29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 10:46

     Après avoir fini mon épisode rwandais, il est grand temps de revenir sur mes vacances européennes.

Pour ceux qui ont manqué quelques épisodes, j’ai donc effectué un Tour d’Europe en quarante-et-un jour au sein d’une clio 1995 avec deux amis et 3€ à dépenser pour ma survie (essence non-compris).

 

Il y a donc les photos, celles qui fascinent nos proches, qui donnent envie de voyage à tous les amateurs. Il y a les anecdotes qui interpellent beaucoup mes amis. Ma préféré : l’histoire des policiers grecques. Il y a aussi des phrases qui font mouches. « Plus de 15 000 km ». « J’ai rencontré le Père Noël ». « J’ai franchi le cercle polaire arctique ». Il y a des mets qui resteront longtemps comme des grandes saveurs européennes (avec une préférence pour les loukoums…).

 

 

 http://europatour-2009.over-blog.com/10-index.html 

 


Et puis il y a une Déception. L’impression d’être passé à côté de quelque chose que je recherchais. Les Européens. La population européenne. Les échanges, les contacts, les discussions. Quelques-unes, en compagnie des amis Erasmus. Sans aucun doute les meilleurs moments. J’ai appris beaucoup aux côtés des quelques européens que j’ai côtoyé. Leur culture, leur histoire, leur politique, leur vision du pays. Pour le reste ce fut trop bref. Trop …

 

Avec des si… Avec des si je le ferai différemment. Avec des si j’irai plus au contact de la population. Avec des si je ferai moins de kilomètres. Avec des si je visiterai moins de pays. Avec des si j’irai plus en profondeur dans certaines contrées. Avec des si je partirai en stop. Avec des si, j’aurai pu finir mon mémoire en juin et avoir plus de temps pour le stop.

Oui, avec des si, c’est plus facile.

 

Plus j’y repense et plus ce sentiment est fort. Comment revenir déçu après autant d’aventure. Justement c’est ce mot qui m’a également manqué. Tout était trop facile. Ce n’était pas vraiment une aventure. C’était des jeunes gens qui regardaient les prix bas, qui dormaient dans leurs tentes et qui partaient au petit matin faire quelques clichés d’un lieu paradisiaque. Des photos, il y en a. Trop sans doute. Taper sur Google les endroits que nous avons visité, mettez y vous avec Photoshop et dites que vous êtes partis avec nous… facile n’est-ce pas ?

 

Des touristes. Ce mot colle à mon tour d’Europe. Quant j’ai vu les photos c’était clair comme de l’eau. J’ai fait mon touriste radin. J’ai vu beaucoup de chose. Je n’ai pas beaucoup appris. Je suis revenu content d’avoir découvert des beaux endroits. Je n’étais pas changé comme je le fus l’année dernière. Je ne fus pas voyageur.

 

Bien sûr, ceci est un sentiment très personnel que mes coéquipiers sont sans doute très loin de partager. Cependant c’est le mien. Incrusté au fond de moi depuis quelques semaines, voir quelques mois. Je le sentais pendant ce tour d’Europe. Je le vivais. J’étais touriste. Je n’étais pas toujours heureux. Je ne voyais pas les choses comme l’année dernière. Pendant le Tour de France je ne me suis jamais senti aussi libre. Pendant ce tour d’Europe je me sentais prisonnier d’un système qui nous disait d’être présent dans une ville tel jour, de prendre des photos, d’effectuer un petit tour et de repartir.

 

Bien sûr c’est moi-même qui me suis enfermé dans ce système. Personne ne m’a obligé. Mais si vous songez à découvrir quelques contrées en mode aventure, ceci est juste un appel à la liberté. Lâchez les voiles mais ne prévoyez pas chaque jours de ce voyage. Vivez au jour le jour. Pensez souvent que ces moments peuvent être les derniers de votre vie.  Allez là où le vent vous emporte. Echangez, discutez, partagez avec ceux qui peuvent devenir en quelques secondes vos hôtes. Et souriez devant tant de gentillesse. C’est à ce moment là que vous comprendrez que la vie est belle.

S’il y a un moment qui m’a manqué c’est celui-là. L’accueil d’un inconnu. Sa bonté. Son grand cœur. Sa maison grande ouverte, les clefs dans mes mains.

 

Les clefs du bonheur, que je n’ai pas trouvé pendant un Tour d’Europe…   

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 23:21

Tout a finit dans un endroit pas si différent de cela où tout avait commençait. Le commencement, c’était un lundi matin de septembre 2006, dans un couloir gris peu à la mode du bâtiment d’histoire. J’observais cette populace historienne qui allait bientôt rentrer dans ma vie, celle d’un étudiant de l’université d’Artois. Au final, ce fut un couloir vert. Tellement vert que cela ressemblait à une ligne et que mon esprit ne pouvait s’empêcher de prendre cela pour un signe. La ligne verte. Je vais donc terminer ma vie étudiante dans une de ces salles dont je me suis toujours demander à quoi servait-elle. Vue sur l’IUFM. Un petit public de fidèle est présent avec moi lors de cette épreuve qui peut faire évoluer beaucoup de chose dans ma vie. La réussite et le départ vers Rennes. L’échec et un redoublement, ainsi qu’un loyer de plus à payer et toutes sortes d’emmerdes financières en perspective. Je ne joue pas seulement mon année universitaire, je joue également mon livret A du fait d’un appartement déjà réservé dans la capitale bretonne (je ne rentre pas encore dans le débat Rennes-Nantes de quelle ville est la véritable capitale de la Bretagne, j’aurai le temps d’épiloguer sur ce sujet par la suite).

Revoir Monsieur Turpin et Monsieur Césari ressemblait à un retour vers le passé. Je me rappelais des cours intéressant pour l’un, plus ennuyeux pour l’autre (je ne cite pas le nom du coupable même s’il se peut que les noms apparaissent dans l’ordre…). Dans quelques minutes, ils se transformeront en juge suprême, prêt à faire entendre leur sentence. L'accusé prend place et explique assez vite le pourquoi de son génocide. Les jurés dans le fond de la classe m’observent avec attention. Les deux juges semblent un peu désintéressés par mes paroles. Ils examinent les pièces du dossier pendant mon intervention. Puis vient le tour des questions et des remarques. Ils reprennent page par page les arguments. Ils me montrent certaines contradictions, certaines erreurs. Très vite, l’accusé se sent devenir coupable aux yeux de ces juges sans cœur. Il tente de réagir, d’expliquer, de revenir sur ces erreurs. Il avoue, parfois. Les juges demandent le huit-clos et vont procéder à la délibération.

Me voici de retour dans ce couloir de la mort. Je ne sais pas si je dois être content ou pas. Un des juges semblait plus ou moins d’accord avec mon argumentation. L’autre considérait que j’étais présumé coupable et que c’était à moi de prouver mon innocence, en apportant de nouvelles pièces au dossier. Les jurés me laissent seuls, ou c’est peut-être le contraire. Je parcoure plusieurs fois ce couloir en réfléchissant à quelque chose que je pourrai faire pour évacuer le stress. J’ai pensé à crier mais cela aurait pu effrayer les juges qui auraient pu en déduire que le génocidaire qui sommeillait en mois se révélait. J’attends donc. Les juges m’appellent, le sentence va être prononcée. J’ai l’honneur de vous remettre votre première année de Master 1, avec la note de 14/20. Le reste, je ne l’écoute pas. L’accusé regarde par les nombreuses fenêtres la cour de la liberté. C’est fini. J’abandonne la prison d’Arras qui fut très longtemps pour moi un espace de grande liberté. Je m’en vais vers un avenir qui s’annonce radieux. Je parcoure une nouvelle fois la ligne verte avec un sourire en coin de bouche, pour garder un peu de suspense pour les jurés. Je suis libre.

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:20

86 pages
670 paragraphes
4 220 lignes
51 833 mots
323 490 caractères
21 jours

Il n'y a pas à dire, ce génocide rwandais aura pris la plus grande partie de mon temps ces dernières semaines. Les sorties furent rares, les messages aux potes également. Juste ce foutu génocide qui m'aura clairement intéressé. Demain c'est la soutenance, un exercice oral que j'affectionne. Ensuite c'en sera fini avec la capitale arrageoise.

Déjà, lors de ma dernière visite, je ne me sentais plus chez moi. Pourtant, très longtemps, c'était Mon université, je me l'étais approprié. C'était même devenu ma maison. J'étais plus arrageois qu'audomarois. Je ne souhaitais pas rentrée le week-end. J'adorais le lundi, je détestais le vendredi. Mais depuis les potes sont partis, moi y compris. Il ne reste plus que les indéboulonnables. Rose-Marie, la première, l'unique. Celle avec qui j'ai partagé 3 années de folie et de fou rire. Samuel, mon binôme, devenu Bruaysien à mi-temps. Tif, la bretonne délocalisée. Emilie, qu'on a découvert sur le tard.
Les autres ? Evaporés. Certains disent avoir vu Marie-Eve se baladait dans la forêt alsacienne en compagnie de George. D'autres évoquent Aude dans un train pour Pau en compagnie de Jean (mais où est Antoine ? ^^) Astrid fréquenterait les policiers irlandais. Certains parlent même de Mick qui irait en cours.... Comme quoi, les rumeurs.... ^^

Puis, nous. Nanie and Me. Rennais pour une année. Avec une nouvelle vie à se construire, une nouvelle université à s'approprier. En espérant les revoir assez vite...

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 23:19

Annoncer à sa copine que l’on va aller faire les magasins cet après-midi… quelle idée de fou ! Pourtant j’étais prévenu, beaucoup m’avait évoqué ce sujet sensible chez nous, gente masculine. C’est un peu une sorte de drame collectif, vécu par près de 50% de la population. Un après-midi de magasins et pas n’importe où : la cité de l’Europe ! Plus de 100 enseignes prêtes à découvrir le livret A de Monsieur pour le bonheur de Madame.

Tout commença avec l’annonce. Cela ressemblait à une demande en mariage. D’un côté, le Monsieur qui, en exprimant ses mots, continue de se demander s'il ne fait pas là l’erreur de sa vie. De l’autre, Madame, des yeux pétillants et un sourire ravageur. Elle sait que cela va être son moment. Elle organise déjà les préparatifs : comment nous nous y rendrons ?, combien de temps nous resterons dans ce lieu paradisiaque ? (ou démoniaque selon le côté duquel on se trouve) Quelles enseignes font des réductions ? De quel vêtements ai-je besoin ? La gente masculine ne me contredira pas lorsque je lui susurre à l’oreille « mais tu as déjà tout ce qu’il te faut…. » De l’autre côté, la gente féminine me rappela que six paires de chaussures sont très peu dans une vie et qu’une septième servira ce soir, pour ce fameux anniversaire où elle ne savait pas quoi porter.
Sur la route, peu importe la conversation, tout revient à cette robe, présente dans le magasine. Tu peux aborder tous les sujets que tu souhaites, tu peux même essayer de t ‘engueuler, elle ne perdra pas de vue les magasins. Et lorsque Candide entre dans son eldorado, on y décèle le bonheur sur son visage. Pour Monsieur, c’est un calvaire de plusieurs heures qui commencent.
P1060404-copie-1.jpg
En effet, si les hommes aiment parfois les magasins, ils sont loin du niveau de Mesdames. Surtout ils n’ont pas la même technique d’achat. Pour lui, c’est facile : j’aime, j’essaie, ça me va, j’achète. Madame a un processus beaucoup plus compliqué et bien plus long. Une longueur que l’on peut ressentir à l’entrée des magasins où toute une foule de Monsieur attends, avec les enfants, parfois très nerveux et reportant leur colère sur leurs démons de gosses que l’on ne peut pas tenir. « Kévin, viens ici ! T’arrêtes maintenant ! Je vais t’en mettre une ! Ca va barder ! » (rappelons que notre histoire se déroule dans le Calaisis)
Pendant ce temps Madame recherche la perle rare, celle que personne ne portera le soir même, sinon c’est le drame d’une vie. Comme si elle serai l’unique porteuse de cette robe à fleur. Madame choisit quelques vêtements après de longues hésitations. Puis elle les essaie. « Ca me va ? » Comme tout garçon intelligent qui espère en finir au plus vite je répond logiquement « mais oui ma chérie, tout te va ». Malheureusement ce n’est pas la réponse qu’elle attendait, elle voulait un « oui, cette robe te met parfaitement en valeur, et tous les autres garçons se retourneront sur toi tellement tu es jolie et les autres filles seront jalouses et te demanderont « où as-tu trouver cette perle rare ? » ». Malheureusement tu n’as pas l’âme d’un littéraire et cela la conduit à retirer ce vêtement et à le remettre en rayon. Ce processus se répète plusieurs fois.
A plusieurs reprises tu penses à avoir fini quand elle a un sourire et dis : « j’aime bien, c’est plutôt jolie ». Puis, sans aucun explication rationnelle, elle remet la robe en rayon et t’achève en quelques mots : « finalement non, c’est pas pour moi ce genre de vêtements ». Dans ta tête tu te demandes logiquement : « mais pourquoi l’essayer ? » ou encore un légitime « qu’est-ce que j’ai fais pour mériter cela ? »

Soudain, ses yeux pétillent. Elle l’a vue. C’est cette robe qui fera son bonheur.
Lorsque tu regardes le prix, ton cœur frétille. As-tu bien vu ? C’est cette robe qui te cause tant de douleur.

Reste les chaussures. Là c’est un défilé de mode qui se déroule devant tes yeux. Elle aime cette paire là mais elle pense qu’elle peut trouver mieux. On continue. Un magasin, puis deux, trois, dix. Finalement on retourne au premier, quelques instants (dizaines de minutes) plus tard. Tu n’entres pas en expliquant que ton allergie te reprend (en vérité cette allergie est causée par une trop grand présence féminine dans un lieu ouvertement hostile à ton porte-monnaie). Dix minutes plus tard, elle n’est toujours pas réapparue. Que peut-elle donc faire ? Enfin, là voilà qui surgit, deux paires de chaussures de plus, 50€ de moins.


A tous les traumatisés des magasins
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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 23:18

Depuis deux semaines et deux jours sur cette même chaise, au bout de la même table, dans cette même maison, dans ce même village avec ce même sujet de mémoire. Seize longues journées qui paraissent une éternité, qui défilent au ralenti, dont je peux vivre pleinement chaque minute, chaque seconde. Souvent je râle de ce temps qui n'avance pas, ou plutôt de ce mémoire qui en va de même. En vérité, le sujet m'intéresse et son écriture n'est pas un calvaire.

Ce qui m'embète, ce sont les choses que je ne peux pas voir, que je ne veux pas faire. C'est lire le journal, regarder un film, voir les copaines, aller au musée, à la braderie, à une crémaillère, en boîte. C'est s'allonger dans un lit en pensant à rien. C'est regarder le paysage en n'imaginant pas le Rwanda. C'est danser, chanter, rire et faire la fête.

Seize jours de génocide Rwanda, c'est surtout un harcèlement moral. Seize jours de génocidés, de morts, d'assassinat,s de massacres, de tueries, de meurtres. Seize jours de viols, de détresse, de souffrance et de pleurs. Le Rwanda, je ne l'écris pas seulement, je le vis constamment. Je le réfléchis, je l'imagine, j'en rêve la nuit, j'en parle au midi. Et pourquoi ? Et comment ? Mais si... ? Je tente de refaire l'histoire, d'imaginer une fin plus heureuse. Je ne sais pas si toutes les victimes peuvent me voir, mais je me demande ce qu'elles pensent de moi, pauvre étudiant français de vingt-deux printemps, qui au lieu de profiter de ma vie raconte leur mort. Mais sans doute qu'à ma place, elles feraient pareil.

C'est une histoire qui mérite qu'on s'y attarde. Je le fait longuement. J'en serai peut-être récompensé. Au bout de ce mémoire, de ces quatre-vingt pages de route vers le génocide, il y a un après. Rennes II Haute Bretagne, Master histoire contemporaine et relations internationales. Il y a une collocation avec ma soeur et Elle. Il y a une année de découverte, de rire et de bonheur. Ca se mérite.

Alors, plutôt que de passer ton temps à écrire cet article, repart à ton mémoire ! (...) D'accord !

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 23:17

Je suis vivant. Tout part de ce point. Je suis vivant donc je peux vivre des moments, des sentiments. Je suis vivant donc je peux profiter de chaque instant, être heureux.

Maintenant partons d'un autre point. Je vais mourir. J'ai donc peu de temps devant moi pour vivre ces moments, ces sentiments. Il faut donc se dépécher, les vivre à fond. Ne pas attendre, ne pas dire dans un mois, dans un an, dans dix ans. Le souci de la mort c'est de venir alors qu'on ne s'y attend pas.

Je suis mort. C'est dommage, j'avais encore beaucoup d'idée et de moment à vivre dans mon emploi du temps. Dans deux ans, dans dix ans, à ma retraite, je n'ai pas eu de vivre ces moments. Alors pourquoi attendre ?


J'ai démarré une bucket list alors que j'étais au lycée. Pour tout ceux qui ignore comme moi il y a encore quelques semaines ce qu'est une bucket list, cela provient du film éponyme, une liste des choses que l'on veut faire avant de mourir. A l'époque il n'y avait que quelques idées, avec assez peu d'espoir de les concrétiser. Et puis j'ai appris qu'il n'y a pas de limites, que l'on peut vivre ses rêves. Il suffit juste de se donner les moyens.

Ainsi j'ai commencé avec mon club de foot préféré et une visite au Parc des princes. Depuis la Tour Eiffel, les pyramides, Amsterdam, Londres, le mur de Berlin, un tour de France, d'Europe... Mais je ne regarde pas encore ce que j'ai fait, ce sera pour mes vieux jours, s'ils existent. Je préfère regarder ce qu'il y a devant moi, ce que je veux réaliser.
Du style monter sur cette bonne vieille statut de la liberté, faire du ski, grimper sur la grande muraille, faire un marathon, sauter à l'élastique, en parachute, faire une visite à Jérusalem et à la Mecque en ayant lu la Bible et le Coran...

Non, il y a des choses plus importantes. Avoir des enfants. Me marier. Etre heureux. C'est également dans ma Bucket List. Et pour le dernier cité je le réalise au jour le jour.

Enfin, il y a un tour du monde. Ca arrivera vite, je peux vous le prédire.

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 10:02

 


 

 

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 23:15
Raconter ma fin d'Erasmus m'aura été très difficile. J'ai rarement autant reculé devant un sujet. Pour mieux débuter cet article, il me faut revenir en arrière er raconter en quelques lignes ce que fut Mon Erasmus. C'est une histoire en deux tomes.
Le 1er semestre, septembre-décembre et l'apprentissage de l'anglais, 3 mois de galères parfois mais surtout une immense impression de rêver tout éveillé. Le temps des copains, des sorties. 3 mois de véritable vacance au sein d'un village européen. J'apprécie les espagnoles, quelques français, mes collocs... je fume mes premiers joints, je fais mes premières nuits blanches, je rate mes premiers cours. L'histoire d'Elle commence, mais sans que je le prenne au sérieux, étonnant symbole pour ce 1er tome.
Le second est très différent, un peu Jekyll après avoir été Hyde. Je reviens touriste, travailleur (un peu) et amoureux. Calme aussi. En quelques mois, j'ai pris plusieurs années. Je les ai gardé depuis. J'étais enfant jusque décembre, plus ou moins adulte ensuite. Elle m'a changé. Beaucoup plus que je ne l'aurai imaginé. Erasmus m'a changé. Beaucoup plus que je ne l'aurai imaginé. C'est la fin des français, des espagnoles, je vois un peu moins mes collocs. Le second term est consacré aux potes venus de France, les vrais comme j'ai coutume de dire. Et surtout à Elle.
J'avoue qu'au cours du second semestre j'ai parfois regretté mon enfance, je souhaitais la retrouver. Mais pas au prix de la perte des avantages de mon nouveau statut d'adulte.

Qu'est-ce qu'Erasmus ? Un rêve. Non une vie. Qui passe 3 000 fois plus vite qu'ordinaire. Mon Erasmus, c'est Sean, Alicia, Caroline, Oleg, Janire, Paloma, Alfonso, Rachel, Renaud et tant d'autres. Non, mon Erasmus c'est Elle. Non c'est plutôt moi, c'est vous aussi, c'est eux.

Peut-être vous vous demandez si vous devez faire Erasmus ? Bien sûr, courrez y tête baissé ! C'est trop tard pour vous ? Dommage... Vous avez rater l'un des plus beaux endroits de ce belle planète. Un monde imaginaire où l'amitié et l'amour se ramassent à la pelle. Un monde que je regrette déjà un peu, même en plein tour de l'Europe.

Alors on se dit : "avec Facebook, on garde contact". Mais rien ne sera plus comme avant. Et certains, dans 20 ans se rappelleront de cette époque avec mélancolie et diront de cette belle année : "j'étais Erasmus à Canterbury en 2008-2009, j'ai rencontré Jérémy et il était heureux". Heureux comme jamais.

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To tell about the end of my Erasmus was a hard work. I do not use to move back in front of a subject, especially this kind of subject. To start this article better, I have to go back, to explain in few sentences what was My Erasmus. It is a story in two volumes.
The first term, September-December : I was learning English words everyday, sometime every minute. Few funny situations with my level in the Shakespeare's language, but the most important is that I felt  in a dream. It was the time when I met a lot of people, soon a lot of friends in a lot of parties. Three months of real holiday in an European tourist camp. I like Spanish girls, few French and my flatmates. I was smoking my first ..., I was living few night without sleeping, I was missing my first courses. And She arrived, but I did not want to engage myself, like a symbol of this first volume.
The second part was very different. I became a true tourist, a little bit more serious, and felt in love. Calm too. In few months, I became older of few years. I keep them. Before Christmas I was a child, now I am an adult. She changed me, more that I would have imagined. Erasmus changed myself, more that I would have imagined.
The second term was the end of French and Spanish people or flatmates. This term was devoted to my real friends from France and Her. Sometime I missed my childhood, few times I wanted to live again this period. But I did not want to lose all the advantages of my adult life.

What was my Erasmus ? A dream. No, a life, who is running three thousand times faster that ordinary. And my Erasmus was Sean, Alicia, Caroline, Oleg, Janire, Paloma, Alfonso, Rachel, Renaud... And HER. Erasmus was also me, you and them.

Maybe you are asking yourself if you have to do Erasmus in your life ? Do not hesitate. You will live one of your best year in your life, in one of the most beautiful place of the world, a dreaming world where friendship and love could be found everyday in every place, in every person. A world that I am already missing, even in the middle of my Europe Tour.

Now we are saying : "with Facebook, keep in touch". However we know that nothing will be the same. And few of them will in 40 years remind with melancholia : "I was Erasmus in Canterbury in 2008-09 and I met J.R. and he was happy. Happy like never.
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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 09:59

 

P1030581.JPGCe dimanche là rien de notable ne vaut vraiment la peine d’être raconté. Ce ne fut que route, à une vitesse normale, avec quelques ralentissements au niveau de l’Allemagne. Vers 13h, nous avions déjà passé le Danemark et avons mangé pour la dernière fois dans une boulangerie allemande notre traditionnel pain avec un peu de confiture. Nous avons fait de l’essence une dernière fois en Belgique, alors que la nuit était déjà tombée. Nous sommes revenus par chez nous un peu après minuit, je crois.

Sur le chemin du retour nos pensées respectives devaient être à peu près similaires. Il y avait sans doute de la surprise mêlée à de la fierté, car il faut bien avouer qu’au départ nous nous demandions si nous irions au bout. C’est notamment la question du véhicule qui posait problème, puisqu’effectuer tant de kilomètres en aussi peu de temps avec une voiture de plus de 10 ans nécessite beaucoup de chance. Nous y avons eu droit, notre destrier ayant parfaitement relevé le challenge, avec aucun problème à relever.  Dans l’équation figurait également la question du mental comme du physique. Nous partions 50 jours, ce qui au final n’est pas si énorme que ça, mais ce devait être 50 jours de privation compte tenu de l’objectif des 3 euros par jour et par personne. Là encore, nous n’avons pas failli, si l’on excepte les quelques entorses à la sacro sainte règle lorsque nous jugions qu’il nous fallait un repas à la hauteur des évènements (cf arrestation par la police grecque). De même, ça n’a l’air de rien, mais il fallait se supporter. Avantage Révillon sur ce point, qui nous connaissait bien tous les deux, alors que Romain et moi ne savions quasiment rien l’un de l’autre avant l’aventure. Il s’agissait donc de relever le défi de la communauté de vie, durant ces 50 jours, où aucun moment de solitude ne nous serait accordé, ou presque. Pour les solitaires qui sommeillaient en chacun d’entre nous, c’est une fois encore un challenge réussi, puisque si l’on excepte le petit incident norvégien, tout s’est bien déroulé.

Alors que chacun refait ses comptes dans l’automobile qui nous ramène en France en ce dimanche 16 aout 2009, je pense que le bilan est donc assez positif. Nous n’avons pas marché sur la Lune, et il n’y a pas de quoi faire ce Tour d’Europe une aventure hors du commun, qui mériterait d’être citée dans les exemples du genre. Bien des gens de notre âge ont du faire la même chose, sans doute parfois mieux. Néanmoins il semblerait tout de même qu’ils ne soient pas nombreux, et c’est là que réside notre part de fierté, dans une certaine originalité, une part de non conformisme. Il y avait dans cette aventure une recherche des autres et une recherche de soi, et alors qu’on décrit notre génération comme cherchant ses repères, nous ne nous fondons pas dans la masse. De même ce voyage était une ouverture, une ouverture à l’Europe, ce continent qui nous intéressait tant, peut être parce que nous savons que l’avenir se jouera avec lui. Mais très simplement ce périple nous aura donné l’occasion de vivre certains de nos rêves, ceux de dépasser les frontières et de voir de l’ailleurs ; et nous savons tous qu’aujourd’hui comme hier, ça n’est pas du luxe. En ce sens, pour avoir osé, pour avoir cédé à nos envies les plus folles, peut être pourrons nous un jour nous vanter d’avoir été, pendant un temps, une étrange sorte d’aventuriers.

Lucas

 

Les Allemands refont leurs ponts, et nous patientons. Sur la route de Jack Kerouac me tient compagnie et me donne d'autres idées un peu folles. Ce tour d'Europe restera positif puisque j'ai découvert de nombreux paysages et de nombreuses villes. Mais j'ai un regret qui me poursuit depuis quelques mois maintenant : celui de ne pas avoir assez appris sur la population européenne. J'ai grandement apprécié les séjours chez nos différents amis Erasmus, et c'est à ces endroits où j'ai eu l'impression d'être pleinement dans le Tour d'Europe. Alors, si quelqu'un d'un peu fou passe ici et rêve d'un tel périple, je lui conseillerai d'entrer un peu plus en contact avec la population locale. Je pense qu'on aurait pu par exemple se faire parfois quelques heures chacun de notre côté, en essayant de partir à l'abordage des autochtones. L'exemple norvégien a montré qu'après quelques milliers de kilomètres, ce n'était pas toujours facile de garder l'ambiance au beau fixe. Il faut que chacun puisse avoir un peu de liberté, un peu de temps libre, seul.

Alors oui, si je dois reprendre la route, je vais profiter de cette expérience européenne. 41 jours qui nous auront appris autant qu'une année de cours, si ce n'est plus, et pour des frais plus que réduits.  Beaucoup pensaient qu'une telle expédition de 15 000 km en Clio 1995 était impossible. Mais ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

 

Jérémy

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 09:58

Réveil sous la pluie, un de plus !  Aujourd’hui est le jour où nous quittons la Norvège. Après un réveil tardif pour certains d’entre nous, vers 11h, nous filons alors vers Bergen, doucement, tranquillement. Une fois là bas nous aurons tout le temps de visiter la ville, puis d’embarquer dans la soirée dans le bateau qui nous conduire jusqu’au Danemark durant la nuit. Vers midi, Bergen est déjà en vue, et notre réservoir est vide. Nous avions prévu le coup afin de ne pas devoir racheter de l’essence à prix d’or ici.

Pour assurer le coup, nous décidons de rechercher le port et le quai d’embarcation dès notre entrée dans la ville. Nous peinons le trouver. Sur le bon de réservation, Jérémy nous dit qu’il faut chercher un endroit dénommé « Stavenger », c’est là que nous embarquerons. Après plusieurs recherches infructueuses, on s’aperçoit que Stavenger n’est pas un endroit de Bergen, mais une ville ! Située à 200km plus au sud ! A qui revient l’étourderie, peu importe, mais c’est ainsi que la visite de Bergen fut avortée. Car en Norvège les routes ne sont pas droites, et on ne fait pas 200km aussi rapidement qu’en France. Il nous faudra notamment prendre quelques ferrys entre les Fjords pour arriver « à bon port », et surtout remettre de l’essence…

Le premier ferry nous coûte 30 euros, la pilule est dure à avaler…je suis d’autant plus dépité que je comptais acheter quelques souvenirs à Bergen, cette entreprise parut alors difficile maintenant que l’emploi du temps fut chamboulé. Au bout de 4h, de quelques « tolls » et ferrys, nous parvenons à Stavenger. De suite, nous cherchons l’endroit où il nous faut embarquer, là encore nous galérons. On demande même renseignement au musée du pétrole norvégien, que nous rencontrons. La demoiselle qui nous accueille nous dit qu’il faut aller à Taranger, à 15km d’ici. Va-t-on trouver ce fichu rafiot ? La ville de Stavenger est construite sur plusieurs îlots, et rien ne semble indiquer un port de ferrys à proximité. On décide dont de suivre son conseil. Il s’avère qu’il fut judicieux, puisque quelques minutes plus tard nous nous retrouvons dans la file d’attente au milieu d’européens venus de contrées diverses. Pour  tuer le temps, on se refait une partie de trou du cul. Une fois de plus, notre vieille amie la faim nous fait sentir sa présence, mais nos derniers deniers norvégiens ne nous permettent d’acheter que 2 minuscules sandwichs dans un distributeur. Auparavant, dans les ferrys, j’avais réussi à couper ma faim en buvant quelques chocolats chauds obtenus gratuitement et en avalant des sucres.  Au même moment, Jérémy n’avait lui pas hésité à finir  ce qui restait dans une assiette délaissée ^^.

Alors que nous patientons toujours pour embarquer, Romain fait la conversation avec un néerlandais, celui-ci nous annonce une mer agitée pour la nuit. Sous les coups de 21h, nous embarquons enfin. Dès l’entrée dans le navire, on s’installe devant la scène du bar où le chanteur guitariste règle son instrument. En une bouchée, nous dévorons notre maigre sandwich acheté une heure plus tôt. Ce tour d’Europe promet alors de se finir dans l’esprit de sacrifice et de privation qui a prévalu presque tout le temps. Nous nous préparons à passer la nuit avec ce peu de nourriture dans le ventre…C’était sans compter la faim qui parfois vous pousse à franchir des limites qui vous paraissent infranchissables en temps normal. Ainsi, devant les poulets frites qui défilent devant nos yeux, venant satisfaire la faim des centaines de passagers, l’envie est grande de sortir la carte bleue et de faire un dernier craquage pour célébrer la fin de l’aventure. Mais il serait trop bête de craquer maintenant…Avec Jérémy nous  cherchons alors à récupérer discrètement les plateaux déposés par certains passagers n’ayant pas tout mangé leur assiette. Inutile de préciser qu’un sentiment de honte m’envahit, mais j’essaye de le mettre de côté afin de penser à l’essentiel : ne pas dormir le ventre vide. Nous sommes récompensés une première fois avec quelques frites, mais c’est encore bien trop peu. A un moment donné, je décide d’intervenir auprès de l’employée qui débarrasse les plats en les jetant à la poubelle devant nos yeux. Ma timidité semble disparaitre subitement à cet instant, même si je ne peux dissimuler ma gêne. J’ignore ce qu’elle pensa de notre situation, si elle comprit ce que j’ai voulu lui dire, mais elle m’expliqua que nous risquions d’être malades si on se mettait à manger les restes. Désemparé par sa réponse, elle qui craint surement d’être rappelée à l’ordre par ses supérieurs, et dépité par les regards accusateurs des gens aux alentours qui commencent à s’interroger, je décide d’abandonner et de retourner au bar où Romain est resté, devant le guitariste qui s’est maintenant mis à jouer. Le musicien est bon, même excellent, mais notre échec m’empêche de profiter pleinement de la situation. C’est alors que Jérémy revient en héros, avec deux assiettes pleines de saucisses et de purée ! Hilare, il nous explique que la serveuse a en fait expliqué la situation à sa supérieure, qui a décidé de « faire un geste ». Quelques secondes auparavant, un suédois qui avait compris notre petit jeu était venu voir Jérémy pour lui proposer de nous payer notre repas, mais celui-ci avait bien fait de refuser.

P1030574.JPGTout heureux de cette bénédiction, nous en dégustons chaque bouchée. Seul Romain peine à en profiter pleinement, à cause du mal de mer qui commence à lui jouer des tours. Il parviendra à le calmer par la suite grâce à un cachet de menthe poivrée. Peu après, Jérémy et Romain décident de partir vers la salle des couchettes afin de dormir. N’ayant pas sommeil, je reste encore un peu devant notre guitariste, un écossais, qui enchaine les bonnes prestations, reprenant notamment Eric Clapton. Je file ensuite faire un brin de toilette, me raser notamment, ce qui ne fut pas fait depuis la Finlande. Peu après, je visite le shop où il faut s’efforcer de ne rien faire tomber car le bateau commence à tanguer sérieusement. Quand je reviens au bar, où l’écriture de l’introduction de ce blog m’attend, ce dingue de chanteur est encore là, avec une reprise de « Highway to Hell » d’AC/DC à la demande d’une bande de potes éméchés.  C’est l’un des rares moments de solitude de ce tour, une sensation inconnue depuis maintenant 48 jours. L’ambiance est étrange, et cette fois ça pue la fin. Peinant à réaliser que nous revenons le lendemain, j’écoute notre écossais. Peinant à réaliser que nous venions de franchir 23 frontières différentes en si peu de temps, parcourus près de 15000 km, je me laisse bercer par la musique. Alors que le chanteur raccroche sa guitare, la fatigue ne  me fait toujours pas vaciller. Je m’en vais alors faire un tour sur le pont, voir d’un peu plus près l’immense masse de fer se soulever et retomber sur la mer noire et agitée, comme l’avait bien dit le néerlandais. Pas d’étoiles dans le ciel norvégien, ou peut être quelques unes, mais effacées par l’éblouissante lumière du ferry : « BERGENSFJORD ». P1030570.JPGCa venait donc de là cette histoire de Bergen… ! L’envie d’aller me coucher n’était toujours pas venue, mais il était maintenant 1h30 du matin, et je décidais donc de me rendre au devant du 4e pont, dans la salle des couchettes. Installé dans un siège qui s’inclinait peu, je mets une bonne heure à m’endormir. Alors que je commence à y parvenir, le son atroce de vomissements d’une femme assise à proximité me sortent de la torpeur ainsi qu’une partie des passagers. C’était sans compter la franche partie de rigolade qui suivit entre elle et sa voisine, ce qui cette fois réveilla toute la salle. C’était une allemande. On m’avait bien dit que les allemands étaient impossibles à vivre une fois qu’ils sortaient de leurs frontières…Ma deuxième tentative d’endormissement sera vaine, et vers 3h45, je décide donc de trouver un autre endroit où dormir sur le Bergensfjord. Je le trouve sur l’une des banquettes du bar mais le froid vient troubler ce qu’il reste de ma nuit. A 6h30, l’appel du capitaine achève mon supplice, et je retourne dans la salle des couchettes où je retrouve un Jérémy réveillé. Vers 9h30, nous débarquons. La route finale nous attend.

Lucas

P1060385.JPGCette erreur et la course poursuite qui s'en suit me fait mal. Financièrement bien sûr, mais c'est surtout un nombre considérable de Fjords et de villes que nous avons manqué. Qu'importe, nous ne manquerons pas notre Titanic ! Sur celui-ci, j'ai apprécié l'épisode recherche de nourriture qui fut un véritable succès et me permit d'observer la gentillesse de nos amis norvégiens. Et puis après une nuit paisible, j'ai vu le soleil se lever pour mon plus grand plaisir. Il reste maintenant pas mal de route avant notre retour.

Note de la journée : 10/20.

Jérémy

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