j'ai des collègues... qui consomment de la cocaïne en soirée. Des infirmières aussi. Des médecins. En fait, beaucoup de monde. C'est quelque chose que j'ai du mal à comprendre. C'est la première fois que je vois autant de personnes consommer de la cocaïne. Et l'assumer. Ils ont l'impression que les lois ne sont pas les mêmes. On sniffe, on boit. On reprend même le volant. "C'est la Guyane". Ce n'est pas si grave. Quelques grammes, tellement pas cher en plus (10€ le gramme, 3€ au Surinam, quand tu l'achètes 80€ en métropole!).

 

C'est la demande qui crée l'offre. C'est une règle économique, quand il n'y a plus de demande, il n'y a plus d'offre, l'inverse n'étant pas vrai. Quel rôle jouons-nous dans le trafic de drogue ? Dans les guerres colombiennes ? Quel rôle avons-nous lorsque des gamins deviennent des mules ? Quand je dis « nous », je veux dire « les métros », ceux qui arrivent ici, en Guyane, grassement payés, et déterminés à en profiter. Nous sommes les consommateurs principaux. Nous sommes cette narco-city. J'aurai certainement des collègues qui vont lire cet article, j'aurai certainement des copains et copines qui vont se reconnaître. Je vous jette un peu la pierre, j'avoue, et j'assume.

Saint-Laurent du Maroni (3/3), narco-city

[on pourrait bien sûr avoir un gros débat sur ce sujet, évoquer l'échec des politiques répressives menées à tous les niveaux (français ou mondial), se poser la question de la légalisation, etc.]

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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 21:42

J'aime bien quand les gens viennent me voir. Oui, ceci est un message à tous, vous êtes les bienvenu(e)s en Guyane, et vous ne le regretterez pas. Car cette région de France en Amérique du Sud est bien plus que des moustiques, des araignées et de la pluie. C'est même parfois bien son contraire ! Prenez ma sœur et son copain : arrivés pour dix jours, c'est tout juste s'ils ont vu de la pluie ! De la chaleur, du soleil, oui ! Crème solaire obligatoire ! Surtout sur les marais de Kaw.

 

C'était la dernière chose que je voulais absolument faire ici. Une réserve naturelle à l'est de Cayenne, des marais dont on nous avait dit le plus grand bien. Avant cette visite, nous nous arrêtons sur le sentier des coqs de roche. Là, une drôle d'espèce d'oiseaux y vit : les coqs de roche, un oiseau à crête, la femme est marron-noire et le mâle... rouge ! Et quel rouge ! Tellement beau qu'il le sait lui-même, et drague les femelles grâce à son plumage ! Il laisse une plume devant elle pour lui montrer sa belle valeur ! Nous avons de la chance, car nous apercevons une femelle, puis un mâle.

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune
Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

Quelques kilomètres plus loin, c'est le village de Kaw, assez connu par ceux qui regardent la série Guyane (c'est là où a été tournée la saison 1). Pas grand chose à y signaler, atmosphère bizarre, village très peu habité et totalement isolé par l'eau... on pourrait aussi y faire un film d'horreur !

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

Nous sommes dans une pirogue avec une dizaine de personnes. Et c'est parti pour la régalade grâce à notre guide, celui qui arrive à te voir un oiseau à 500 mètres sans jumelles, et à expliquer ce que c'est ! Impressionnant, surtout quand arrive le soir, et que nous recherchons les caïmans !

Le caïman, ce petit crocodile.... enfin, y'en a qui peuvent faire plusieurs mètres. J'ai par exemple eu un gros bébé à un mètre de moi, dans l'eau, et le guide avait beau répéter que c'est inoffensif, j'avoue que je n'étais pas serein. Lui, par contre, il est facile : il descend de la pirogue à pieds nus... et choppe un caïman avec ses mains ! WTF ! Il nous explique alors tout de leur vie, de leur fonctionnement, nous permet de la toucher etc. Sensation étrange, on se sent un peu mal pour le caïman, mais apparemment celui-ci ne semble pas si malheureux, c'est tout juste s'il se débat un peu de temps en temps : il reste parfois posé sur le ventre du guide, tel un bébé.

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

Parmi les autres bestioles, des poules d'eau, ou kien kien, plus jolies qu'à Saint-Omer, des zébus dans l'eau (et quand zébu, zé pu soif... ok, je sors), des petites tortues, et une famille de cabiaïs, le plus gros rongeur du monde ! Le tout dans un décor de moucou moucou, cette plante qu'on voit beaucoup beaucoup dans les marais. Un régal !

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune
Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune
Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune
Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune
Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

Au bagne des annamites, ce fut un régal de saïmiris, du nom de ce petit singe si mignon ! Avec quelques morphos (plus difficiles à capter avec l'objectif)

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

Dans les marais de Yiyi, un martin pêcheur et une poule d'eau bleue, tandis qu'un énorme rapace se pose à quelques mètres de nous.

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune
Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

Dans les îles du Salut, en plus des singes que Max a failli ramener avec lui, des beaux aras verts ou bleus se sont baladés dans les airs.

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

Enfin, et c'est pour finir en beauté, les pondaisons de tortues.... et elles étaient très nombreuses et au rendez-vous ! Bref, un régal.

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

En plus de ça, ils ont eu énormément de chance supplémentaire, car une fusée a été décalée rien que pour eux ! Et comme cette fois on regardait du bon côté (merci la nuit), ce fut un spectacle exceptionnel !

Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune
Sophie pas la guigne : safari sur l'eau et fusée au clair de Lune

[Bon Sophie la guigne est réapparue quand l'avion du retour a été annulé, puis le lendemain a eu deux heures de retard, puis l'alerte attentat au terminal à Paris...mais ça valait le coup!]

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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 14:39

Après Huit Clos (génial) et Les mouches (bien), c'est un retour à mon année de terminale. A l'époque, mes cours de philosophie avaient lieu juste après la cantine. Je somnolais donc régulièrement, même si j'avoue que Monsieur Rosset expliquait plutôt bien chaque idée derrière des lignes qui me semblaient incompréhensibles lorsque j'étais confronté seul à ce livre...

Quelques années plus tard, je voulais voir un peu mon évolution : suis-je capable de le comprendre ? C'est mon troisième Sartre, je pense être prêt.

 

L'existentialisme est un humanisme (1946)

 

Quelques idées que j'ai retenues :

- L'homme est la somme de ses actes (l'existence précède l'essence) : « l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il fait »

- L'homme fait des choix personnels qui représentent l'image qu'il souhaite de l'humanité toute entière : « il n'est pas un acte qui, en créant l'homme que nous voulons être, ne crée en même temps une image de l'homme tel que nous estimons qu'il doit être ». Bon, je ne suis pas toujours d'accord avec cette idée. Le choix qui est bon pour moi n'est pas forcément bon pour un autre, qui devra alors faire un autre choix. Ce que je considère être bon pour l'humanité, quelqu'un considérera peut-être l'inverse. Ai-je tort ? Dois-je changer de choix ? Cela part du principe qu'il existe une seule vérité à l'humanité, et je suis en désaccord avec ce principe, justement par principe. L'idée d'une seule vérité, si elle peut paraître objective, n'en demeure pas moins dangereuse (elle peut établir un rapport de force vis-à-vis de celui qui détient une autre vérité). De ce fait, je ne considère pas, à titre personnel, que mon choix engage l'humanité.

- Si Dieu n'existe pas, l'homme est liberté. Mieux, ou pire : « l'homme est condamné à être libre », c'est à dire qu'il est le seul à choisir ses actes. J'adore cette phrase.

- Les sentiments se construisent par nos actes. Très intéressant cette partie, et sans doute assez proche de la réalité.

- Il se pose deux fois la question de l'engagement, et il en arrive à l'idée que l'existentialisme s'oppose au quiétisme.

 

Un livre qui fait bien tourner la tête, et qui donne envie d'agir, de faire. De ne pas simplement être. Ce n'est pas je pense donc je suis. C'est Je fais, donc je suis. Clairement l'une des idées guidant ma vie au jour le jour.

 

Le mur (1939)

 

Le Mur est un recueil de nouvelles. Suivent la Chambre, Erostrate, Intimité, L'enfance d'un chef.

 

Le Mur est l'histoire d'un prisonnier républicain espagnol qui est condamné à mort. On lui propose alors un arrangement, il dénonce un de ses amis, et il aura peut-être la vie sauve.

La Chambre est l'histoire d'un père de famille essayant de convaincre sa fille de placer son mari, devenu fou.

Erostrate est l'histoire d'un tueur voulant se faire un nom.

Intimité est l'histoire de deux histoires d'amour d'une seule femme.

L'enfance d'un chef est celle de Lucien, futur grand chef fasciste.

 

Première chose : je crois bien que je n'aime pas les nouvelles. On a à peine le temps de s'attacher aux personnages qu'ils nous disent déjà au revoir. Oh, reviens, tu ne m'as pas tout dit ! Alors je me pose la question : choisit-on la nouvelle par manque d'inspiration ?

Le Mur est par exemple une faible copie du dernier jour d'un condamné d'Hugo. Les nouvelles suivantes ne valent pas le coup de s'y attarder. L'enfance d'un chef est plus développé, mais plus linéaire. C'est écrit d'un traite, et ça manque de pause justement. Du coup cette analyse de l'arrivée du fascisme dans la tête du personnage est trop rapide. Dommage, l'idée était intéressante.

Bref, c'est bien le premier Sartre que je n'ai pas savouré. Soit. Allez, direction La Nausée.

 

La Nausée (1938)

 

Antoine Roquentin, jeune homme de 30 ans, habite Bouville, où il fait des recherches pour un livre historique sur un conte du XVIIIème siècle. Il souffre d'une étrange maladie lui faisant avoir des crises d'angoisse. Ses retrouvailles avec son amour de jeunesse Anny sont l'un de ses derniers espoirs dans la vie.

Outch. C'est mauvais. Je veux dire, je n'ai vraiment pas aimé. Déjà, l'histoire et son scénario : rien. Ou si peu. Le livre hésite entre le roman et la philosophie. Quand on essaie de faire les deux, on fait mal les deux. Certains passages sont extrêmement longs et douloureux à lire (l'arbre et ses racines, chacune des crises du personnage en fait). Et j'en suis ressorti avec l'impression d'une belle branlette intellectuelle de son auteur. Dommage, car j'aime jusque là les livres de Sartre. Livre qui a pourtant fait sa renommée, où il évoque l'existentialisme, le néant etc. Un brouillon donc. Et il ne faudrait pas avoir à lire les brouillons.

 

Deux citations :

La passé, c'est un luxe de propriétaire

Sans doute, à son lit de mort, à cette heure où l'on est convenu, depuis Socrate, de prononcer quelques paroles élevées, avait-il dit à sa femme, comme un de mes oncles à la sienne, qui l'avait veillé douze nuits : « toi, Thérèse, je ne te remercie pas, tu n'as fait que ton devoir ». Quand un homme en arrive là, il faut lui tirer son chapeau.

 

Bon, je pense arrêter Sartre pour un moment après cette épreuve. Je ne sais pas si Les Mots ou L'être et le Néant sont faits pour moi de suite !

Les lectures de voyage, Jean-Paul Sartre
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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 14:52

Les grandes villes c'est bien, mais pas trop longtemps. A peine arrivés à Rio que nous la quittons déjà pour nous réfugier dans des montagnes, à une heure de là. Enfin, des montagnes, nous sommes à un peu plus de 800 mètres d'altitude, n'imaginez pas les Alpes !

Petropolis est une ville étonnante. Rien que par son nom, car « la ville de Pierre » rend hommage au deuxième roi du Brésil. Colonie portugaise, le Brésil devient indépendant à cause d'une histoire de famille. Et, comme souvent dans les histoires de famille, c'est un peu compliqué à expliquer. Commençons par Napoléon, qui provoque tout ça. Il envahit le Portugal, ce qui oblige la famille royale à se réfugier dans le Nouveau Monde. Sauf qu'en 1815, alors que Napoléon n'est plus là, ils refusent de repartir au Portugal (c'est qu'ils se sentent bien dans la colonie brésilienne!). Un début de révolution à Porto oblige néanmoins le roi, Jean VI, à repartir en 1821 pour mater tout ça. Son fils, Pierre, reste au Brésil. Un an plus tard, il proclame le Brésil royaume indépendant ! Son père n'est pas tout à fait d'accord, une petite guerre s'en suit. Mais le Brésil restera indépendant depuis 1822. (je vous passe l'épisode de la mort du père qui fait de Pierre Ier le roi du Brésil et du Portugal, mais il se dit que c'est une mauvaise idée, donne le trône du Portugal à sa fille, sauf que son frère vole finalement le trône... quand je vous dis que les histoires de famille sont compliquées!). Bref, toujours est-il que Pierre Ier, roi du Brésil, aime beaucoup le climat de Petropolis, et qu'il décide d'y construire son palais d'été. Il ne le verra pas, puisqu'il abdique pour son fils (Pierre II), qui donnera le nom à la ville !

La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue
La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue

En plus du palais (où la visite est très originale, puisqu'on vous oblige à porter des grosses pantoufles au-dessus de vos chaussures), la ville vaut le coup pour ses drôles de maisons bavaroises (ce fut un haut lieu d'immigration allemande, et pas seulement à partir de 1945 [sic!]). La vue fait d'ailleurs très Alpes Bavaroises. Plusieurs personnalités sont liées à la commune, comme l'écrivain Stefan Zweig (qui s'y est suicidé) et l'aviateur Santos Dumont (l'un des premiers à avoir fait décoller un avion).

La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue
La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue

Notre hôte, Caio, homosexuel revendiqué et fan de Lula, nous permet d'avoir beaucoup de discussions sur le Brésil contemporain, notamment une politique pas toujours facile à suivre.

 

Quelques jours plus tard, changement de décor, avec l'Ilha Grande, située à 3 heures environ de Rio. C'est la plus grande île des alentours et elle est aujourd'hui très connue des touristes, après l'avoir été des criminels : c'était une île pénitencière jusqu'en 1994. De belles randonnées sont possibles dans un désert vert, quand les plongées et le snorkeling permettent d'admirer le désert bleu. Nous avons choisi la seconde option. Un baptême de plongée pour Lucas, les deux autres fish (non, pas des Golden Fish, y'a ptet un Red Fish, mais c'est une longue histoire) ayant l'habitude d'aller sous l'eau.

La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue
La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue
La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue

Pour le coup, j'ai un peu de chance car avec mon masque et mon tuba je me retrouve pour la première fois de ma vie à nager avec une tortue ! (j'avais déjà vu des tortues pondre, naître, mais jamais en action dans l'eau). Le mouvement, cette fluidité des pattes arrières, que c'est beau ! On se régale en plus avec quelques plongeons dont nous avons le secret !

La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue
La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue

Nous finissons notre voyage par un petit football sur la plage au clair de lune. Le Brésil et Rio ne nous ont pas déçus, malgré nos attentes démesurées. Le contexte du carnaval joue sans doute un peu, le reste est à mettre au crédit de paysages incroyables. Allez-y, vous ne serez pas déçus !

La banlieue carioca, Petropolis et Ilha Grande : famille royale et tortue
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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 22:46

Si je vous dis que Rio de Janeiro est l'une des plus belles villes du monde, vous me croyez ?

 

Rio de Janeiro, « rivière de janvier » si on traduit du portugais (ça sonne moins bien!) n'est plus la capitale politique du Brésil depuis 1960 (coucou Brasilia, où je fais mes escales). Ce n'est pas non plus la capitale économique ou démographique, Sao Paulo jouant ce rôle. Mais Rio reste LA ville brésilienne que chacun a envie de voir, de découvrir, d'explorer. La faute à quelques lieux mythiques qui exercent sur l'esprit des images dès que leurs noms sont prononcés : la Corcovado et sa statue du Christ, le Pain de Sucre et la vue sur la baie, Copacabana et toutes les plages, Flamengo ou Botafogo.

 

On ne va pas se mentir, nous n'avons pas fait une visite originale. Dans ce genre de ville, il faut d'abord faire quelques classiques. C'est par les plages que j'ai commencé ma découverte, au cours d'une balade solitaire (enfin, avec mon sac à dos, qui est devenu un bon ami, mais j'ai encore du mal à lui parler en public, paraît que j'ai l'air d'un fou), alors que j'avais manqué mon arrêt de bus (c'est quoi ces bus qui ne s'arrêtent pas!). Me voici à Botafogo, et je dois repartir vers le centre ville. Le soleil est à son zénith, et je peux déjà voir, au loin, me surplombant, le Pain de Sucre et le Christ. Diable, qu'ils sont éloignés ! Je les pensais à côté l'un de l'autre, comme sur le poster dans ma chambre de fac !

Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel

Je longe alors des lieux qui résonnent comme des clubs de foot, après Botafogo, Flamengo, alors que je vois des panneaux de circulation vers Copacabana ! Pas de doute, j'y suis ! Le centre est plutôt riche, les immeubles s'enchaînent, et je rentre dans un petit resto où le buffet est à volonté (pour 6€, pas une mauvaise affaire!).

Rio, exceptionnel

Une fois rejoint par Grégoire, et après une petite noix de coco bien fraîche sur le plage, nous partons vers d'autres cieux (que j'évoquerai prochainement). Sur la route, nous longeons les anciens docks, du côté du quai de Valongo. Cette zone était le lieu du débarquement des esclaves pendant plusieurs siècles. Rio a été LA ville esclavagiste (quasiment 1 million d'esclaves y ont débarqué) dans le pays qui a reçu le plus grand nombre d'Africains. Cette histoire brésilienne, qui ressemble à l'histoire de beaucoup de territoires américains, se ressent dans les peintures murales, exceptionnelles.

Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel

A notre retour, c'est l'Atlantique Sud qui nous accueille, avec la plage de d'Itacoatiara, la plus belle plage de Rio selon notre Couchsurfer carioca. La plage est en fait de l'autre côté de la baie, à Niteroi, qui est aussi le lieu de notre hôtel. Et là, c'est régal de vagues ! Les plus impressionnantes que j'aie vues dans ma vie. Nous faisons de même quelques jours plus tard à Copacabana, avec une plage mythique de 4,5 kilomètres ! Clairement ça ne paraît pas si grand vu d'en bas ! La plage est très aménagée (football, volley, muscu etc.). Attention, les pickpockets ont l'air nombreux (on en a vu!).

Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel

Après Copacabana, le Pain de Sucre ! Que dire ? Y'a du monde, certes ! L'ascension se fait en téléphérique, afin d'escalader les 396 mètres (y'en a aussi qui l'escaladent pour de vrai ! Mais bon, on ne voulait pas trop se faire remarquer...). Quelle vue ! Le nom viendrait soit d'un terme amérindien, soit des blocs de sucre transportés à l'époque (à l'époque les Français appelaient ça le « Pot de Beurre »). En face le Corcovado joue à cache-cache derrière les nuages, tandis que des petits singes sont clairement moins timides.

Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel

Savez-vous que Rio est une ville verte ? Bah moi non plus ! En vérité, c'est celle qui possède la plus grande forêt urbaine du monde (3 200 hectares!), c'est le parc national de Tijuca. Nous souhaitons y faire une « petite randonnée », en fait ce sera l'activité de notre journée ! La cascade Taunay, le lac de la solitude, les singes, et une vue encore.... encore plus incroyable ! Rio de Janeiro, à 360° ! C'est là où on peut comprendre qu'il y a 12 millions d'habitants ! (on les avait presque oubliés dans cette forêt!).

Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel

Enfin, il y a le plus connu. Un brave type, les bras écartés, semblant vouloir faire un câlin à la terre entière, qui se prend la foudre chaque année, car posé sur une colline de 710 mètres de haut, le Corcovado. Inauguré en 1931 cette statue du Christ Rédempteur fait 38 mètres de haut, et a été réalisée par un sculpteur français (Paul Landowski) ! C'est clairement blindé de monde, mais il y a un petit truc en plus qui m'a fasciné. La vue est à nouveau exceptionnelle. Mais quand l'exceptionnel devient la norme, est-ce encore exceptionnel ? Ainsi est Rio, une ville où les collines font son charme, où la baie fascine, où à chaque instant se dégage une vue. Nous l'avons découverte dans une atmosphère endiablée qui rajoute à son charme. Une ville pas comme les autres.

Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel
Rio, exceptionnel

Et maintenant, si je vous dis que Rio de Janeiro est l'une des plus belles villes du monde, vous me croyez ?

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 23:18

Je vous ai déjà évoqué ma Bucket List. Environ 10 fois depuis le début du blog au lycée. Ou 20. Qu'importe, c'est la liste des choses que je souhaite faire avant de mourir. Ne pas avoir de regrets étant l'un de mes leitmotivs dans la vie, cette liste est toujours affichée chez moi, au-dessus de mon bureau, sur ma penderie ou ailleurs, à la mercie de mes déménagements respectifs. J'y jette de temps en temps un coup d'oeil, afin de me rappeller ce qui est finalement très important dans la vie. Elle me sort de ma routine, me pousse à prendre des risques, voir à tout lâcher. Et sur cette liste figurait un lieu mythique, parmi d'autres : Rio de Janeiro.

 

Quand on pense à Rio, on pense à Copacabana, au Pain de Sucre, au Christ les bras en l'air, imitant Pauleta, ou encore au football tiens. Et puis il y a cette folie, une fois par an, le carnaval. Et quoi de mieux que d'avoir les copains d'enfance avec moi, de ceux avec qui j'ai fait le carnaval de Dunkerque chaque année quasiment depuis 2006, de ceux avec qui nous sommes partis à travers l'Europe il y a 10 ans, avec qui j'ai partagé tant de joie et de voyage depuis... oh, depuis longtemps. Et c'est encore plus agréable quand on ne les a pas vu depuis 6 mois !

Le carnaval de Rio

Le carnaval. Comment l'expliquer ? Il y en a deux : le carnaval de rue et le Sambodrome.

 

Commençons par le carnaval de rue, avec ses blocos ! (aucun rapport avec Eperlecques). Le principe est facile, il correspond à ce que certains ont déjà vu dans les ferias, ou à Dunkerque, ou à la braderie, ou dans des festivals : des gens sont rassemblés en ville, il peut y avoir de la musique, il peut y avoir de l'alcool, et il peut y avoir du monde. Beaucoup de monde. Dans certains blocos de la ville, ils sont 100. Dans certains blocos, ils sont 100 000. Nous avons privilégié ceux du centre, et puis après c'était un peu de la chance : on suivait la foule !

Les blocos sont politiquement engagés. Ainsi, nous avons vu tout un concert très à gauche, avec des drapeaux du parti communiste qui flottait, des affiches proclamant “Lula libre” et des slogans hostiles au président Bolsonaro (ça avait quelque chose à voir avec son anus, mais notre portugais ne nous a pas permis de distinguer la nuance !). Ici, les homosexuels s'affichent sans hésitation (je pense que Rio est la ville la plus gaie que j'ai vue).

Le carnaval de Rio

De l'autre côté de la baie, à Niteroi, le carnaval est différent. Ce n'est plus vraiment Rio, et nous voyons tout autre chose : les musiciens arborent ainsi le T-Shirt de Bolsonaro ! Le défilé est tout de suite plus à taille humaine et l'ambiance plus familiale. Ce n'est pas tout à fait le même niveau, même si les chars restent très sympas. Mais il ne faut surtout pas comparer les reines de la danse de Rio et celles de Niteroi ! Des juges sont présents pour noter le show, l'ambiance, les costumes, la musique, l'originalité etc.

Le carnaval de Rio
Le carnaval de Rio
Le carnaval de Rio
Le carnaval de Rio
Le carnaval de Rio

En plus des blocos, il y a le sambodrome. Qu'est-ce qui se cache derrière ce mot bizarre : des tribunes, le long d'une avenue. Littéralement. Le reste de l'année, les voitures circulent devant des gradins vides. Pendant le carnaval, c'est le coeur des écoles de samba. Nous avions entendu plusieurs discours : les “vrais Brésiliens” ne font pas le sambodrome. “C'est cher”. “Ca vaut le coup”. Bon, on était un peu dubitatif, mais nous sommes à Rio une fois dans notre vie, alors on y va. Nous achetons nos tickets auprès des vendeurs de rue (25€ pour les places en face des juges, quasiment les meilleures), quand les guides nous disent que ça vaut deux fois plus chères.... et les filles assises à côté de nous, deux fois moins chères. Bon, qu'importe, car ce qu'on va voir dépasse nos espérances.

 

Le sambodrome est le lieu où défilent les écoles de Samba. Elles sont des centaines à Rio, et seul une infime partie peut prétendre entrer dans ce lieu mythique. C'est une sorte de championnat, avec des divisions, la Série A et l'Elite étant le sommet. Nous sommes en série A (non, il n'y a pas la Juve Olivier), et 6 écoles vont défiler devant nous aujourd'hui. Chacune a 45 minutes devant elle ! On commence à 22h, et ça finit à 5h du matin ! Quand je vous dis que c'est fou !

 

Est-ce que c'est long ? Franchement, non. J'ai adoré. Car au cours des 45 minutes de chaque école, on voit passer des chars gigantesques, surmontés par des danseurs et des danseuses, parfois en très petites tenues (pour le plus grand plaisir de mes copains, moi j'ai à peine regardé). Entre ces chars, c'est une succession de centaines de personnes, avec des costumes très travaillés (et très chers, le routard dit 150€), des musiciens, une chanson qui rentre dans la tête (é Vamoch à Carnaval...), des reines, des portes drapeaux, et tout un show. Chaque école a un thème, ainsi le sport, ou la conquête du Brésil pour les Portugais. A l'intérieur, des sous-thèmes, et chaque char est décoré pour coller au thème. Enfin, c'est la théorie, dans les faits on n'a pas toujours compris ! Les écoles sont jugés sur 10 critères (adéquation avec le thème choisi, l'harmonie musical, la batterie, les costumes, les chars, l'impression d'ensemble etc). Devant les juges, c'est là où ils performent le plus (d'où l'intérêt d'être dans les tribunes 7 ou 9).

[cliquez sur les photos pour les voir en meilleure taille]

Le carnaval de Rio
Le carnaval de Rio
Le carnaval de Rio

A noter que tout le monde peut participer au carnaval, même nous. Pour cela, il faut contacter les écoles de samba quelques semaines avant, réviser avec eux pendant 2-3 semaines, et c'est parti pour les sambodromes ! Fou, non ?

Bon, qu'est que je vais faire pendant les vacances d'avril... ?

 

1- Parc des Princes

Voir les Pyramides

Grimper sur la Tour Eiffel

Visiter Amsterdam

5 - Faire du stop

Tour d’Europe

Istanbul

Voir l’Océan Arctique

Statue de la liberté

10 - Prendre le transsibérien

Marcher sur la Grande Muraille

Colombey-les-Deux-Églises avec l’ami Lucas

Être heureux

Faire un doctorat

15 - Réaliser mon arbre généalogique

Courir un marathon

Regarder l’ensemble des vainqueurs de l’Oscar du meilleur film

Sauter en parachute

Visiter l’Inde

20 – Le carnaval de Rio de Janeiro

Road 66

Traverser le Pacifique en bateau

Marcher en Antarctique

Voir Rome

25 - Aller à Jérusalem tout en ayant lu la Bible

Aller à la Mecque tout en ayant lu le Coran

Avoir des enfants

Voir la politique d’un peu plus près

Observer un volcan en feu

30 - Écrire un livre

Être quadrilingue

Escalader le Kilimandjaro

Faire un pèlerinage

Sauter à l’élastique

35 - Emprunter la route de la soie

Assister à une finale de coupe du monde

Monter l'Alpe d'Huez sur un vélo

Être capable de jouer mon aria préféré de Bach au piano (ouverture n°3 en ré majeur, air on the G string, + Prélude en do majeur)

Réaliser mon autoportrait avec un style de Rembrant ou Courbet

40 - Mettre un pied dans l’ensemble des pays du monde (61/193)

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 23:20

« La Société de Géographie organise régulièrement des déjeuners-débats dans le Salon Pourpre du Sénat auxquels participent entre 50 et 80 personnes. Accepteriez-vous d'être notre invité et de nous parler du Rwanda ? […] L'invité prononce une allocution de 25 à 30 minutes au milieu du repas et répond aux questions des participants à la fin de celui-ci ».

C'est le genre de mail qui me fait sourire, qui me fait plaisir (et pas seulement parce que c'est précédé d'un très officiel « monsieur le professeur »). Ca me questionne aussi. Il fait suite à une série de sollicitations qui concernent mes recherches de thèse : un article pour la société de géographie, un appel de France Culture pour les éclairer, une autre demande d'article pour une autre revue, pour un livre et maintenant ça. Et j'ai une grande chance : je ne fais aucune démarche et on vient me chercher. Et pourtant, comme à chaque demande, je vais répondre par la négative.

 

A quoi sert une thèse ? C'est une question que l'on m'a posée 1 000 fois. Pour avoir soutenu il y a deux ans, j'ai maintenant plusieurs réponses (qui ne sont sans doute pas les mêmes qu'à l'époque).

A titre personnel, j'ai fait la thèse pour moi. Pour mon plaisir. Ca peut paraître fou de faire un travail de 3 ans minimum en le prenant comme un hobby. C'est pourtant le cas, car ma thèse n'avait pas de vrai projet professionnel derrière. Pour beaucoup de mes copains-copines qui ont fait ce travail, il y avait une ambition : travailler dans le monde de la recherche. Pour moi, ce n'était pas le cas. Et clairement, après 4 ans de recherche, ça ne me faisait toujours pas rêver, bien au contraire. Je pourrais insister sur les choses qui ne fonctionnent pas à mon goût dans la recherche française (les moyens dédiés, l'administratif, le rapport au public, etc.) mais, en vérité, c'est surtout que ça ne m'intéresse pas de travailler autant ! Car, être un bon chercheur, c'est être toujours au fait de l'actualité scientifique de son domaine. Etre un bon chercheur, c'est partager ses connaissances via les articles, les livres, les conférences, les cours. Etre un bon chercheur, c'est savoir se vendre, et mettre sa carrière au-dessus de sa vie personnelle quand on veut un poste. Etre un bon chercheur, c'est travailler beaucoup. Trop à mon goût ! (je reste un peu feignant!).

 

Si la thèse ne m'a pas servi à cela, m'a-t-elle néanmoins servi à trouver du travail ? Oui et non. Non, car je n'ai pas besoin d'un doctorat pour enseigner. Ce qui est « officiellement » nécessaire c'est un concours de l'enseignement (CAPES ou Agrégation). Un doctorat ne me donne pas de passe-droit. Dans les faits, les contractuels sont recrutés sans concours, et le fait d'avoir un doctorat (en plus d'un peu d'expérience aujourd'hui) me fera, sans doute, passer avant d'autres possibles contractuels en histoire-géographie (la prime au diplôme en quelque sorte). Ce fut le cas pour ma venue en Guyane, où l'inspecteur m'a dit par téléphone qu'il m'avait appelé en premier/dans les premiers, m'a parlé très vite de ma thèse, et m'a proposé un poste en lycée « à la vue de votre diplôme ».

 

Ma thèse me sert aussi au jour le jour, dans le métier d'enseignant. Etre carré. Organisé. Structuré dans son travail. C'était des choses où je ne pensais pas être totalement mauvais avant la thèse, mais le doctorat fait de nous des toqués : ne pas mélanger les documents sinon on va les perdre, classer ses idées au fur et à mesure pour ne pas être submergé etc. Le doctorat et les conférences apprennent aussi à présenter à l'oral des idées pas toujours faciles à comprendre : c'est un bon exercice d'enseignant. Et puis c'en est fini de la timidité : quand on fait une présentation via le ministère de la défense devant une centaine de personnes dont quelques hauts-gradés, on n'a plus peur d'être devant 28 adolescents ! Le doctorat est une grosse charge de travail (4 ans bon Dieu!), et ça prépare bien aux sacrifices de la première année de l'enseignant (celle où il faut faire tous ses cours!). Enfin, par rapport au métier, le doctorat amène, ou plutôt renforce, un côté perfectionniste.

 

A quoi sert une thèse ? Je pense aussi que ça sert à être regardé bizarrement. Quand les gens apprennent que vous êtes docteur, ils vous regardent un peu interloqués (surtout s'ils vous ont vu trois minutes plus tôt « interpréter » Pour que tu m'aimes encore en karaoké). Etre un docteur, en soirée, c'est être un animal de laboratoire. Les gens vous observent, et se disent : « c'est donc ça, un docteur. C'est bizarre, j'imaginais cela très différent de nous ». Car, être docteur, finalement, ça ne change pas grand chose. Je ne pense pas avoir pris plus la grosse tête qu'auparavant (« tu m'étonnes, vu d'où tu partais... » eh ! Je vous entends commenter cet article!). Et je ne pense pas le crier sur tous les toits dès qu'on me rencontre. Souvent, quand on me pose la question sur mes études, je préfère répondre qu'elles ont été longues, sans insister. A quoi bon ? Ca m'a déjà pris la tête pendant 4 ans !

 

Et si, aujourd'hui, on me proposait de refaire une thèse ? Hum. C'est une expérience de vie, certes. Mais je n'en ferai, je crois, pas deux ! Trop de sacrifices, trop de travail, trop de prise de tête, de charge mentale etc. Je le dis d'ailleurs à ceux que je croise et qui me parlent de leur envie de faire un doctorat : « es-tu bien sûr-e de te rendre compte ? ». Car, deux ans de recul plus tard, c'est là où je me rends compte qu'une thèse est un travail de maso, qu'il faut aimer se faire du mal, et rédiger des lignes et des lignes d'informations glanées au cours des heures, des jours, des semaines, des mois et des années de travail. A quoi sert une thèse ? A me rappeler qu'il ne faut surtout pas trop travailler si je veux être heureux dans la vie !

Le repas des sénateurs : de l'après-thèse
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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 18:28

C'est l'histoire d'un collier. Chaque matin, je le mets autour de mon cou. Et, chaque soir, je le défais. Cela, depuis une bonne quinzaine d'années. C'est devenu un rituel, un réflexe, une habitude. Souvent, quand je quitte un lieu, je touche ce collier, pour vérifier que je ne l'ai pas oublié. Je joue parfois avec. Et je l'embrasse à chaque fois que je suis dans un avion (à mon grand embarras d'ailleurs!). Qu'y-a-t-il aujourd'hui sur celui-ci ? Je vais procéder par ordre chronologique d'acquisition.

Ma religion

Le premier médaillon est un petit ange, pensif, le bras se touchant le menton. C'est l'un de ceux qui pose le plus de questions, car il détonne avec le reste. Il faut voir la face arrière pour bien le comprendre : « Jeremy 15-4-87 ». C'est ma médaille de baptême. Je ne sais même plus moi-même qui me l'a offerte (en même temps, je n'avais que quelques mois, c'est normal que ma mémoire me joue des tours!). Qu'est-ce qu'elle représente pour moi aujourd'hui ? Un rappel, une origine : je suis né dans une famille chrétienne, catholique.

 

 

Le second est une croix. Je pense que beaucoup d'entre-vous connaissent ce symbole de la chrétienté, provenant essentiellement de Jésus cloué sur la croix (quoique la croix soit un symbole plus ancien). C'est pour moi le symbole des catholiques et des protestants.

 

La main de Fatma. Egalement appelée Khamsa, elle se retrouve beaucoup en Afrique du Nord, notamment chez les berbères. C'est un symbole des musulmans, notamment chiites, quoiqu'on puisse aussi la retrouver chez les sunnites, les soufis, mais aussi chez les Juifs (main de Myriam). A titre personnel, je l'ai toujours décrit comme un symbole musulman (j'apprends des choses au fur et à mesure de l'écriture de cet article !)

 

L'étoile de David. Cadeau de mes amis d'université alors que je la cherchais (j'avais déjà les précédentes), elle représente pour moi la religion juive. Ce symbole est pourtant multiple, puisqu'il peut représenter à la fois les 6 jours de la semaine, les 12 tribus d'Israël, mais aussi Brahma chez les Hindous, ou encore le symbole de l'homme et de la femme... Bref, y'en a pour tout le monde !

 

La croix orthodoxe. Souvenir d'un périple à Saint-Pétersbourg, cette croix est une variante orthodoxe de la croix catholique et protestante. La première petite barre horizontale du haut est un rappel de la pancarte affichée par Ponce-Pilate (INRI, Jésus le Nazaréen, le rois des Juifs), tandis que la barre horizontale du bas symbolise le bon larron, à savoir le crucifié qui était à côté de Jésus et qui se repentit de ses pêchés.

 

La yin et le yang. Achat plus tardif, du côté de la Malaisie, il représente pour moi le taoïsme. Le Yin, en noir, évoque le principe féminin, la lune, l'obscurité, la fraîcheur, la réceptivité... Le Yang quant à lui (laissant apparaître le fond blanc), représente entre autres le principe masculin, le soleil, la luminosité, la chaleur... Le Yin représente le fait de recevoir quand le Yang permet de donner. C'est peut-être le signe qui me correspond le mieux, avec son idée de balance, d'équilibre. Ne pas tomber dans l'extrême, d'un côté ou de l'autre.

 

La svastika. Ohoh. Là, j'ai hésité quelque temps avant de l'acheter. Mais, à cette époque là, j'étais en couple avec une Allemande. Et c'est elle qui m'a dit : « ce n'est pas le signe d'Hitler, Hitler l'a volé ». Et nous avons donc décidé de refuser la recel nazi sur un signe très ancien, et très apprécié dans la culture asiatique (je l'ai très souvent rencontré en voyage). Là aussi la signification est multiple : l'éternité, le nirvana, l'esprit de Bouddha pour les différentes cultures bouddhistes, Ganesh chez les Hindous, ou les maîtres dans le jaïnisme. Pour moi, c'est le symbole le plus fort, car il témoigne de l'utilisation des symboles par d'autres, pour le meilleur et pour le pire. De l'autre côté, au revers de cette médaille, il y a aussi un portrait de Bouddha, ce qui me permettra le jour où je serai arrêté par la police, de justifier mon médaillon et de ne pas finir en prison pour apologie du troisième Reich !

 

Au final, à quoi ça sert tout ça ? A lancer une conversation sur la religion à chaque fois que quelqu'un me demande ce que ça représente, à coup sûr ! Mais aussi de me rappeler à moi-même qu'il faut respecter les croyances des autres. J'ai un peu tendance depuis quelques années à tourner vers l'anti-religion, au point d'avoir réfléchi à me faire débaptiser (j'en reparlerai un jour). Les religions, je crois souvent, sont plus la cause de problèmes terrestres que de réussites pour la paix. Une mauvaise utilisation en est faite, ce qui me met tout colère. De là à vouloir interdire toutes les religions, il y a un pas que je ne franchirai pas, grâce à ce collier. Celui-ci me servira aussi, un jour, peut-être, alors que j'arriverai devant le bon Dieu : « regarde mec, je les ai toutes, sûr qu'il y a la bonne dedans ! ».

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