26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 15:11

Faire un métier utile. Intéressant bien sûr, mais surtout auquel je crois. Tel est mon but. Je ne suis pas toujours un grand défenseur de la valeur travail, trop omniprésente à mon goût dans notre société. Mais force est de constater qu'une partie de notre vie tourne autour de notre métier. Et je plains énormément celles et ceux qui n'aiment pas leur job. A raison de 35 heures par semaine, ça fait long à attendre le week-end.

 

C'est d'ailleurs l'une des premières réponses à ma question : l'école doit certes préparer à un métier, à une vie professionnelle, mais elle doit surtout permettre aux élèves de découvrir ce qu'ils aiment, et, de cette façon, qui ils sont. Pas une mince affaire ! Ça passe par un véritable accompagnement personnalisé de notre part (nous, le personnel encadrant), avec beaucoup d'écoute et quelques conseils. Une attention possible quand on prend les élèves à part ou en petit groupe. C'est plus difficile dans une classe de 35 élèves. Au lycée, ça passe par les matières traditionnelles, certes, mais aussi par l'extérieur. Organiser des sorties scolaires pour voir autre chose que les salles de classe, faire intervenir des professionnels devant la classe... pas toujours facile à inclure dans le sacro-saint programme (surtout en math!), mais c'est parfois faisable. Exemple récent : cours de 1ère, consacré à l'aménagement du territoire, en géographie. En plus de la sortie en ville pour observer son aménagement (avec rencontre d'un guide), j'ai invité un copain d'une agence d'urbanisme. Il raconte son parcours, ses études et son métier. Il amène des cartes, fait travailler les élèves à construire la ville de demain. De quoi donner des idées, qui sait...

 

L'école c'est aussi les copains et les copines. L'école doit permettre les contacts, les mélanges, à travailler en groupe avec des élèves parfois différents de soi. Si je ne suis pas favorable à l'école privée, c'est qu'elle instaure pour moi une école à deux vitesses, avec le risque, trop souvent observé, d'une sélection des bons élèves au détriment des moins bons, laissés au public. La situation n'est pas aussi critique, mais c'est peut-être l'un des plus gros points à améliorer pour l'éducation nationale. Il faut dans nos écoles des enfants riches et des enfants pauvres, des Français et des enfants d'immigrés, des garçons et des filles, des enfants doués pour les études et d'autres qui le sont un peu moins. Plus facile à dire qu'à faire, je sais (ah le débat sur la carte scolaire...). Mais ce mélange permettrait aux gamins un peu plus favorisés (de par leur situation sociale ou leur niveau scolaire) de mieux comprendre les difficultés des autres enfants, d'y être toutefois confrontés. Le mélange se fait naturellement dans la cour de récré, il peut également se faire lors de travail en binôme ou en groupe dans la classe. L'idée : apprendre à côtoyer et à travailler avec des gens un peu différents de nous, que l'on n'apprécie d'ailleurs pas toujours, car c'est une situation que l'on rencontre dans la vie. Je pense que ça permettrait d'éviter beaucoup d'incompréhension dans le monde des adultes (oui, je crois encore au monde des Bisounours!).

 

L'esprit critique. Je ne le fais pas encore, mais j'y pense parfois : donner un faux document par chapitre, ou quelque chose de totalement loufoque. Un texte qui évoquerait les voitures et les fusées au Moyen-Age, ou expliquant que la Tunisie est la 1ère puissance mondiale. La source serait bizarre, et les élèves apprendraient ainsi, petit à petit, à se méfier de ce qu'ils lisent ou entendent. Aussi, je suis prof, mais je ne prétends pas détenir la vérité. Je veux leur montrer qu'il existe plusieurs vérités, beaucoup de nuances et des débats. Nous ne sommes pas d'accord au final ? C'est pas grave, on respecte l'avis de l'autre, même si on garde le sien. Mes élèves sont les citoyens de demain. Ils doivent être capables, par eux-mêmes, de décerner le faux du vrai, ils doivent être capables de débattre d'un sujet avec des arguments, et de déceler les intox et les fameuses « fake news ». Ça a toujours été important, mais Internet multiplie cette nécessité. Soyez critique, soyez méfiant, vérifiez par vous-même, et, au final, pensez par vous même.

 

Rêver. Non, je ne veux pas que mes élèves rêvassent en classe. Je veux qu'ils rêvent en grand, qu'ils rêvent de l'impossible parfois, et qu'ils se donnent les moyens d'y arriver. Vivre ses rêves. Peut-être l'un de mes plus grands slogans. Alors je raconte parfois ma vie, notamment lors d'un cours spécial intitulé « qui suis-je ? ». Égocentrique le prof ? Peut-être. Mais, à la base, ce cours était mon cours de secours l'année dernière, quand je n'avais rien de prêt. Un cours joker, à n'utiliser qu'une fois ! Et je prends l'exemple d'un gamin comme moi, à leur âge, fils d'ouvrier, devenu en l'espace de quelques années journaliste, voyageur, docteur, consultant du ministère de la défense et prof. J'insiste beaucoup sur les voyages, qu'on me disait impossibles (tour de France avec 1€ par jour, tour du monde...). Si j'ai réussi à vivre mes rêves, alors que rien ne m'y prédestinait, pourquoi pas eux ? J'ai peut-être un-e futur-e président-e quelque part dans ma classe, un-e prix Nobel de littérature, un-e artiste de génie ou un-e mère ou père de famille qui aimera plus que tout ses enfants et sera très heureux ainsi. Qu'importe. Rien n'est impossible, vous avez toute une vie pour y arriver.

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 19:20

Après une heure à arpenter les rues de Carthagène, le taxi nous dépose enfin. Nous ne sommes pas encore sortis du véhicule qu'ils sont là, prêts à nous bondir dessus. Ils, ce sont les employés des compagnies de bus ! Ils se jettent sur nous à peine la portière entrouverte, vantant les mérites d'un bus plutôt que d'un autre. Quiconque n'a pas connu ces stations de bus ou de train ne peut comprendre ce sentiment d'oppression que font parfois ressentir ces gens, chauffeur de taxi, vendeur de tickets, guide offrant ses services... A chaque fois, une seule envie me traverse : je veux partir ! De l'air por favor ! Bon, de manière plus diplomatique, c'est marcher sans trop faire attention. Mais, de temps en temps, on craque, et on prend le premier venu. Pas toujours une bonne idée... Car à Carthagène, on se fait entuber sur le prix (un classique), et surtout nous n'avons pas le bus direct promis ! On change deux fois, et, de ce fait, se retrouvons avec 18 heures de voyage dans les chaussettes. C'est aussi ça l'aventure, sortir de sa zone de confort ! (mais j'aime de plus en plus ma zone de confort!).

Le trajet nous permet néanmoins de voir la Colombie en dehors des villes et zones touristiques, de traverser des campagnes assez développées (à ma surprise), agricoles, et qui semblent productives. Je suis loin de la Bolivie, ici tout ou presque est mis en valeur. Ma vie dans le bus s'organise, je lis, j'écris, j'observe, je discute. On achète les repas directement assis sur notre siège tant les vendeurs sont nombreux à monter à chaque halte : qui veut des biscuits ? Qui veut des empenadas ? (gros beignets, souvent fourrés avec de la viande) Qui veut des bonbons ? Qui veut du riz ?.... Moi por favor ! C'est combien ? Un euro ! Bon, on risque peu à s'y essayer.

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar

Medellin. Si tu as regardé Narcos, tu me vois arriver avec mes grands sabots. Si tu connais un peu l'histoire de la Colombie aussi. Car le cartel de Medellin, c'est un peu Chicago pour les USA, avec Pablo Escobar dans le rôle d'Al Capone. Son histoire est folle : petit trafiquant devenu un des 10 hommes les plus riches du monde, député, et finalement abattu sur un toit de la ville. Medellin c'était lui. C'était il y a 25 ans, mais c'est encore ancré dans les mémoires. Certains touristes veulent d'ailleurs voir cet aspect, visiter la maison du trafiquant, son zoo personnel (avec les fameux hippopotames). Nous, on se la joue comme les Colombiens, pas besoin de célébrer un criminel, terroriste de surcroît (explosion d'avion, meurtres à gogo etc). Déjà que je m'énerve de voir des films sur les criminels ou pédophiles français (Mesrine, Guy Georges, Francis Heaulme...), pas besoin en plus de donner de l'argent pour célébrer leurs œuvres. [c'est quand même bizarre cette fascination, non?]

 

Medellin, 3 millions d'habitants. Bon, c'est tellement étendu qu'on décide de prendre un téléphérique pour la surplomber ! Et, comme souvent, c'est très impressionnant une ville vue d'en haut.

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar

Surtout que, sans s'y attendre, on se retrouve transporté hors de la ville, en plein milieu d'une forêt, puis dans des paysages plus proches des Alpes bavaroises que d'une mégapole sud-américaine ! On respire, et on n'est pas mécontent d'être déjà en dehors de la fourmilière. Nous nous retrouvons dans un petit restaurant mignon, style maison de poupée, ou nous avons l'impression de (très bien) manger à l'aide d'une dînette.

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar

Car, à peine revenu dans le centre-ville, une impression d'oppression resurgit. L'atmosphère est étrange, surtout quand un voleur est arrêté juste devant nous, et accompagné vers le panier à salade par un groupe d'une cinquantaine de Colombiens le scrutant jusque dans le camion des policiers. On ne traîne pas beaucoup dans ce coin, hormis pour regarder les drôles de statues de l'artiste colombien le plus connu, Botero, avec ses grosses et ses gros, pleins de courbes. Nous repartons ensuite vers notre quartier touristique, sans aucun doute le moins colombien de tous, mais où on peut circuler le soir sans trop d'inquiétude (ce qui n'est pas apparemment le cas de toute la ville).

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar

A deux heures de Medellin, direction Guatapé. C'est tout ce qu'on sait ! Qu'est-ce qui s'y cache ? Que fait-on aujourd'hui ? Pas d'idée ! Nous avons pris un tour d'une journée à 30 balles. Oui, parfois, il faut se laisser surprendre. Nous commençons par une balade en bateau d'une petite heure sur un lac artificiel avec musique ambiance boîte de nuit difficile à supporter (les Colombiens écoutent de la musique partout, notamment du reggaetown, pas tout à fait ma came!). En parlant de came, nous voici devant l'ancienne demeure de Pablo Escobar.... Décidément, même en souhaitant y échapper, on se retrouve confronté au passé. Le lieu semble abandonné (mais je suis sûr qu'il a dû être passé au peigne fin par des chercheurs de trésors...). Un peu plus loin, la maison de James Rodriguez, le footballeur... un autre style !

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar

Bref, après une croisière très Saint-Tropez, nous voici enfin devant la star du jour !

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar

Un peu plus de 600 marches sur des escaliers hideux, avec du monde tout autour de moi, mais la vue me fait tout oublier !

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar

Les images parlent d'elles-mêmes. Ca me fait penser à un autre Sigiriya, ou un air de Météores, mais avec une vue tout autre. Ce rocher a une histoire assez cocasse, puisque les lettres G. et I. sont inscrites en très grand, en blanc. En fait, c'est une petite bataille entre les deux villages du coin, les habitants de Guatapé voulant bien signifier à leur voisin que ce bijou naturel est le leur. Du coup, ils voulaient écrire en très grand GUATAPE. Mais alors qu'il avait commencé avec le G. et le début du U., voilà que l'UNESCO a classé le lieu.... du coup, interdiction d'y retoucher ! Aucun rapport avec les G.I. américains donc, juste un peu de bêtise humaine !

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar

Justement, nous nous rendons dans le village de Guatapé, et... j'ai l'impression d'être à Disneyland ! Le lieu est connu pour ses fresques colorées sur chaque demeure, « le deuxième lieu le plus coloré du monde » qu'il nous répète le guide. Sauf que je n'arrive plus à ressentir l'authenticité, tant l'ambiance ressemble à celle d'une grande ducasse, avec 3 touristes pour un habitant. Je regarde les gamins jouer au foot, hésitant à les rejoindre. Un « grand », avec une casquette, leur pique le ballon et l'envoie dans les airs. Foutu gangster.

Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
Medellin : l'ombre gênante de Pablo Escobar
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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 22:19

Un tas de bois. Une haie. Voilà ce que tu vois. Moi, c'est différent. Car cet espace d'un mètre de large sur cinq mètres de long, c'était ma liberté.

 

Je pense que nous avons tous voulu un jour construire une cabane. Le lieu idéal : en haut d'un arbre. Pour se sentir plus grand, et avoir l'impression de dominer le monde ! Oui, gamin, déjà mégalo ! Pas de chance, je n'ai pas vraiment un arbre digne de ce nom chez moi. Par contre j'ai des bouts d'arbres, découpés en morceaux, quelques stères de bois qui finissent dans ma belle cheminée un soir d'hiver pluvieux comme on en a parfois dans ch'nord. C'est là, derrière ce gros tas de bois d'à peu près deux mètres de haut, qu'on se cachera. Qu'on s'installera. Nous, et nos trésors.

 

Les trésors d'un gamin, c'est une bouteille de coca, d'une marque moins chère, coincée au milieu de notre pièce, entre les bouts de bois. Un après-midi, seul, j'irai en boire 3 gorgées, sans que mes parents me voient, et sans que mes sœurs puissent en prendre. Oh, liberté suprême ! Quelques rangées plus loin, un bout de bois pas comme les autres : mon pistolet ! Plutôt fin, il se termine avec un creux arrondi, assez lisse, ce qui lui permet aussi d'être une canne. Ouah, une arme deux en un ! Je marche en m'appuyant dessus, tout en délivrant des consignes à mes troupes, imitant ainsi le vieux général américain du Jour le plus long. De temps en temps, il y avait aussi un paquet de biscuits qui traînait là, mais pas longtemps. Car Clément et moi, on ne sait pas s'arrêter une fois le paquet de biscuits entamé (j'ai gardé le défaut!).

 

Car cette cabane, c'est aussi le lieu d'une amitié. L'un de mes grands copains de primaire s'appelle Clément. Je n'ai pas cherché loin, juste derrière les pieds de framboises (où on se sert parfois au cours de l'été). Là, après la barrière, c'est l'un de mes autres mondes. Je n'y suis pas allé depuis 15 ans, mais je pourrais refaire toute la maison et le [grand] jardin. Au fait, là aussi, on avait une cabane ! Même deux ! Une autre entre deux haies, où on était abrité par des bâches (quoique ces bâches gouttaient tout le temps!). A l'intérieur, une autre bouteille de coca ! Enfin, toujours pas le vrai coca, mais ça se valait !

Et puis il y avait celle sous des tôles rondes, à même le sol. Là, c'était grand luxe ! Déjà, on était abrité pour de vrai quand il pleuvait. Et puis les grands frères de Clément y avaient aussi planqué leurs trésors ! Encore plus de coca ! Et des biscuits ! Mais pas seulement. Car Benoît, le frère de Clément, avait un paquet de cigarettes ! Woh, ça c'est fou. D'ailleurs, il est un peu fou Benoît, c'est pour ça que sa mère crie toujours son nom très fort. Mais moi je l'aime bien, et mes sœurs aussi : c'est qu'il est marrant Benoît.

 

De temps en temps, on escalade notre cabane (les tôles donc !), et on essaie de voir ce qui se passe derrière: des vieilles voitures, comme un cimetière ! On aimerait bien y jouer, mais on n'a pas vraiment le droit, surtout depuis que les garçons y ont lancé des cailloux et cassé des vitres. C'est bête, on pourrait en faire des sacrés cache-cache là-dedans !

J'invite mes sœurs de temps en temps, mais aussi Alexandre, mon voisin de l'autre côté, celui de la haie à épines. Il est souvent chez sa grand-mère, où on se rend en passant par un trou bien pratique. Il y a une immense balançoire verte, et Gisèle nous donne souvent des bonbons. J'aime bien les bonbons. Elle habite dans une très grande maison, avec un drôle d'atelier plein d'outils. Mais elle ne veut pas trop qu'on joue par là. C'est dommage, j'avais plein d'idées pour ranger les outils dans ma cabane.

 

J'ai aussi une autre cabane chez Romain, mon autre voisin, mais plus loin : il y a une maison d'écart ! Lui a une ferme, avec plein de vaches. Ca pue sacrément là-bas, et y'a une pièce avec plein de merdes, faut faire gaffe où on marche ! N'empêche qu'il a plein de place, alors on fait une cabane en haut des ballots de paille ! C'est un peu dangereux il paraît, mais nous n'avons pas peur ! Ce qui est embêtant par contre, c'est que les ballots de notre cabane disparaissent très vite, sans que je comprenne pourquoi. Alors on ira se mettre à l'étage de l'étable, où ça sent pas très bon, mais ici on est tranquille, et on peut jouer à la belote de comptoir ! Romain m'explique les règles un peu vite, et il gagne tout le temps. Il aime bien gagner Romain. M'en fous, je l'aime bien, et je reste plus fort au foot.

 

Car le foot, c'est aussi la grande partie de mon enfance. La balançoire fait office de but, et on joue avec les voisins. Maman crie parce qu'on casse ses fleurs. M'enfin, c'est pas de notre faute si elles débordent du terrain ! Ce que j'aimerais vraiment, c'est le but d'Antoine, mon copain de primaire, avec une vrai barre et plein de place ! Mais c'est déjà pas mal ici. Car avec Alexandre, pas mon voisin, mais celui qui habite sur la nationale, Clément, Romain, Sophie, Mélanie, Benoît, Antoine, Lucie, Alexandre mon voisin et tout ceux qui passent par ici, on va jouer pendant de longues heures. Et puis même faire un cache-cache ! Vite, direction la cabane ! Tiens, il reste du coca.

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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 12:18

Là un cheval. Là deux bœufs. Là, des ânes. La route Santa Martha-Carthagène offre, en plus des paysages spectaculaires dus à sa localisation - longeant la mer des Caraïbes -, des scènes de vie étonnantes. Car, en France, ça fait longtemps que je n'ai pas vu quelqu'un se balader à dos de mule (à la rigueur le jour d'une ducasse!).

Direction Carthagène donc, ville au nom mythique, qui me fait penser à Attila traversant les Alpes à dos d'éléphant, au film Gladiator, à notre exposé sur les guerres puniques ou à Scipion l'Africain.

 

Et si nous devions n'en retenir qu'une, ce serait elle.
Des façades colorées à n'en plus finir. Des graffitis extraordinaires.

Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale

Des fortifications centenaires, témoignant des luttes de pouvoir dans les Caraïbes (les Anglais avec le corsaire Drake (aucun rapport avec le rappeur), les Français, les Néerlandais...).

Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale

Les petites places où il fait bon manger ou boire un verre en regardant d'autres touristes se faire alpaguer par des vendeurs de perche à selfie. Carthagène de India, ses églises, ses statues de Botero tout en rondeur, son atmosphère. Clairement cette ville a du style. Le style colonial, l'un des plus beaux exemples dans ce monde.

Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale

Un peu plus loin, il y a aussi la Carthagena en mode Miami Beach, qui nous fait sans doute moins rêver, mais qui reste toujours photogénique (certains parlent aujourd'hui de lieux au « potentiel Instagram »...).

Carthagène la coloniale

Enfin, à l'extérieur de ses fortifications, un peu plus éloignée de la mer, il y a la « vraie » Carthagène, celle des rues bondées et crasseuses où la marmaille court et les adultes s'affairent. Celle qui vit dans le présent, quand nous visitions son passé.

Carthagène la coloniale
Carthagène la coloniale
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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 22:29

Et c'est reparti ! Quoi ? Encore ? Oui, je l'admets, les profs ont souvent des vacances, et j'ai pris la résolution de bouger à chacune d'entre elles. Pourquoi la Colombie ? Top 3 fausses raisons :

3) Pour goûter du bon café

2) Pour tester la cocaïne dans le pays adéquat

1) Pour essayer de rencontrer la petite sœur de Shakira

 

Maintenant, les trois vraies raisons

3) Je commence à devenir obsédé par le fait de découvrir tous les pays du monde, et j'avais jamais foutu un pied en Colombie

2) Parce qu'Olivia avait envie de bouger, et que la Colombie était dans son top 3

1) Parce que les gens m'ont conseillé deux pays en Amérique du Sud : la Bolivie et la Colombie. Et vu comment j'ai kiffé le premier... direction le second !

 

Arrivé à Bogota, je retrouve Olivia (une vieille pote avec des cheveux blancs) dans l'aéroport, d'où on repart directement, direction le côte Caraïbe ! C'est que la Colombie est grande comme la France, l'Espagne et le Portugal réunis ! Seulement deux semaines devant nous, il faut donc faire des choix. Je considère à ce propos que la période idéale pour un vrai pays, c'est à dire pas Monaco ou le Luxembourg, est d'un mois. C'est parfait pour s'imprégner de la culture, des coutumes locales, un peu de la langue, des tarifs, et pour voir l'essentiel des beautés sans se presser. Bon, si c'est la Chine, l'Inde ou les USA, faut compter le double minimum!

La Colombie : le parc national de Tayrona

Et nous voici à Santa Marta, la plus vieille ville de Colombie...et même d'Amérique du Sud ! Elle est fondée en 1525 par les Espagnols, où ils rencontrent des Amérindiens Tayronas (on va y revenir). Le centre-ville est mignon, sans être fou-fou non plus. La plage est à éviter par contre (c'est sale, c'est industriel, et l'atmosphère est particulière).

La Colombie : le parc national de Tayrona
La Colombie : le parc national de Tayrona
La Colombie : le parc national de Tayrona

De là, on part vers le parc national de Tayrona, du nom d'une grande civilisation amérindienne aujourd'hui presque totalement disparue (les Espagnols n'ont pas toujours eu beaucoup d'affection pour les Amérindiens). Nous effectuons une première randonnée en longeant la côte, aux côtés d'un petit groupe qui nous surprendra par son rythme rapide. De la nature à pleins poumons, des piverts, et une impression de Guyane pour moi, la mer des Caraïbes en plus. C'est un bon plus ! Justement, à Cabo San Juan, c'est la première baignade dans une eau digne d'un bain chaud. La baie est très jolie, et dire que c'est là qu'on dort ! En hamac qui plus est ! Une première pour Olivia, qui découvre à cette occasion la vigueur des moustiques locaux (capables de piquer les fesses à travers le hamac + les leggins ! Sacrées bestioles!). De mon côté, le bruit des vagues me berce et enchante mes rêves.

La Colombie : le parc national de Tayrona
La Colombie : le parc national de Tayrona
La Colombie : le parc national de Tayrona
La Colombie : le parc national de Tayrona

Le lendemain, sans les sacs à dos, direction les hauteurs et Pueblita (un petit village donc). La randonnée est plus compliquée, on utilise les mains pour grimper des pierres, mais ça vaut le coup ! La vue est magnifique sur la baie, et nous arrivons dans les ruines d'un ancien village amérindien, encore habité. Drôle de sensation devant ces habitations d'une grande simplicité. Bizarre tout de même d'être ici en « qualité » de touriste quand l'autre l'est en qualité de vivant ici et vaquant à ses occupations quotidiennes. La rencontre de deux mondes. C'est un peu ça l'Amérique du Sud.

La Colombie : le parc national de Tayrona

Après quelques baignades pour se remettre de ces 2h30 de marche, c'est le retour en bateau. L'occasion de voir la grandeur de ce parc quasiment inhabité, ses falaises découpées par la houle des vagues et le vent des Caraïbes. Le lieu est assez vert, témoignant des pluies qui sillonnent la région. Les cheveux dans le vent, entourés par 75 Colombiens autour de nous sur un petit rafiot. La vie est belle.

La Colombie : le parc national de Tayrona
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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 02:40

Clairement, ce n'était pas une volonté de ma part. Mais Miami s'offrait à moi pour la seconde fois, et j'espérais vraiment mettre un pied dans cette foutue ville après le doigt d'honneur qu'elle m'avait envoyé il y a dix mois ! A l'époque, je voulais rejoindre Trinité et Tobago pour mes vacances de Noël, et c'est à l'aéroport qu'on m'avait dit : « ça ne va pas être possible ! ». Un voyage de guigne que j'ai déjà raconté, et je rejoue avec le feu pour rejoindre la Colombie : un passage par le Surinam, et une escale à Miami ! Logique quand on regarde une carte du monde, non ?

Miami, bitch !

Oui, c'est le souci de la Guyane : un putain de cul-de-sac ! A l'époque où je recherche un moyen de partir de Cayenne, on me propose des vols qui passent... par Paris ! Deux traversées de l'Atlantique pour un prix ahurissant. Allez, je choisis donc mon ennemi du Surinam et sa douane légendaire. Pas de souci cette fois, les démarches administratives avaient été faites un mois avant (pas de prise de risque!). Et je me retrouve le lendemain à Miami, sans doute dans le top 3 des lieux qui ne m'attirent pas dans ce monde (avec Ibiza et Las Vegas). Bon, une escale de 12 heures laisse quand même le temps d'aller y jeter un coup d'oeil.

 

Déjà, en sortant de Guyane, c'est un choc ! Des immeubles ! Pleins d'étages ! Ouah, j'ai perdu l'habitude !

Miami, bitch !

Miami doit sa fortune (on dit que c'est la ville la plus riche des Etats-Unis) à son emplacement géographique : c'est la porte des Caraïbes. Que dis-je, c'est son port ! Un tiers des navires de croisière au monde y sont stationnés ! Alors je m'y retrouve vite confronté.

Miami, bitch !

L'ambiance en ce dimanche est très fête foraine. Les Miamians sont de sortie, il y a du monde devant un grand prix de Formule 1, et ça bouge de partout dans le centre. J'essaie de partir assez vite, car je veux rejoindre la plage avant le coucher du soleil. Bingo, je trouve le bon bus, et je pars... loin ! Car Miami Beach, sans aucun doute le quartier le plus connu de la ville, se situe en fait... sur une île ! Il faut enjamber un immense pont pour s'y retrouver. Là-bas, c'est la Côte d'Azur, avec les habitants qui font de la musculation devant la plage. En fait, c'est plutôt Ibiza, car tout le monde parle espagnol ! C'est que Miami accueille la plus grande partie des Cubains exilés depuis l'arrivée des Castro au pouvoir. On estime que 70% des habitants parlent espagnol à la maison !

Miami, bitch !

Je profite de l'occasion pour manger comme un gros sac avant de reprendre mon avion. L'avantage du périple, c'est aussi le survol des Caraïbes, notamment des Bahamas. Clairement les couleurs donnent envie ! Allez vamos a la Colombia !

Miami, bitch !
Miami, bitch !
Miami, bitch !
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6 octobre 2018 6 06 /10 /octobre /2018 12:44

Le jugement a été rapidement prononcé, et je n'ai pas eu beaucoup d'hésitations. A quoi beau se défendre : le crime a été commis, je suis un délinquant. Je ne connais pas la longueur de ma peine, mais je ne ressens pas trop celle-ci. Au départ. Quand je l'annonce. Cela me semble être d'une logique implacable. La morale m'a quitté, parfois, mais il me reste quelques principes. Je veux être capable de me regarder un minimum dans la glace. Je veux être capable de la regarder un minimum dans les yeux. Pour tout ce qu'elle a représenté.

 

L'au revoir larmoyant. Cela faisait quelques années. C'était un avion qui avait recueilli mon torrent. Cette fois, ce fut en face en face. Ce visage. Ce sourire. Ces derniers fous rire. Bon Dieu, qu'elle est belle.

Elle ne réagit pas. Elle ne me retient pas. Etait-elle d'accord avec moi ? Qu'importe. C'est fini. C'est officiel. Je ferme la porte de la chambre au petit matin, un air de Yann Tiersen au piano. Nos regards se croisent. Mille pensées, pour un vrai merci. Tu étais ma vie.

 

La descente des escaliers. La route. La vie tout autour de moi. Je jette un dernier regard vers la fenêtre. J'espère presque la voir apparaître, qu'elle me court après, qu'elle me dise « non, c'est impossible, pas comme ça, pas maintenant, pas dans cette vie, on est au-dessus de tout ça ». Je traverse la rue. Je marche seul. Une nouvelle vie démarre.

 

Nouveau départ. Plein d'espoir. Je me vois prince de la ville, Je me sens fort. Les dernières chaleurs de l'été, les premiers cours de la rentrée.

 

[…]

 

Quelques feuilles sur le bitume. Et je suis déjà en plein atterrissage. Que s'est-il passé ? Comment en suis-je arrivé là ? Les questions que je ne me posais pas. Ma morale revient, 3 mois trop tard. Un coup de fouet, une claque dans la gueule. Sans le regretter. Etrange sentiment. Car, dans le même temps, je la regrette. Enfin, je regrette le fait d'être deux. Je me sens d'un coup si faible, si petit, et si seul. Dès lors, est-ce vraiment ma morale, ou plutôt une certaine lâcheté ?

 

[…]

Petit flirt. Petit béguin. Petit cœur brisé. Je me hais. Je n'avais pas le droit. Je n'aurais pas dû. Elle a voulu jouer, ce n'était pas tout à fait de ma faute. Mais, quand même, tu l'as su bien assez tôt. Alors, pourquoi avoir insisté ? Pourquoi l'avoir invité ? Elle était fragile. Tu l'as cassé. Regarde-toi dans le miroir. Qui vois-tu ? Est-ce l'image que tu veux envoyer ? Es-tu fier de toi ?

J'ai honte. Petit à petit. Ce flirt me ralentit. M'arrête. Arrêtez. Fini de jouer. Ne plus essayer. Stop.

Je coule. En silence.

 

[…]
 

Le printemps revient. Une nouvelle vie va recommencer. Mais, quand je dis au revoir à la précédente, je ne peux m'empêcher. Elle non plus.

Un long trajet. Des heures de voiture. Tu y penses. Tu t'auto-félicites. Tu joues. Tu gagnes. Est-ce là ta fierté ?

 

[…]

Pour se retrouver, rien de mieux que les racines. Les origines. Un foyer, ma maison. De longues heures de bibliothèque s'enchaînent. J'ai un but. J'ai une motivation.

Pourtant, le soir, elle me hante. Satanée morale. Part ! Laisse-moi tranquille ! Je connais ma faute ! Et elle revient, dès que je suis posé, dès que je réfléchis, dès que je regarde une photo. Un an et demi. Combien de temps ce châtiment va-t-il durer ? Ne vais-je jamais pouvoir réapprécier mes souvenirs ? J'aimais tellement revivre mon passé. Je suis aujourd'hui incapable de l'affronter. Que dois-je faire pour y arriver ? Je cherche des réponses, sans me poser les vraies questions. J'espère qu'elles vont apparaître, ou qu'elle va disparaître.

 

Quelques petits voyages. D'ordinaire, ce sont eux qui me sauvent. Pourtant je la revois, du sosie des tréfonds de Montréal, à ma solitude du nord de la Zambie.

Les ami-e-s sont pourtant là. Les rencontres aussi. Des retrouvailles, et un goût de romantisme. Mais rien ne lui arrive à la cheville. Elle est sur un piédestal. Elle est immaculée, quand je suis sali. Je l'idéalise, je nous idéalise. Je pense revoir notre relation, alors que je suis obnubilé par notre passion. Elle était initiale, elle était de l'autre côté du monde. Mais quelle était belle.

Une nuit d'hiver. Je la pleure dans mon salon.

 

[...]

 

Je dois repartir. Je dois fuir. Je dois la fuir. Me retrouver. Seul un grand départ peut m'aider. Seul, un grand départ. J'ai l'impression d'un retour en arrière, alors que c'est une fuite en avant. Une grande culture, un sous-continent, les plus hauts sommets de ce monde. Ca doit être fou, ça doit être renversant.

Et j'ai pleuré, une dernière fois. Je ne comprenais pas. Pourquoi ? Pour elle, car elle était encore là, en moi. Ma faute, mon histoire, ma vie. Dans ces couloirs bondés du train vers Bombay, tunnels trop éclairés. Je la voyais. Je l'espérais. Encore. 3 ans de souffrance. 3 ans de solitude.

 

[...]

 

La plus grande des punitions est celle que l'on s'inflige à soi-même. La mienne fut mentale, elle fut de l'ordre de la morale. J'ai une morale, je vis avec, et elle me juge constamment. Ce que j'ai perdu à la suite de mon crime, c'est une image de moi : pas parfaite, pas sans reproche, mais avec des erreurs que je pouvais me pardonner. Ici, point de pardon. En tout cas, pas encore. Car si je peux pardonner les erreurs des autres, il faut que je parvienne à pardonner les miennes. Je suis l'accusé, je suis le procureur, je suis l'avocat de la défense. J'ai toutes les cartes en main.

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 12:16

C'est l'un des avantages matériels de ma maison : le bateau, entreposé sous le carbet, et son moteur, bien planqué dans mon salon. Un de mes colocataires est l'heureux propriétaire du bolide ? Que nenni ! (j'suis assez content d'utiliser cette expression pour la première fois dans ce blog!) Non, l'heureux propriétaire est en fait celui qui a monté la colocation, et qui a déménagé... il y a deux ans ! Le bateau est resté, tel un cadeau. Car c'est un peu la mode, surtout dans une grosse colocation, de laisser quelques-unes de ses affaires en partant. D'ordinaire c'est plutôt des merdes qu'on ne veut pas reprendre, et qu'on laisse l'air de rien : ici un vêtement, là une boite de conserve, là un outil, là une carcasse de voiture... non, ça va, la carcasse est partie ! Du coup, en comparaison, le bateau c'est plutôt sympa ! Car cet ancien coloc est toujours dans les parages, il se trouve qu'en plus c'est mon collègue, et qu'il doit, à chaque départ, entrer dans la maison. Et c'est ainsi que nous sommes invités à prendre le large à chaque fois ! TRES bon plan ! L'idée de ce dernier week-end de l'année : le barrage de Petit-Saut.

 

L'air de rien, c'est déjà un petit road trip : deux heures de route avec la coque, le moteur + tout le matériel de survie pour trois jours de forêt ! En forêt, au milieu de nulle part ! Pas de magasin, pas d'hôtel, pas d'habitants... le rêve de tout ermite ! Arrivés sur place, nous découvrons le molosse, que j'imaginais plus haut (47 mètres de hauteur), mais beaucoup moins long (740 mètres !) 

Le barrage de Petit-Saut, visite d'un cimetière presque naturel

Bref, on est sur le poumon énergétique de la Guyane (116 MW), puisque le barrage fournit 70% de l'électricité de la région ! Et que dire du lac ? Le plus grand lac de France mes ami-e-s ! 365 km² ! (l'étang de Berre fait 155 km², le lac d'Annecy 26,4 km² à titre de comparaison).

Le paysage est saisissant. Pour réaliser ce barrage, il a fallu inonder une partie de la région. Et forcément, quand on est en Guyane.... il y avait des arbres ! Nous traversons littéralement un cimetière d'arbres. Lorsqu'on coupe le moteur, le silence est presque assourdissant !

Le barrage de Petit-Saut, visite d'un cimetière presque naturel
Le barrage de Petit-Saut, visite d'un cimetière presque naturel

Parmi les activités possibles : baignade et escalade des arbres, devenus des grands corps sans vie. CRACK. Tel un os qui se brise, les branches et les troncs s'effondrent parfois sous notre poids. Avec l'écho, le craquement résonne. Les arbres meurent à petit feu (enfin, à petite eau). Nous accélérons seulement la démarche. Oui, les arbres ont aussi le droit à une fin de vie digne.

 

Se baigner dans ce lac a quelque chose d'étrange et d'un peu flippant. Il y a toujours un reste de tronc ou de branche qui peut venir vous chatouiller les pieds ! Sûr qu'on pourrait en faire un film d'horreur. A noter que l'eau est particulièrement chaude (même pour moi, frileux de nature).

Le barrage de Petit-Saut, visite d'un cimetière presque naturel
Le barrage de Petit-Saut, visite d'un cimetière presque naturel

Bon, c'est bien beau de s'amuser, mais il faut maintenant construire notre maison avant la tombée de la nuit ! Et voici mon premier carbet bâche ! C'est quoi ? Tout simplement une grande bâche qui me sert de toit ! (car le risque de pluie est important... en saison des pluies). En dessous de la bâche, j'installe mon hamac, avec sa moustiquaire et... ça y est ! La chambre est prête ! En soi, ce n'est pas très compliquée quand on a le matériel. J'ai deux hamacs désormais, la moustiquaire, les cordes, et les collègues m'ont prête une feutrière (une grande corde qui, je ne sais pourquoi, a le droit à son petit nom!). J'ai également acheté une touque (un gros bidon en plastique qui se ferme) afin de ranger les affaires (et les protéger de la pluie). Une lampe frontale, le produit anti-moustique, et vous avez le matériel de survie en forêt amazonienne ! C'est moins compliqué que je ne le croyais au départ !

 

Bon c'est bien beau de dormir, mais il faut le faire le ventre plein ! Là, c'est la mission pique-nique ou barbecue. Pour le second, en pleine saison des pluies, mieux vaut être patient (oui, c'est la forêt amazonienne, il y a du bois partout, mais difficile de le faire sécher!). Je ne suis pas tout à fait le pro du barbecue (ça m'intéresse moyen en vérité), mais c'est l'avantage de partir avec des garçons : il y en a toujours qui sont motivés (chouette, du feu!). Magret de canard au barbecue au milieu de la forêt amazonienne, je valide.

 

Sur le lac, nous croisons deux bateaux de militaires, des Brésiliens qu'on pense être des orpailleurs (ils se rencontreront peut-être un jour...) et... c'est tout ! On cherche les animaux, sans grand succès, comme on a cherché des carbets déjà construits et balisés avec le GPS, sans grand succès. Mais le périple fut tout de même un régal, grâce à ces paysages et à ces joyeux lurons qui m'ont entouré !

Le barrage de Petit-Saut, visite d'un cimetière presque naturel
Le barrage de Petit-Saut, visite d'un cimetière presque naturel
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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 21:09

2 600. C'est le nombre de postes de professeurs qui seront supprimés dans l'enseignement secondaire pour la rentrée 2019-2020 (400 dans l'administration, 600 dans l'enseignement privé). En échange, 1900 postes seront créés dans le primaire, notamment pour le dédoublement des classes de CP. Je ne veux pas insister sur ces créations de postes dans le primaire, car c'est une bonne chose, à la vue des chiffres : la France était en retard pour la prise en charge des enfants.

Y-a-t-il trop de profs ? (et faut-il supprimer des postes?)

Non, je veux revenir sur les suppressions de postes dans le secondaire. Car il y a un autre chiffre intéressant : 40 000. Le nombre d'élèves en plus à la rentrée en 2019-2020 dans l'enseignement secondaire. Pareil pour l'année suivante, d'après les estimations. En résumé : plus d'élèves, moins de profs.

 

Mais, au fait, y-a-t-il trop de profs ?

Depuis 2007, les effectifs dans le secondaire sont passés de 5,4 millions d'élèves à 5,8 millions (chiffre pour 2022). 400 000 élèves de plus. « Oui, mais Hollande a créé des profs ! ». Je sais je l'ai déjà entendu ! Voilà les chiffres du nombre moyen d'élèves par classe en 2017, par rapport aux décennies précédentes (source site officiel de l'éducation nationale!).

Y-a-t-il trop de profs ? (et faut-il supprimer des postes?)

Donc, en résumé, le chiffre de 2017 est le plus élevé depuis plus de 25 ans dans les lycées (29). Il n'a jamais été aussi élevé dans les collèges depuis 1980 (début du graphique, 25 aujourd'hui). Il baisse seulement dans les lycées professionnels. Donc, je résume : on a de plus en plus d'élèves dans les classes, et le gouvernement veut baisser le nombre de profs.

Par rapport au reste du monde ? On est certes meilleur que l'Inde, le Chili et le Mexique. Bon... c'est toujours une question de comparaison... Par contre, par rapport à la moyenne des pays développés, on est bien au-dessus !

Ainsi, lorsque le gouvernement explique qu'il y a moins d'élèves, c'est un mensonge. Dire que l'on veut rattraper les autres pays, c'est un autre mensonge. 
Non, tout n'est pas parfait dans l'éducation nationale (encore moins en Guyane d'ailleurs), et des choses doivent être faites. Mais la rengaine des suppressions de postes, c'est inadéquat. Tiens, je m'en vais me syndiquer. 

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 14:50

Sarajevo. Si une ville devait résumer l'histoire de l'Europe, je pense que ce serait celle-ci. Prenez l'attentat contre l'archiduc François Ferdinand, héritier du trône d'Autriche, qui servit de prétexte au déclenchement d'une guerre, aujourd'hui appelée la première guerre mondiale. Nous sommes en 1914, à un petit carrefour du centre de la ville. Aujourd'hui, rien ne pourrait nous y faire penser, si ce n'est une petite plaque commémorative. Car, de l'autre côté de ce pont, c'est toute l'histoire du monde qui a basculé.

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas

Se balader dans cette ville, c'est parcourir les livres : ici les mosquées, ici les églises, et ainsi l'Empire Ottoman et l'Empire Austro-Hongrois se côtoient. Le bazar est animé, on se croirait à Istanbul. Quelques dizaines de mètres plus loin, les bâtiments donnent un air de Budapest, quand la vie nocturne nous y amène réellement. Sarajevo vit, Sarajevo chante, Sarajevo danse. Sarajevo est libre.

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas

Car, plus récemment, c'est la guerre civile qui a tout emporté. 1993-1995, une ville assiégée. Là, ce n'est plus vraiment de l'histoire, nous sommes dans le temps présent. Les guerres yougoslaves ont été sales (mais quelle guerre est propre ?). Les cicatrices marquent encore les bâtiments, là criblés de balles, là touchés par les mortiers. Les cicatrices marquent encore les habitants, les musées. Nous avons visité celui consacré au massacre de Sebrenica. Acte de génocide selon l'ONU (quoique le débat existe sur le terme). Crime de guerre. Des milliers d'hommes abattus. Et, dans mes écouteurs, le récit du drame. On y ressent de la colère. On y ressent l'injustice. La guerre est encore là, la Bosnie n'existe pas. Les traités internationaux ? Les frontières ? A quoi bon ? A Sebrenica, l'ONU était là. Qu'a-t-elle fait, à part regarder ?

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas

Alors si Sarajevo est mélangée, comme les plus belles capitales européennes, et si son futur semble assuré (avec tourisme de masse à prévoir dans les cinq ans) le reste du pays, lui, est découpé. Au sens propre, comme au sens figuré. Il y a officiellement la partie serbe de Bosnie, et la partie croato-bosniaque. Dans les faits, il y a les Serbes, avec le drapeau de la Serbie dans leur rue (et non pas de la Bosnie). Il y a les Croates, avec le drapeau de la Croatie dans leur rue (et non pas la Bosnie). Et, tout de même, il y a les Bosniaques, les seuls non-chrétiens du pays, et les seuls aussi à afficher le drapeau du pays. La Bosnie ne semble exister que sur mes cartes. A l'intérieur, la langue est différente, avec des dialectes, la religion est différente, les drapeaux sont différents, et la vision de l'histoire du pays. C'est fascinant. C'est compliqué.

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas

Et pourtant, au détour des collines et des montagnes, les ponts de Konjic, Mostar et Visegrad témoignent des liens qui unissent ces territoires. Des peuples qui ont été reliés pendant des siècles. La Bosnie est belle, nous l'avons aimée. Ses marchés animés, ses rues bondées, ses soirées rythmées. Nous nous y sommes perdus, à de nombreuses reprises (merci Tomtom 2009). Nous avons traversé des coins parmi les plus reculés, rencontré des personnages hauts en couleurs (cet homme qui nous fait l'imitation du fusil de chasse... dans la ville de Sebrenica... étrange), admiré parmi les plus jolies filles d'Europe et, enfin, roulé, sans grande destination. Le road-trip, son esprit, les Balkans.

La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
La Bosnie, road-trip dans le pays qui n'existait pas
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