13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 06:35

384 villes ou lieux découverts selon Trip Advisor. 54 pays. Une Europe punaisée. Une scratch map bien entamée. Et une mission, l'ultime mission de ma Bucket List : voir tous les pays du monde.


visited 54 states (24%)

Récemment, une réflexion m'a traversé l'esprit : ne suis-je finalement rien d'autre qu'un consommateur de voyages ? Certains ou plus souvent certaines consomment des vêtements et ont chez elle 54 paires de chaussures, quand moi j'ai 54 pays dans un coin du crâne. Mais n'est-ce pas là une même démarche ?

Oui, je me pose des question bizarres. Mais tout de même, est-ce que je voyage pour moi, toujours, ou pour le principe de voyager ? Est-ce que je choisis un pays pour le découvrir ou pour le gratter ? Si j'opte plus facilement pour des lieux que je n'ai pas déjà visités, n'est-ce pas dans ce but ? Est-ce que je voyage toujours pour mon plaisir, mon bonheur, ou pour l'image que ces voyages donnent de moi, image que j'entretiendrais ?

 

J'ai déjà écrit sur ce sujet il y a deux ans, mais j'ai un peu plus de certitudes aujourd'hui. Car, à l'époque, j'éprouvais moins de plaisir dans mes voyages. Enfin, quand je dis "voyage", je devrais préciser "voyage en Afrique pour ma thèse", ce qui n'est pas tout à fait pareil. Le périple en Inde et les petites escapades en Europe de l'Est m'ont rassuré : non, je ne voyage pas seulement pour voyager, mais surtout parce que ça me rend heureux (oui, j'en ai douté).
Il n'empêche, je suis un consommateur. J'achète mes voyages et je les consomme. Certes, peut-être un peu différemment de la majorité de la population, sans doute moins cher, sans doute plus longtemps et plus souvent, avec peut-être, en tout cas je le crois, plus de rencontres. Mais je reste un gros consommateur, arpentant comme tous le Taj Mahal en Inde et les Pyramides en Egypte. Je suis un voyageur, car les voyages m'ont transformé, mais je suis aussi un touriste, qui suit des chemins souvent classiques. Je suis un backpacker, parce que j'ai bien mon sac à dos sur les épaules, mais sans être absolument différent des autres, au contraire. Je rencontre mes semblables sur Couchsurfing, ou lorsque j'en croise un le pouce levé. 

"Moi, je ne suis pas le touriste de base en all-inclusive en Espagne ou en Tunisie". Oui, mais non. Car tu es le backpacker de base, avec le Lonely planet dans les mains. Et tu seras tout de même devant la Sagrada Familia, avec ces êtres que tu juges si inférieurs : les touristes. Je peste un peu dans cet article, mais c'est qu'ils sont nombreux, parmi les backpackers, parmi les voyageurs à se croire différents, ou plutôt supérieurs. Je ne dis pas il y a 70 ans, si tu te baladais avec un sac à dos au milieu du Congo. Mais, aujourd'hui, nous sommes des millions. Ce n'est pas un problème en soi, ce n'est pas une critique du voyage avec le sac à dos, mais c'est un rappel à la modestie. Nous restons des consommateurs. Notre façon de consommer est un peu différente de la majorité, mais nous consommons en majorité les mêmes produits, les mêmes pays, les mêmes lieux. Il y a eu plus d'un milliard de personnes qui ont voyagé en 2016, le tourisme de masse est de plus en plus partout, tout le temps, c'est un fait. Vouloir découvrir Venise ou Prague sans touriste, c'est un doux rêve. C'est trop tard. Tristes tropiques qu'il disait. Certes, mais je garde mon sourire. Les voyages, ils sont finalement toujours plus beaux quand ils sont partagés.

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 11:26

Il parait que les frontières extérieures de l'UE sont poreuses, qu'il n'y a pas assez de contrôle.... hum, ça dépend pour qui ! Je quitte la Moldavie pour rejoindre la Roumanie, en bus. Enfin, quand le bus veut démarrer, soit 1h30 après l'horaire prévue. Je pense tout bas "on n'est pas arriver..." A la frontière moldave, c'est tout le monde descend du bus, avec les bagages, contrôle aux rayons X, questions sur ce qu'on va faire en Roumanie (euh...je voudrais bien rentrer chez moi !) etc. Une heure plus tard, nous repartons...1 minute, le temps d'arriver à la frontière roumaine. Et c'est reparti ! Nous descendons du bus, contrôle aux rayons X, etc... 
Après toute une nuit de bus, j'arrive à Brasov, dans le coeur des Carpates. Manque de chance, il est 9 heures, soit une heure après le départ de ma couchsurfeuse pour son travail. Je garde donc mon sac, et je me dis "quitte à faire du bus..." Direction Sighisoara, inscrite au patrimoine mondiale de l'Unesco. Deux heures de bus en plus ! Et... c'est une déception !

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

Attention, je ne dis pas que c'est l'endroit le plus laid du monde ! Mais je m'attendais à mieux, du moins à plus, car j'ai fait le tour de la ville et de ses fortifications en une heure à peine (et j'ai zoné dans le cimetière au moins dix minutes !). C'est mignon, mais ce n'est pas non plus fou-fou. L'endroit est touristique, les prix sont plus élevés que la moyenne. J'ai également mangé dans mon pire restaurant depuis un sacré nombre d'années, ça joue peut-être sur mon ressenti ! (pas beaucoup dormi + pas bien mangé = grognon !)

La ville est connue pour être le lieu de naissance de.... Dracula ! Enfin c'est un peu plus compliqué que cela, et je comprendrais mieux le lendemain.

Brasov, Carpates et Dracula

Direction le château de Bran, que l'on m'a vendu comme le château de Dracula. Je connais assez peu le personnage (ma culture historique roumaine étant limité !) et je n'ai pas lu le livre de Bram Stoker... (ni vu les films d'ailleurs). L'arrivée aux alentours du château fait un peu Disneyland (on m'avait prévenu), mais passé la grille d'entrée on respire.

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

Si d'extérieur le château fait très médiéval, l'intérieur est plus récent, et bien travaillé. Je réussis à éviter les gros bus de touristes polonais, allemands ou russes et ma visite est de ce fait agréable (ça doit beaucoup jouer, car les pièces sont petites, et les couloirs très étroits). 

Bon, répondons à cette question : qui est ce Dracula, que l'on imagine un peu comme la représentation du diable ?! C'est peut-être Vlad II, le prince de la Valachie entre 1436 et 1447. Celui-ci était membre de l'ordre du Dragon, "Dracul" en roumain. Il est de ce fait surnommé Vlad Dracul. Mais lorsque l'on pense à Dracula, on se réfère plutôt à son fils Vlad III, et à son doux surnom : l'Empaleur ! Pas sûr qu'il ait vraiment empalé ses semblables, mais il s'est montré cruel avec ses ennemis. Or, il est le fils de Dracul, et est parfois surnommé ainsi (Draculea). Bram Stoker, qui écrit le livre en 1897, obtient sans doute ces informations par un de ces amis, un professeur de l'université de Budapest.
Mais, et c'est là où ça devient un peu n'importe quoi, personne ne sait si les deux Vlad ont séjourné dans le château ! Rien ne le prouve en tout cas ! Et dans le livre de Bram Stoker, le château est situé dans une autre région ! Bref, une belle arnaque historique ! Mais il n'empêche, aujourd'hui, tous les touristes, roumains et étrangers, vont visiter "le château de Dracula" ! 

Brasov, Carpates et Dracula

En face du château débute le parc national Piatra Craiului. En plus de la vue sympa que l'on a sur le château, ça permet une chouette randonnée à travers les forêts de Transylvanie et le massif des Carpates. Je n'en ai vu qu'une petite partie, mais ça donnait envie d'en faire plus !

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

Pour ma dernière visite, c'est Brasov, qui était mon lieu de villégiature. La ville fait très saxonne, pour ne pas dire allemande (il y a d'ailleurs un lycée allemand). Le centre-ville est piéton, et c'est vraiment agréable de s'y balader. La ville était celle des marchands ("Brasoava" en roumain ça veut dire "baratin", car les habitants avaient apparemment l'habitude d'exagérer la qualité de leur marchandise !) et ça reste aujourd'hui l'un des grands centres économiques du pays (il y a 250 000 habitants).

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

Forcément quand je vois ça, je ris.

Brasov, Carpates et Dracula

Mais ça aurait pu être pire, car entre 1950 et 1960, la ville est renommée... Staline-ville ! (Orasul Stalin en langue locale). Et sur la colline avait été plantés des arbres de couleur différente, faisant ainsi apparaître... Stalin. La couleur a disparu il y a de nombreuses années.

Brasov, Carpates et Dracula

Cette colline s'avère être très pratique, car il y a un télésiège qui vous emmène en haut, et ainsi vous permet d'avoir une vue sur l'ensemble de la ville. Puis je suis repassé en mode randonnée, à travers la forêt et les collines de Transylvanie. 

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

En conclusion : foncez ! Ces 3 pays sont à côté en avion, pas cher, et plutôt pratique pour voyager. Pas facile d'y être végétarien par contre (le repas national, selon moi, est la soupe... de viande !), et l'anglais ne sert pas toujours (le français aide bien en Roumanie). J'ai pu discuter de la situation politique roumaine un peu chaotique (le premier ministre était renversé par son propre parti pendant mon séjour), mais aussi de la situation des Balkans et surtout des Roms (et je comprends pourquoi certains quittent la Roumanie... les discours que j'ai entendus étaient impressionnants de préjugés, voir de racisme). Certes, on reste en Europe, n'imaginez donc pas être transformé par ce voyage, mais c'est la confluence de l'Europe de l'Est et des Balkans, avec le monde russe à ses côtés. C'est ce mélange d'influences, en plus d'une histoire régionale intéressante, qui rendent ces trois pays assez différents du notre.

Je continue ma tournée européenne : direction Prague !

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 06:45

Il y a quelques pays européens qui me sont particulièrement inconnus : je ne les ai jamais étudiés en classe et les informations les passent sous silence. La Biélorussie par exemple. L'Albanie et la Macédoine, jusqu'à notre visite sur place.

Et il y a la Moldavie. Un drapeau bleu, jaune, rouge très roumain, avec un aigle au milieu. Je rejoins ce pays mystère en bus (liaison directe Odessa-Chisinau). Le trajet est plutôt agréable (je dors en grande partie !), à travers les campagnes des deux pays (et les marécages). Le passage de la frontière est une formalité. Côté moldave, j'aperçois ma première charrette tractée par un cheval depuis... bah depuis sacrément longtemps ! Je sens rapidement que le pays n'est pas très riche : toits de tôle, peu de voitures, technique agricole à l'ancienne (ça ramasse les bottes de foin à la main). Ne suis-je néanmoins pas prisonnier de mon à priori ? Je pensais voir un pays pauvre, et mon regard se porte peut-être trop souvent sur cette caractéristique. 

Arrivé dans la capitale, je pensais voir une ville soviétique et je vois... une ville soviétique ! Usines, grands blocs, grandes avenues : Chisinau c'est la caricature du made in URSS ! Je cherche un logement (Couchsurfing n'a pas fonctionné cette fois-ci), et je me retrouve à l'hôtel Chisinau.

Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie

Oui, ça fait encore plus vis-ma-vie d'oligarque du Parti Communique des années 1970. L'hôtel est le plus vieux de la ville, et c'est surtout le moins cher que j'ai trouvé au cours de mes 3 heures de marche dans le centre (24€ la nuit, dans une chambre semi-luxe, avec petit-dej). Le hall est immense, les couloirs aussi, et je ne suis pas tout à fait à ma place : moi, c'est plutôt les chambres miteuses et les canapés-lits, pas le type qui veut m'emmener dans l'ascenseur ! Le restaurant est le comble du lieu... enfin c'est dans le soubassement ! Une pièce aux allures de bunker, avec des grosses pierres sombres. Une pièce vide, tout comme la majorité des chambres de l'hôtel d'ailleurs. Au milieu d'une montagne et je pourrais me croire dans Shining. Je prends mon petit-dej dans cet endroit un peu lugubre, avant de visiter un centre déjà bien arpenté la veille.

Il y a bien quelques monuments un peu jolis quand on aime l'architecture : les églises orthodoxes, ou un arc de triomphe. 

Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie

Mais la grande majorité de la ville se caractérise par son béton et ses angles droits : le parlement, le palais présidentiel.

Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie

Voilà, j'ai fait le tour. C'est peu, surtout pour une capitale européenne ! La ville est petite, le centre ressemble à celui de certaines villes de province française, en perdition, où les bâtiments "à louer" et "à vendre" sont très nombreux. Sans son statut de capitale, je n'imagine même pas la situation de la ville (beaucoup d'ambassades, un siège de l'Otan, de l'UE, de l'OSCE etc. permettent de faire vivre certains quartiers).

Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie

Au niveau politique, le paysage est tiraillé entre la Roumanie (et l'UE) et la Russie. Ce sont d'ailleurs les deux langues du pays, mais le roumain domine nettement. Nombreux sont ceux qui souhaitent d'ailleurs rejoindre la Roumanie (et beaucoup de Roumains le souhaitent). Bon, le président actuel est plutôt pro-russe, et une partie du pays, la Transnistrie, à l'Est, a fait sécession. Dans les faits, pour avoir traversé la zone, il n'y a rien à signaler (c'est sans doute différent à Tiraspol, la capitale de ce pays autoproclamé en 1990 et reconnu par.... personne !). Bref, vous pouvez constater que la situation est un peu complexe. Les jeunes avec qui j'ai pu discuter sont plutôt tournés vers l'Europe, et le drapeau de l'UE flotte sur beaucoup de bâtiments pour un pays qui n'en fait pas partie (je n'évoque pas les Gagaouzes, sinon je vais vous perdre).

Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie

J'ai tout de même trouvé un avantage à la planification soviétique de la ville, ce sont les jardins. La ville est plutôt verte, les parcs sont animés (j'ai vu des personnes âgées danser au doux rythme de la musique locale, scène très sympa) et... mais... c'est Chisinau Beach ! 

Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie
Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie

Non, il n'y a pas la mer en Moldavie, mais un grand lac. La balade autour est chouette, de là à s'y baigner....

Au pays des Soviets (et des presque Roumains) : Chisinau, Moldavie

Le bilan, c'est passez votre chemin si l'architecture soviétique ou les drôles de situations politiques ne sont pas votre dada. Si c'est le contraire, Chisinau est faite pour vous !

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 06:10

Little Odessa. Ce quartier était l'un de mes favoris à New York. Les gens y parlaient russe, les devantures étaient en cyrillique, et j'avais l'impression d'être à l'intérieur du cheval de Troie du communisme en plein coeur de l'empire américain ! Cette fois, pas question de la petite Odessa, mais de la grande. J'arrive à la gare centrale et je suis très vite rejoint par Galina, mon hôte ukrainienne. Mes yeux se perdent rapidement dans l'église orthodoxe russe et ses bulbes dorés. Nous entamons une visite, alors que le coucher de soleil va tomber sur la ville. Je découvre avec enchantement l'architecture du centre, aux influences antiques. 

La grande Odessa
La grande Odessa

Nous arrivons à l'endroit le plus connu de la ville : l'escalier du Potemkine ! Le nom provient du cuirassé ayant participé à la révolution en 1905, et c'est également là qu'une des scènes les plus mythiques du cinéma a été tourné : le landau du Potemkine (dans le film d'Eisenstein). Ces escaliers sont peut-être la raison pour laquelle je suis venu ici, et ça me fait quelque chose de les voir en vrai !

La grande Odessa

En face, c'est... Istanbul ! Car oui, en contrebas, c'est la Mer Noire !

Au-delà de la blague de cette vidéo fantastique de Questions pour un champion, la Mer Noire est aussi un lieu inconnu pour moi. Mais pas pour ma famille. Mon arrière-arrière-arrière-arrière grand-père Florentin Dez a vu cette mer avant moi ! C'était en 1856-7, et la France a, avec l'Angleterre, déclaré la guerre à la Russie. La raison ? Les Russes veulent s'emparer.... de la Crimée ! Oui, déjà ! Mon ancêtre se retrouve donc à Sébastopol, où il décède le 10 juin 1857. Etre ici, c'est aussi penser à cette partie de mon histoire familiale qui m'était pourtant encore méconnue il y a 4 ans, avant que nous débutions les recherches généalogiques. Le coucher de soleil nous offre des couleurs splendides, tandis que j'aperçois le port pour la première fois (j'y reviendrai).

La grande Odessa
La grande Odessa

Galina est une guide géniale : je découvre l'ensemble du centre-ville en une soirée. Je suis surpris par la vie nocturne, la foule, les terrasses bondées... et les décorations nocturnes !

La grande Odessa

A la base c'était les décorations de Noël, et la ville réutilise les lampes l'été pour autre chose : je me retrouve en face d'ananas et de tomates géantes (aaaahhhh l'attaque des tomates tueuses !), tandis que des chevaux décorés permettent aux enfants de faire une petite balade (ou l'inverse).

La grande Odessa

L'opéra est magnifique. Plutôt fatigué par cette longue journée, nous repartons chez mon hôte, dans un immeuble d'inspiration soviétique. 

La grande Odessa

Le lendemain, je décide de visiter la ville en longeant la côte. Un jardin de plusieurs kilomètres de long permet cela, et c'est génial. Je descends d'abord l'une des grandes avenues bien droites et j'aperçois la Mer Noire. Des immenses hôtels me font face ou sont en construction, la plage se rapproche... mais c'est la Côte d'Azur au mois d'août !

La grande Odessa
La grande Odessa

La plage est bondée (le mot est faible), largement privatisée par les chaises longues et constructions (je remercie encore une fois la loi littorale française). J'ai du mal à rejoindre l'eau, c'est dire s'il y a du monde ! L'eau est à 21°C, mais l'été vient juste d'arriver. Par contre, niveau pollution, ce serait alarmant. Je n'ai pas prévu de me baigner de toute façon (je reste frileux) et j'emprunte le corridor vert qui m'amène vers le centre-ville. Je découvre des petites criques bétonnées (ô tristesse), des petites criques préservées, des plages bondées, des plages délaissées et... des nudistes ! (ils sont partout ceux là !).

La grande Odessa
La grande Odessa
La grande Odessa

Après quelques heures de marche et un arrêt fruits de mer (honneur à la région), je retrouve le port. Je suis fasciné par les installations portuaires depuis ma rencontre avec Hambourg, et Odessa ne fait pas exception : les grues girafes, les conteneurs-tétris et toute cette agitation. La ville était le deuxième port russe au XIXème siècle (et la troisième plus grande ville de Russie après Moscou et Saint-Pétersbourg).

La grande Odessa
La grande Odessa
La grande Odessa

Côté historique d'ailleurs, la ville a été fondée en... 1794 par Catherine II. Et c'est le duc de Richelieu, un Français (émigré (ou traître) de la Révolution), qui a été chargé de dessiner le centre-ville, avec un certain talent, je lui concède. Après une nouvelle visite du centre-ville, de jour cette fois (histoire de faire quelques photos), je me pose sur l'escalier du Potemkine... pas très longtemps, car l'orage a failli me surprendre.

La grande Odessa

Au cours d'une soirée où j'ai découvert la glace-saucisse (non, ce n'est pas un mélange, juste la présentation), j'ai pu poser les questions qui fâchent : la vision de la période communiste aujourd'hui, et le conflit avec la Russie (Crimée + Donbass). Pour la première question, je n'ai pas été surpris d'entendre la différence de discours entre les générations, avec les parents de Galina ayant une nostalgie de ce temps-là, où le chômage et l'insécurité n'existaient pas (et les libertés non plus...), et elle, qui considère qu'on ne pouvait même pas gagner d'argent. Sa mère a aujourd'hui une retraite de... 40 dollars par mois. On peut comprendre la nostalgie, car si les prix ne sont pas très élevés, cela ne lui suffit même pas pour les charges de son appartement.

Pour la Crimée, Galina me confirme mes à priori, à savoir que la population criméene a toujours parlé russe et a une culture russophone et russophile... comme le reste du Sud de l'Ukraine me précise-t-elle. En effet, sa langue maternelle est... le russe, pas l'ukrainien. Les deux langues sont proches, les Ukrainiens comprennent le russe et les Russes.... "font semblant de ne pas comprendre l'ukrainien !". La guerre dans l'Est du pays est le dernier épisode de l'histoire très agitée des dernières années. Galina a un camarade de classe qui est mort sur le front de l'Est (phrase toute drôle à entendre, surtout quand on est en Europe). Aujourd'hui, la Russie... euh, pardon, les forces séparatistes, contrôlent une bonne partie de l'Est du pays, dont Donetsk, la plus grande ville de cette région. Les jeunes Ukrainiens sont au front. Enfin, les plus pauvres, car les autres trouvent un moyen d'esquiver. Le pays reste gangréné par la corruption, et j'ai discuté avec une Galina cynique, déjà désabusée par la politique. A 27 ans. (Oui, je sais, c'est aussi le cas de beaucoup en France). Et le pire, c'est que, pour elle-aussi, la guerre est devenue "la routine". L'homme est un animal d'accoutumance disait Céline; et c'est peut-être l'une de ses forces. J'ai déjà l'impression d'être habitué à vivre dans un pays où les attaques terroristes peuvent nous toucher à tout moment, et Galina est habituée à entendre les hommes tomber trop jeunes dans l'Est de l'Ukraine.

Qu'aurait pensé mon ancêtre Florentin Dez de notre monde contemporain ? Peut-être que certaines choses ont bien changé, et que d'autres restent malheureusement les mêmes...

La grande Odessa
La grande Odessa
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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 06:10

Je trouvais la plaine du Danube peu peuplée... l'Ukraine, c'est autre chose ! Des champs à perte de vue qui ne font que confirmer la réputation de grenier à blé du pays. Pour arriver dans mon bus, ce fut toute une expédition. Je me suis levé à 6h20, et après 35 minutes de marche, me voici à la station de bus de Tulcea, Roumanie. L'Ukraine n'est pas loin géographiquement, puisque c'est de l'autre côté du delta du Danube (j'ai d'ailleurs capté leur réseau la veille). Mais le poste frontière le plus proche est.... à 80 kilomètres. Un bus m'emmène à Bratianu, où je récupère un ferry pour traverser le fleuve et rejoindre Galati, la grande ville de la région. De là, j'espère trouver un bus pour la frontière... moldave ! (la carte va vous aider à comprendre !)

Une petite aventure : traverser le Prout

Coup de chance, je tombe sur une étudiante de français qui m'amène jusqu'à un croisement. Là, elle me dit "tout droit !" et c'est la frontière moldave. 8 kilomètres. Bon. J'en marche 1, et je commence à faire du stop. Un Roumain s'arrête. Avec un mélange anglais-espagnol-italien et beaucoup de signes, il me pousse jusqu'à la frontière en ayant réussi à m'expliquer qu'il est à la retraite, qu'il pêche dans le Prout (on ne rit pas !), et qu'il a 4 gamins ("four Bambino" dans le texte). Le douanier roumain a quant à lui le temps de me faire comprendre qu'il court le marathon en 3 heures quelque chose, tandis qu'il me cherche une voiture pour passer la frontière roumano-moldave (qui n'est pas franchissable à pied !). Là, c'est un couple de Moldaves qui me fait sortir de l'UE et entrer dans ce drôle de pays qu'est la Moldavie. Je ne m'éternise pas (j'y reviens dans deux jours), et direction le poste frontière moldavo-ukrainien, à 1 kilomètre de là (oui, les trois frontières se côtoient). Les Moldaves me laissent sortir aussi facilement qu'ils m'ont laissé entrer (à pied cette fois), tandis que les Ukrainiens me font le coup de la fouille du sac ("avez-vous un grand couteau ?" "Bien sûr, je ne voyage jamais sans mon sabre !") L'anglais ne m'aide plus depuis longtemps, et le cyrillique est apparu (ça m'arrange moyen !). Enfin en territoire ukrainien, mais... au milieu de rien.

Une petite aventure : traverser le Prout
Une petite aventure : traverser le Prout

La prochaine ville, Reni, est à 6 kilomètres. Pas une voiture à l'horizon, alors je marche sous une chaleur accablante (il est midi). Je croise une vieille Ukrainienne, j'essaie de lui parler, elle essaie de me parler.... et les résultats ne sont pas probants ! Arrivé dans le "centre" de Reni, je trouve la station de bus, et une jeune me fait comprendre que le bus pour Odessa part à 14h. Et c'est ainsi que je me retrouve ici, dans ce bus, au milieu des champs de blé ukrainien. Belle aventure.

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 06:56

En regardant d'un peu plus près la carte de l'Europe, je me suis dit qu'étant à Bucarest, pourquoi ne pas aller voir le delta du Danube ! Et puis, en regardant d'un peu plus près encore la carte... tiens, finalement, l'Ukraine n'est pas très loin ! Et puis si je vais en Ukraine, pourquoi ne pas pousser vers la Moldavie !? Et c'est ainsi que mon parcours s'est dessiné !

Le delta du Danube

Direction donc Tulcea, la ville de base pour le delta du Danube. Le plus grand fleuve de l'UE prend sa source... en Forêt-Noire, à quelques dizaines de kilomètres de Strasbourg, et se jette dans la Mer Noire, après 3 019 kilomètres ! Il traverse en tout 10 pays et quatre capitales : Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade. Bref, ce fleuve est un beau symbole de l'Europe, et j'apprends peu avant mon départ qu'il se jette dans la mer en formant un delta, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. 
 

Après le combo petit pain au chocolat-bus, j'arrive à Tulcea, où je galère un peu pour trouver un hôtel abordable (je me retrouve dans une pension, grâce à l'aide d'une agence de voyage déserte, et très contente de me voir animer leur journée). La ville n'est pas extraordinaire, plutôt bétonnée le long du fleuve. Hormis les joueurs d'échec....

Le delta du Danube
Le delta du Danube

L'objectif c'est une croisière dans le delta. Il existe des petits bateaux pour quatre personnes qui m'ont l'air très sympas... mais je suis seul. Je croise Alfonso, un Espagnol, mais ça ne suffit pas : ce n'est pas la grosse saison touristique et nous nous retrouvons dans un gros navire. Mais l'avantage, c'est que la croisière va durer 6 heures !

Le delta du Danube
Le delta du Danube
Le delta du Danube

L'endroit est paisible. Je découvre des cormorans, des pélicans, un martin-pêcheur, des hérons gris et deux rapaces.

Le delta du Danube
Le delta du Danube

Nous mangeons sur le bateau (des boulettes de poissons dans de la soupe de poisson, puis un poisson frit !), aux côtés de la jeunesse roumaine qui ne se limite pas côté bière ! Du coup, après le repas, certains se mettent à danser, d'autres... dorment. Je conseille d'éviter les BGV (bateaux à grand vitesse), qui font le delta en deux heures : beaucoup trop rapides ! 

Le delta du Danube
Le delta du Danube
Le delta du Danube

Direction l'Ukraine !

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:40

Il y a plusieurs années de cela, alors que je cherchais une destination pour effectuer une année Erasmus, l'une des conseillères au bureau des R.I. de la fac m'a suggéré la Roumanie. "Le choix du futur !" qu'elle me disait, et "le roumain vous servira !". Le pays entrait à ce moment-là dans l'UE, et c'est peut-être ce qui expliquait son enthousiasme et ses conseils. Ou alors c'est le fait qu'elle soit elle-même roumaine... ça devait jouer ! Au final, j'ai préféré l'Angleterre (je crois bien que l'anglais m'a servi...), et je n'avais donc jamais mis un pied dans le pays du Maradona des Carpates...

J'ai opté pour Bucarest, essentiellement parce que le ticket d'avion n'était pas cher (60€ aller-retour de Charleroi, merci Ryanair) et parce que c'est une région que je ne connais pas (ça commence à se limiter pour moi en Europe). A peine atterri que je montre mon passeport et retire des lei (car si le pays est dans l'UE, il n'est pas encore dans Schengen et l'euro...). L'aéroport est desservi par les bus, et je m'en vais donc à l'assaut de la ville, tel un blindé de l'armée rouge en 1943.
Le paysage urbain me fait très vite comprendre que je suis en Europe de l'Est : longs boulevards, grands et gros bâtiments en béton : l'architecture soviétique a encore frappé ! Je serai d'ailleurs logé dans l'une de ces barres ce soir. Mais j'ai pas mal de temps avant mon RDV avec ma couchsurfeuse, fixé à 22h. Sac à dos sur les épaules, petit T-Shirt, c'est parti pour une visite express de Buca !

Après avoir longé pas mal de parcs et le lycée français de la ville, je vois depuis ma fenêtre la maison de la presse libre, un énorme bâtiment inspiré de l'université de Moscou, et un Arc de Triomphe, très parisien. Ce mélange URSS/Paris sera le fil rouge de ma journée. Ainsi, j'hésite à m'arrêter sur la place Charles de Gaulle, et je me retrouve finalement devant la rue Georges Clémenceau. Sur la carte que j'ai récupérée à l'aéroport, il y a un circuit "Little Paris". Mais il y a aussi "Communist Road". Mon coeur balance, et je me décide à alterner les deux, puisqu'ils s'entremêlent.

Bucarest, petite Paris soviétique
Bucarest, petite Paris soviétique

De ce fait, c'est un étonnant mélange des genres au niveau de l'architecture. Je passe d'un style néo-classique avec colonnes, fronton et dôme (Romanian Athenaeum) à un bâtiment rectangulaire sans fioriture : le ministère de la défense, l'ancien QG des forces soviétiques. C'est peut-être le lieu le plus historique de la ville, car c'est de ce bâtiment que Ceaucescu a embarqué en hélicoptère le 21 décembre 1989, espérant ainsi échapper à la révolution. Manque de chance pour lui, il a été très vite retrouvé, et fusillé le 25, après un jugement express.

Bucarest, petite Paris soviétique

La place de la révolution, c'est son nom, alterne donc le style parisien d'un côté et le style coco de l'autre. Les architectes s'en sont inspirés, puisque leur QG national actuel.... est un mélange de nouveau et d'ancien, sur le même bâtiment ! Vision sympa.

Bucarest, petite Paris soviétique

Après une petite halte au niveau de l'université (où je trouve des traces de la mobilisation politique du début de l'année 2017), je continue de descendre la rue de la victoire pour me retrouver face à quelques églises orthodoxes toujours aussi richement peintes. Puis les rues piétonnes s'enchaînent et, comme par hasard, les terrasses de restaurants et de bars également. Je suis juste au nord du canal, et je pense avoir découvert l'endroit vivant de la ville.

Bucarest, petite Paris soviétique
Bucarest, petite Paris soviétique

Direction enfin le gros bébé : le parlement. C'est le deuxième bâtiment administratif le plus grand du monde (derrière le Pentagone) : 350 000 m² habitables, de quoi faire un beau duplex ! Un peu caché côté nord en raison d'Andrea Bocceli qui vient faire un concert, il est pleinement visible côté Est. Je décide d'ailleurs de m'arrêter à ce niveau, après 5 heures de marche. Bucarest dispose de nombreux parcs, et, une glace à la main, je me pose au milieu des arbres et des canins. Après le kebab végétarien, je retrouve ma couchsurfeuse qui m'éclaire sur la politique roumaine et sa vision de l'UE. Mais pas le temps de se reposer, car je pars dès le lendemain vers le delta du Danube !

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 07:48
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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 14:37

3 mois de voyage. 3 pays. Une petite quarantaine de lieux découverts. Certains en profondeur, d'autres plus en surface. Mais une impression se dégage : celle d'avoir vu l'Inde. Et de l'avoir un peu comprise. 

2 mois sont insuffisants pour en faire le tour, au moins géographiquement : je n'ai pas mis les pieds dans l'Est ou l'extrême-Nord, l'Inde des montagnes, j'ai traversé les campagnes mais j'en ai à peine effleuré ses habitants... Toutefois, j'ai la chance d'avoir découvert Couchsurfing il y a quelques années, et par là même d'avoir rencontré les habitants de plusieurs continents, pas seulement ceux qui souhaitaient me vendre quelque chose. Avec les quelques défauts de ses avantages (esprit plus occidentalisé, famille souvent plus aisée que la moyenne, etc.).

L'idée de ces quelques lignes, c'est de modérer et de souligner ce que sont deux mois dans un pays aussi grand : beaucoup et pas assez. Je ne suis pas devenu LE spécialiste de l'Inde, mais je peux témoigner de certains de ses aspects, de ses coutumes, de ses originalités. Je pourrais vous dire deux mots de sa nourriture, de son rapport à l'égalité homme/femme, ou à l'environnement. Et quand je parle de l'Inde, je veux dire DES Indes, tant le Sud et le Nord sont différents, tant les grandes villes et les campagnes n'ont pas la même vie, tant les jeunes et les anciens n'ont plus la même culture. C'est le cas dans de nombreux pays, la France comprise, mais c'est sans doute plus fort, plus extrême, dans un pays qui compte 1,2 milliard d'habitants, et où il faudrait rouler 50 heures pour aller du Nord au Sud, et 60 pour aller de l'Ouest à l'Est. L'immensité, c'est l'un des premiers points que je retiens. Car j'ai parcouru ce pays du cap Sud à sa frontière Nord, en train et en bus. "Voir du pays". Cette expression ne m'a jamais paru aussi bien adaptée ! J'ai vu, et c'est grand, c'est immense ! J'ai fait au moins 6 000 kilomètres en bus et en train, à un rythme bien différent du TGV. J'ai eu le temps de bien observer, quoique, à la fin, je regardais moins. C'est aussi ça, de voyager 3 mois.

 

C'est toujours difficile de faire un bilan. J'ai l'impression d'essayer de répondre à cette horrible question qu'on me pose parfois : "alors, c'était comment ?". Grandiose. Extraordinaire. Différent. Très différent. C'est peut-être ça, ce que je retiens le plus. La culture indienne n'est pas la même que la nôtre, à tous les points de vue. Ca semble évident dit comme ça, mais ça l'est encore plus et de manière beaucoup plus forte lorsqu'on le vit. Ce n'est pas que la nourriture ou les vêtements. C'est aussi le rapport aux autres, le rapport à ses parents, le conservatisme réel dans un désordre apparent. Les mariages arrangés, les castes, les signes astrologiques. Oui, aussi. L'Inde, c'est une claque, on m'avait prévenu. Certains ont mal aux joues, et en gardent un mauvais souvenir. De mon côté, je la prends plutôt comme une belle caresse. Oui, la pauvreté existe, mais non, elle ne m'a pas choqué. L'Ethiopie bien plus. Ou la gare de Lille. Oui, c'est sale comparé à nos standards occidentaux. Mais ça évolue, dans le bon sens. Oui les gens peuvent être fatigants, plus encore quand on est une fille. Mais j'ai vu des tas de gonzesses voyager en solo, et aimer ce pays en le disant accueillant et plutôt safe. 

 

Ce que je retiens aussi, c'est vis-à-vis de moi-même : liberté. La Liberté. Ma liberté. Qu'est-ce qu'elle était belle. Comme je la vivais, comme je la ressentais. J'étais libre, chaque matin, d'aller où je voulais. J'ignorais souvent où, d'ailleurs. J'avisais au dernier moment. Je débarquais dans une ville sans savoir où aller, sans savoir où dormir. Certains n'aimeraient pas cette sensation, l'appelleraient incertitude. Je l'appelais mon bonheur. Pas d'obligation. Pas de destination. Je suivais le vent, celui de mes envies, celui des conseils que je récoltais ça et là. Pas de ticket retour. Pas de partenaire de voyage. Cela pourrait être flippant. Cela pourrait être dommageable à la longue. Oui, j'ai eu un coup de blues. Ou deux. Mais qu'importe, ils sont passés très vite. Comme ces 3 mois d'ailleurs. Je n'ai jamais regretté ma décision de partir, comme je n'ai pas regretté ma décision de revenir. J'ai acheté le ticket la veille de mon départ. Plus cher. C'est aussi ça, le prix de la liberté. Et devoir lui dire "au revoir", ou "à bientôt", m'effraie désormais.

Est-ce que ce voyage m'a transformé ? Non. En tout cas, clairement moins que le précédent gros voyage en Asie. J'ai pas mal bourlingué depuis quelques années, j'ai pris aussi un peu d'âge, peut-être même de la maturité (ça reste à prouver). Je pense qu'il m'est de plus en plus difficile d'être choqué, d'être changé, d'être transformé. Je commence à me connaître, ce que j'aime, ce que je n'aime pas, ce que je ne supporte plus. Tant physiquement que mentalement. A la fin des 3 mois, je sentais que j'étais fatigué, et j'écoutais autant mon corps que mon esprit. Ma prochaine grande transformation passera par les enfants, plus par un voyage (ou alors sur la Lune pendant 2 ans).

 

Que retenir au niveau des paysages et des lieux découverts ? Je vais fonctionner, comme souvent, par un Top 3, loin d'être exhaustif :

- 1 Le Rajasthan. Ses palais, ses forts, ses villes colorées, son histoire, ses beautés... avec le Taj en bonus.

- 2 Les Annapurnas. Un trek, un guide, la nature, les montagnes, l'air, la grandeur. Respirer.

- 3 Le triangle historique sri lankais (Dambulla, Sigiriya, Polonaruwa). Bouddhas dans des grottes, un caillou majestueux, des ruines découvertes à vélo.

 

Un autre top 3, un peu le vôtre, car ce sont les 3 articles les plus lus du voyage : Pondichery, Taj Mahal, l'Annapurna. Hum hum.

 

Un voyage c'est aussi des rencontres. Des sourires. Des mets. Du goût. Des odeurs. Du bruit. Beaucoup de sensations difficiles à retranscrire par écrit. J'essaierai prochainement avec une petite vidéo, qui sera le point d'orgue de cette belle aventure. Content de l'avoir vécue, et prêt, déjà, à repartir. Mais moins loin, moins longtemps. Lundi, direction l'Europe de l'Est.

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 06:07

L'Inde. Le Sri Lanka. Le Népal. 

Alors que j'ai fait le tour des trois pays que je voulais voir, une grande question était devant moi : c'est quoi la suite ? J'ai du temps jusqu'à la fin du mois d'août, il me reste de l'argent de côté. Comme souvent, je vais fonctionner avec une petite liste. Celle-ci :

- Caucase --> Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan. 2 mois.
- Balkans --> Bosnie, Monténégro, Kosovo, Albanie, Macédoine. 2 mois.
- Islande. 1 mois.
- France.                                                                                       IIIII IIIII II
- Sur l'eau --> kayak le long d'un fleuve (Danube ? Loire ?)
                   --> croisière Polynésie --> Fidji                                  III
- A vélo ? 
- Marcher ? Pèlerinage Rome.                                                      I
- Indonésie
- Iran
- Traversée des Etats-Unis.                                                            I
- Maldives.   
- Liban.                                                                                               I

Les petits bâtons étaient faits chaque jour avant ma prise de décision, afin de m'aider à y voir plus clair, et de pouvoir déceler ce qui était un coup de tête de ce qui était mon envie plus profonde. Dans tous les cas, j'allais prendre un avion, de New Delhi ou de Katmandou, car je n'avais pas envie de continuer en train/bus vers le Pakistan ou le Tibet, deux routes qui sont un peu périlleuses... au moins politiquement.

Un duel a existé pendant quelques jours : le Pacifique versus la France. Alors que je me posais la question d'un retour en Europe, j'ai... postulé pour un poste de matelot ! C'était sur un voilier, tenu par des Français. Ils s'en allaient à la mi-juin de la Polynésie Française (Raiatea), et faisaient route vers le Tonga et les îles Fidji (cliquez sur la carte si la géographie du Pacifique n'est pas votre fort !). La traversée allait durer au maximum deux mois, et ils avaient besoin de 3 personnes.

Mon retour : les hésitations du Pacifique

Traverser un océan sur un bateau est l'un de mes rêves. C'est quelque chose que je veux absolument faire une fois dans ma vie. Mais ce n'était pas le moment. Physiquement, mentalement, je m'imaginais mal m'engager pour deux mois et demi supplémentaires. Surtout que ma décision devait être prise juste avant l'ascension vers le camp de base de l'Annapurna ! En plus du coût financier non négligeable (quoique supportable), c'était surtout le souci de ma perte de liberté. Je devais m'engager. Et, au milieu du Pacifique, on ne peut pas se dire "ah bah non, finalement je m'en vais". Alors j'ai décidé de laisser passer cette chance, persuadé qu'elle reviendra si je la cherche à nouveau.

De ce fait, ma décision était prise à partir de là. J'allais rentrer. Quand ? Je me laissais la liberté maximum. Je pensais revenir en descendant l'Annapurna. Et puis une fille est passée par là, et j'ai poursuivi le Népal (les éléphants, le parc national). De retour à Katmandou, j'ai acheté mon ticket, pour le lendemain. Une surprise plus tard, me voici chez moi. 


Mais je n'ai pas répondu à une interrogation : pourquoi rentrer ? J'ai déjà évoqué rapidement la fatigue, physique et mentale (car oui, on peut être fatigué à voyager ; je sais que ça en surprend toujours certains !). Le voyage s'est fait à un rythme effréné : je ne me suis pas posé plus de deux jours sur une plage ; j'ai déménagé tous les 2 à 4 jours ; j'ai traversé l'Inde du cap Sud jusqu'au Népal, et j'ai pris les transports en commun pour cela. Après 3 mois dans ces conditions, il faut bien reconnaître que je commençais à fatiguer. J'aurais pu dès lors choisir un voyage "reposant", les Maldives par exemple (mais la mousson était là), ou l'Indonésie.
Toutefois, il y a des autres raisons. Le manque de la famille et des amis premièrement. L'envie de les serrer dans mes bras, de passer du temps avec eux. C'est un manque que j'ai déjà connu, et qui a tendance à grandir au fur et à mesure des années. Je me rends compte du temps qui passe, ce temps que l'on ne rattrape jamais. Il y avait la saison : l'été en Europe est quand même très sympa. Rentrer en novembre eut été peut-être différent.

Surtout, rentrer ne m'interdit rien. Rentrer, c'est garder la liberté de repartir cet été, quand je veux, et à peu près où je veux. C'est une possibilité que je n'exclus pas (et si tu as envie de voyager, contacte-moi !).

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