9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 21:47

Belle-Ile en Mer, Marie Galante, Saint Vincent, les Grenadines, c'est l'océan...

Voulzy a rendu cette île mythique (et pas seulement, puisque aujourd'hui Belle Ile en Mer est jumelée avec Marie-Galante!). Car, la Guadeloupe, ce n'est pas une seule île : les Saintes, la Désirade, la Petite Terre... et donc l'île aux 100 moulins, témoignage d'une histoire industrielle : Marie-Galante.

 

Pour y aller, rien de plus facile : un bateau depuis Pointe-à-Pitre (où l'on croise les immenses navires de croisière des Caraïbes !), 20€ l'aller, et une heure de traversée. Ça secoue un peu (selon la météo), et on arrive à Grand-Bourg, l'une des trois communes de l'île.

Marie-Galante
Marie-Galante

Car Marie-Galante c'est seulement trois villes ! Enfin, villes... petites villes plutôt ! Grand Bourg permet de louer voiture et scooter (ne pas trop compter sur les transports en commun) et c'est parti pour la découverte. Au Sud, une randonnée nous permet de découvrir l'habitation Murat. Un moulin (encore!) et une traversée de forêt autour d'une ancienne plantation de canne à sucre.

Marie-Galante
Marie-Galante
Marie-Galante
Marie-Galante

Sur le parcours, il y a aussi la mare au punch : une mare remplie de punch par les esclaves en révolte ! (ne pas essayer de la boire aujourd'hui, ou vous risqueriez d'avaler des petites tortues !)

Marie-Galante
Marie-Galante
Marie-Galante

Au sud-est de Marie-Galante, Capesterre... oh les Sargasses ! Une odeur qui entre dans les narines pour un lieu qui devait être touristique à une époque. Aujourd'hui, nous n'avons pas même l'envie de nous arrêter tellement ça nous prend le nez.

 

L'Est de Marie-Galante, avec l'Atlantique devant nous, c'est un paysage désolé. Désolé, mais beau, d'une beauté irlandaise, pleine de fougue, de vent, de vagues, de caractère. On y croise des restes d'indigoteries, de ce colorant qui permettait de bleuir les tissus. On y rencontre aussi des bœufs dans les pâturages, et quelques cannes à sucre de temps à autre.

Marie-Galante
Marie-Galante

Au Nord, c'est la gueule grand gouffre, qui n'a rien à envier à Etretat !

A l'Ouest, une succession de falaises percées par les vagues, cognées par les vagues, ravagées par les vagues... sans relâche. Oh, la puissance de l'océan.

Marie-Galante
Marie-Galante
Marie-Galante

Enfin, au nord de Saint-Louis, les plus belles plages de l'île, notamment l'Anse du Vieux Fort. C'est beau, il y a une belle vue sur la Grande Terre de Guadeloupe, mais aussi sur un petit îlet et sur la Dominique (j'irai un jour!).

Marie-Galante
Marie-Galante

Marie-Galante est étonnante. Peu de touristes (j'imaginais ça blindé), et désertée par ses propres habitants : 40 000 habitants en 1946, 10 000 aujourd'hui. Beaucoup de maisons se retrouvent abandonnées, et l'île que je croyais paradisiaque ne l'est certainement pas quand on cherche du travail. Mais quand on y cherche de la sérénité, c'est le lieu idéal.

Marie-Galante
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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 13:52

La Guyane est un cul-de-sac. A savoir que l'aéroport de Cayenne, loin de l'espoir que j'avais à mon arrivée, ne dessert presque aucune ville d'Amérique du Sud (hormis le Nord du Brésil). Les seuls vols directs ? Paris. Et aussi la Martinique et la Guadeloupe. Bon, si vous insistez...

Nous voici deux heures plus tard à l'aéroport de Pointe-à-Pitre. Nous décidons de rester sur Grande-Terre pour le début du voyage (la Guadeloupe est divisée entre Basse-Terre, Grande-Terre, et les îles, j'y reviendrai).

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Direction le Sud, Sainte-Anne et Saint-François. Ce sont les lieux les plus touristiques de l'île. Des plages, des Américains, des Québecois, et un peu de kayak de mer pour moi, de la planche à voile pour ma partenaire de voyage ! Ca sent bon les vacances, les animaux sont de sortie, et nous démarrons le road-trip.

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

La pointe des châteaux nous en met directement plein la vue ! C'est peut-être même le plus beau lieu que nous verrons ! L'île de la Désirade nous fait face, les falaises sont magnifiques, et nous surplombons toute la presqu'île. Woh.

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Nous remontons ensuite la côte Est, traversons la seule ville (Le Moule, mignon) tout en faisant une halte à chaque plage, baie, anse, falaise, que l'on croise. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça a de la gueule !

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Bon, il ne faut pas se mentir non plus, les Caraïbes ont un problème avec les Sargasses. Je vous ai déjà parlé de cette algue toxique qui recouvre parfois la Martinique (de plus en plus). Et bien c'est aussi le cas en Guadeloupe. Ainsi, l'un des haut-lieux du tourisme guadeloupéen, la Porte d'Enfer, est totalement mangée par les algues. La photo parle d'elle-même.

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Tout en haut, c'est la pointe de la Grande Vigie. Là encore, des falaises, et une vue à couper le souffle. Devant nous, au loin, nous apercevons à droite l'île d'Antigua et à gauche l'île de Montserrat. Celle-ci a une histoire un peu folle, puisque la moitié de l'île est condamnée, abandonnée, depuis l'éruption d'un volcan !

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

La Guadeloupe, c'est aussi une histoire (que l'on regarde attentivement quand on est prof d'histoire!). La région a mis en place une « route de l'esclave », avec plusieurs haltes dans des lieux qui semblent paradisiaques. Et pourtant, il y a deux siècles, on trouvait ici un cimetière d'esclaves. A Port-Louis, nous visitons l'habitation Beauport, du nom d'une des plus grandes entreprises de canne à sucre de l'île. Qui travaillait dans cette habitation ? Des esclaves. Le musée est intéressant, avec son moulin (il y en a partout!) et un petit tour en train à travers le pays de la canne.

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste
La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Enfin, à Pointe-à-Pitre, musée exceptionnel : le Mémorial ACTe. Il a été inauguré il y a trois ans, il vaut le coup rien que pour son architecture, et il revient sur l'histoire de l'esclavage dans le monde depuis, bah depuis la nuit des temps (on retrouve les esclaves dans des documents de – 2000), ainsi qu'en France, en Guadeloupe etc., avant de revenir sur les processus d'abolition. A ne pas manquer si vous êtes dans le coin, c'est très bien fait (beaucoup d'audio, de vidéos etc.).

La Guadeloupe : Grande Terre, ses falaises et son histoire esclavagiste

Demain, direction Marie-Galante !

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 14:52

Il y a cinq ans de cela, je prenais une décision : arrêter de consommer de la viande. Je devenais végétarien. « Folie ». « N'importe quoi ». Les réactions étaient mitigées dans mon entourage, pour ne pas dire hostiles. Et pour cause, j'étais (à nouveau?) un peu bizarre. Je ne connaissais pas moi-même de végétarien, et pour mes proches, c'était un peu l'effet d'un coming-out : une chose dont on entend parler, que l'on voit à la télé, et qu'heureusement on n'a pas chez soi ! Car un végétarien à la maison, c'est casse-couille ! Que va-t-on pouvoir cuisiner ? Oui, chez moi, c'était plutôt viande à chaque repas. « Bon, on peut toujours lui faire du poisson ».

 

Ma première étape a été d'expliquer ce que ça veut dire végétarien : pas de viande, pas de poisson, oui je bois du lait, oui je mange des yaourts, oui j'aime le miel..., bref, à expliquer les différences avec végétalien et végan. Et aussi de me justifier. Pourquoi changer de régime alimentaire ? C'est passé par le blog, mais aussi par beaucoup de discussions (où j'avais parfois l'impression de défendre la planète entière contre un bout de steak!).

 

Les années ont passé. Aujourd'hui, je suis arrivé à une autre étape : me définir flexitarien. Un mot que je ne connaissais pas en 2013, et qui est devenu à la mode aujourd'hui (non, pas seulement chez les « bobos »). Il me correspond bien : je mange rarement de la viande, je n'en cuisine pas, et lorsque j'en mange, j'essaie qu'elle soit au moins de qualité, et si possible à peu près respectueuse de l'environnement (bio, label, etc). Bon, c'est un idéal, dans les faits je vais rarement faire les poubelles chez mes potes ou au restaurant pour retrouver le sachet avec l'origine de la viande ! Mais je pose parfois la question (et il ne faut pas le prendre comme une attaque!).

 

L'idée de ce changement d'appellation est de ne pas imposer mes idées. C'est le problème avec le végétarien strict : il oblige les autres à cuisinier différemment, à s'adapter à vous. Ou alors il ne mange pas votre repas ! Ca peut-être insultant (en tout cas ressenti comme tel). Surtout, je me suis tout de suite dit flexible : je ne voulais pas sauter de repas (il paraît que je suis maigre selon la maigrophobie que j'ai rencontrée!). Ainsi, chez ma grand-mère, je vais parfois manger une trancher de rosbeef ou un peu de poisson. Surtout, ça m'aide beaucoup en voyage. Car dire à un Indien que vous ne mangez pas de viande, c'est comme dire à un Français que vous mangez du pain : ça paraît logique ! C'est le premier pays végétarien du monde ! Par contre, au Burundi, être végétarien c'est un peu comme si vous disiez que vous ne mangez pas tout court ! C'est l'un des pays les plus pauvres de la planète, et on ne peut pas y avoir des goûts de luxe, ce serait malvenu.

 

Aujourd'hui, en France, mon choix ne détonne plus. Le pays a bien changé en quelques années : le bio est partout et je connais un paquet de végétariens/végétaliens. Le débat continue, notamment dans la sphère publique (forcément, on est un pays de bouffe!). Personnellement, j'aime beaucoup L214 et ses vidéos dans les abattoirs, témoignant du parcours de votre steak, parfois horrible (si on devait tous tuer par nous-même les animaux que nous mangeons, on aurait une sacrée augmentation du nombre de végétariens!). Je suis un peu moins fan des ultras végans, de ceux qui vont jusqu'à ensanglanter les boucheries : ça me paraît contre-productif à souhait (et puis allez taper les grandes surfaces plutôt que les petits bouchers!).

 

Les chiffres confirment ma sensation : la consommation de viande diminue depuis plusieurs années en France et le nombre de végétariens augmente (5% en 2017, plutôt chez les jeunes). Le planète nous remercie, les générations futures aussi.

[je rappelle ici qu'environ 50 milliards d'animaux sont abattus dans le monde chaque année et qu'environ 80% des terres agricoles du globe sont consacrées à l'élevage selon le magazine Science]

Flexitarien
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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 23:36

Ça passe toujours plus vite, il faut juste s'y faire.

 

Alors que je me prépare à rejoindre la Guadeloupe, le traditionnel zapping de mon année, commencée d'une drôle de façon : un voyage très compliqué à Trinité et Tobago avec le coloc Tim. Comment dire ? La guigne, tout simplement ! Deux avions manqués, des problèmes de visa, de carte bancaire, de météo, des bateaux qui ne démarrent pas, des routes qui s'écroulent... qu'importe me disais-je, le karma me reviendra cette année !

 

Pas au début. La mort d'un cousin, à qui j'ai essayé de penser chaque jour depuis, qui me rappelle la chance que j'ai d'être ici, en bonne santé, totalement libre, vivant. Profitez de la vie, tous les jours.

 

A mon retour, je replonge dans ma Guyane, dans les cours qui prennent beaucoup de mes heures, à essayer de bien m'occuper de mes élèves. Manque de chance, une d'entre elle finit sur le gravier, renversée par une voiture. Je suis l'un des premiers sur les lieux, j'essaie de m'occuper d'elle comme je peux, sans trop savoir quoi faire. Aujourd'hui, elle est à Pékin, et elle ne peut toujours pas marcher.

 

Bon, là, vous vous dites, c'est une sale année. En effet, ça n'a pas très bien commencé, mais la suite est plus légère. Une funky d'Apatou, et le carnaval en Guyane, avec l'énorme parade de Kourou. Je repars en métropole en février, et j'enchaîne avec le carnaval de Dunkerque, en famille une fois n'est pas coutume !

2018, le Zapping

En mars, c'est les tortues d'Awala, une rencontre à point nommé, et un peu de bonheur livré par câlins. Je vois Francis en karaoké (et j'écouterai toujours Céline Dion différemment), je prends du plaisir à kayaker sur le lac Pali et à découvrir Roura avant d'aller au tribunal avec mes élèves pour des histoires un peu folles. Quoique moins folle que ma collègue actrice porno, pour un épisode dont le lycée parlera encore dans vingt ans.

 

La première quinzaine d'avril se déroule en Martinique, en road-trip, en solo. La Montagne Pelée, un nord de l'île très sauvage et beaucoup de surprises, malgré les sargasses.

 

En mai fais ce qu'il te plaît. Connerie de dicton ! La crique Margot en kayak, Awala et ses tortues Luth (quel animal!), puis un week-end entre colocs direction Maripasoula. Là, c'est la découverte d'un pays amérindien, loin, très loin de beaucoup des préoccupations que j'avais en métropole. Je décide très vite en 2018 de rester un peu plus longtemps que prévu, au moins une année de plus, en Guyane. Car je m'y sens bien, à ma place, et heureux.

2018, le Zapping

En juin, ça pue tellement les vacances ! C'est le début d'une Coupe du Monde qui sera magnifique, tandis qu'on se balade dans l'Est Guyanais puis sur le lac de Petit Saut.

 

Et c'est parti pour les grandes vacances, celles que j'aurai apparemment toute ma vie ! La traversée de l'Amazone en bateau-hamac, puis Belem pour un petit goût de Brésil, avant d'être rejoint par Sophie en Bolivie. Woh.

Stop.

 

La Bolivie. Woh. Woh. Woh. Woh.

 

Ok, je reprends. La Bolivie était juste l'un de mes plus beaux voyages, avec des paysages incroyables, des lacs rouges, des montagnes, des lamas.... heureux d'avoir partagé ce voyage, car il était fou. Putain, on est champion du monde au fait !

 

De retour dans ch'Nord début août, avec un été de fou, 3 jours de plage consécutifs (c'est bon, je l'ai écrit, on s'en souviendra!), et des Catane avec ce qui ressemble à une belle famille.

Lucas m'embarque (ou l'inverse) en Bosnie et au Monténégro, avec une grosse préférence pour le premier pays cité. Une histoire tellement prenante, tellement présente.

A Saint-Omer je recroise les ami-e-s, de Lille ou toujours là. Je confirme, mes racines sont bien ancrées là-bas et j'aimerais tellement tout pouvoir faire avec eux pas trop loin. Deux mariages plus tard, un tour à Bollaert, Paname, Calais, Arras etc. et de retour à Cayenne.

 

An 2. Là, ce n'est plus tout à faire la même. Déjà je travaille beaucoup moins, et pas seulement parce que j'ai un week-end de quatre jours. Les cours sont là, l'assurance aussi. Je suis un prof, j'en suis sûr désormais. La colocation a bien tourné, Lisounette et Margot sont parties, un autre est passé (et nous a laissé quelques anecdotes), Zoé et Guillaume arrivent. Nouveau rythme, et toujours content de vivre à 5 dans une maison qui s'améliore, notamment avec une piscine ! Là, c'est aussi les voisins qui sont contents, et qui nous permettent de les découvrir un peu mieux.

2018, le Zapping

En Octobre, me voilà reparti, en passant par Miami, direction la Colombie. Grand pays, que j'ai l'impression d'effleurer, même si mon souvenir est loin d'être mitigé. Olivia m'accompagne, son sourire devant des choses qui me semblent routinières me rappelle la chance que j'ai. Je recroise une fantôme, qui n'a pas fini de me surprendre avec ses annonces.

 

Outch, c'est cassé. Bon, ainsi va la vie. Paramaribo en mode fiesta, une nouvelle crémaillère, et pas grand chose à signaler depuis. Pas de gilets jaunes pour nous, la Guyane est belle et bien une bulle (SLM encore plus, métro à SLM encore plus!). La vie suit son cours, sans haut, mais sans bas. Quoique, non, ça reste toujours haut en fait. Je suis heureux. Et c'est déjà pas mal.

 

Mon top 4 Film cette année :

Le déclin de l'Empire américain

Le corbeau

Divine

Lion

 

Le livre de l'année

La fortune des Rougon (oui, Zola, je sais, c'est pas nouveau, mais ce n'était pas tout à fait une année de lecture!)

 

Top 3 Articles les plus lus cette année

Ma collègue actrice porno (de très loin, bande de pervers!)

Umgawa

La maigrophobie

 

Quant aux résolutions, un point sur celles de 2018

 

Good

Découvrir 3 nouveaux pays (Surinam, Brésil, Bolivie, Bosnie, Monténégro, Colombie)

Découvrir 2 nouveaux sports (Escalade, Planche à voile, Cirque)

Voyager avec des copains / la famille (Lucas, Olivier, Sophie)

Revenir au moins 2 mois en métropole (9 semaines!)

Etre en couple au moins deux mois (7 mois)

Etre heureux

 

Almost

Finir mon tour de Guyane (reste les marais de Kaw et Saül, mais c'est bien parti!)

 

Failed

Réaliser deux missions de la Bucket List (ça sent bon pour 2019)

Faire 50 pompes par jour / Arriver à 65 kilos (bon, je me suis mis aux tractions, et je n'ai pas de balance!)

M'engager dans la vie publique (hum, je ne suis même plus sûr que ça me donne envie)

 

Bon, et que diable vais-je faire en 2019 ?

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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 18:15

Découvrir un pays, ce n'est pas seulement se gaver de paysages et les prendre en photos. Ça passe aussi par la nourriture que l'on trouve parfois au coin des rues, par la musique qu'on oublie trop souvent dans le fond d'un bus. C'est l'odeur d'une randonnée que l'on ne peut retranscrire, c'est l'atmosphère d'une ville coloniale. Et c'est aussi un peu de littérature. Quand je voyage, j'aime lire sur le pays, son histoire, ses coutumes. Pour la Colombie, ça passe par quelques pages d'un guide de voyage bien connu amené par ma partenaire. Mais c'est aussi Cent ans de solitude. Quel titre ! Ce livre me plaisait depuis plusieurs années, j'attendais simplement l'occasion de pouvoir le dévorer. Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature en 1982, né en Colombie. Il paraît que ce livre est une histoire du pays, de ses conflits qui l'ont ravagé. Bref, il avait tout pour me satisfaire...

Souvenirs de Colombie : Narcos et Cent ans de solitude

Et puis, un détail : le réalisme magique. Un genre littéraire (mais pas seulement), où des éléments surnaturels apparaissent dans un environnement réaliste. Moi, l'extrémiste cartésien, me voilà aux prises avec du fantastique. Bon, je ne pars pas défaitiste pour autant, Game of Thrones a bien réussi à me conquérir avec une recette similaire. La première phrase est détonante : « Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace ».

 

Le livre est l'histoire d'une famille, les Buendia, et d'un village, Macondo. Les Rougon-Macquart et Plassans en quelque sorte, mais avec un seul tome. Un couple, ses enfants, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants, confrontés à leur histoire, mais aussi à l'Histoire. Pour les côtés sympas, je retiens le contexte historique, notamment les guerres civiles colombiennes qui ont marqué ce pays, les libéraux et les conservateurs, mais aussi l'arrivée des technologies dans un village reculé.

Néanmoins, et c'est un gros mais, je ne suis pas convaincu par le rythme du livre (et ça joue beaucoup). Le temps ralentit et s'accélère, passant trop vite sur des choses que j'aurais aimé lire et s'arrêtant trop longuement sur des choses qui ne m'intéressaient pas : les relations incestueuses, les désirs du corps, les prostituées, les écarts d'âges (quand quelqu'un a 145 ans...) et la magie. Les personnages sont nombreux, Garcia Marquez les travaille, puis les abandonne, puis revient sur eux (notamment dans les derniers chapitres), mais ils manquent parfois de personnalité. Le colonel Aureliano Buendia est celui que je retiens le plus, avec ses parents, parce qu'ils ont été travaillés pendant de longues pages, de nombreux chapitres. Le reste de la descendance passe trop vite à mon goût (ou alors pas assez, il y a 7 générations !). Bref, je suis resté sur ma faim, et Dostoïevski reste tout en haut, intouchable.

 

Trois citations que j'en retiens :

 

« Actuellement, la seule différence entre libéraux et conservateurs, c’est que les libéraux vont à la messe de cinq heures et les conservateurs à celle de huit heures. »

 

« Le secret d'une bonne vieillesse n'est rien d'autre que la conclusion d'un pacte honorable avec le solitude »

 

« L'amour le plus fou, le plus persistant, n'est de toute manière qu'une vérité de passade »

Souvenirs de Colombie : Narcos et Cent ans de solitude

Narcos. Là, je me demande si j'ai besoin de vous raconter, tant les séries deviennent le dénominateur commun de la culture générale. Narcos, c'est l'histoire de Pablo Escobar, le criminel colombien le plus connu de l'histoire récente. Un trafiquant de drogue, spécialisé dans la cocaïne, et qui a tenu le cartel de Medellin. Il était l'un des dix hommes les plus riches du monde, il ne savait plus quoi faire de son argent, au point où il en enterrait un peu partout, sans toujours se souvenir de ses cachettes. Elu suppléant à la chambre des députés, il est finalement poursuivi par l'Etat colombien puis par les Etats-Unis. Après des années de chaos et de tueries... enfin, bref, vous connaissez un peu l'histoire.

 

J'avais un peu peur avant de débuter cette série : je ne voulais pas voir quelqu'un que j'aurais aimé être. Je peux le dire aujourd'hui, je ne veux pas de la vie de Pablo Escobar telle qu'elle est racontée. En plus du sang sur ses mains (et pas qu'un peu, le type a été jusqu'à faire exploser des avions pour obliger le gouvernement à négocier), on voit très bien dans cette série la chute sans fin d'un baron de la drogue, de cachette en cachette, jusqu'à devoir abandonner sa propre famille et vivre reclus (comme Elisée).

 

Des choses sont assez incroyables dans cette vie : le type arrive à construire sa propre prison où il se fait enfermer, avec la bénédiction du gouvernement ! Aussi, et ça c'est toujours le cas, les Etats-Unis sont partout, ils poussent le gouvernement colombien à être intransigeant (alors que c'est ce pays qui souffre des attentats et d'une quasi guerre civile) tandis que la poudre blanche part... aux Etats-Unis ! Au lieu de balayer devant leur porte, les Américains exportent un conflit qu'ils provoquent eux-même de par leur consommation.

La série ouvre un peu le débat de la légalisation des drogues, sans trop s'y risquer non plus. Dommage, car c'est un vrai sujet. Toujours est-il que c'est une bonne série, et que je la recommande, surtout si vous partez en Colombie prochainement (évitez néanmoins de parler de Pablo en bien, ça les énerve, évoquez plutôt Gabriel Garcia Marquez!).

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19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 23:01

C'est le moment stressant. Ton prof t'amène ta copie. As-tu réussi ? Toi même tu n'en es plus très sûr. Et le couperet tombe...

 

Je fais deux types d'évaluation. D'abord les fils rouges : une petite interrogation à chaque début de cours, qui dure en moyenne 3-4 minutes. Les élèves ont deux questions au tableau, ils répondent de manière brève à quelque chose qui concerne le cours précédent. L'objectif pour moi et pour eux : qu'ils apprennent au fur et à mesure (à savoir quelque chose que je ne faisais pas à leur âge... hum hum...). C'est noté sur deux points, et ça s'accumule assez vite (ils gardent la même feuille à chaque fil rouge). Ce n'est pas très compliqué et les notes sont plutôt bonnes à chaque fois : dans mes deux classes de première ES par exemple, une seule élève n'a pas eu la moyenne. Pour les autres, ça fait quasiment toujours monter la moyenne à la fin du trimestre. Pour moi la correction est très rapide : soit c'est bon, soit c'est faux, car les questions sont plutôt précises. Du coup, je corrige mes copies pendant le cours, et c'est fait en dix minutes (pendant que les élèves travaillent sur des exercices ou quand ils écrivent le cours projeté au tableau).

L'autre évaluation est globale. Elle se déroule en fin de chapitre, et doit notamment permettre de voir si les élèves ont compris le cours et maîtrisent certaines compétences. Au première trimestre, j'ai insisté sur la compréhension des documents et la méthode de réponse à ces questions. L'évaluation était donc toujours des questions de documents. Au deuxième trimestre, j'insiste sur le commentaire de document. La méthode est totalement différente, puisque c'est un travail d'écriture (introduction, plan construit, conclusion). Du coup les évaluations tournent autour de ça. Au troisième trimestre ce sera la dissertation, c'est à dire au revoir les documents, et tu te débrouilles avec une question. Je n'interroge donc pas sur la dissertation alors que je n'ai pas encore travaillé dessus, j'essaie d'être un peu logique.

Je me retrouve donc avec 36 copies de 1ère ES chez moi. Comment je procède ? Pour les questions de documents, j'ai déjà un barème affiché sur les sujets. Pas de surprise pour les élèves. C'est bon, tu as tous les points. C'est à peu près bon, tu en perds un petit peu. Etc. Pour le commentaire de document, ça peut parfois paraître un peu subjectif. Je fonctionne ainsi : 5 points pour l'introduction (accroche /1, présentation des documents /1, contexte /1, problématique /1, annonce du plan /1), 2 points pour la conclusion (réponse à la problématique /1, ouverture /1). J'explique avant l'évaluation mon barème, les élèves ne sont pas surpris non plus. Reste 13 points à distribuer. Souvent je mets un point sur le fait d'avoir respecté le plan annoncé, six points pour la première partie, six points pour la seconde partie, avec des idées ou mots clefs. Sujet sur la première guerre mondiale, guerre totale : il faut m'avoir parlé du front (tranchées, la mort omniprésente, les conditions de vie...) et de l'arrière (économie de guerre, propagande, les femmes...). Si tu m'as fait tout ça, et que tu as justifié chaque idée avec le document, je ne vois pas pourquoi je ne te mettrai pas une très bonne note. J'ai encore en souvenir un prof à l'université qui nous avait dit : « c'est un excellent exposé, je vous mets 13/20 ». On était énervé. Et, en effet, il n'est jamais passé au-dessus du 13. Moi, je note sur 20. L'année dernière, pour le bac, j'ai corrigé 35 copies de 1ère S. Et j'ai mis plus de dix notes à 18, 19 et 20. J'écris souvent « bravo ! » sur l'appréciation finale de ces copies. Et régulièrement « oui », « bien », « très bien », « excellent » dans la marge. Ca, c'est le côté chouette, ton élève a compris ton cours, la méthode et tu as l'impression d'être un bon prof utile. Et puis il y a les mauvaises copies...

Là, le travail de correction est un peu différent. Je passe du temps à donner des conseils, et effectuer les corrections. « Essaie d'être plus précise ». « Tu ne respectes pas la méthode de l'introduction : accroche, présentation des docs, contexte, problématique, plan ». « C'est bien, mais ce n'est pas la question que j'ai posée ». Oui, je positive. Et je positive toujours dans l'appréciation finale : vous ne me verrez jamais écrire « t'es nul ! » ou « idiot ! ». Non, l'école change ! J'écris quasiment exclusivement des conseils : « voilà ce que tu peux faire pour obtenir la moyenne ». Ou encore, « voilà ce qui te permettra de progresser ». De même, je ne barre pas en gros, en rouge, en écrivant 0 dans la marge. Je n'écris plus 0. Je fais un trait. Ça ne change rien, le résultat est le même me diriez-vous. Peut-être. Mais je sais que certains élèves peuvent avoir ce traumatisme du 0. Car voir dans une copie où vous avez écrit 4 pages 0, 0, 0, 0, 0 dans la marge, ça fout un coup au moral. A partir de là, l'élève peut se dévaloriser, se dire, je suis nul de toute façon, j'arrête de travailler cette matière (tous les élèves ne fonctionnent pas ainsi, mais ça arrive). D'où l'idée de les motiver en regardant un peu le positif, et en regardant les pistes de progression. De même, j'essaie d'éviter au maximum de mettre en-dessous de 5/20. Ce n'est pas toujours facile, mais je note un peu comme au bac, dès la première : tu respectes la méthode, sans connaître ton cours. D'accord, ça vaut 5. Bon, copie presque blanche, je ne peux pas faire grand chose, sauf en parler avec toi le jour de la remise des copies. J'ai aussi tendance à trouver un demi-point bonus quand tu as 9,5, histoire de franchir la barrière symbolique.

 

Pour la correction, en classe, je la fais avant de rendre les copies. Toujours. Indispensable. Deux idées : montrer aux élèves pourquoi ils ont eu ou pas des points. Aussi, refaire un point sur le fond du cours et sur la méthode. Enseigner c'est répéter !

 

Trois choses que je me refuse à faire :

- mettre des points de soin ! Une injustice sans nom ! Parce que tu écris bien, tu mérites un point de plus ?! Que dalle ! (non, ça n'a pas du tout rapport avec le fait que j'ai une écriture de cochon et que je n'avais jamais ces points)

- enlever des points pour les erreurs de français. Les élèves sont DEJA notés par leur prof de français, je corrige certaines des fautes, mais je refuse d'enlever des points parce que tu n'as pas bien conjugué ton verbe ! (non, ça n'a pas du tout rapport avec le fait que je faisais énormément de fautes de français et que j'en fais encore!)

- faire des interrogations surprises. Cher-e-s collègues qui en font encore, il faut ARRETER ! Je suis désolé d'insister, mais ça ne sert à RIEN ! Plus tard, dans le monde de l'entreprise, les élèves n'auront pas un dossier surprise à remettre en cinq minutes. Notre objectif, c'est que les élèves apprennent leur leçon, à quoi ça sert de vouloir les piéger ? Tu veux qu'ils apprennent, dis-leur qu'il y a un petit devoir, et ils le feront. Tu veux qu'ils apprennent au fur et à mesure ? Fais des petites interros de deux minutes au début de chaque cours, mais préviens-les ! Je ne comprends pas, vraiment.

 

Au final, deux réflexions. La première concerne la sensation que tu as quand ta classe s'est plantée. En fait, c'est toi le professeur qui t'es planté. Si toute la classe n'a pas la moyenne, ça vient de toi. Je ne comprends pas les collègues qui ne se remettent pas en question tout en foutant 5 de moyenne à toute la classe. Il y a un problème quelque part. Ca m'est déjà arrivé : je revois mon barème. Et j'insiste sur les choses que j'ai apparemment plutôt mal expliquées. On n'est pas des êtres parfaits, nous aussi on fait des erreurs de méthodologie !

La seconde est bien plus large : le système de notation doit-il perdurer ? Là, c'est un débat de fond sur un concept très français (mais aussi très intégré à l'international) qu'un travail à l'école mérite une note. Au collège les choses ont un peu évolué sous le précédent gouvernement avec les couleurs vertes, oranges, rouges etc pour valider les compétences, comme ça se fait en primaire. Au final, à titre personnel, je pourrais très bien corriger mes copies de la même façon sans mettre de note : juste l'appréciation finale. Le résultat est le même, et c'est ce qui compte vraiment. La note « récompense » les bons élèves, et elle peut être perçue comme une punition par les mauvais. Je pense que ma mère, ancienne prof, a une vision un peu différente de la mienne sur le sujet, comme beaucoup de collègues. Y-a-t-il un système parfait ? Sans doute pas. Mais réduire l'importance de la notation me semble être une bonne idée. Encore faut-il convaincre les parents et la société dans son ensemble, à savoir tous ceux qui ont eu des notes et qui veulent savoir ce que leurs enfants valent. A mon avis, ils valent mieux que ce système.

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 23:16

Je ne sais pas pourquoi ça m'a pris,

c'est sans doute à force de les regarder

ces couples tant épris,

ces couples si parfaits.

 

Je les jalousais et je les enviais

Parfois même je les détestais

A cracher au monde leur bonheur

A se marier et enfanter tant de laideurs.

 

Je me suis dit : moi aussi !

J'aurai ma part !

Avant l’Épiphanie

Je tremperai mon dard !

 

Et c'est là que tu es apparue,

Une nuit remplie de tortues,

Des étoiles dans les yeux,

Le vent dans tes cheveux

 

Et j'ai voulu t'aimer.

 

Oh, tu sais, ce n'était pas tant d'efforts,

Je me suis simplement laissé emmener

Dans ton monde du réconfort,

Des câlins, des baisers

Et aussi les plaisirs du corps.

Jusqu'à en étouffer.

 

Pourtant, j'ai voulu t'aimer.

 

J'essaie de comprendre pourquoi,

De savoir ce qui cloche avec moi.

Ai-je déjà eu ma dose d'amour ?

En ai-je donc fini jusqu'à la fin des jours ?

 

Où sont parties les étincelles ?

Quoi ? Planquées sous mes aisselles ?

Allons ! Restons sérieux !

Nous parlons d'amour nom de Dieu !

 

Et que vient-il faire là lui aussi ?

Ce poème part à l'agonie !

Je ne suis pourtant pas une grenouille de bénitier,

Et cette rupture ne m'obligera pas à me confesser.

 

Pourtant, je le confesse, j'ai voulu t'aimer.

Et ensuite, j'ai voulu te protéger.

 

Car l'amour non partagé

Est un amour déjà consumé.

Et sur ces cendres d'un nouvel échec,

Je me retrouve à faire le point, avec

devant nous, des vacances en commun,

15 jours où il faudra être malin.

 

Je flippe un peu c'est vrai,

Je ne suis pas sûr que nous soyons prêts

A voguer pendant des heures,

A traverser la Guadeloupe et ses îles à tes côtés,

A se relancer des rancœurs,

Même si ce n'est pas notre volonté.

 

Je flippe aussi, surtout,

d'une vie sans amour,

4 ans déjà passés,

Sans le rencontrer

Et si je le prends ici avec humour,

Je ferai tout, pour la rencontrer.

 

Alors, j'ai voulu t'aimer. Sans succès.

J'ai voulu t'aimer
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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 22:01

Plus d'un an que j'habite ici, et je ne vous ai pas encore présenté mon lieu de vie. Ce n'est pas faute d'envie, c'est juste le temps qu'il m'a fallu pour un peu mieux comprendre Saint-Laurent du Maroni.

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde

Déjà, j'ajoute une carte, car la Guyane, depuis la métropole (oui, je parle désormais comme ceux qui habitent dans les DOM-TOMs), c'est l'inconnu. Kourou, on connaît de nom, parce que les fusées. Cayenne aussi, avec cette idée du bagne. Saint-Laurent du Maroni (SLM dans sa version abrégée), ça ne dit rien à personne, à moi non plus d'ailleurs avant mon arrivée. Pourtant, le bagne c'était aussi (et surtout) elle.

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde

[cliquez sur l'image pour la voir en bonne qualité] A quoi servaient tous ces petits carrés, ces fameux bagnes ? A l'origine, il y a deux aspects pour la France : d'abord se débarrasser de la « vermine », celle qu'on n'arrivera pas à remettre dans le droit chemin. Et aussi, dans un second temps, peupler une colonie « vide », à savoir la Guyane (et pendant un moment la Nouvelle-Calédonie). Et pour cause, on parle ici de la plus grande région de France, et de la moins peuplée (c'est encore le cas aujourd'hui). Au départ, du coup, les bagnards reçoivent une concession, c'est à dire une petite habitation et un jardin. Néanmoins, très vite, la politique de colonisation est remplacée par la seule politique punitive.

Qui peuple ces bagnes ? Il y a d'abord (1854) deux catégories de détenus : les déportés (souvent pour des motifs politiques, à l'exemple de Dreyfus), et les transportés (souvent des gros criminels). En 1885 on ajoute aussi les relégués : ceux qui ont commis plusieurs crimes en l'espace de dix ans.

 

Or, SLM est une ville pénitentiaire : elle est fondée pour ça et c'est la capitale du bagne ! Il n'y a pas de maire, celui qui dirige la ville n'est autre que le directeur du bagne ! Cette situation va durer jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale !

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde

Aujourd'hui, le bagne est toujours là. D'abord, sur son lieu originel. Ici, l'entrée du site. Le musée est très bon (c'est indispensable quand vous visitez SLM). Sur les photos suivantes, vous pouvez voir la cuisine des condamnés sur la droite, et, à gauche, leurs « cases », où on disposait les hamacs. Ici, c'est le lieu des trafics, des contraintes, et, parfois, des crimes. Tout autour, un mur d'enceinte d'environ 2m50 de haut entoure l'ensemble du lieu. Au total la Guyane a reçu plus de 70 000 bagnards...

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde
Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde

Toute la ville est alors orientée vers le bagne. Ainsi, sur ce plan, vous avez le bagne en haut, à sa gauche l'hôpital, à sa droite le quartier officiel (triangle), et vers le bas les concessions [vous pouvez cliquer sur l'image pour zoomer].

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde

Aujourd'hui le quartier officiel, où logeaient les surveillants et le directeur, est encore un peu à l'écart. C'est calme, le Maroni (le fleuve) berce les lieux, les petits jardins fleurissent, les maisons d'inspiration créole respirent la fraîcheur. L'ancienne maison du directeur du bagne est devenue la maison... du sous-préfet (sacré symbole!). D'autres maisons sont laissées à l'abandon.

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde
Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde
Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde

Autre chose étonnante à mon arrivée, l'hôpital du bagne était... toujours l'hôpital ! Autant vous dire qu'on parle d'un bâtiment délabré ! Un nouvel hôpital est sorti de terre et a été inauguré il y a deux mois maintenant. Pas un luxe !

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde

Depuis 1945 les choses ont tout de même changé me direz-vous. Pas tout à fait. Le centre-ville est le même, avec les mêmes maisons, et toujours, parfois, les mêmes familles ! La « banlieue » de SLM a bien grossi (j'en reparlerai plus tard), mais les infrastructures du centre restent limitées.

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde

Surtout, ce qui reste ici, c'est l'impression d'être prisonnier, d'être enfermé. La ville la plus proche est Kourou, à 200 kilomètres, ou Paramaribo, à 200 kilomètres, mais de l'autre côté (au Surinam). SLM est isolée, coupée de tout par une forêt omniprésente. Pour les jeunes, ce n'est pas possible d'aller voir ailleurs.

En plus d'être bagnarde, SLM est aussi post-coloniale (la Guyane n'est devenue un département français qu'en 1945) et post-esclavage, avec une majorité de la population descendante de la traite négrière (les Bushinengues, les Créoles) ou ayant été colonisée (les Amérindiens). Elle est donc prisonnière d'une histoire violente. Dans quelles mesures ça influence aujourd'hui la ville ? Je reste là-dessus, pour le moment.

Saint-Laurent du Maroni (1/3) : la bagnarde
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4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 13:16

Nairo Quitana. Avec Herrera, c'est le second grand cycliste colombien que je connais. Et encore un grimpeur ! Je comprends un peu mieux aujourd'hui cette spécialité sur le tour de France, tant j'ai vu les habitants sur leur vélo. Et pourtant il y a du dénivelé ! Et pourtant, il y a des voitures et des camions ! Mais les cyclistes étaient partout, avec souvent un équipement de qualité. Même à Bogota, la métropole et capitale de 7 millions d'habitants, ils sont partout ! C'est toutefois un peu plus facile, car ils sont aidés par un immense réseau de pistes cyclables. Et, le dimanche, c'est encore mieux puisque des grosses artères de la ville sont réservées aux vélos : c'est la ciclovia ! Vision sympa d'une grande ville.

Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura

Car Bogota est grand, très grand ! Trop grand à mon goût. Le genre de ville où ça bouchonne de 6 heures à 22 heures, où les transports publics sont bondés et catastrophiques (de l'avis des habitants), où la sécurité n'est pas toujours assurée à la tombée de la nuit et où on se sent toujours petit...

Sauf là-haut ! Montserrate. 1 500 marches ; du vrai sport ; et arrivés à 3200 mètres d'altitude, nous avons une vue en guise de médaille olympique. Là, Bogota montre ses 70 km2! Les grandes villes sont toujours plus jolies vues d'en haut, on a l'impression d'enfin les dominer.

Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura

Le centre-ville et la Candelaria valent l'après-midi. Il y a de la vie, il y a des belles devantures, des beaux graffitis (clairement une spécialité du pays), des gros bâtiments baroques très européens, et il y a encore... une parade d'Halloween ! Décidément, ils ne s'arrêtent jamais !

Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura

A 1h30 du centre-ville, dans un petit bled du nom de Zipaquira, nous nous retrouvons à voir l'une des grandes attractions de la capitale, que dis-je, du pays, le 1er lieu choisi par les Colombiens d'après les panneaux explicatifs sur place... une ancienne mine de sel, où les mineurs ont construit... une cathédrale ! Il y a trois lieux de ce genre dans le monde, les deux autres sont en Pologne ! (oui, faut être un peuple un peu catho pour s'amuser sous-terre à construire des églises!). Le lieu, aussi surprenant qu'il soit, n'est pas très bien mis en valeur : c'est tout juste si on voit le sel ! Dommage, car la nef centrale pourrait être impressionnante. Le chemin de croix, et les explications de l'audioguide sont un peu perchées (beaucoup de symbolisme, sans doute trop). Une petite déception pour ma partenaire de voyage qui en attendait clairement plus !

Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura

C'est d'ailleurs à Bogota que l'on se quitte, heureux d'un voyage réussi ! Je pense bien qu'Olivia est tombée amoureuse du pays (en plus d'être revenue en grande forme sportive!). J'attends toujours ton parapente mais bon... Quant à moi, je retrouve une vieille pote (et ses cheveux blancs), avec qui on peut faire le point sur 3 ans de vie passée. Beaucoup de choses à dire, en parcourant une dernière fois les rues colombiennes.

 

Que retenir de ce voyage ? La Colombie est assez loin de l'image narcotique qu'elle traîne trop souvent. Oui c'est un pays qui a connu beaucoup de violence, des guerres civiles à n'en plus finir (y'a qu'à lire 100 ans de solitude pour le comprendre) et les FARCS. Néanmoins ce pays devient « à la mode », et on comprend pourquoi : une grande variété de paysages, des plages des Caraïbes aux sommets des Andes, des villes coloniales à la forêt amazonienne. On y trouve tout, avec des Colombiens souriants pour vous tenir compagnie. Deux semaines, c'est clairement trop court. Un mois ça serait sympa, ça nous aurait laissé le temps d'aller voir un peu l'Ouest et la côte Pacifique, et un peu le Sud et ses lieux amérindiens. Je pense bien que j'y retournerai (c'est quelque chose que je dis rarement!).

A titre personnel, ce voyage m'a donné envie de repartir. Un peu plus longtemps. Un peu plus en mode fou-fou. J'y réfléchis.

Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
Bogota, la cathédrale de sel souterraine et la fantôme de Bujumbura
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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 23:05

Vous vous souvenez tous de cette publicité pour du café, avec la musique de la Colegiala, qui reste bien dans la tête ! Du café colombien ! (vous pouvez écouter la musique en lisant l'article, histoire de vous imprégner !)

Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien

Car le café en Colombie, c'est l'or noir (l'autre or noir!). 3 ou 4ème producteur mondial selon les classements, les grains font vivre une bonne partie de la Colombie rurale, notamment du côté de Salento. Le café est d'ailleurs la grande raison de la venue des touristes ici, qui souhaitent goûter du « vrai » café colombien ! Bon, personnellement, je suis plutôt chocolat chaud ! Néanmoins, je suis toujours partant pour une visite avec dégustation ! (en tout cas, je suis moins nazi que pour l'alcool). Ce qui est étonnant en Colombie, c'est d'ailleurs leur café : du pipi de chat ! Étonnant, non ?! En fait, nous apprenons que les Colombiens sont très sympas, ils vendent le meilleur de leur café aux pays occidentaux, et ils gardent leur pipi de chat, des restes de café invendables.... oui, une belle arnaque pour les habitants, qui se sont désormais habitués à un café sans trop de goût et pas très fort. Nous faisons une petite récolte (on nous demande 5 grains, je n'avais pas écouté la consigne et je reviens avec une cinquantaine... oups) tout en écoutant l'histoire des lieux.

Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien

La vallée du café vaut aussi pour ses paysages vallonnés et sa nature débordante côté faune avec des oiseaux un peu partout, notamment des colibris! (et même des oiseaux qui se reproduisent devant mon objectif!).

Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien

Salento est une petite commune de 7 000 habitants. Ca change, entre Medellin et Bogota ! Un village un peu perché, entouré de montagnes et grandes vallées, où il a fait bon se ressourcer. Du calme, de la randonnée, des petits restaurants, et une ambiance d'un village comme je les aime. Nous y sommes le jour d'Halloween, apparemment une grande fête colombienne (oui, les Colombiens sont très influencés par les Gringos!). Une parade a plus ou moins lieu, en tout cas tout le village est de sortie et beaucoup jouent le jeu des déguisements. Nous autre Français, on regarde ça d'un œil peu envieux il est vrai, mais ça nous égaye la soirée !

Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien

Entre les restaurants et les siestes, nous nous dégourdissons un peu les jambes du côté de la vallée de Cocora. Là, c'est de la pleine nature ! Un bol d'air frais, entouré de palmiers étrangement seuls dans une météo écossaise. Des ponts népalais, un petit peu de dénivelé, mais nous sommes maintenant de vrais sportifs ! 3 heures à un bon rythme (on nous en promettait cinq).

Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien
Salento et la vallée de Cocora : le pays du café colombien

Allez, on repart à Bogota !

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