6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 09:48

A 9h30 nous démarrons notre remontée express de la Finlande. Direction le cercle polaire arctique, et Rovaniemi, où résident les parents de Laura. C’est à cet endroit que nous allons passer quelques jours, et durant le trajet je peine encore à réaliser que nous ayons parcouru autant de kilomètres, vu tellement de paysages, pour enfin en arriver là, si haut sur la carte. La Finlande que nous traversons est telle que je l’imaginais : des successions de forêts et de lacs, qui me rappellent le Canada. P1030080.JPG

On s’arrête sur une aire d’autoroute, après avoir déjà bien avancé dans notre trajet. Une fois encore les prix nous impressionnent par leur démesure. Nous crions alors à la folie quand Laura, par un beau geste, décide de nous offrir quelques glaces Haagen Daas ! Un régal, surtout pour les affamés qui sommeillent toujours en nous.

Vers 20h, nous parvenons à Rovaniemi dans un décor canadien encore accentué. La maison de Laura est au cœur de la forêt, à la périphérie de la ville. A l’instar des prix, les perceptions des distances sont également bien différentes des nôtres. Ainsi, Laura considère comme voisine la ferme situé à un peu plus d’un kilomètre de chez elle ^^. Elle nous explique que l’un des bâtiments de sa maison fut réquisitionné par les allemands durant la seconde guerre mondiale. La raison de leur présence dans un endroit aussi reculé s’explique évidemment par la proximité de la frontière russe.

P1060161L’accueil de la famille de Laura se révèle très scandinave, c'est à dire assez froid. Selon Romain, fort de son expérience d’une année dans les saunas suédois, c’est en fait plutôt normal, et nous nous apercevrons bien vite qu’ils sont loin d’être mécontents de notre visite.
Le repas est une véritable délivrance. Au menu, un barbecue, accompagné notamment de fromage et de gâteau de renne, cet animal se cuisine en effet à toutes les sauces dans la région.  Après avoir soigné l’estomac comme il le fallait, on s’est essayé au trampoline alors que les moustiques, dont l’attaque était prévue, prenaient littéralement nos jambes d’assaut. Ensuite, on s’est baladés en forêt autour de la propriété familiale, accompagnés notamment du petit frère de Laura, qui du haut de sa dizaine d’années roule déjà en moto.

P1060166.JPGPuis vient le temps du sauna. Alors que Romain n’en est pas à son premier fait d’armes en la matière, Jérémy et moi somment des novices. Je n’ai pour ma part testé qu’une fois ce machin – dans les bains de Budapest justement -  et à vrai dire je n’en comprenais pas vraiment l’utilité. Au moment de s’y plonger, Romain et moi sommes l’attraction pour s’y être engouffrés avec nos serviettes. Or la tradition lapone prône la nudité ! Ce sera pour la prochaine fois donc, en attendant nous voici enfermés dans une petite pièce en bois au sein de la demeure, où le poêle à bois fait grimper la température à près de 70°…L’un des petits frères de Laura nous accompagne à l’intérieur, et nous met direct la pression en rajoutant constamment de l’eau sur le poêle, ce qui fait croître encore plus vite les degrés…Romain décide de se prendre au jeu en rajoutant également de l’eau et je commence à me demander si ma place est vraiment au sein de la compétition. Alors que nous commençons à suer comme des bêtes ; que nos pores se dilatent, je peine à lutter et la fuite parait la solution la plus appropriée si je ne veux pas être pris dans l’engrenage infernal de leur jeu. Malgré tout, allez savoir pourquoi, je décide de rester. Le thermomètre frise facilement les 80° et si mes souvenirs sont exacts je crois que finalement Romain et moi décidons de battre en retraite devant le petit finlandais (mais rien n’est sur, n’hésitez pas à m’éclairer).
A la sortie, la douche froide, glacée, est une libération. On récidive l’expérience deux fois d’affilée, et je commence à me prendre au jeu. L’alternance immédiate du chaud et du froid entraine le cœur, et croyez moi pour bien dormir c’est diablement efficace…

Lucas


La place dans la voiture s'ammenuise, avec la valise de Laura en plus de la demoiselle à l'arrière de la Clio ! Toute sa famille nous accueille et cela me donne une drôle de sensation. Ce que je retiens, c'est également le dinner, et quel dinner. Le dessert aux fraises rentre dans mon top 3 du tour, et je compte bien manger tel Gargantua, afin de rattraper mes 3 kilos de perdu, selon la balance familiale. L'épisode du sauna fait rire toute la famille de Laura, assise dans le divan, et même si je ne comprends pas les blagues, je rigole cependant ! Que c'est bon d'être en famille !

Note personnelle : 20/20 (absence totale d'objectivité)

Jérémy

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 09:47

Le bateau nous obligea à un réveil dès 6h30. L’excitation de revoir Laura n’étant sans doute pas innocente dans l’affaire, Jérémy n’aura dormi que 4h, pour se lever à 5h cette nuit là. Avec seule une banane dans le ventre, que nous avions précieusement conservée, nous embarquons dans le but de traverser cette partie de la Baltique.

 Le climat se révèle de plus en plus froid à l’approche des côtes finlandaises, y compris au sein du navire. Nous en profitons pour faire un brun de toilette, et Jérémy et moi décidons de parcourir l’embarcation, alors que Romain s’en va dormir sur une banquette. A ce moment là sonne l’heure des retrouvailles entre Laura et Jérémy. Pour ma part, je n’avais vu Laura qu’une fois lors de ma visite à Canterbury en avril, loger chez elle durant quelques jours était donc un nouveau pas dans l’inconnu.

P1030049.JPGNotre hôte nous fit immédiatement visiter sa capitale, qui restera pour moi l’une des déceptions majeures de ce voyage en termes de ville. Une architecture bien pauvre et froide à mon goût explique notamment cette impression. Nous passons le repas du midi dans l’un des parcs de la ville, très fréquenté par les jeunes de la ville, où règne dans l’air une certaine insouciance. Il y avait longtemps que nous n’avions plus goûté à un tel repas, fait de fromage, de pain, et de pâtisseries et d’une pomme. Laura savait bien sûr que notre estomac n’était pas le plus grand fan de ce tour d’Europe, et elle avait pensé à nous. Lors de ce repas, je réveille difficilement mon anglais endormi depuis des lustres, afin de raconter avec toutes les peines du monde la fameuse histoire grecques et notre arrestation par la police. 

 

Après cela, on s’est mis en route vers une petite île P1030063.JPGau large de la ville, afin de visiter les ruines d’un vieux château, détruit notamment par les troupes anglaises & françaises. Nous y passons environ deux heures, avant de retourner sur le continent vers la voiture de Laura. Déjà, il nous faut en effet repartir, car ce soir nous dormons à Tampere. Il s’agit d’une ville située environ à 300 km au nord d’Helsinki, majoritairement étudiante, où Laura nous offrira les clés de l’appartement d’une de ses amies, une certaine Milla. Nous poursuivons donc inlassablement notre remontée vers le nord, et la route passe rapidement, agrémentée par nos discussions.

Une fois à l’appartement, nous mangeons rapidement un peu de pain et de confiture, et prenons une douche. P1030078.JPGLa suite de la soirée se déroule dans l’un des pubs de la ville, en compagnie du groupe d’amis de Laura. J’y commande un cidre à 4,80€ (!), ce qui me donne un premier aperçu du niveau de vie  finlandais. Au départ, je m’ennuie un peu, ne comprenant pas du tout leur anglais (mais je ne suis visiblement pas le seul !). Puis vient le temps des jeux de société, où la French Team fait alors une prestation remarquée. Il s’agit du « time’s up », si ma mémoire est bonne, dont le but est de faire deviner un mot par d’autres à ses partenaires. Il faut bien évidemment jouer en anglais, mais cela ne m’handicapa pas plus que ça à ma grande surprise. Au final, une victoire sans appel pour nous 3, et mais nous en retiendrons surtout un moment assez atypique, là au beau milieu d’un groupe de Finlandais, à Tampere, plus au Nord que jamais je n’espérais aller. A notre retour à  l’appartement, un bon repas fait de pâtes, de fromage et d’un peu de viande nous attend. La nuit finlandaise fut alors l’une des plus réussies.


Lucas


D-Day ! Helsinki ne  vaut guère le détour mais je n'en ai cure ! J'ai récupéré les restes d'un sandwich sur le bateau et je les déguste. La soirée fut sympa et j'ai notamment découvert à cette occasion une lesbienne mariée, prêtre, qui souhaite avoir un enfant. Nous avons du retard !

Note de la journée : 20/20 (absence totale d'objectivité)

Jérémy

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 09:46

europa tour (54)Autant la Lituanie parut sans âmes qui vivent, autant la Lettonie nous impressionne par sa densité exceptionnellement élevée de jolies filles, en comparaison à son nombre d’habitants (2-3 millions).
C’est le ventre vide que nous attaquâmes Riga, ville coquette qui fut vite traversée par nos yeux qui attendent davantage Tallinn. Beaucoup de mendiants dans les rues de cette capitale, où l’allocation chômage serait de seulement 45 euros par mois selon notre Lonely Planet, qui n’en était pas à sa dernière absurdité à ce moment là du Tour. D’autant qu’ici le coût de la vie est à notre grande surprise égal à celui de la France, si ce n’est supérieur.

Avec nos 1,18 LT, la monnaie locale, que nous réussîmes à obtenir au change, nous parvenons à nous acheter deux pains et une brioche que nous dégustons le midi même avec un peu de confiture à proximité d’une foire.P1060099.JPG

Et puis la route reprit ses droits jusqu’à l’entrée dans Tallinn après une centaine de kilomètres de forêts traversés non stop si ce n’est plus, où règnent les premières maisons en bois qui feront notre quotidien scandinave. Avant d’arriver dans la capitale, nous fîmes une pause sur la plage que la route longeait, avec comme but se baigner dans la Baltique (qui n’a jamais rêvé de se baigner dans la Baltique ?) Celle-ci se révéla comme prévu plutôt froide, mais également assez sale.  

Le soleil de la fin d’après midi donnait à Tallinn de superbes couleurs. Alors que la faim nous tiraille dans les rues de la ville, nous rencontrons un terrain de foot, et forcément l’envie de participer au match qui se déroulait nous tenta. Mais cette expérience devait s’avérer difficile le ventre vide, c’est pourquoi nous repartîmes manger le peu de rations qui nous restaient dans la voiture. Mais le temps de revenir, les joueurs étaient partis.

Tallinn fut superbe à mon goût. Au départ, c’est une fois encore une impression de vide qui nous frappa quand nous déambulions au milieu des ruelles médiévales sans aucun habitants ni touristes aux alentours ! P1060144.JPGAu fur et à mesure que nous approchâmes du centre, le peuple se montra. La vieille ville est un endroit à visiter, avec sa vue sur la mer et les ferrys près à partir, ses petites ruelles et ses remparts. Les yeux ont beau être ravis, à ce moment là nous ne savons toujours pas que donner à notre estomac…Les supermarchés sont curieusement absents, et le prix dans les supérettes que nous rencontrons est démentiel. C’est là que l’on se rend définitivement compte que le soi disant bon marché balte conté par notre guide est une légende.

Vers 22h30, nous sommes de retour à la voiture, que nous décidons de stationner auprès des ferrys. Je me souviendrais longtemps de cette soirée estonienne. D’abord, en guise de repas du soir, il a fallu se contenter du restant de pain (4 tartines, pour trois !) et de confiture, un mauvais présage. Alors que la nuit s’avance, Jérémy décide de se coucher dans la tente que nous avons placée en plein milieu de la ville, dans un petit parc, toujours dans le but de ne pas s’éloigner des navires.P1060138.JPG De notre côté, Romain et moi décidons de voir si la « night life », qui fait la réputation de Tallinn, est de rigueur ce soir. En effet, nous entons de la musique au loin et décidons de nous approcher de la source. Notre curiosité nous conduit à une marche de 45 minutes, dont la majorité se fait à contre courant d’une foule de plus en plus grande au point qu’elle en bouche une artère de la ville. Que se passe t il donc ce soir dans la capitale estonienne ? Très vite, nous commençons à comprendre pourquoi Tallinn paraissait vide quand nous sommes arrivés en début d’après midi. Aux affiches et T-shirts croisés, on s’aperçoit qu’il y avait ce soir un concert de Madonna, ainsi que la présence d’un DJ, tout cela apparemment gratuit, dans l’une des enceintes. Mais il est désormais trop tard, et c’est déçu que je rentre bredouille à la tente. Décidément pas résolu à se coucher, alors que le réveil de demain a prévu de sonner tôt, Romain repart vers la ville afin de se faire appeler dans une cabine.


Lucas


J-1 ! Alors que l'amour approche, c'est la Lettonie et l'Estonie qui nous accueillent. Et ce fut deux bonnes surprises. Peu de touristes et de beaux paysages. Se baigner dans la Baltique sonnait bizaremment dans nos esprits, et l'eau se révèle plutôt bonne. Cependant il fait un peu plus frais et j'ai remis mes chaussures, une première depuis l'Allemagne. Nous sommes maintenant au-dessus de l'Angleterre. Et plus nous remontons et plus les prix font de même ! Ah regretté Pologne ! Et demain...

 

Note de la journée : 14,5/20.

Jérémy

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 09:45

 Dur réveil polonais. Les cris & remontrances d’un couple de vieux fermiers polonais nous réveillent dès 7h30. La raison ? Lorsque nous avons posé la tente la nuit dernière, l’obscurité nous empêcha de constater que notre emplacement était en plein sur le chemin qu’empruntaient les vaches.  En Pologne, nous ne comptions voir que ce que nous avons vu dans la journée d’hier, c’est pourquoi l’objectif du jour est de remonter vers les pays baltes et plus précisément vers Tallinn, capitale de l’Estonie, où nous prendrons le ferry jusqu’en Finlande.

Ce fut l’une des rares journées grises et pluvieuses de notre Tour. La traversée de certains paysages accentue l’impression de tristesse qui se dégage d’une partie de la Pologne que nous avons traversée. Pour la première fois depuis longtemps, le pull est donc de rigueur. Peu de choses à souligner lors de cette journée entièrement consacrée à la route. On en profite alors pour revenir à nos traditionnelles discussions thématiques. Aujourd’hui le sujet est tombé sur la légalisation de la prostitution ainsi que celle du cannabis !

Assez étrangement, la journée polonaise est l’une de celles qui me fera le plus penser au retour. Je n’avais à ce moment guère de plaisir à me trouver à cet endroit, au milieu des vastes plaines succédant aux vastes forêts, qui défilaient derrière les vitres. Pour la première fois de ma vie je me trouvais en Pologne, pays que j’avais hâte de découvrir, mais je ne ressentais rien. Heureusement ce sentiment ne sera que de courte durée.

P1060087.JPGDans l’après midi, nous  fîmes une pause dans l’une de ces sombres et paisibles forêts polonaises, où Romain nous dispensa d’un cours de génétique, notamment sur les OGM.

Alors que le soleil se couche, la frontière lituanienne était dépassée. Etrange moment que cette traversée du premier des pays baltes : des plaines vides, et rien d’autre. La Lituanie parait être un pays débarrassé  de ses habitants. Sur le compteur de la Clio, nous découvrons que nous venons de franchir la barre des 10000 km. Il est presque 23h quand nous stoppons enfin notre véhicule au sein de hautes herbes après avoir remonté d’une traite l’un des plus vastes pays d’Europe. Nous nous endormons après quelques histoires sous la tente, au menu du soir il y a notamment le cœur de Jérémy en Allemagne et une dénommée Magali de mon côté… Comme ce fut redouté, la nuit lituanienne était glaciale.

Lucas

Notre ami a oublié un détail important, Romain s'est fait draguer par une prostituée à la sortie d'un bois, alors que nous nous étions arrêtés quelques instants au bord de la route ! Il y eut également l'épisode Patrick Sébastien, sur lequel je ne pouvais conduire au risque de donner des violents coups de volants ! Néanmoins, j'avoue avoir apprécié le cours de sciences naturelles !

Note personnelle : 11/20.

Jérémy

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 09:43

Ce fut un réveil slovaque, cette fois ci. Se réveiller presque chaque matin dans un pays différent est une sensation plutôt singulière, mais on commençait à s'y habituer. Une fois de plus nous délaisserons l'une de nos étapes, la Slovaquie n'aura eu de nous que peu d'intérêt, et fut vite traversée. Nul doute qu'il y a pourtant bien des choses à y voir, et nous nous efforcerons de lui faire honneur par le futur.

P1060050 (modifié)

 

La Pologne nous attend. Entre nous l'atmosphère s'emplit de calme et de sobriété, du fait de notre future destination. Inconsciemment nous restons silencieux, attentifs, voire anxieux. Le camp d'Auschwitz est notre première étape polonaise. Nous n'avons pas hésité longtemps avant de décider de nous y arrêter. Tout savoir et tout connaitre du continent que nous avons traversé était un objectif bien trop ambitieux. Mais commencer à comprendre l'Europe suppose de s'arrêter à Auschwitz. 

Avant cela nous nous arrêtons au premier supermarché rencontré, un Auchan, afin de nous y procurer un nouveau réchaud à gaz, ce qui fut un échec. Nous nous sommes alors contentés de nous rassasier de pain, d'œufs, de fromage et de quelques bananes. Nous n'avions pas vraiment mangé depuis le sacro-saint barbecue de Gargo.


Vers 14h nous parvenons à Auschwitz. Pénétrer dans le camp suppose de passer sous la cynique inscription au portail: « 
Arbeit Macht Frei » (« Le travail rend libre »). D’entrée, l’angoisse prend le pas, même une forme de culpabilité pour moi. Nous décidons de nous séparer pour « visiter » le site.


P1060065.JPGNous nous retrouvons au milieu des touristes, sous le ciel on ne peut plus bleu. Pourtant c’est ici. Auschwitz-Birkenau, camp d’extermination, 1 million d’âmes ont péri ici, massacrés de manière industrielle. Dans les allées, j’observe, je tente de réaliser. C’est difficile. Je tente de me mettre à leur place, rien qu’une seconde, déambulant au milieu des sinistres bâtiments, qui paraissent pourtant sans histoires et sans drames sous l’éblouissante lumière du soleil. Je regarde les autres, tous ces gens venus ici, certains savant pourquoi, d’autres non. Il y a ceux qui restent pantois, déconcertés, et ceux qui s’en foutent. J’en ai vu quelques uns ne pas hésiter à se prendre en photo devant les bâtiments, même devant les fours crématoires, ou les potences…Ecœuré, j’ai du mal à réaliser qu’ils ne comprennent même pas. Pas maintenant, pas de nos jours, avec tout ce qu’on sait… Je pense à ceux qui sont morts ici, s’ils savaient qu’un demi siècle plus tard on se pavanerait sur leurs tombes, censées être un lieu de recueillement, « pour ne jamais oublier », « plus jamais ça ». Ici pourtant règne l’impression que les souvenirs s’érodent déjà, malgré tous les efforts déployés par ceux qui entretiennent le site. En ressortant d’Auschwitz, j’étais doublement miné.P1020959.JPG D’abord pour avoir vu ce qui s’était passé ici, et ensuite pour avoir vu ce qui s’y passait maintenant. Aujourd’hui le devoir de mémoire passe par  la visite du site, qui voit passer de plus en plus d’esprits désabusés, qui n’en ressortent guère affectés par la tragédie humaine qu’ils viennent de voir. L’important est sans doute la photo choc qu’ils pourront montrer à leurs proches. En ressortant d’Auschwitz je craignais que l’histoire ne puisse se répéter, indéfiniment.

 

Nous reprenons la route, direction Cracovie, que nous atteignions en début de soirée. Nous tentons de visiter la ville de nuit, très jolie ville soit dit en passant, mais la fatigue reprend rapidement dessus, et nous cloue au sol au niveau de la grand place, où se jouent divers numéros de cirque.

P1060081

J’achète quelques souvenirs, et nous décidons de nous connecter dans un cyber café. Nous quittons Krakow rapidement, vers 22h, afin de trouver un endroit où manger et nous reposer. En Pologne, pays très catholique, les églises sont légions et nous nous posons devant l’un d’elles dans un village pour nous restaurer. La nuit noire veillait sur nous, tout juste atténuée par le faible éclairage public de l’Eglise. Encore un de ces moment de voyage que je n’oublierai pas. Ici la Pologne, après Auschwitz, au pied d’une église, par une chaude nuit d’août…

Lucas

J-3. Oui, je compte comme cela à partir de ce jour, en imaginant ma chère et tendre de l'autre côté de la Baltique. La Pologne est envahie par la France, ou plutôt par les enseignes françaises : Auchan, Carrefour, Peugeot, Renault, Decathlon... Et puis Auschwitz, qui marque, forcément. Cracovie est jolie mais difficile de passer à une atmosphère de fête. Une journée différente, qui vallait le coup d'être faite même si elle jouait sur notre moral.

 

Note de la journée : 16/20.

Jérémy

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 09:42

P1020879--modifie-.jpgLe réveil est difficile en cette première journée d’août sur les bords du Lac Balaton. La soirée d’hier s’est terminée relativement tard, et il nous faut déjà reprendre la route. Au petit déjeuner, nous avons la surprise de découvrir de minuscules poissons pêchés par Gargo ! Ainsi que du pain, du beurre et de la charcuterie. Nous avons là un aperçu du petit déjeuner hongrois, tendance salée. Après une douche, nous faisons déjà nos adieux auprès de la tribu magyar, tout en laissant discrètement dans la maison la traditionnelle carte postale de France à l’intention de Gargo ; carte que nous laissons à chacun de nos hôtes depuis le début du Tour, comme un modeste remerciement.

 

Vers 11h30, nous continuons notre remontée fantastique vers le Nord de l’Europe, avec pour cible du jour une étape très attendue pour ma part : Budapest, la perle du Danube. Nous parvenons dans la capitale hongroise en début d’après midi, et aussitôt descendu de la voiture je retrouve mon précieux couteau suisse que je croyais perdu, ou plutôt Jérémy et Romain me le font redécouvrir. Couteau retrouvé mais bracelet perdu, ce bracelet que je portais depuis 2007 et les Etats Unis, qui disparut le long du Danube, sous les effets du temps et de l’usure.

 

 

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Nous commençons par la visite de la colline fortifiée, située sur Buda, l’une des rives de la capitale. Sur cette colline se trouvent un château vieux de plusieurs siècles avec une vue en or sur le reste de la ville, ainsi que l’Eglise Mathias. Alors que le soleil est au zénith, Romain décide de profiter d’une cabine téléphonique pour appeler gratuitement sa famille (je ne sais plus par quel procédé). Pendant ce temps, Jérémy m’évoque déjà ses projets de tour du monde…^^ 

 

Puis vient le temps de notre traditionnelle danse sur les remparts, qui n’en finit plus d’étonner les touristes présents sur le site. Après cela, nous nous dirigeons vers Pest, la partie de la ville située sur l’autre rive. Nous ne sommes en fait que deux à traverser le Danube, Romain refusant de le faire, son aversion pour les villes l’incitant à rester à la voiture pour se reposer. Le Parlement hongrois, situé à la descente du magnifique « pont des chaînes », est non moins superbe.

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Tout juste rénové, c’est une claque architecturale, un des plus bels édifices de ce parcours selon moi. Le long des berges du Danube, il y a quelques arbres dont les fruits ressemblent à des prunes. Nous en profitons pour en récolter quelques unes. Elles sont comestibles, mais nous ignorons cependant ce dont il s’agit. Au bord du fleuve, nous tombons sur un endroit où sont fixées au sol des dizaines de chaussures en métal. Nous apprenons qu'il s'agit en fait d'un lieu de mémoire pour les juifs tués jetés à l'eau en 1945.

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Vers 18h30, nous rejoignons Romain pour faire route vers le nord de la ville et ses fameux bains que je crois gratuits et accessibles à tous. En réalité dans le bâtiment d’entrée, après avoir traversé l’impressionnante Place des Héros, nous nous apercevons que la réalité est tout autre. 10€ l’entrée…Nous croisons un couple de touristes français ravi qui nous conseille vivement d’y aller. Après quelques tergiversations, nous décidons qu’il faut savoir effectuer les bonnes dépenses quand elles le méritent, et entrons dans les vestiaires. Nous ne le regretterons absolument pas. A l’intérieur nous attendent des bains dont l’eau est chauffée naturellement, et qui contiendrait certains bienfaits. Des bains à l’extérieur, avec quelques jets d’eau permettant les massages, et une ou deux tables pour jouer aux échecs ! Jérémy en profite d’ailleurs pour s’initier de nouveau à ce jeu, dont les pions sont gracieusement prêtés par un hongrois. J’avais déjà entendu parler de ces bains, et c’était pour moi une des principes attractions de la ville, qu’il fallait faire. Mon souhait est exaucé dans ce décor enchanteur, alors que le soleil se couche. A l’intérieur, une succession de petites piscines aux températures différentes, ainsi qu’un sauna, qui me donnera fort mauvaise première impression.

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Nous ressortons des bains Széchenyi de Budapest complètement vidés, et détendus. La faim fait son apparition, et nous dépensons nos derniers florins pour un modeste paquet de chips d’une station essence, ou nous croisons quelques supporters de foot. Nous retraversons Budapest de nuit, ce qui vaut le détour, notamment pour son Parlement qui brille de mille feux. Vers minuit/1h du matin, nous entrons en Slovaquie, où nous plantons la tente assez rapidement dans une obscurité totale…


  Lucas

 

Budapest restera pour moi la plus belle ville que l'on ai visité, après Istanbul, et dans un genre très différent. Le château de Buda, le parlement de Pest, deux joyaux architecturaux. Notre ami russe reste de l'autre côté du pont, à notre étonnement. Puis vient le tour des bains hongrois, dont je ne souhaitais pas forcément la dépense des 10€. Mais au regard triste de mes amis, j'accepte d'y aller un peu à contre coeur, pour un plaisir certain. Le sauna à 90°C restera dans les annales. Je me couche en ayant particulièrement faim mais heureux d'une belle journée.

 

Note personnelle : 17/20.

 

Jérémy

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 09:37

En ce vendredi 31 juillet, nous nous dirigions vers le lac Balaton, le plus grand lac d’Europe, situé en plein cœur de la Hongrie.

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Cette destination n’était pas prévue au programme. En effet, Romain nous avait prévenus qu’un de ses amis hongrois qu’il avait rencontré en Suède avec Erasmus pouvait nous héberger à Budapest. Une fois le contact pris avec lui, il s’est avéré qu’il séjournait à ce moment sur les bords du lac, dans la maison de son grand père. Sur la route, nous traversons une multitude de villages hongrois alors que le soleil brille déjà, sur des airs de musique classique qui passent à la radio.

Une fois sur les rives du Balaton, nous avons rencontré l’ami de Romain, un certain Gergely Abay, surnommé par tous « Gargo » et passionné de plantes selon Romain. J’appréhendais toujours les visites chez nos hôtes étrangers, en raison de la barrière de la langue. Mais de suite, Gargo me fait bonne impression avec sa mine souriante et ses airs de « clubber ».

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Après quelques présentations, nous filons directement à la plage, située quelques dizaines de mètres en contrebas. Là encore, l’argent nous défie puisqu’il faut payer 1€ pour y accéder. La logique de notre voyage nous pousse une fois de plus à la fraude, et nous parvenons à pénétrer la plage…par la mer, au prix d’un petit détour en nageant. De retour sur le bord, nous nous allongeons sur la plage, alors que Romain se presse de retourner se baigner. Jérémy est bien silencieux depuis notre arrivée sur les bords du lac. Il faudra insister quelque peu avant qu’il nous avoue son désir ardent de nourriture. En effet, après la Croatie il manque de s’évanouir une deuxième fois, sans l’intervention en urgence du pain et du chocolat fondu grâce au soleil, achetés chez l’épicier du coin ^^. Après cette petite frayeur, nous retrouvons des couleurs quand Gargo évoque un barbecue prévu le soir chez une de ses amies. L’idée et l’odeur du barbecue hantera nos esprits jusqu’à la fin de la journée ! Vers les 17h, nous faisons une petite partie de volley avec Gargo et l’un de ses potes. Nous n’avons pu vraiment dialoguer avec ses amis puisque ceux-ci ne parlaient pas un traître mot d’anglais, cela dit, à titre personnel, je ne sais pas si ça m’aurait aidé davantage !

 

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Nous passons la fin de l’après midi au sein de la maison du grand père de Gargo, où l’on discute en attendant que chacun prenne sa douche. Gargo nous parle de musique et de cinéma, mais également de marques de textiles, ce qui accentue encore mon impression de converser avec un Hongrois fashion victim ! Pour patienter avant le barbecue, Gargo nous offre une glace à Jérémy et à moi, alors que Romain prend sa douche. Reste que celui-ci ne put avoir de glace à son retour, en raison de la rupture de stock, ce que Jérémy et moi ignorions, mais Romain n’en croit pas un traître mot et la controverse à propos de la glace durera durant tout le séjour  ^^.

L’épisode de la glace est cependant vite oublié alors que nous nous dirigeons vers la maison de l’amie de Gargo, situé à quelques pas. Nous sommes tous les 3 affamés et tentons difficilement de le cacher. L’attente était insupportable, le temps de la mise en place du barbecue et de la cuisson. Le fait de savoir qu’un vrai repas depuis un certain temps se profile nous rend euphoriques et les blagues fusent, tandis que Gargo nous abreuve, moi et Romain, d’un mauvais rosé. Pendant l’attente, nous  ne communiquons qu’avec les deux ou trois personnes qui parlent anglais, alors que nous sommes une dizaine en tout. Au moment de manger, c’est une véritable délivrance pour notre estomac ! Le mien se révèle insatiable, phénomène encore inconnu, puisque plus je mange et plus j’ai faim. Quelle n’est pas ma déception quand j’apprends que la viande de kebab qui cuisait au barbecue était déjà épuisée..

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Après le barbecue, nous poursuivons la soirée dans le bar de la plage dans laquelle nous sommes allés l’après midi. Cette fois, Gargo nous attaque au vin blanc, et parviens à altérer mes dernières limites déjà bien amochées par le rosé. Nous tentons d’apprendre quelques phrases de français à notre hôte, qui se prend au jeu. Ainsi resterons longtemps dans nos mémoires les « T’es l’fils à qui ? » ou « T’as où les vignes », expressions apprises au côté des suisses, prenant une allure bien différente dans la bouche de notre ami hongrois.
Cette soirée restera comme l’une des meilleurs de ce tour, au milieu de jeunes hongrois que nous ne connaissons pas ou presque, autour d’un barbecue sur les rives du Lac Balaton…Au retour, je m’endors comme une masse, sur un lit mis à la disposition de Gargo, alors qu’une de ses amies hongroises dort dans la même pièce (ce dont je ne m’apercevrais qu’au lendemain matin).

 

Lucas

 

Le barbecue ! Si je me rappelle quelque chose de cette journée, c'est ce repas béni des Dieux et de nos estomacs. Gargo fut un hôte très accueillant et chaleureux, avec un accent suisso-hongrois merveilleux au moment de sa leçon de français. Nul doute que depuis il doit draguer les françaises ! J'ai également apprécié discuter du pays et de la situation politique avec son hôte, et notamment de la Grande Hongrie ! Et nous aurons mangé l'équivalent du PIB hongrois, un plaisir ! En soirée, les messieurs avinés se lancent dans des bras de fer avant de dormir dans un bon lit douillet.

 

Note de la journée : 13/20.

 

Jérémy

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 09:35

Ce matin là, Jérémy confirme sa tendance à se lever à l’aube, presque deux heures avant nous. C’est l’estomac vide, suite à notre volonté de ne rien acheter en Bulgarie, que nous faisons route vers la capitale serbe. Vers 9h30, nous y parvenons, et changeons de suite nos KUNA, la monnaie croate, dont nous avions conservé quelques précieux deniers. Si un peu de monnaie croate peut paraître désuète à nos yeux, en Serbie elle nous a permis de nous nourrir toute la journée.europa tour (40)

A Belgrade, nous nous traînons. Alors que nous en sommes à plus de la moitié de notre parcours, la fatigue s’est accumulée petit à petit, exacerbée par le rationnement de nourriture. Belgrade restera à l’unanimité dans nos têtes comme la ville la plus fade. Elle ne réveilla pas l’intérêt trop enfoui de Romain pour les villes, et ne déclencha pas celui de Jérémy et moi. La cause de ce désenchantement ? Sans doute une réunion de facteurs. D’abord, la fatigue que j’évoquai précédemment, mais également le manque de préparation de certaines villes, que nous traversons sans réellement visiter. Sans doute y’avait il des choses remarquables, mais nous les avons ignorées et nous ne vîmes qu’une ville sans charme, qui se relève doucement des affres de la guerre, presque déjà effacés. Quelques originalités, dans certains endroits, qui resteront les seuls souvenirs de la guerre : ce mémorial en l’honneur de la France, ces affiches sur lesquelles figurent les portraits de criminels de guerre recherchés, cet agréable parc au pied d’une vieille forteresse. Mais rien de transcendant, avouons le.

 

P1020841 (modifié)C’est pourquoi après avoir rempli les bidons et effectuer notre traditionnelle danse devant la néanmoins superbe cathédrale Saint Sava de la ville, nous partions déjà vers le Nord et la frontière hongroise. Nous traversons en un éclair le nord de la Serbie au milieu de paysages plats, ne s’ennuyant jamais dans cette voiture, car entre nous il y avait toujours quelque chose à faire, toujours quelque chose à dire, toujours un sujet à méditer.

A la frontière hongroise, deux heures d’attente nous défierons. Durant ce temps qu’il fallait bien tuer, nous représentâmes dignement la France au milieu des rangées d’automobilistes. D’abord, Jérémy s’amusa à monter sur la voiture avec un drapeau français, pendant que Romain poussait la voiture et que je filmai. Apparemment la tête de notre ami l’automobiliste d’à côté valait le détour, lui qui s’aperçut que la voiture avançait sans personne au volant et avec quelqu’un sur son toit brandissant le drapeau tricolore ^^. J’ajoutai malencontreusement ma pierre à l’édifice en manquant de percuter la voiture de devant alors que je prenais le volant (ignorant le frein à main ^^). Un épisode dont je ne suis assurément pas très fier ! Une fois encore, la tête - de notre voisin de devant cette fois – valait elle aussi le détour, quand il sortit pour voir ce qui se tramait derrière lui !

P1020846 (modifié)

 

En Hongrie, nous sommes de retour dans l’Union Européenne, et cela s’entend rien qu’à la radio. Je vous laisse imaginer par cette phrase la programmation de la radio serbe. Nous trouvons un campement au calme au bord d’un champ, l’occasion d’un repas mémorable où Jérémy se plaindra longtemps après de son insuffisante quantité de pâtes ! Une fois n’est pas coutume, nous nous endormons sur quelques histoires personnelles, des premiers pas de Romain en prison (Maison d’arrêt de Faidherbe à Lille), aux rapports complexes entre Jérémy et Mr Grave, son prof au lycée, en passant par quelques unes de mes plus belles prouesses à la François Pignon !

P1020860-copie-1.JPG

Lucas

 

Après deux heures de Juvénal Habyarimana (ah mémoire rwandais quand tu nous tiens...), nous partons vers Belgrade, LA grande déception de ce tour d'Europe. Heureusement que nous nous amusons à la frontière ! Le soir, je manque des pâtes et les deux loukoums n'ont que trop d'espace dans mon estomac. Cependant, la Hongrie et son hôte arrivent à grand pas !

 

Note de la journée : 9/20.

 

Jérémy

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 09:34

 Après un gros détour par Vladivostok qui nous prit quelques mois (blague ironique de l'auteur : le récit de ce tour prend beaucoup plus de temps qu'imaginé), nous arrivâmes enfin à Sofia. Depuis ce fameux mercredi, de l'eau a coulé sous les ponts! Ainsi pour la première fois, je peine à relire mes notes de crayon de bois qui subissent les effets du temps, et certains des moments évoqués dans mon carnet ne me rappellent plus rien.


   

Vers les 11h du matin, nous entrons dans la capitale bulgare, ville de 1.2 millions d'habitants mais étrangement très étendue. Nous apprécions le retour de TOMTOM, notre bien nommé GPS, dans le coma depuis la Grèce. 

europa tour (34)

Sofia est une superbe ville. Une fois encore, nous découvrons un univers nouveau, que ce soit au niveau des paysages ou de la population. Pour la première fois, nous visitons des Eglises orthodoxes, dont l'atmosphère rompt véritablement avec nos Eglises catholiques. Dans ce genre d'édifice, beaucoup de bois, et les murs sont entièrement recouverts de peintures. La messe orthodoxe renforce notre impression d'exotisme. Les rues de la ville sont bourrées de charme, sans savoir vraiment l'expliquer. J'ai personnellement l'impression de découvrir pour la deuxième fois, avec Istanbul, une ville réellement différente, qui se démarque de toutes les autres quelque peu semblables que nous avons déjà visitées. Seul Romain semble rester insensible à l'univers bulgare qui nous séduit Jérémy et moi, lui qui n'a jamais vraiment apprécié les villes. Il décide de faire une sieste dans un parc au pied de l'imposante Cathédrale Alexandre-Nevski. Pendant ce temps, Jérémy et moi en profitons pour rentrer dans un étrange bâtiment aux allures d'école d'Harry Potter. Le gardien nous autorise la visite, après nous avoir proposé de nous prendre en photo. Il s'agit en fait de l'université de la ville, et ses couloirs respirent encore l'ère communiste. Le temps semble n'avoir pas de prise en ces lieux.

P1020816 (modifié)

Une fois dehors, Jérémy repousse péniblement un mendiant, tentant de lui expliquer que nous n'avions guère plus d'argent que lui. Nous avons ensuite mangé près du fameux et magnifique théâtre Ivan Basov, au milieu des joueurs d'échec. Nous restâmes un moment devant une partie, au milieu du peuple bulgare, et personne ne s'étonna de notre présence, tant l'attention allait au jeu. Tranquillement installés sur l'une des tables, on se mit à déguster notre traditionnel pain tomates: l'objectif est de ne dépenser aucun denier sur les terres bulgares.

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Rapidement, on se mit en route vers Belgrade. Bien plus de temps sur la route qu'à visiter, l'éternel point faible de notre parcours, l'inconvénient majeur. Sofia ne nous aura vu qu'une poignée d'heures, sans doute méritait elle bien plus d'attention... En deux jours, nous sommes donc passés d'Istanbul aux portes de la capitale serbe, dont le nom trop souvent évoqué négativement nous effraie quelque peu. Il n'y a pas si longtemps, la zone était ravagée par la guerre et les épurations ethniques, ce qui ne manque pas d'alimenter notre imaginaire à l'approche de la frontière serbe. Vous ne m'enlèverez pas le fait que les Serbes sont des salauds, et notamment leurs douaniers, recouvrant de leur immonde tampon le tampon américain de mon passeport. Mais les Serbes ont, à l'instar des Bulgares, un bien beau pays, quelque peu indescriptible cependant quand on manque de souvenirs et surtout de vocabulaire. Non loin de la route principale du pays que nous empruntons, nous trouvons un coin isolé entouré

P1050890 (modifié)

de grandes herbes pour dormir cette nuit. Nous venons en fait de pénétrer le royaume des moustiques, qui nous harcèleront toute la soirée, plus particulièrement la chair sucrée de Romain ^^. Quelques passants nous aperçoivent et nous observent d'un air inquisiteur, il ne nous faut alors pas grand chose pour nous imaginer les voir revenir équipés de quelques Kalashnikov! Après une petite partie de cartes, la routine du voyageur nous amène au traditionnel repas fait de pâtes et de kubor, celui ci se transformant en guerre ouverte contre les moustiques. Un bon moustique est un moustique mort!

 

Lucas 

 

La messe orthodoxe m'a enchanté. Tout le monde est debout, à quelques centimètres du prêtre, et les signes de croix s'enchaînent, à l'envers.  Les Bulgares chantent. Les peintures sont nombreuses, l'autel possède quelques figurines dorées. J'avoue apprécié le beauté artistique du lieu. Alors que Romain fait la sieste, nous profitions de l'université pour découvrir au dernier étage une reconstitution focile de mammouth. Au soir, après quelques trous du cul (jeu de carte !), on mange deux loukoms, pour notre plus grand plaisir.

 

Note de la journée : 14,5/20

 

Jérémy

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 09:33

En ce mardi 28 juillet 2009, c'est un nouveau Tour d'Europe qui commence. Bientôt, nous quitterons le climat méditérranéen qui nous a bercé pendant une bonne partie du parcours. Bientôt s'ouvrirons devant nous les plaines de l'Est, cette Europe encore différente qui nous fait rêver depuis le début. S'ouvre ici l'ère des Bulgares, des Hongrois, des Polonais...puis celle des Scandinaves, que nous rejoindrons bientôt.

Mais pour le moment, c'est encore le sol turc qui héberge notre tente 3 places. La veille, la fatigue aidant, nous nous étions posés en vitesse et surtout à l'aveuglette, au bord d'une sorte de champ. Le réveil est une fois de plus relativement musclé. Les râlements et cris d'une vieille fermière turque nous sortent de la torpeur, et une fois sortis, la barrière de la langue ne nous empêche pas de comprendre que nous sommes posés en plein milieu du passage de ses vâches! Une fois de plus, nous croisons la route de nos amis bovins! Nous déguerpissons en vitesse, bien conscients de la gêne occasionnée, et la vieille dame, que son mari avait rejoint, nous gratifia finalement d'un sourire...Ah, Turquie!

Nous faisons route vers l'Ouest, et sur cette route se trouve Edirne. Ancienne capitale ottomane, la ville a encore quelques restes de son glorieux passé, dont sa magnifique & impressionnante Mosquée. On passe pas mal de temps en ville à chercher une poste, ou tout au moins une boîte aux lettres, qu'aucun panneau n'indique! Il faut en fait payer pour expédier son courrier, en plus du timbre. Néanmoins, le doute de l'arnaque plâne encore dans nos esprits! Avec les YLT restants, Romain et moi achetons quelques délicieuses pâtisseries et Jérémy opte bien évidemment pour des loukoums.

Le passage à la douane bulgare s'effectue sans problèmes. Le paysage change lentement, de même que l'atmosphère. Au cours du trajet, on s'arrête à une petite fontaine où sont déjà postés quelques voyageurs bulgares bien sympas. On effectue une toilette complète, qui nous faisait défaut depuis environ 3 jours! La traversée du pays m'offre la vision de cette Europe balkanique, plate, verte, rurale et déserte, où défilent quelques vieilles voitures au milieu de vieilles infrastructures. Nous posons le campement relativement tôt, vers 19h, dans un endroit idéal, à l'abri des regards et avec une vue magnifique sur le soleil couchant sur la plaine. A 40 km de Sofia, la capitale, notre quotidien voyageur s'installe, repas fait de pâtes kubor, suivi d'une petite partie de cartes où l'on m'initie au tarot. Comme si nous avions toujours vécu ainsi...

 

Lucas

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Journée un peu plus calme que la précédente. Edirne et sa mosquée valent le coup d'oeil. Les derniers loukoms se jouent à pierre-papier-ciseau. La Bulgarie signifie le retour au sein de l'UE. C'est un nouveau tampon sur notre beau passeport. A trente kilomètres de Sofia, je redécouvre les joies du tarot où Romain fait parler son expérience.
Note de la journée : 13,5/20.
Jérémy
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