13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 20:38

Je crois que c'est au printemps 2018 que ça m'a pris. Quoique non, c'est peut-être plus ancien, lors des voyages notamment. Je n'avais pas envie d'écrire. Je n'avais plus l'envie. Et, pourtant, je me sentais obligé de le faire. Pourquoi ce sentiment ? C'est que je n'écris plus seulement pour moi, comme c'était le cas au début sur Skyblog. J'écris aussi pour quelqu'un, via ce blog. Et, en voyage, j'avais l'impression de devoir écrire pour mon blog. D'y être contraint. C'est revenu en Bolivie cet été, un peu en Colombie en automne. Et, à plusieurs reprises, je me suis dit : n'est-ce pas là le temps d'arrêter ?

 

Ca fait 15 ans que j'ai un blog. La moitié de ma vie. Oh, j'en ai écrit des choses depuis ! Du PSG à mes groupes de rap préférés, les photos des soirées de ma jeunesse, la fac et Erasmus, les voyages, l'amour... Et pourtant j'ai parfois l'impression de ne pas vraiment écrire. Je ne sais pas si c'est le format qui me gêne, ou l'image qu'on en a encore aujourd'hui. C'est un blog, juste un blog ! On est loin d'un livre. Et à de (très) nombreuses reprises je me suis demandé si je n'avais pas envie d'écrire autre chose, plus long, plus intense, en mettant tout ce que j'ai. On me l'a demandé aussi, parfois. Et, au fond de moi, j'en rêve sans doute un peu. Mais je n'ai pas encore trouvé le courage pour le faire. Ou la motivation. Ou même le sujet. C'est que je suis handicapé : je ne sais qu'écrire sur moi, sur ce que je ressens, sur ce que je vis. Un putain d'égocentrique ! Je ne vais tout de même pas commencer par mes mémoires !

 

C'est que le format du blog me correspond finalement assez bien : je peux partir dans tous les sens. Présenter un épisode un peu fou de ma vie en Guyane, discuter d'un groupe de musique, écrire sur l'amour et mes échecs sentimentaux répétés etc. Certes, je me censure du fait du partage, notamment sur Facebook. Sans cela, j'irais sans doute plus loin. Beaucoup plus loin. Oui, je vais parfois loin, comme sur Pondichéry.... Mais, en vérité, il y a beaucoup de choses que je n'ai pas encore formulées. Que je n'ai pas osé écrire. Prenez les dernières années de ma vie : après Alba, j'aurais pu écrire à 100 reprises que j'avais l'impression d'être le plus malheureux et misérable des hommes. Mais je ne le voulais pas, vis-à-vis d'elle, pour ne pas l'embarrasser, vis-à-vis de vous, pour ne pas avoir le sentiment de me plaindre tout le temps, vis-à-vis de moi, pour ma fierté et mon ego démesuré. Ou alors je l'écrivais avec tellement de codes que moi-même je n'arrivais plus à le comprendre. Le pire dans tout ça, c'est que je pourrais écrire bien plus sur moi encore (l'égocentrique, le retour!), faire un introspection continue et répétée de mes sentiments, de ma confiance en moi (ou pas), de mes envies et projets souvent inaboutis. D'ailleurs, est-ce que je vais publier cet article ? Il n'intéresse que moi, c'est encore l'un de mes questionnements. A quoi bon le partager ?

 

Et c'est justement la vraie question. A quoi bon partager tout ça, avec vous ? Parce qu'écrire me sert, au jour le jour. J'écris pour exprimer ce que je suis incapable de dire. Ca provient sans doute de ma vieille timidité, et l'écriture a toujours été pour moi un médicament efficace. Le partage, via le blog et facebook, c'est différent, ce n'est pas une obligation. Arrêter d'écrire, ça me semble encore inconcevable. Arrêter de bloguer ça paraît plus cohérent. Alors, pourquoi partager ? Hum. Pour vous. Et pour moi, à nouveau (l'égocentrique, tome 3). Sans ce blog, comment je pourrais vous donner de mes nouvelles ? Par le téléphone, oui. Encore faut-il que je vous appelle de temps en temps (et que vous décrochiez!). Ou alors je devrais commencer à répondre à mes SMS ! Horreur ! Sans cela, étant de l'autre côté de l'Atlantique, on se reverrait une fois par an. Ah, ça, on en aurait des choses à se dire ! Tellement qu'on en oublierait les trois-quarts ! Et, peu à peu, on s'éloignerait. En fait, ce blog sert à vous garder proches de moi. C'est con à dire, c'est con à écrire, mais sans ce blog, je pense que j'aurais perdu des potes. Peut-être pas les meilleur-e-s. Mais disons tout un groupe de personnes que je ne croise pas souvent, que je n'ai pas souvent au téléphone, mais avec qui je partage des choses via ce blog, et via vos commentaires. Parfois, certains vont m'écrire après un article, directement, pour me raconter quelque chose sur le sujet. On vient aux nouvelles en lisant ma rupture, on m'écrit pour me dire qu'on est dans la même situation, on m'explique qu'on va visiter un pays d'où je reviens en demandant des tuyaux supplémentaires. Sans ce blog, je pense que ma vie sociale avec le 62 et le 59 (allez je vous inclus aussi!) serait réduite au minimum. Voilà à quoi sert ce blog. Et ça me donne le sourire quand je lis un de vos messages, un de vos commentaires. Je réponds rarement, car je suis un flemmard de première, mais vraiment je kiffe ça. Allez, je vous aime, et c'est pour ça que je vais continuer. Et même le publier tiens !

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 18:27

Manifester est un droit. Comme celui de se mettre en grève. Avec mon coloc Tim, nous avons décidé ce mardi de suivre l'appel national à une mobilisation. Les suppressions de postes alors que nous avons plus d'élèves, c'est vraiment quelque chose qui nous paraît illogique. Ainsi, à 10h, nous avons rejoint le cortège. Et, pendant ce temps-là, quelqu'un arrivait chez nous...

 

Il est midi. Nous ne sommes même pas garés chez nous que les enfants des voisins se précipitent sur la voiture : « il y avait un voleur ! il y avait un voleur ». Tim, souriant, réplique quelque chose du genre : « vous l'avez fait fuir, j'espère ». On ne se rend pas compte dans les premières secondes, mais c'est que c'est sérieux ! Ils nous amènent vers notre porte arrière, que nous retrouvons ouverte. J'entre dans le salon. Mon premier regard est jeté sur le moteur du bateau que nous conservons chez nous. Il n'est plus là. Aïe. Tim a perdu le sourire arrivé dans sa chambre « oh la la mon ordi, oh la la ils ont tout pris ». De mon côté, je me dirige vers ma chambre. Fermée à clef. Comme toujours. J'ai un vieux TOC depuis que je suis arrivé, à écouter des histoires de cambriolages à droite à gauche. La chambre de Zoé a été retournée. Les deux autres ont eu du passage aussi, mais on ne se rend pas compte tout de suite. Car l'important, c'est l'action !

 

Les enfants nous font comprendre que c'est très récent, et qu'ils ont vu le voleur partir dans la forêt. Ni une, ni deux, on court avec Tim, chacun d'un côté des arbres. Un type avec un moteur de bateau 30 chevaux sur l'épaule, ça ne doit pas aller très vite, ni très loin. Surtout, ça ne doit pas passer inaperçu ! Je fais tout un tour. Tim aussi. Rien. J'ai juste le temps d'apercevoir une voiture de gendarmerie qui vient sur la piste derrière chez moi : je bondis dans la forêt, et je hèle « arrêtez-vous ! ». J'explique notre histoire. Ils reviendront vite et ouvrent l’œil. Chou-blanc donc.

 

Nous rentrons vers la maison. Les gendarmes débarquent. Nous observons un peu plus les dégâts. Merde, comment est-il rentré ? Les gendarmes observent la porte : « il n'y a pas eu d'effraction ». Tim pense secrètement qu'il n'a pas bien fermé la porte arrière, et s'en veut. Ca peut arriver à tout le monde. On est surpris de voir les ordinateurs de nos deux colocataires toujours là. Clairement, il a du faire vite. On fait le point sur ce qu'il manque, on voit une machette sortie de son étui (heureusement qu'on ne s'est pas retrouvé face à lui !). A ce moment-là, les voisins nous appellent. Une femme a vu quelque chose. On ne sait pas trop quoi, mais on se met à courir dans le quartier !

 

Quelques maisons plus loin, la dame nous montre... un moteur de bateau ! « Ce n'est pas le mien » qu'elle dit. Ca tombe bien, car ça ressemble au nôtre ! Il est au sol, à moitié recouvert. La cavalerie est avec nous, on trouve un blouson sur place qui doit appartenir au cambrioleur. Parfait pour les analyses ADN ! Les experts Guyane, c'est parti ! Nous poursuivons notre enquête. Une grande valise qui nous appartient est retrouvée dans la seconde maison, qui a été forcée. A l'intérieur, du matériel hi-fi, des outils etc. Toujours pas d'ordi, mais la grosse enceinte est aussi de retour (on n'avait même pas vu qu'elle avait été empruntée ! ). La dame est interrogée, elle était avec notre voisin à ce moment-là, et elle soupçonne l'ex-copain de sa sœur. On y reviendra.

 

Il manque toujours deux ordinateurs, un disque dur, un casque, une montre, quelques bijoux sans trop de valeur hormis sentimentale (mais n'est-ce pas là la vraie valeur des choses) etc. Ca fait chier. Les gendarmes finissent leur travail, prennent nos coordonnées, expliquent les démarches pour porter plainte... Les enfants des voisins expliquent ce qu'ils ont vu, un garçon, grand, 30 ans peut-être, avec une casquette sur la tête. La petite de 5 ans me raconte qu'elle lui a jeté des cailloux... ^^ Les gendarmes repartent. De mon côté, je repars dans la forêt, à la recherche d'éventuels indices. Je croise les voisins du lieu où on a retrouvé le moteur, le monsieur se plaint des voleurs. Je repars vers ma maison, je croise une voiture.

 

Une minute plus tard, les gens du quartier me font signe, et me désignent la voiture. Je cours. Je dis à Tim de me rejoindre. La voiture roule dans ma direction. Je suis au milieu du chemin. Je la fais s'arrêter. Nous nous faisons face. Tin tin tin tin tin, tin tin tin (c'est une imitation d'une musique d'un western de Sergio Leone, en mode duel!). Dans la voiture, deux hommes à l'avant. Ils m'observent. Je m'avance vers le conducteur, sans trop savoir ce que je fais, ni ce que je vais dire. « Bonjour messieurs ». « Bonjour ». Le passager a une casquette sur la tête. Plutôt costaud, du genre à pouvoir porter un moteur sur son dos. Bon, j'ai dit bonjour, qu'est-ce que je peux dire ensuite... « vous n'avez rien vu de bizarre dans le quartier ? ». « Non non ». Tim est là maintenant, mais la situation est la même : je ne suis pas un gendarme. Je voudrais bien fouiller la voiture, faire descendre les passagers, les questionner avec une lumière dans les yeux en mode « nous avons les moyens de vous faire parler ! », mais ce n'est pas possible. Et sans doute pas une bonne idée, étant donné que l'un des deux peut très bien avoir une machette ou autre chose sous son siège ! Je leur souhaite une « bonne journée ». Et je note la plaque.

 

Etait-ce eux ? Possible. Certainement même, car la voiture s'est arrêtée au niveau de la maison où le moteur de bateau était entreposé, ils sont descendus, et ils sont repartis aussi vite quand ils n'ont rien vu. Qu'est-ce que je peux prouver avec ça ? Pas grand chose. Nous en parlons aux gendarmes par téléphone, on leur donne le numéro de la plaque et l'adresse du monsieur que nous soupçonnons (car Saint-Laurent du Maroni est un grand village, tout le monde connaît tout le monde). Il faudrait avoir l'ADN... qui va être envoyé en métropole... bref, faudra pas être pressé ! En rentrant à la maison, Tim a finalement découvert par où il est rentré : une fenêtre de la cuisine a été forcée, elle est cassée. Du coup, pas besoin de s'en vouloir ! (et puis à quoi bon de toute façon).

 

Notre mardi est consacré aux conséquences du cambriolage : réparation de la fenêtre, dépôt de plainte, etc. Certains osent parfois comparer cet événement à un viol. Non, vraiment pas. Ca fait chier, il y a des pertes matérielles, sentimentales, mais ce n'est pas la même chose. Car, au commissariat, un gendarme arrivait pour une histoire glauque : deux mineurs violés. En comparaison, nous, tout va bien. On a juste une histoire de plus à raconter.

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 11:53

Je sors de chez moi. Je traverse un petit morceau de forêt. Et me voici, trente secondes plus tard, dans un bidonville français.

Saint-Laurent du Maroni (2/3) : Un bidonville français

« On ne lance pas de fusée sur fond de bidonville ». En 1985, Mitterrand semblait découvrir, effaré, la situation sociale et sanitaire dans la ville de Kourou, lieu de prestige pour la France et l'Europe de par son programme spatial. Où en sommes-nous aujourd'hui, à 200 kilomètres de là, dans une ville française, ma ville, Saint-Laurent du Maroni ?

 

Les chiffres sont catastrophiques. L'INSEE me donne les chiffres de 2015 : 60% de chômage, 85% chez les moins de 25 ans ! Pourtant, il suffirait de traverser la rue... hum. Ca devrait être le branle-bas de combat, tout le monde sur le pont, les politiques mobilisés... enfin, ça devrait. Difficile dans ces conditions de motiver tous les élèves quant à leur avenir. J'essaie de rester honnête, de leur expliquer qu'avec un bac, ils ont toujours plus de chances de trouver un travail, que ce soit ici... ou plutôt ailleurs. Partir, rejoindre Cayenne, et surtout la métropole. Est-ce la seule solution ? Presque, car il reste la fonction publique (administration, santé, éducation), qui fournit 60% des emplois de la ville. Pour le reste ? Seulement 3 000 emplois, pour une ville qui comptait 44 000 habitants en 2015.

 

Si les chiffres sont alarmants, c'est que 56% de la population a moins de 20 ans ! Le taux de fécondité ? Plus de 5 enfants par femme ! Le plus élevé de toute l'Amérique du Sud (et hormis quelques pays africains, l'un des plus élevés du monde). Tous les enfants ne sont pas scolarisés (2%). Et, si la courbe continue ainsi, c'est 130 000 habitants qui peupleront la ville dans 10 ans. Comment est-ce possible ? C'est que Saint-Laurent du Maroni a une histoire particulière. La petite bourgade de 5 000 habitants en 1975 a vu sa population multipliée par 9 en 40 ans, conséquence des mouvements de population avec la guerre civile du Surinam (1986-1992). Près de 10 000 personnes se sont installées, et beaucoup ont choisi de rester. Ainsi, 38,5% de la population de SLM ne possède pas la nationalité française en 2015. Elle vient essentiellement du Surinam et d'Haïti, avec un peu de Brésil.

 

Derrière chez moi, c'est justement le « quartier haïtien ». Enfin, ce n'est pas comme ça que ses habitants l'appellent, on a entendu le terme « Sabla », ou « Chez bibi ». Nous autres, métropolitains, on appelle ça quartier haïtien. Qu'importe la terminologie, c'est un quartier qu'on ne peut pas manquer aujourd'hui, notamment avec son mur de boîtes aux lettres à son entrée. Il y a quinze ans, pourtant, ce quartier n'existait pas. Aujourd'hui, il y a des centaines de maisons. Se balader derrière chez moi, c'est entrer dans une plantation de tôles. Vous les connaissez, ces fameuses tôles ondulées, que l'on retrouve partout, sur les toits des hangars, dans les bidonvilles africains, et ici. Que se cache-t-il derrière ? A première vue, je voyais ça comme un immense bidonville, ressemblant à ceux que j'avais vus à Nairobi ou Bujumbura (en moins gros quand même, faut pas abuser). Dans les faits, derrière les tôles se cachent souvent... des vraies maisons. En dur. Et qui ont l'air plutôt jolies et bien faites en plus. En tout cas, c'est la sensation que j'ai eue. Mais l'apparence extérieure trompe parfois sur l'intérieur (ça marche aussi avec les humains!). Les chiffres sont clairs : 23% des logements de SLM n'ont pas l'électricité. 39% n'ont pas les WC et la douche à l'intérieur. L'INSEE appelle ces logements des « cases traditionnelles ». Jolie terminologie politiquement correcte. Dans les faits, ces cases traditionnelles ont doublé entre 2010 et 2015 (comme quoi, ce n'est pas une vieille tradition!). Et ainsi il existe aussi ici des bidonvilles.

Saint-Laurent du Maroni (2/3) : Un bidonville français
Saint-Laurent du Maroni (2/3) : Un bidonville français
Saint-Laurent du Maroni (2/3) : Un bidonville français
Saint-Laurent du Maroni (2/3) : Un bidonville français

Ce n'est pas le seul quartier. Colombie. En plus d'être un pays que j'ai visité il y a quelques mois, c'est aussi le nom d'un nouveau quartier dans la ville. Même chose que pour le quartier haïtien, ça n'existait pas il y a quinze ans, les gens se sont installés, ont construit des maisons, se sont raccordés d'une façon ou d'une autre à l'électricité. Les fils courent, tandis que les chemins sont gorgés d'eau. Le risque est là, et un incendie ou une électrocution ne sont pas loin.

Pour la mairie, pour l'Etat français, la situation est cornélienne : est-ce que l'on détruit ces habitations non-autorisées, non-déclarées ? Alors il faut reloger les habitants. Où ? Et on revient au point de départ : l'absence de logement en ville. Nous-autres, de métropole, on se plaint parfois de la difficulté de trouver un logement. Pourtant, avec nos salaires rondelets, ça reste assez facile (enfin, on est juste difficile). C'est une autre histoire quand vous arrivez d'un autre pays, ou que vous voulez bouger de chez vos parents à 23 ans, alors que vous êtes toujours sans-emploi.

 

L'espoir ? Il paraît que ça fait vivre. Oui, la jeunesse de cette ville est belle, oui, elle pourrait faire de grandes choses. Mais avec quels moyens ? L'avenir est sombre, et ça finira par péter, ça ne peut pas en être autrement. Quand je vois mes élèves sortir du quartier haïtien après avoir traversé des flaques qui ressemblent à des mares, rouler dans la latérite rouge parce que le goudron n'existe pas là-bas, ou quand j'observe un homme transporter des bidons sur sa tête pour aller chercher de l'eau à la crique, en FRANCE, dans un pays où des gens n'ont donc pas encore accès à l'eau potable, ça me révolte. Eux-aussi se révolteront, ce n'est qu'une question de temps.

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29 janvier 2019 2 29 /01 /janvier /2019 18:09

Le rap français a connu, pour moi, une période dorée : la décennie 1990. Oui, la décennie des Boys Band et de Larusso. Car, quand on observe le rap, c'est IAM et la FF, le Ministère Amer et NTM. C'est encore aujourd'hui ma base d'écoute quand je veux entendre du rap, ça a très bien vieilli, et les thématiques sont toujours d'actualité. Dans les années 1990, il y avait aussi d'autres groupes comme Lunatic (Booba) ou le collectif Mafia K'1 Fry (113, Rhoff, Ideal J), dont beaucoup avaient les produits dérivés (ah, ce T-Shirt avec le continent africain). Booba et Rhoff ont depuis continué leur carrière solo, et j'avoue que c'est moins ma came. Par contre, il y en a un qui est toujours là, et toujours bon depuis Ideal J : Kery James. Je l'ai redécouvert grâce à ce son.

Lettre à la République. Woh, dans la décennie 2010, il reste donc du très bon rap français, engagé, conscient comme ils disent ! Dénonciateur de la politique, notamment post-coloniale, de la France, Kery James était déjà dans mon estime depuis longtemps.

Deux issues. Je suis en quatrième, Art de Rue est au sommet et dans mon cœur, et voilà que débarque le premier album solo de Kery James, « Si c'était à refaire ». Deux sons sortent souvent sur Skyrock, Deux issues et Y'a pas d'couleur. Deux textes très pacifistes, qui remettent en question les normes du rap à ce moment-là, plus revendicatif. Car les deux issues, si t'es un criminel, c'est la mort, ou la prison. On est loin des filles à poil autour de la piscine.

Kery James est musulman. Sa conversion et son interprétation de l'islam sont loin de lancer des polémiques : il représente la majorité silencieuse, celle qui a tout autant peur des extrémistes que du racisme. « Ma vérité », son deuxième album, repose notamment sur un engagement pour la paix (contre la guerre en Irak). C'est un échec commercial. Il faut attendre 2008, avec « A l'ombre du show business » pour le revoir au devant de l'affiche. Des duos un peu improbables (un peu pour Grand Corps Malade, improbable pour Charles Aznavour!), et un son Banlieusards. Une autre vision des banlieues, pas condamnées à l'échec, 3 ans après les soulèvements. « J'veux pas brûler des voitures, j'veux en construire puis en vendre ».

Après le quatrième album « Réel », il fait une pause, repart sur ses traces haïtiennes. Le séisme de 2010 le pousse à s'investir, il crée Espoir pour Haïti, et écrit la chanson « Désolé ». Un tout autre style, pour le même message.

Il revient avec Dernier MC, dont Lettre à la République est clairement au dessus, avec Constat Amer. Là, c'est une critique constructive des banlieues, et du comportement de ses habitants, notamment en temps de révolte.

Avec Racailles, l'album Mouhammad Alix prend à parti les politiciens, les vraies racailles, coupables de corruption, de vol etc... Un son qui pourrait être très à la mode avec les gilets jaunes (« les keufs tirent au flash-ball, tu peux y perdre un oeil »). Excellent.

Son dernier album, sorti en novembre, s'intitule j'rap encore. Je m'en vais l'écouter de ce pas ! Et vive le rap indépendant !

Non, le rap français n'est pas mort dans les années 1990 : Kery James
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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 13:35

Ai-je vraiment changé ? Le continent change, mais l'esprit reste.

Idée 2009- Idée 2019

10 years challenge
10 years challenge

Et je n'oublierai pas de jouer au foot en Antarctique et d'aller admirer l'île de Paques. On n'a qu'une vie.

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 00:26

Il y a de nombreuses années, au cours de mon été d'après-brevet (ah, ça fait 17 ans...), sur France 2, je voyais la bande annonce d'une série : Frères d'Armes. A l'époque, je passais peu de temps devant la télévision (ah, Football Manager...), et j'étais passé à côté. Tout comme The Pacific, quoique ce soit plus récent (2011). Aujourd'hui, je suis devenu prof d'histoire, et j'enseigne notamment les deux guerres mondiales. Sans aucun doute parmi les cours qui intéressent le plus les élèves. Alors pourquoi ne pas jeter un œil à deux séries comportant une seule saison (y'en a marre des séries qui n'en finissent plus!), et produites par Steven Spielberg et Tom Hanks !

Frères d'Armes – The Pacific

La série retrace le parcours des soldats de la Easy Company, depuis leur entraînement très intense, jusqu'à leur parachutage manqué sur la France, leur avancée en Normandie, la prise d'Eindhoven, les Ardennes, la libération d'un camp et la prise du nid d'aigle d'Hitler.

Le premier épisode met dans le bain, avec un air de Full Metal Jacket (le méchant instructeur). Les épisodes 3 et 4 sont sanglants. Dans le 6 et le 7, les scènes de bombardement impressionnent. Mais c'est surtout l'épisode 9 que je trouve bouleversant, et qui vaut à lui seul de regarder la série. C'est une découverte dans la forêt, une surprise, une raison de se battre.

La série permet de s'attacher aux personnages que l'on suit dans leur avancée en Europe de l'Ouest. Je connaissais forcément un peu le débarquement, un peu moins la guerre aux Pays-Bas. Les paroles des vétérans à la fin du dernier épisode permettent de se souvenir que tout ceci n'est pas qu'une série...

Frères d'Armes – The Pacific

Quelques acteurs bien connus aujourd'hui explosent grâce à la série, comme Damian Lewis (le soldat de retour dans Homeland) ou Neal McDonough (le méchant de Arrow). Golden Globe et Emmy Award de la meilleure mini-série.

Frères d'Armes – The Pacific

3 soldats dans la guerre du Pacifique, avec des conditions de vie et des combats différents du front Atlantique.

La série est peut-être plus complète que Frères d'Armes, car elle aborde d'autres aspects que la guerre. Les permissions dans l'épisode 3, qui a lieu presque totalement à Melbourne. Le rôle de la propagande est illustré par le héros de Guadalcanal Basilone. Il y a les infirmiers et infirmières, la violence gratuite et le rôle des civils, et aussi le retour difficile après la guerre (épisode 10). Pourtant, il m'a manqué un petit quelque chose pour égaler Frères d'Armes, peut-être le suivi plus précis d'une compagnie. Ce n'est pas tant la faute du scénario que de celui de la guerre du Pacifique, que je connais moins, et qui passe d'île en île. La claque de l'épisode 9 de Frères d'Armes n'existe pas.

Frères d'Armes – The Pacific

Du côté des acteurs Rami Malek explose, c'est aujourd'hui le Freddie Mercury de Bohemian Rhapsody (également Mr Robot !) ou encore Joseph Mazzello (le bassiste de Queen, toujours dans Bohemian Rhapsody!). Emmy Award de la meilleure mini-série.

 

Allez, j'enchaîne avec du français : Au Service de la France et Guyane !

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 14:21

Les moustiques et les araignées. Quand tu arrives en Guyane, tu penses débarquer dans un endroit vert, humide, et avec plein d'animaux que tu n'avais pas vraiment envie de rencontrer. Alors oui, il y a des moustiques. Mais beaucoup moins que ce que j'imaginais. Oui, il y a des araignées. Mais peut-être moins que chez moi dans le Nord ! Certes, quand tu en rencontres une, notamment dans la forêt, tu te dis parfois « woh woh woh ! ». Les matoutous et les theraphosas, des beaux bébés !

Animaux de Guyane

Mais il y a aussi beaucoup d'autres animaux. Petit florilège animalier (pas de poissons, car le Maroni tire son nom de sa couleur!) :

Animaux de Guyane

Le petit jaune. Non, ce n'est pas de l'alcool ! Je pense que c'est le premier que j'ai vu : un kikiwi. Ils sont partout, dans mon jardin, ils se posent sur les fils électriques et bercent mes siestes. C'est mieux qu'un pigeon.

Animaux de Guyane

Les escargots. Des monstres ! Ils sont énormes, mais vraiment énormes, et ils bouffent tout ! Une carte du monde sur le mur, un papier qui traîne, et ils attaquent directement le compost ! Ils sont nombreux, peut-être trop (on m'a dit que c'était une espèce invasive, j'ignore si c'est vrai). A noter qu'une course d'escargots a été organisée chez nous, avec quatre participants. Le gagnant ? Le seul qui a franchi la ligne, les autres ayant décidé de partir à côté du circuit, ou en marche arrière !

Animaux de Guyane

Eux, c'est un petit bruit du soir. Pas désagréable, car ils ne sont pas très nombreux. Ou nombreuses ? Car j'avoue qu'entre les grenouilles et les crapauds, je confonds ! Là, c'est un beau spécimen juste à côté de la terrasse. Nous avons aussi une petite grenouille dans notre évier depuis plusieurs mois !

Animaux de Guyane

Je n'étais pas là. J'ai donc manqué ce cri ! Tim, face à un scorpion ! On pensait l'animal mort, au milieu de notre cuisine. Et puis, alors que mon coloc approche son téléphone pour la photo... le scorpion bouge ! Là, c'est un scorpion dangereux, à savoir qu'une piqûre vous emmène à l'hosto...

Animaux de Guyane

En parlant de vous emmener à l'hôpital, les serpents existent en Guyane, et ils peuvent être dangereux (le grage à carreaux a une sacrée réputation, je n'en ai pas encore rencontré). A Saint-Laurent du Maroni, ils sont présents dans les fossés, et aussi dès que tu mets un pied dans la forêt des Malgaches, à 200 mètres de chez moi. Pour le coup, j'ai simplement vu des serpents morts jusqu'à présent. Pas de peur donc !

Animaux de Guyane

Ils sont très nombreux : les lézards et les iguanes. Les premiers sont très sympas, car ils mangent les insectes, notamment les moustiques (j'aime les voir sur le plafond de ma chambre!). Les seconds, bien plus gros, ont une drôle d'allure !

Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane

Nos cousins les singes sont nombreux. De l'atèle que j'ai croisé à Maripasoula aux capucins qui viennent en groupe me saluer quand je prends le petit-déjeuner, ils sont en plus... un repas traditionnel ici (le choc quand j'ai vu mon voisin en cuire un au barbecue!). Je ne sais pas trop si c'est légal, mais je sais que ça ne me donne pas envie ! C'est mon cousin merde !

Pour finir avec mes photos (et celles de Tim, qui est devenu un grand fan et spécialiste reconnu!), les papillons. Ah, les papillons. Ici, c'est fantastique. Peut-être ce que je préfère, car il y a beaucoup de variétés, dans les couleurs, dans les formes... Il n'y a pas le plus connu, le morpho, bleu, magnifique, mais pas toujours facile à prendre dans l'objectif.

Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane

Et puis il y a tous ces animaux que je n'ai pas pris en photo, parce que passés trop vite (un jaguarondi à Maripasoula, les colibris (mais je me suis rattrapé en Colombie)), parce que trop loin (les ibis rouges), parce que je respecte certaines règles (les tortues vertes et les tortues luth, de nuit, alors que celles-ci pondaient), parce qu'ils étaient en cage (des aras, les beaux perroquets, ainsi que les picolettes) parce qu'ils sont plus classiques (les mouches, les cafards, les scarabées, les aigrettes et les fourmis! Quoique certaines ici piquent sacrément!), parce que je n'avais l'appareil ce jour là (un paresseux) parce qu'ils m'ont attaqué (un tatou!), ou alors que j'ai pris en photo, mais que je ne retrouve plus (les agoutis!). Petit florilège grâce à ceux qui ont eu l'appareil au bon moment, au bon endroit (c'est ça la photo animalière : le timing!).

Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane
Animaux de Guyane

La Guyane réserve encore son lot de découvertes. A Kaw, je risque de tomber sur des caïmans (sortes de crocodiles), j'ai déjà entendu sans les voir des singes hurleurs, et je rêve de croiser un toucan. A suivre donc !

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 15:30

Depuis la Guyane, ça paraît un peu fou. Enfin, non, pas si fou que ça. Disons animé. Car ici, ça ne prend pas. Ils ont essayé, à Cayenne, et très très légèrement à Saint-Laurent du Maroni. Mais non, décidément, nous sommes dans une bulle. Pas de gilets jaunes.

En métropole cela fait maintenant 9 semaines. 9 semaines de manifestations, de mobilisations, et parfois de blocages. On ne peut pas le nier, ce mouvement est extraordinaire. Cela faisait de nombreuses années, depuis le CPE en 2006 (ah, ma première année de fac...) qu'aucun grand mouvement sociétal ne s'en prenait au gouvernement en place sur une longue durée, et avec du succès (quoi, le mariage pour tous ? Bon, passons!).

 

Derrière beaucoup de Français se cache un révolutionnaire en puissance. L'éducation, sans aucun doute, avec notre histoire faite de grands renversements, de 1789 à 1830, de 1848 à 1870. L'année dernière, pour les 50 ans de mai 68, certains espéraient que ça reprenne. Il n'y a eu que quelques mois de retard. Et je n'étais pas tant surpris quand j'ai vu les sondages (what ??! je regarde et je me fie au sondage!?) annonçant que ce mouvement était soutenu par une majorité des Français (80% au départ tout de même!). Qu'il y ait des gens qui souhaitent tout casser pour tout reconstruire, ça peut paraître fou à un étranger. Quand on est français, ça choque un peu moins. Certains croient au « grand soir », à la révolution. Pour le coup, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, parce que derrière la plupart des révolutions se sont cachés des régimes dictatoriaux (coucou Napoléon, coucou Napoléon III, coucou le parti unique en URSS et à Cuba) ou des bains de sang (la Commune). Moi, je n'aime pas le sang, et je n'aime pas non plus les dictateurs. La démocratie me va bien. Encore faut-il qu'elle existe.

 

Démocratie représentative. C'est notre système actuel. Nous acceptons de donner notre pouvoir, de le déléguer, à des gens qui sont censés nous représenter et faire les lois telles que nous les voulons. L'idée a plutôt bien fonctionné jusque là, à savoir que c'est le système politique le plus démocratique que nous ayons eu dans notre histoire. Aujourd'hui le système semble vieillissant. Parce que nous ne voulons pas tous donner notre pouvoir, le déléguer. Certains, de plus en plus nombreux, aimeraient bien donner leur avis directement. Démocratie directe. Une petite révolution qui doit beaucoup à Internet. Car, avec Internet, nous pouvons tous donner notre opinion politique, émettre des vœux, parler de notre mécontentement sur une loi. Il suffit d'écrire sur les réseaux sociaux, un blog, ou un commentaire sur une page d'information. Chose qui n'existait pas jusque là (sauf dans les cafés, mais l'audience était limitée). Alors, pourquoi ne pas nous consulter plus souvent ? Pourquoi pas plus de démocratie directe ? Pour le coup, j'y suis clairement favorable. Et qu'on ne vienne pas me dire « oui, mais les gens ne comprennent pas toujours les lois », « c'est trop compliqué pour eux » etc. Ce sont les mêmes arguments que donnaient les hommes il y a 100 ans pour justifier le non droit de vote aux femmes ! Ces arguments sont souvent donnés par des gens qui, forcément, se pensent assez intelligents pour donner leur avis, et qui, bizarrement, pensent qu'il n'est pas possible d'expliquer une loi ! Mais, si tu es si intelligent, pourquoi ne serais-tu pas capable de bien l'expliquer à la population ? La démocratie directe fonctionne, encore faut-il accepter les résultats (coucou le référendum sur la constitution européenne!).

Si notre système politique est également vieillissant, c'est que ceux qui nous représentent le font de moins en moins bien. C'est un fait, aujourd'hui, les députés sont des politiques, ils sont professionnels. Combien d'ouvriers ? Combien d'employés ? Combien d'artisans ? La plupart du temps, ce sont des gens plutôt riches, ayant fait de grandes études, et qui pensent pouvoir représenter la population. Attention, je ne veux pas tirer sur les riches ou les gens ayant fait des longues études (coucou moi!). Mais je pense qu'ils ne peuvent pas comprendre certaines choses. L'exemple le plus frappant était cette loi sur l'augmentation du prix de l'essence. Une loi qui touche tout le monde. Une loi forcément injuste, parce qu'une augmentation de 5€ du plein de Super sanctionne beaucoup plus quelqu'un étant au SMIC que quelqu'un touchant 7 000€ par mois (coucou les députés!).

 

Et voilà que surgissent les gilets jaunes. Ouin-Ouin c'est l'extrême-droite. Puis après, ouin-ouin c'est l'extrême-gauche. C'est qu'il fallait classer ce mouvement, avec nos frontières politiques habituelles. Frontière que l'élection de Macron a tout cassé (et ce n'était que la fin d'un long mouvement, avec des gens qui votaient à droite, puis à gauche, puis dans les extrêmes, sans vrai continuité). Aujourd'hui ouin-ouin les gilets jaunes sont des casseurs. Ou ouin-ouin les gilets jaunes attaquent la liberté de presse, et donc les journalistes. Voire même ouin-ouin les gilets jaunes sont des putschistes. Alors, pour commencer, je ne nie pas que certains, mais une minorité de gilets jaunes, soient des casseurs appartenant à un extrême et souhaitant un coup d'Etat. Mais. Non, plutôt MAIS c'est très loin de représenter un mouvement extrêmement hétérogène, qui souhaite parfois plus d'Etat, parfois moins, parfois une augmentation des aides, parfois une diminution des impôts etc. Ce qui revient souvent, néanmoins, c'est la justice. Et la fin des privilèges.

 

Une justice sociale. Ca veut dire quoi ? Qu'une petite entreprise française ne doit pas payer plus d'impôts que Facebook et Google, que Total et LVMH. Que quelqu'un touchant un salaire de 15 000€ par mois doit participer de manière plus importante aux impôts que quelqu'un touchant 1 500€ par mois. C'est la base, c'est logique, et c'est quelque chose qui a beaucoup diminué ces dernières décennies. La justice doit être la même pour tous. Que les hommes ou femmes politiques ne bénéficient pas toujours d'un non-lieu dans leur affaire de corruption, que les grosses entreprises ne soient pas toujours protégées par des lois aberrantes contre les petits citoyens. Si un dealer de shit se retrouve en prison du jour au lendemain, je ne vois pas pourquoi ça ne devrait pas être la même pour un banquier véreux. La fin des privilèges, tout simplement.

Etre un gilet jaune, c´est aussi et surtout refuser de payer plus de taxes ou d´impôts alors que les services publiques à côté de chez toi sont fermés les uns après les autres, parce que pas rentable. Oui les gens aiment leur poste, leur maternité et même leur sous-prefecture ! En tout cas ils ne veulent pas faire 30 kilomètres (ou 60 !) de plus, avec leur voiture et leur gasoil très taxé, alors qu´ils n´ont pas de possiblités de transports publics...

 

Alors, suis-je un gilet jaune ? Ca dépend des fois. Ca dépend de quel gilet jaune vous me parlez. Ca dépend sur quelle idée. Un coup de pied dans la fourmilière est en tout cas salutaire. Car sans blocage, sans violence, avec une manifestation pacifique, croyez-vous qu'il y aurait eu l'augmentation du SMIC ? Une nouvelle fois, ça encourage à casser les choses, et c'est malheureux que les politiques doivent attendre cela pour réagir. Il faudrait presque conseiller aux infirmier-e-s, aux profs, ou aux ouvriers qui vont être virés par un plan social d'une multinationale, de tout casser. Car, alors, vous êtes écoutés. En 1789, comme en 2019.

Suis-je un gilet jaune ?
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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 21:31

Grande Terre qui s'appelle ainsi, alors que ce bout de l'île est le plus petit, Basse-Terre qui s'appelle ainsi alors que c'est le plus vallonné, avec un volcan à 1 467 mètres d'altitude. Parfois, je ne comprends pas. Enfin, on s'appelle bien les Hauts-de-France alors qu'on est voisin du plat pays...

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Après la découverte de Marie-Galante, c'est le retour à la ville, avec une route bien empruntée entre Pointe-à-Pitre et Sainte-Rose, notamment Baie-Mahault et son immense zone industrielle (et aussi ses restaurants de sushis, alors on ne lui en veut pas trop...).

Le nord de Basse-Terre est magnifique. Jusqu'à la pointe Allègre (aucun rapport avec Claude, ni Patrice), une randonnée nous permet d'observer les effets des éléments sur la nature elle-même : là l'effet de l'érosion et des vagues, créant une mini-île faite de sable et d'un arbre, là-bas le vent ayant courbé (aucun rapport avec Julien) les arbres, là un rocher sortant de l'horizon : l'îlet à Kahouane.

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

L'Ouest de la Guadeloupe, côté Caraïbes, est très connu pour sa réserve Cousteau (là, y'a un rapport avec Jacques-Yves!). Très très connu. Très très très connu. Trop connu. Trop de monde. Beaucoup trop de monde, surtout à l'îlet à Pigeon et la plage de Malendure. Nous n'arrivons même pas à nous garer, et on décide de poursuivre la route trois-quatre kilomètres pour se garer à la Pointe à l'Abbé. N'est-ce pas là trop loin déjà ?.... Pas du tout ! Un type nous explique à notre arrivée qu'il y a des poissons dès que l'on a les pieds dans l'eau... et on confirme ! Un régal.

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Quelques kilomètres plus au sud, Vieux Habitants porte bien son nom. Car les vieux habitants de l'île, juste avant que Christophe Colomb ne débarque, étaient les Amérindiens. Des Arawaks, des Kali'nas (appelés également Caraïbes, d'où le nom de la région). Et à Vieux Habitants, ils ont laissé des traces... sur les pierres ! Des dessins, que l'on retrouve aussi de manière plus spectaculaire encore à Trois Rivières, avec le parc archéologique et botanique des roches gravées. C'est un bon rappel : non, les premiers habitants de la Guadeloupe ne sont pas les Créoles, non les Caraïbes et le « nouveau monde » n'étaient pas inhabités quand les Européens sont arrivés. Du travail forcé, des épidémies, et il ne reste aujourd'hui plus beaucoup de descendants de ces peuples. Sauf en Guyane, où certains sont mes élèves...

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

La Soufrière. Le nom d'un volcan mythique (en fait de plusieurs volcans, puisque ceux de Saint-Vincent et Grenadines, Montserrat ou encore Sainte-Lucie portent le même nom!). Après la Montagne Pelée, c'est mon deuxième volcan dans la zone. Sauf qu'à la différence de la Pelée, la Soufrière est en activité. Et pas qu'un peu ! Bon, ce n'est jamais facile de trouver un jour où la montagne est dégagée de ses nuages accrocheurs, mais on a un peu de chance : une purée de pois au départ, qui s'efface peu à peu, nous permettant ainsi d'y voir assez loin. La randonnée est assez facile, et à 1467 mètres, la Découverte, du nom du point le plus haut de toutes les petites Caraïbes !

Quelques mètres plus loin, derrière la Roche fendue, se cache un gros gouffre. Il en sort une fumée à l'odeur de soufre. C'est donc ça, un volcan en activité. Ce lieu me fascine. L'éruption de 1976 avait entraîné l'évacuation de toute la partie sud de l'île (quasiment 75 000 personnes!), devenues des réfugiés dans le reste de l'île. [un documentaire d'Herzog intitulé la soufrière est disponible sur Youtube si cet épisode vous intéresse].

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Sur l'île de Basse-Terre, il y a la ville de Basse-Terre, où on peut observer le fort Louis Delgrès, du nom de celui qui proclama la résistance à Napoléon et au rétablissement de l'esclavage. Plutôt que d'être fait prisonnier, il décide de de suicider avec ses 300 hommes à l'aide d'explosifs... sa devise : « vivre libre ou mourir ».

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Enfin, après de nombreuses plages et autres lieux paradisiaques (regardez moi ce terrain de foot parfait!), direction les chutes du Carbet, d'un peu plus de 100 mètres de haut. Un dernier régal.

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière

Franchement, la Guadeloupe ne m'a pas déçu. Pourtant, j'en attendais beaucoup, comme la Martinique d'ailleurs. Mais j'ai l'impression que ces îles des Caraïbes sont des valeurs sûres. Une préférence même pour la Guadeloupe, aux paysages plus variés encore. Les gens étaient sympas, la nourriture était bonne... bref, des bonnes vacances ! Les prochaines ? Ohoh, ça va être quelque chose !

Basse-Terre, les Améridiens de Guadeloupe et le volcan de la Soufrière
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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 15:52

6h30. Le réveil sonne. Hum. Je n'ai jamais été un lève-tôt. Les cours débutent à 7h30, je suis enseignant, mes élèves m'attendent. Je ne peux pas dire ce matin « oh, allez, j'dors une heure de plus ». Ce n'est pas envisageable, j'ai trop de respect pour le métier (quoique j'aie connu un prof ici qui n'allait parfois pas travailler parce qu'il... pleuvait, j'en reparlerai un jour, ça me faisait m'étrangler).

 

Vacances. 8h30. Le gazouillis des oiseaux me fait ouvrir les yeux. Je scrute le paysage. C'est tellement bon, ce sentiment. Cette liberté. Que vais-je faire aujourd'hui ? On verra bien. Roulons. L'important, ce n'est pas la destination, c'est le chemin. Une petite plage à droite. Je m'arrête. Je me pose. Je reprends la route 30 minutes plus tard. Parfois je me laisse somnoler, parfois je me baigne, parfois je randonne, parfois je lis, parfois je contemple.

 

Travailler, c'est perdre sa liberté. Je l'ai toujours su, je l'ai toujours répété : c'est pour ça que je n'ai jamais été pressé de le faire ! Les copains, la famille, les autres autour de moi, avaient beau me répéter « c'est sympa un salaire », ça ne m'a jamais vraiment convaincu. Que voulez-vous, j'ai toujours été un apôtre du Carpe Diem. Or, vivre au jour le jour, c'est pouvoir décider de ce que l'on fait au jour le jour. Puis-je le faire alors que je travaille ?  Clairement, c'est non.

 

« Mais, tu ne vas quand même pas arrêter de travailler !? ». Non. Enfin, pas tout de suite. Je vous ai déjà écrit que je respectais trop mon travail pour exploser en cours d'année et quitter mon métier. Quoique c'est possible de le faire, une démission et puis voilà ! On a la liberté de le faire ! Mais je ne suis pas malheureux dans mon travail. Au contraire, quand j'en reviens, j'en suis toujours à me dire que c'est un chouette métier que d'enseigner.

 

Néanmoins, j'ai toujours la flamme. De celle qui me dit que la vie a un côté tellement sexy quand on est sur la route, quand on vadrouille, quand on découvre tous les jours. La routine ? Ce n'est pas encore fait pour moi. Cultiver mon jardin ? Non plus. J'ai toujours cette soif de découverte, de nouvelles rencontres, et c'est quelque chose que je ne peux pas avoir en travaillant, en étant dans un lieu fixe. En tout cas, pas assez. Ne pas savoir où je serai dans dix jours, dans trois jours, demain, ça c'est kiffant. Les deux derniers voyages, en Colombie et en Guadeloupe, m'ont donné envie d'en faire plus, d'en voir plus, d'en vivre plus. De reprendre ma liberté. D'arrêter de travailler au mois de juin. Et de repartir en septembre. Parce que l'Amérique du Sud me donne envie. Parce que je n'ai pas encore d'attaches. Parce que je n'ai pas de prêt sur la tête qui me mettrait une barrière mentale. Parce que je n'ai pas encore passé le concours qui me donnerait accès aux lettres CDI (encore une barrière mentale).

 

Tant pis, ça confirmera le fossé qui me sépare des gens de mon âge, de mes ami-e-s, de ceux dont on dit qu '« ils avancent dans la vie », le triptyque maison-mariage-enfant. Le fossé devient peu à peu un gouffre, parce que nos vies ne se ressemblent plus, et qu'elles se ressemblent encore moins si j'arrête de travailler quelque temps. Mais j'ai besoin d'un nouveau gros voyage. Un dernier. Allez, un tout petit. Avant mes 30 ans. Quoi, j'ai 31 ans ? J'avais dit de me poser à 30 ans ? Allons, c'était juste une idée ! Trouver une fille ? Avec plaisir ! Mais l'Amérique du Sud, avouez que ça donne envie ! Peut-être même que ça vous donne envie aussi, et que vous allez me rejoindre pour quelques jours, quelques semaines. Que vous prendrez la liberté de le faire.

 

Et, un jour, je me poserai. Enfin, je crois. C'est le modèle qu'on m'a donné en tout cas. Et quelqu'un finira bien par m'y convaincre. Et j'abandonnerai un peu de ma liberté... mais seulement pour une prison d'amour et sa belle geôlière !

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