20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 22:35

Vraiment, je suis trop vieux pour ces conneries :

- Dormir en auberge, dans un dortoir 10 personnes, sans salle de bain

- Boire deux litres de coca en soirée

- Jouer 4 saisons de Football Manager

- Enchaîner 3 soirées d'affilée jusqu'au bout de la nuit (qui a dit que deux c'était déjà dur?)

- Aller à une Rave Party miteuse

- Sauter un repas et me nourrir de biscuits

- Commencer une nouvelle drogue

- Faire une nuit blanche

- Dormir dans un aéroport

- Faire pipi au lit

- La relation à distance

I'm too old for this shit
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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 21:22

Les autorités surinamaises (ou surinamiennes?) sont la raison de nos vacances plutôt compliquées et de notre guigne : autant vous dire que nous n'arrivons pas avec le sourire aux lèvres à la douane de l'aéroport ! Mais, il faut bien l'avouer, Paramaribo dispose de quelques atouts. Le premier est sans conteste son centre-ville, avec une architecture coloniale uniforme, blanche et très bien conservée (mon plus bel exemple de legs colonial jusqu'ici!). Le Surinam était une colonie néerlandaise jusqu'en 1975, et une colonie qui faisait plutôt la fierté des Pays-Bas. De ce fait, la capitale vit encore aujourd'hui à l'heure du néerlandais, dans sa langue, ses panneaux et même sa population (beaucoup viennent encore en vacances ici). Drôle de sensation que d'être en Amérique du Sud et d'entendre la langue la plus sexy du monde.... [sic!]

Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne
Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne
Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne
Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne

Bon, il ne faut pas idéaliser non plus, certains bâtiments sont en lambeaux, notamment... les ministères !

Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne

Nous passons rapidement par le fort Zeelandia, haut-lieux de l'histoire nationale : construit d'abord par les Français, il servit ensuite aux Anglais puis aux Néerlandais (les Pays-Bas ont fini par échanger Paramaribo et le Surinam aux Anglais contre la ville de Nouvelle-Amsterdam, qui s'appelle aujourd'hui... New York!!). Le fort a également servi lors de la décennie 1980 de... prison... et de lieu d'exécution d'opposants.

Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne

L'histoire du Surinam à cette époque est sanglante : guerre civile, réfugiés, le tout mélangé à une bonne dose de cocaïne. Car le Surinam était (et est encore) un narco-Etat. Le président de la République, un certain Bouterse, est associé avec... Pablo Escobar (je ne le présente plus, la série Narcos s'en est chargée pour moi). La majorité de la cocaïne européenne passe alors par le Surinam. Ajoutez à cela que le président de la République... est toujours Bouterse (!!), qu'il a été condamné par un tribunal international, qu'il a été condamné dans son pays, et que son fils a été condamné pour trafic de drogue aux Etats-Unis (et je vous passe les détails sur ces rapports avec la Libye ou le Hezbollah)... Bref, ça fait rêver !

 

Après notre petite marche historique, nous découvrons la deuxième grande spécialité de Paramaribo : ses casinos !

Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne

A l'étage on craque d'abord pour les sushis : 20€ à volonté. Autant vous dire qu'on les a avalés à tour de bras ! (je me suis arrêté à 55). Puis nous redescendons pour observer la populace. Sans surprise, ce sont... des Chinois que nous voyons en nombre ! Ils étaient absents de notre visite jusque là, et on les retrouve encore fourgués au casino (caricature bonjour!). Ils jouent surtout au baccara et on sent que ce sont des bons clients de la maison (ils ont une salle VIP rien que pour eux, avec un dragon et des signes chinois sur la porte). Les machines à sous sont là, mais, ô drame de la technologie, elles ont perdu leur côté sexy : plus de pièce qui tombe ! Non, juste un ticket électronique qui sort, avec un code-barre. Non ! Je ne suis pas d'accord ! Je veux bien me faire entuber par le casino, mais il faut que cela garde son charme !

J'opte alors pour la roulette. 5€. Allez, c'est parti. Je mise 1€ sur le noir. Le rouge sort. Je double : 2€ sur le noir. Le rouge sort. Roh ! Bon, je remise 2€ sur le noir. Le rouge sort. Jérémy la guigne, bonjour. Je suis un peu dépité d'avoir perdu 5€ en l'espace de trois minutes. Je remets un billet, je vais me refaire ! Et, à ce moment-là, j'ai compris : c'est ainsi qu'un casino peut être très dangereux !

Je mise directement 5€ sur le noir ! Le noir sort. Je reprends mes 10€ et c'est terminé bonsoir (avec l'accent belge) pour moi ! [j'ai lu Le joueur de Dostoïevsky, ça m'a vacciné sur les casinos]. Pour mon coloc Tim les pertes sont là mais, heureusement pour lui, sa carte bancaire ne fonctionne plus (sinon il aurait fini telle la Grèce il y a 5 ans!). [Bon, je compte bien tenter le Black Jack ou le Poker un jour, j'avoue que j'ai flippé cette fois].

Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne

Enfin, Paramaribo nous permet de sortir « pour de vrai ». Ne nous mentons pas, Saint-Laurent du Maroni ne regorge pas de boîtes de nuit. Paramaribo est une vraie grande ville, et on se retrouve dans une soirée 21+ (seulement ouverte aux gens de plus de 21 ans ; c'est dans ces moments-là qu'on est content d'avoir 25 ans...). Beaucoup de monde, une grande piste, plusieurs DJ et... une roulette à l'arrière de la salle ! Décidément, un vrai film de gangsters cette ville ! . Tim rejoue... et se refait d'ailleurs en partie ! On danse un peu sur des chansons... en néerlandais. Ca reste particulier.

A noter que les hôtels sont pas chers et luxueux, tandis qu'on peut manger en ville pour 3€ sans trop de problème. Bref, je comprends maintenant pourquoi des Guyanais y passent régulièrement des week-ends !

Paramaribo la coloniale : casino et cocaïne
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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 00:39

"Umgawa !" C'est un cri qui résonne dans la nuit. "Umgawa !" C'est une lumière qui jaillit. "Umgawa !" C'est la chaleur qui monte. "Umgawa ! Umgawa ! Umgawa !" Il faut imaginer cette scène, six jeunes adolescents hurlant autour d'un feu, au milieu d'une cour. La nuit vient de tomber, le repas de famille va bientôt toucher à sa fin, et nous sommes là, joyeux comme jamais, autour de ce feu prohibé, de ce jeu interdit. Nous tournons, nous hurlons. Et tu es là, forcément. Je te soupçonne même d'avoir été à l'origine de cet incendie. 

Maxime, mon cousin. Il allait avoir 29 ans. Mort d'une crise cardiaque.

Je ne peux croire ce SMS. Je me réveille subitement. Je cours vers le téléphone. C'est impossible. Car c'est toujours impossible dans ces moments-là. J'ai la confirmation. J'ai le choc. Une énorme claque. Un KO. Je marche dans une direction, puis dans une autre. Je ne comprends pas. Pourquoi ?

Umgawa

Maxime c'est un sourire. Oh, un ange. Et un démon. Un gamin incroyable. Et quelle famille ! Les deux frères ensemble ? Destructor et Terminator selon le surnom donné par leur mère. Clairement, il y a de quoi ! Je me revois sur un matelas à Hem, posé à côté de la maison. L'idée du jour : faire du catch ! Moi, j'étais plutôt football, et si tu as accepté parfois de jouer avec moi pendant l'enfance, c'en est un peu terminé à l'adolescence. Mais qu'importe, j'adore venir ici. Ce fut ma découverte de Super Mario sur votre console (ô comme j'étais jaloux !). Et puis toutes ces figurines dans vos chambres. On joue à sa battre avec elles. Et puis on part se déguiser : ça, c'est l'un des grands plaisirs de votre maison !

Cette maison je l'apprécie tellement que je décide d'y dormir. Enfin, je crois bien qu'il y avait cette fille, en face. Ta voisine, Channel. Oh, qu'elle était jolie ! Tu en étais dingue. Moi aussi je crois. Mais tu as eu un coup d'avance sur moi : tu l'avais apparemment embrassée ! 

Toi aussi tu es venu dormir à la maison. Je te revois encore sur le matelas à côté de mon lit, à narrer quelques histoires dont tu avais le secret. Là, pas de Channel, mais une Maëlle. Cette fois, c'est moi qui ait un coup d'avance sur toi. Mais je nous revois en cercle dans la pelouse, essayant de te pousser un peu vers elle. Oh, tu n'as pas l'air insensible, adolescent que tu es. Maëlle, c'est devenu une blague : à chaque fois que tu viens à la maison on te parle d'elle. "Tu sais, Maëlle pense toujours à toi." "Tu sais, Maëlle a demandé après toi". Et je te revois avec ton rire gêné. 


Ce qui me revient aussi, c'est les journées en haut chez papy et mamy, à sauter dans les lits comme des acharnés, à faire des batailles de je ne sais quoi. C'est les jeux de cartes, les carrés et leurs codes à peine voyants avec toi. 

Et tes chansons ! T'es le premier à nous apprendre les chansons paillardes, que tu récites à Noël au grand dam d'une partie de la famille. Et nous qui rions de toutes tes bêtises.

 

Non, ce n'est pas possible. Pas toi. C'est pas un âge à partir. Autant mes grands parents je comprends, c'est dans l'ordre des choses. Là, non. Je reviens en courant en métropole, je veux être là. C'est bien vrai. C'est donc fini pour toi. Merde, c'est con, je t'aimais bien. Je pense à ta mère. A ton frère. A ton père. Et à nous tous.



S'il y a une image que je dois retenir, c'est celle dans l'allée de chez papy mamy. Il faut l'imaginer cette allée : une centaine de mètres tout droit, avec les sapins qui nous entourent. Toi, ta spécialité, c'est de te planquer dans notre coffre au moment où nous partons. Tu veux rester avec nous ! Et nous aussi ! Mais on rit trop de ta bêtise. Parfois Papa te laisse faire quelques dizaines de mètres avec nous, voire roule jusqu'au bout de l'allée. Mais tu ne bouges pas. Ah, tu serais bien venu avec nous quelquefois. Mais le fillot comme il t'appelle doit descendre. Ou alors tu es expulsé dès le premier mètre. Et, lorsque la voiture démarre, tu cours comme un dératé après nous, le long de l'allée, parfois jusqu'au bout. Et nous te regardons, assis à l'arrière. Et nous rions pendant que tu hurles. 

 

La vie, c'est cette allée. Et tu as été obligé de t'en aller. Peu avant les 30 mètres. Moi, je reste dans ma voiture, et je t'observe à l'arrière. Je garde ton sourire. Je garde ta folie. Je pense à notre dernier moment ensemble. Tu étais assis à côté de moi le jour de l'anniversaire de ma mère. Bientôt un an déjà. On a parlé voyage. Tu voulais aller au Canada. Et aux Etats-Unis. Je t'encourageais à le faire. Et tu es parti, selon tes mots, "tel une sirène". Fou rire. Génial. 


Fais chier la vie.

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 16:22

C'était une évidence. Depuis l'année 2008-2009, je savais que j'irais dans ce pays. Car mon Erasmus n'eût pas été le même sans la présence de mon coloc Sean, sa barbe de 3 jours, son sourire, et sa grande spécialité : le football (enfin, pas que...).

Pour le retrouver, il a fallu quitter mon personnage de guigne qui m'a poursuivi pendant ces vacances et, aussi, me lever tôt : 3h45. Direction le ferry pour essayer d'obtenir un ticket. Il est 4h25 quand j'arrive et il y a déjà 20 personnes dans la file. Je pense « c'est pas possible, ils ont dormi là !? ». Après 1h30 d'incertitude j'obtiens l'un des derniers tickets. Ca y est, le karma me revient ! Et, à Port of Spain, le voici qui débarque. Le même sourire. Des frissons. 6 ans et demi que je ne l'ai pas vu. Forcément on va un peu vivre dans le passé, ressasser les bons souvenirs, les grands fous rires, revoir les têtes qu'on a tous deux perdues de vue, écrire à nos vieux colocs, et se demander comment on a fait pour ne pas se voir avant. Tu me dis de prendre what's app, je te réponds de t'inscrire sur Facebook. Tu me dis de revenir vite, plus longtemps ; je te réponds la même chose, en Guyane française.

Bien sûr on va évoquer nos six années, nos amours perdues et notre jeunesse envolée. Tu te vois grisonner, t'inquiète, ça lui plaira à celle qui te domptera. Car tu restes l'animal fou que tu étais, toujours prêt à sortir et à rire. Un bon copain. Un type qui m'a manqué. Oh, Erasmus, comme je t'aime.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Chronologiquement, tout a commencé par la découverte de Port of Spain, ville industrielle mais aussi capitale économique et politique du pays. C'est là que nous avons pris notre ferry à l'aller, avec, au large, ce qui a fait, fait et fera encore la richesse de l'île : les plates-formes pétrolières. Si Trinidad est l'île riche des Caraïbes, c'est pour ça ! L'extraction a commencé au XIXème siècle et elle continue. La population en voit un peu la couleur, puisque la compagnie qui exploite a été nationalisée il y a plusieurs décennies et que le litre de gazole coûte 50 centimes !

 

Tobago est la petite île. 60 000 habitants (contre 1,5 million pour Trinidad), et un côté nature assumé : l'île vit essentiellement du tourisme. Les plages sont nombreuses et se succèdent (on peut faire le tour de l'île en une journée). Nous avons opté avec Tim pour Castara, petit village de pêcheurs ancré dans une baie. Le lieu est magnifique. Un peu touristique, mais ça reste raisonnable (il y a 5-6 restaurants en tout et pour tout). Certes la pluie nous a joué des tours mais ça n'empêche pas l'eau d'être à 25°C.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Deux petits périples nous ont sorti de ce lieu. Le premier nous emmène à Pigeon Bay et Nylon pool. Si la plage de Pigeon Bay est touristifiée, elle nous permet de choper un bateau pour faire du masque-tuba dans des coraux (un peu cramés) et de nous baigner dans une eau turquoise avec des beaux poissons colorés.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Quelques jours plus tard c'est en stop que nous rejoignons Englishman Bay, enfin avec le soleil.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Tobago est l'île relax, plage, farniente, petites rando, nature et collines (c'est assez vallonné). Pour faire la fête ce n'est sans doute pas le top, surtout Castara. Qu'importe, on reste ici pour Nouvel An. Un buffet, une douzaine de Français, le bermuda, le T-Shirt, les pieds dans l'eau, drôle d'endroit pour un décompte !

Vroum vroum vroum. De la fumée. Du bruit. Nous avançons. Sur le parking du restaurant, des pneus ont été alignés, comme sur un circuit de karting. La population est amassée autour. Et, surgissant de l'obscurité, une voiture tunée débarque et fait chauffer les pneus : c'est parti ! Elle tourne, crisse et cuit la gomme. Un épais nuage de fumée commence à s'élever, accompagné d'une odeur de caoutchouc brûlé. Et la voiture tourne, tourne et tourne encore. Ce Nouvel An se transforme en quelques minutes en rodéo, avec pétarade de pot. Tuning et rodéo sur un parking, avec la menace de la pluie... heureusement que je suis en T-Shirt pour me rendre compte que j'ai bien quitté le Pas-de-Calais !

A Trinidad les choses sont très différentes : j'ai mon guide attitré. Il me fait découvrir Chaguaramas le 1er jour, puis Santa Cruz et sa demeure magnifique, mélange de Noël et d'Inde (la communauté indienne représente 40% de la population de l'île).Le second jour on fonce vers le Nord et les baies de Maracas et Las Cuevas (les photos parlent pour elles).

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo

Deux jours c'est trop peu, j'ai encore 95% de Trinidad à découvrir, notamment tous les lieux à la toponymie française : Grand matelot Bay, San Souci Bay, Blanchisseuse Bay, et même La Vache Point (car les deux îles ont longtemps été disputées entre les Néerlandais, Espagnols, Anglais, Français et même Lettons (!!!) - Tobago a changé plus de 30 fois de « propriétaire » en 300 ans). Surtout ces deux jours sont trop courts quand on a 6 ans à rattraper. On est sorti, on a fumé, on a même rencontré Miss Univers Trinidad ! Mais, même ça reste trop peu. Allez, on se revoit en 2018.

Trinidad et Tobago : Erasmus et rodéo
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:52

Il y a quelques années de cela, six ans et demi pour être précis, j'avais intitulé un article « Sophie la guigne », l'arrivée de ma sœur en Espagne ayant provoqué une succession d'événements non prévus et désagréables. Cet épisode n'est rien à côté de ce tome 2, où la personne maudite est : ma gueule.

 

Mercredi

 

Aujourd'hui, je dois faire notre carte touristique. Nous partons avec Tim, mon coloc, à Tobago pour les vacances de Noël. Pour y arriver nous devons prendre un avion à Paramaribo, capitale du Surinam, située à moins de 3 heures de mon domicile actuel. La mission a l'air faisable, puisque nous avons simplement besoin d'une carte touristique du Surinam, qui se fait en quelques minutes au consulat. Mais, ce mercredi, je suis malade, au point de ne pas aller travailler (une première pour moi). Je ne me rends pas compte ; je pense à une intoxication alimentaire ou à un parent d'élève qui, la veille, m'a refilé un reste de gastro. En vérité, je venais d'être marabouté. C'est le premier épisode de Jérémy la guigne.

 

Vendredi

 

Pas grave, le consulat est ouvert vendredi après-midi, et je n'ai pas cours. Je me présente au lieu-dit vers 14h30 et.... c'est fermé. Jérémy la guigne. Situation ubuesque : le consulat a donné rendez-vous à plusieurs dizaines de personnes pour venir récupérer leur passeport (et leur visa) à 14h, mais ils ont décidé de fermer cet après-midi, sans prévenir (la veille des vacances de Noël). Les passeports sont là, à l'intérieur, et le consulat n'ouvre plus avant... mercredi. Les gens sont, logiquement, très contents. Après quelques heures de tractations, quelqu'un viendra finalement ouvrir le consulat, relâchant les passeports. Pour nous, par contre, pas de carte touristique. Heureusement, on peut la faire directement au poste-frontière.

 

Samedi

 

Les sacs sur le dos, nous nous retrouvons comme une sucrerie au milieu d'un essaim d'abeilles – les abeilles étant les conducteurs de pirogue. Nous allons traverser le Maroni, fleuve frontalier et arriver au Surinam. Après quelques négociations, nous voici à Albina, poste-frontière.

« Vous n'avez pas votre carte touristique ? »

« Non, on voudrait la faire »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Pardon ? »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Mais il est fermé jusque mercredi, et notre avion part demain ».

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

« Mais on nous a dit que c'est possible de la faire ici »

«  C'est pas possible, il faut la faire au consulat »

Négocier avec une administration revient à se battre avec un mur : ça ne bouge pas. Nous voici tout penauds – comme des cons quoi – notre sac sur le dos, la frontière devant nous, et l'avion de dimanche matin qui se révèle impossible à chopper. Nous repartons dépités de l'autre côté du fleuve, cherchant sans succès un plan B pour passer au Surinam. Oh, notre bel hôtel de Paramaribo. Oh, notre avion en première vers le soleil des Caraïbes. Tout a disparu, et nous voici sous la pluie, déambulant vers la maison. Jérémy la guigne.

 

Allez on se motive ! C'est les vacances merde ! A peine arrivés à la maison que nous regardons les sites internet. On partira, qu'importe quand, et on verra Tobago ! Un ticket nous saute alors aux yeux : Cayenne-Paramaribo-Aruba-Miami-Trinidad. Oui, 3 escales, mais c'est le moins cher et nous avons 22 heures de disponibles à Miami ! C'est un signe, on doit voir la Floride ! On achète notre ticket en même temps et on pense déjà à notre bon temps aux USA ! C'est sans compter sur Jérémy la guigne.

 

Dimanche

 

Le covoit est là. Ouf. Direction Cayenne, où Justine nous héberge. Nous sommes le 24 décembre, elle a bizarrement des plans pour la soirée. Mais elle est très sympa et nous laisse la maison pour la nuit. Au moment de venir nous chercher à Cayenne, sa batterie... lâche. Un autre effet de Jérémy la guigne. Des pinces plus tard, la voici. Ouf.

 

Lundi

 

Nous prenons le taxi pour l'aéroport. 50€ ; c'est le 25 décembre. Nous avons déjà perdu un ticket d'avion pour Trinidad le dimanche, la nuit d'hôtel à Paramaribo, la première nuit à Tobago...alors 50€...

Aéroport de Cayenne. Tim passe. On lui donne son ticket. Je passe.

« Désolé, mais je n'ai pas votre nom ».

« Pardon ? »

« Vous n'êtes pas sur le liste des passagers ».

« Mais, j'ai ma réservation ».

« ….... »

« …...... »

Le coup de massue. Jérémy la grosse guigne. Car, jusque là, ça pouvait être Tim la guigne. Ici, c'est beaucoup plus clair. La dame de l'accueil m'explique la situation : j'ai apparemment un ticket de Miami à Trinidad qui est réservé, mais pas de Cayenne à Miami. Je peux l'acheter. Combien ? 700€. Outch ! Bon, de la merde, j'irai en vacances ! Je sors la carte bleue. « Désolé, c'est seulement en cash ». 700€, en cash. Bizarrement, je n'ai pas le somme sur moi. Et vas-y que je pars à la machine pour retirer. A 150€ la machine dit stop. Je ne le sais pas encore, mais je suis au plafond. Jérémy la guigne. Bon, il semble bien que Miami disparaît pour moi. Une autre solution serait de partir jusqu'à Paramaribo et de prendre un vol jusque Trinidad ; selon Internet, il y en a encore et c'est beaucoup moins cher : 180€ vers Paramaribo... allez c'est parti !

Je file quasiment tout mon argent disponible pour partir au Surinam (alors que j'étais sensé y être il y a deux jours pour 5 fois moins... putain de carte touristique!!) J'appelle mes parents pour leur souhaiter un joyeux Noël et leur demander d'appeler la banque aujourd'hui -ah, c'est le 25 décembre ils ne travaillent pas??!- demain pour faire sauter mon plafond de retrait.

Me voici à Paramaribo, nous nous séparons avec Tim : lui part à Miami. Le salaud. Moi, j'entre au Surinam, je fais cette foutue carte touristique que l'on peut faire à l'aéroport (mais plus aux frontières terrestres) et j'ai deux objectifs : un hôtel pas cher et internet au plus vite : il me faut un vol pour Trinidad le lendemain.

Je me fais entuber par un taxi, mes derniers euros s'envolent, et je me retrouve dans un hôtel à 5 kilomètres de l'aéroport. Un peu plus de 10€ la nuit.... en hamac.... sous des tôles.... et sans moustiquaires... Bref, le rêve. Jérémy la guigne. Bon, je n'ai qu'un dollar et trois euros sur mois, je fonce à la première banque. J'arrive à retirer 30€ en tout et pour tout : il faut que je tienne un jour et une nuit. Y'a pas de raison !

Mission suivante, le ticket d'avion. Je vais sur le site de la compagnie et.... il n'y a plus de ticket. Le prochain vol est disponible dans... 3 jours. Jérémy la guigne. Je me décompose devant l'ordinateur, me demandant qui est ce sorcier vaudou si puissant m'ayant marabouté (j'ai choppé le baclou!). Je passe par d'autres sites et là, miracle, je peux réserver un ticket pour le lendemain. C'est à n'y rien comprendre. Bon, je me suis fait avoir à Cayenne dans la même situation, j'attends d'être dans l'avion pour sauter de joie.

Après une journée et une nuit pluvieuse passée dans la banlieue de l'aéroport de Paramaribo, Surinam, accompagné de nouilles chinoises, je repars, j'espère pour de bon, à Trinidad.

 

Mardi

 

Alleluia ! Je suis dans l'avion (et il y avait encore pas mal de places !). Je croise quelques personnes de Saint-Laurent du Maroni, à qui je raconte mes malheurs. Et nous atterrissons à Port of Spain, capitale de Trinidad. Il est midi, Tim arrive dans le même aéroport à 19h. Je me décide à l'attendre, il y a des vols vers Tobago, l'autre île et notre destination finale, toutes les heures quasiment. Ils vendent des tickets à partir de 18h. Ma carte bancaire fonctionne, tout va bien, le karma est de retour ! Enfin, c'est ce que je croyais. Un journal et deux heures de couture plus tard, 17h30. Je me mets dans la file pour acheter un ticket. Je suis premier, j'ai fait le mouvement au bon moment, il y a plusieurs dizaines de personnes derrière moi deux minutes plus tard. L'hôtesse prend alors la parole et explique « pas de ticket disponible avant 20h ». Bon, au point où j'en suis. Je récupère Tim et je vais dans la file. Je pose la question qui fâche : « il y a encore des tickets ? » (car vous n'en avez pas vendu un seul depuis que je suis arrivé !). Elle se décide alors à faire une annonce générale : « pas de ticket avant 3 heures du matin ». On se renseigne un peu, et on apprend qu'il n'y a pas de ticket avant 4 jours, et qu'il faut espérer que quelqu'un ne vienne pas. Jérémy la guigne. Nous voici à Trinidad alors que nous avons une réservation d'hôtel à Tobago, et des amis là-bas...

Nous sommes à nouveau abattus. On regarde pour le bateau. Certes, ça dure 4 heures au lieu de 15 minutes, mais on va y arriver ! ….. Plus de ticket de bateau sur Internet. Jérémy la guigne. Une possibilité est d'aller faire la queue très tôt demain, genre 8 heures, pour essayer d'avoir un des tickets restants pour le bateau de midi. Ou de faire la même chose pour l'avion (en gros ce que j'ai fait toute la journée...).

Bon on réserve une nuit d'hôtel à Port of Spain, capitale de Trinidad et nous prenons un taxi qui nous dépose au bon endroit (faut le signaler quand ça se passe bien!).

« Sorry, on est complet »

« Mais nous avons une réservation »

« Désolé, mais nous sommes complet »

« Mais enfin, on a pu faire une réservation sur Internet il y a 30 minutes ! »

« Désolé, mais nous sommes complet »

Jérémy la guigne. La goutte d'eau pour moi, je m'assois dehors, je laisse Tim chercher un plan B (enfin, non, le plan B c'était Miami, le plan C c'est moi par Paramaribo puis Tobago, le plan D c'était cet hôtel, on est donc au plan E, comme énervé). Et nous voici à pied, à travers Port of Spain, sacs sur le dos, pour trouver un autre hôtel. Il est 22h30, j'ai passé la nuit dernière dans un hamac, ma journée dans un aéroport et je marche. Joyeux Noël Jérémy la guigne.

 

Mercredi

 

5 jours que nous avons commencé notre périple. Et nous ne sommes pas encore arrivés à destination. Du coup c'est Tim qui va faire la queue pour les tickets du bateau – si j'y vais le ferry est capable de rencontrer un Iceberg au milieu de la mer des Caraïbes –. A 11 heures, j'avance avec un autre naufragé de l'aéroport de Trinidad et nous voyons Tim, grand sourire, les pouces levés. C'est fait, on a les tickets, direction Tobago !!!

Le bateau met 5 heures, ça remue sévère, ça vomit beaucoup et Tim dit « plus jamais ça ! ». Un taxi nous attend à Tobago, l'hôtel n'a plus notre chambre pour ce soir, mais c'est pas grave, au point où on en est ! Les vacances commencent enfin.

 

Jeudi

 

Pluie.

 

Vendredi

 

Pluie.

 

Samedi

 

Pluie, sans arrêter. Nous sommes dans les Caraïbes, et il pleut autant qu'en Bretagne un soir d'automne. D'ailleurs, le soir, l'électricité disparaît. Jérémy la guigne. Bon, jusque là ça allait bien en fait, car nous avons un autre souci : notre carte bancaire ne fonctionne plus. Tous les deux. Pas grave, lundi mon plafond doit augmenter, et je vais pouvoir retirer (et payer notre hôtel, notre bouffe, etc).

 

Lundi

 

Il y a une seule machine. Elle fonctionnait. J'arrive retirer de l'argent. « Sorry, out of service ». La machine n'a plus de cash. Jérémy la guigne. Je doit partir le lendemain à Trinidad. Je n'ai pas de ticket d'avion (il n'y en a plus avant plusieurs jours). Et c'est pareil pour le ferry.

 

Mardi

 

J'obtiens après 2 heures de queue un ticket pour le ferry. Pas malade. Et un vieux copain est de l'autre côté pour ma dernière journée. Il veut m'emmener à sa plage favorite, l'un des plus beaux lieux de l'île... il ignore alors qu'il transporte Jérémy la guigne. A dix kilomètres du but, nous sommes bloqués : un glissement de terrain ayant bloqué la route ! Jérémy la guigne. Elle ne sera débloquée que le lendemain.

 

Mercredi

 

J'arrive à l'aéroport. Tim est là. Le ferry de ce matin était... en panne (forcément, je l'avais emprunté la vieille) et il a eu énormément de chance : un type très sympa lui a filé un ticket d'avion très discrètement. L'avion est... retardé de 4 heures. Bon, Jérémy la guigne, c'est bientôt fini !??? Perdu, l'avion n'est toujours pas là. Nous l'imaginons dans les airs, ne souhaitant parsatterrir pour me rencontrer, moi terrible malade, marabouté depuis 10 jours. Il arrive finalement avec 5 heures de retard sur l'horaire et nous emmène au Surinam. Nous rentrons le vendredi en Guyane.

 

Le bilan ? Un avion manqué, un ticket annulé à l'aéroport, 3 jours de vacance perdus dans des transports, 4 jours de pluie, un carte bancaire en difficulté (mais c'était pire pour Tim), des hôtels réservés dans le vent, du vomi... et bonne année ! Jérémy la guigne.

Le port de Port of Spain

Le port de Port of Spain

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 14:10

La la la la la la – la la la la la (à fredonner sur l'air d'intervilles). Direction Awala, sa plage, ses cocotiers et.... mais, descends un peu ! Tu vas te faire mal !

Les jeux amérindiens Kali'na

Casque sur la tête, les pieds entourés par un bandeau, l'ascension du cocotier est l'une des épreuves phares de la journée -et celle que je ne voulais surtout pas manquer !-. Certains sont doués, et escaladent les quelques mètres en moins de dix secondes. D'autres... Bon... D'autres font preuve d'abnégation, que dis-je, de courage : j'ai vu une fille coincée plus de cinq minutes à un niveau du cocotier, elle n'avançait plus, et essayait pourtant sous les hourras de la foule.

 

Une ambiance d'intervillages. Les jeux Kali'na sont à l'origine organisés par les Amérindiens. Aujourd'hui, ils rassemblent surtout les métropolitains et les Amérindiens, dans un mélange culturel et de personnes qu'offre trop rarement la Guyane. C'est un événement régional, couvert par la presse et la radio (en direct !). Après l'épreuve des cocotiers, direction le tir à l'arc amérindien (après quelques sauts d'obstacles), puis c'est la « remontée de pirogue ». Ils sont 8, 4 filles et 4 garçons, ils descendent une pirogue sur une dizaine de mètres – ça, c'est facile – puis ils essaient de la remonter : c'est là où ça devient compliqué (le poids de la pirogue dépasse les 700 kilos). Même situation que pour les cocotiers, il y a les doués, comme l'équipe des militaires, organisée... bah militairement. Et puis il y a les non-militaires, ou ceux avec un peu moins de muscles : là ça peut durer de nombreuses minutes !

Les jeux amérindiens Kali'na

Il y a plusieurs dizaines d'équipes, de ce fait les épreuves durent plusieurs heures. L'avantage, c'est que nous sommes à la plage, et qu'il fait chaud : on se baigne, on se repose, on se sent en vacances (même quand il pleut!). En début de soirée, les équipes sont à nouveau sur le pont, pour le tir à la corde ! Là, on ne rigole plus, les équipes sont face à face dans des duels (et l'arbitre a la pression !). Chacun sa technique -les Amérindiens la jouent statiques bien enfoncés dans le sol, ça dure une plombe à chaque fois, mais ça met une belle ambiance-. Il manque simplement un « top à la vachette ! » pour que ça soit parfait !

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 22:22

Hormis pour ses fusées et ses îles, Kourou a plutôt mauvaise presse : la ville serait laide, l'insécurité importante et il n'y aurait pas grand chose à faire. Clairement, c'est vendeur ! Et si je rajoute la présence de la légion étrangère...

Kourou n'est qu'un village de 700 habitants lorsqu'on la choisit pour accueillir le centre spatial au milieu des années 1960. La construction prend plusieurs années, et les travailleurs s'installent sur place dans des campements de fortune. Il faut attendre la décennie 1980 pour voir peu à peu s'effacer ces bidonvilles. Aujourd'hui, la ville tourne autour du CSG, des militaires et... du tourisme. Pas forcément beaucoup dans la ville, quoique nous ayons apprécié le front de mer : petit restaurant, tour Dreyfus et cheveux au vent sous les palmiers. Y'a pire.

Kourou et les îles du Salut
Kourou et les îles du Salut
Kourou et les îles du Salut
Kourou et les îles du Salut

THE place to be reste cependant les îles du Salut : trois îles situées à 14 kilomètres au large, à l'histoire originale (quand on vient de métropole, sinon c'est un peu l'histoire de la Guyane!). Déjà, les trois îles sont aujourd'hui la propriété... du centre national d'études spatiales (elles sont placées sous la trajectoire des lanceurs) ! Nous prenons un bateau et c'est parti pour une petite traversée de l'Atlantique.

Kourou et les îles du Salut

Nous arrivons sur l'île Royale, la plus grande des trois. L'endroit est paradisiaque : le soleil, la verdure, la petite plage... et des bâtiments.

Kourou et les îles du Salut
Kourou et les îles du Salut

Si l'endroit est paradisiaque aujourd'hui, c'était moins le cas il y a 100 ans ! Car ces trois îles faisaient alors partie du bagne : l'île Royale accueillait les prisonniers et l'administration, l'île Saint-Joseph les fortes têtes et l'île du Diable les prisonniers politiques/espions. Ainsi, le capitaine Dreyfus a été envoyé ici, tout comme Guillaume Seznec. Il faut attendre 1947 pour voir la fermeture du lieu.

Kourou et les îles du Salut

Nous déambulons entre les grilles et les murs, libres de nos mouvements. Les forts courants et les alizés empêchent la présence importante des moustiques, ce bagne était l'un des moins précaires de Guyane. Il n'empêche : les cellules n'avaient pas forcément de toit, et on ne voudrait pas passer une semaine dans ces bâtiments.

Kourou et les îles du Salut
Kourou et les îles du Salut

Après une petite baignade et un repas très (très) moyen et plutôt cher dans un lieu paradisiaque, nous repartons vers Kourou. Clairement l'un des lieux à ne pas manquer. [ça donne envie de venir en Guyane, non?]

Kourou et les îles du Salut
Kourou et les îles du Salut
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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 18:58

Trois mois plus tard, je suis de retour dans le Nord. Enfin, non, le Nord est de retour chez moi ! Sarah et Lucas me font l'honneur d'une visite, et j'avoue que je les attendais avec impatience : cela fait plusieurs semaines que mon sac à dos me démange. J'ai gardé nombre d'activités pour leur venue, et nous allons commencer et terminer avec le plus connu : le centre spatial guyanais, le CSG pour les intimes. Il est installé à Kourou, la ville la plus internationale de Guyane. Le CSG a été construit au cours de la décennie 1960, notamment par des populations surinamaises (auparavant, la base de lancement était... en Algérie ! Une indépendance plus tard...). Le CSG est LA zone d'activité de Guyane : 7% de la population active du département y travaille, et c'est... 16% du PIB ! Il y a plusieurs sites de lancement, pour Ariane, Vega et Soyouz (on en reparle dans quelques lignes).

 

Pour nous, au départ, ce sera la visite du musée. Nous arrivons au début d'une visite guidée, et nous posons de nombreuses questions. Le musée est un peu vieillissant, mais il a le mérite d'être très explicatif (et plutôt sympa avec des enfants – non, je n'en ai pas encore adoptés, je vous donne juste l'info!). J'apprends que la Norvège, la Suisse et... le Canada font partie de l'agence spatiale européenne (!).

 

Nous en profitons pour faire quelques photos devant la magnifique maquette de l'entrée.

Kourou : le centre spatial et le décollage d'Ariane 5

Dix jours plus tard, c'est le retour à Kourou. A peine sorti du lycée à 12h30 que je saute dans la voiture de mes colocs, et direction le lancement d'Ariane 5 ! Il a lieu à 15h37 (et six secondes). Il y a 2h30 de route depuis Saint-Laurent, sacrés préliminaires pour vingt secondes de tir ! Nous nous dirigeons vers Carapa, colline qui surplombe Kourou, et qui offrirait la meilleure vue pour le décollage. Des hélicoptères volent à basse altitude, les militaires sont de sortie. Nous arrivons quelques minutes à peine avant le décollage. Le temps est couvert, mais ça se maintient. Tout est réuni, la fusée est devant nous. Le décompte final.

Oh, erreur suprême. Nous avons regardé au mauvais endroit ! C'est la maquette du musée ! Ah les cons ! Le décompte faisait monter la pression et puis patatras ! S'en suit une énorme barre de rire pour mes colocs, tandis que le son de la fusée, impressionnant, arrive jusqu'à nous (il y a bien une minute de décalage). Après quelques minutes, nous redescendons, toujours surpris par ce moment. Le décollage est sympa, je le pensais toutefois plus impressionnant (à refaire de nuit). Sarah et Lucas étaient plus près, dans un bâtiment du CSG, mais pour le coup, ils n'ont vu que les 5 premières secondes, la fusée s'enfonçant ensuite dans les nuages.

La suite, c'est le bagne !

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 23:19

La chaleur m'accable. L'humidité aussi. J'ai passé l'Equateur depuis de nombreuses semaines, et pourtant mon corps ne s'habitue pas. Et cette nécessité de porter le pantalon et la chemise... Ce n'est pas par coquetterie, c'est le boulot qui veut ça.

Mon esprit est troublé. Ca fait deux semaines que ça dure. Elle est là, autour de moi, régulièrement. Elle me fait rire. Elle est mes moments de respiration après l'apnée du travail. L'autre, par contre, ne répond pas. Ou si peu. Je n'arrive plus à établir la communication, la base du couple. J'essaie, encore et encore. La connexion ne se fait pas. Pourtant, il y a trois semaines, je la regardais s'endormir, sans faire de bruit, sans respirer. Je suis resté là, les yeux grands ouverts, à l'admirer. Elle était paisible. Elle semblait heureuse. Comment en sommes-nous arrivés là ? Cruelle distance. La souhaite-t-elle ? Que fait-elle à cette heure-ci ? Pourquoi ne répond-elle pas ? Elle voit pourtant mes messages. Je ne comprends pas. Je me sens seul.

Dans le jardin. Dans la maison. En ville. Sur Internet. Elle est partout. Elle répond vite, elle répond présent. Elle est là, et elle me fait penser à autre chose...à quelqu'un d'autre ? Merde. Je me rends compte. La situation est dangereuse. Il faudrait partir, il faudrait imposer une distance. Mais en ai-je envie ? C'est surtout elle qui contribue à mon sourire depuis deux semaines. Mon cœur balance. Pour la première fois.

 

[…]

 

Hiroshima mon amour. Tant de haine, tant d'amour, un dialogue, un échange. Ce qui me manque. La connexion n'est toujours pas rétablie. Elle me fuit. Volontairement ? Je reste dans le flou.

Elle a aimé le film. Elle était à mes côtés. Elle a partagé l'instant. On en a reparlé. L'échange s'est poursuivi au-delà, par sms, alors que je me suis couché. Je pense à elle, alors que je ne devrais pas. Culpabilité. Sentiment de dégoût. Envie. Mélange de tout ça. Le cerveau me joue des tours, ou c'est peut-être mon deuxième cerveau. Résister. Je n'entends plus mon cœur. Où es-tu ? Où sont les sentiments ?

 

[…]

 

Je ne la vois plus quand je ferme les yeux. Je me connecte, et je sais que c'est l'autre qui sera déjà là. C'est elle que j'attendais. C'est avec elle que j'ai envie de reparler. Elle l'a un peu remplacée, déjà. Je ne lutte quasiment plus. Je ne cherche plus à rétablir le contact. J'ai l'impression qu'elle est partie, qu'elle est très loin de moi. J'ai l'impression que c'est fini.

 

[…]

 

Il est tard. Il fait nuit. Un nouveau film lancé. Une drôle de sensation. Côte à côte. Une tension. Nous la sentons tous les deux. Il faut que je parte, sinon.. Un enlacement de départ. Elle ne me laisse pas partir. Elle me retient. ELLE. Je me sens bien dans ses bras. Je ne ressens pas la culpabilité. J'étais persuadé d'avoir une morale. Où est-elle ?

L'histoire s'arrête.

 

[…]

 

6 mois plus tard. Les métros. Le gris. Paris. Passage furtif. Une nuit. Les échanges se sont ralentis, mais ils existent. Elle m'invite à dormir chez elle. Nous nous sommes déjà croisés deux mois auparavant, et ce fut une drôle de sensation. Repas indien. Tension toujours existante. Regard malicieux et sourire de coin. La revoir, c'est un risque. Mais, cette fois, je suis libre.

Elle ne l'est pas. Elle ne me l'avait pas dit. Se mettre en danger. La complicité est toujours là, naturelle. Nous ne devons pas faire chambre commune. C'est bien, ça évitera la bêtise. Je ne veux pas être sa pomme, le fruit défendu, comme elle le fut pour moi. Mais elle est là, à côté de moi, dans ce lit, alors que le noir a remplacé le gris. Que veut-elle ? Je lui demande. Je lui rappelle. Pars vite, sinon.. Elle ne part pas. Elle ne veut pas. Elle est bien là, allongée à côté de moi. Ressent-elle la culpabilité ? A-t-elle une morale ? Encore une fois, où est la mienne ?

 

[…]

 

6 mois plus tard. Je ne l'attendais pas. Elle s'est décidée en une soirée, après un de nos longs appels. Et la voilà devant moi, devant une gare qui m'est familière. Il est tard, et je ne devrais pas être là. Ils m'attendent. Le week-end est chargé. Je ne devrais pas être là, car il y a une nouvelle « elle ». Ce n'est pas une longue histoire, ce n'est pas gagné, mais je me suis engagé à essayer. Et revoilà ma pomme, prête à me tenter.

Je me crois plus fort. Je veux retrouver mes principes, montrer que je suis l'image que je souhaite envoyer. Aux autres, mais surtout à moi-même. Le risque est là, mais je me promets d'y arriver. Je tiens, plutôt facilement, les deux premiers jours. Le troisième jour n'est plus qu'une formalité. Fini le film, fini le câlin, fini les nuits, fini le fruit. La journée est belle, et j'ai réussi.

Une heure avant son départ. Je suis allongé. Elle me rejoint, et se blottit contre moi. Ses cheveux bruns, ses yeux verts, son cou délicieux. Je ne veux pas agir, je ne dois pas agir. Sinon..

Mais je ne réagis pas. Il est trop tard. La limite est franchie, et je me retrouve à nouveau délinquant, punie d'une peine si tendre.

 

Pourtant, je me suis condamné. Le crime, puis son châtiment.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 14:32

L'année dernière ce fut le triathlon et le paddle, il y a deux ans le squash, et même un autre type de paddle (avec des raquettes!). Et, cette année, j'ai refait le vœu de découvrir deux nouveaux sports. Le challenge est de plus en plus difficile ! Après un été où une entorse du pouce m'a handicapé (alors que l'atelier escalade était prêt!), j'ai cherché en Guyane des sports sympas. Et j'ai trouvé : ça s'appelle.... le football !

Bon, ça n'aide pas beaucoup ma mission (même si ça fait plaisir). Du coup, j'ai regardé autour de moi. Mes colocataires vont à la boxe, et j'ai clairement le physique du boxeur ! (quoique je pensais être un poids-plume, alors que je suis en fait dans la catégorie des super-légers! Je suis même capable d'arriver chez les welters avant la fin de l'année).

Et puis il y a mon salon, où se cache... un moteur de bateau ! Un ancien locataire, également mon collègue, a laissé sa coque sous mon carbet et le moteur dans la maison. Ce qui signifie qu'à chaque fois qu'il veut aller faire un tour de bateau, il doit passer chez moi. Je m'entends plutôt bien avec lui, ce qui transforme la phrase : à chaque fois qu'il veut aller faire un tour de bateau, il va avec moi ! Après avoir fait le pilote, me voici dimanche dernier sur une planche de wakeboard !

C'est quoi le wakeboard ? Vous voyez le ski nautique : vous remplacez les skis par une planche, comme au snowboard. Il y a un fil, et vous êtes tracté par le bateau. Debout. Enfin, ça, c'est l'idée. Personnellement, j'ai passé mon dimanche à être assis, couché, en boule ou en apnée... Et vous avez de la chance, j'ai une vidéo qui le prouve !

10 secondes de bonheur, à n'en pas douter ! Après une quinzaine d'essais, j'ai réussi à tenir 5 secondes debout sur la planche (et à chuter lamentablement ensuite, buvant une grande tasse alors que je criais « wouhou » tellement j'étais content!). Pas un grand succès donc, mais un vrai plaisir. Le lendemain, par contre.... aïe mes biceps, aïe mes pecs, aïe mon dos, aïe mes avant-bras etc. (ça a continué le surlendemain).

Jeudi, Augustin revient chercher le bateau. Allez, on est reparti ! Et, cette fois, ça fonctionne beaucoup mieux ! Regardez, je suis même à une main !

De l'eau, le Maroni (le fleuve), le soleil, et une belle sensation d'être en vacances ! Celles-ci ont été rythmées par les sorties nocturnes, que ce soit les concerts (à la Goëlette, the place to be à Saint-Laurent le dimanche soir, ou Chez Kossou) ou le festival Art Pasi. 3 jours d'Art de Rue (dédicace FF) avec du cirque, des concerts, des ateliers, un DJ etc. C'était parfois enflammé.

Les vacances en Guyane : concerts, festoche et wakeboard

Enfin, et en restant dans le domaine du feu, c'est la Toussaint. Et, en Guyane, on ne met pas simplement des fleurs : il y a aussi des bougies. Ca vous change un cimetière !

Les vacances en Guyane : concerts, festoche et wakeboard

Il ne faut pas se mentir, 4 mois de vacances par an, c'est un vrai avantage. J'en ai aussi profité pour beaucoup lire sur la Guyane et les pays riverains (le Surinam est assez hallucinant, entre Pablo Escobar, la CIA, et la Libye !). Mais j'avoue qu'un petit périple supplémentaire m'a un peu manqué. Les prochaines vacances, à Noël, risquent donc de se passer à l'étranger (Trinidad tient la corde, mais le Brésil n'a pas dit son dernier mot!). En février ce sera un petit tour de Guyane avant de repartir en avril (mais j'ignore où). Si vous avez envie de faire un petit tour en Amérique du Sud prochainement, faites-moi signe !

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