4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 06:10

Je trouvais la plaine du Danube peu peuplée... l'Ukraine, c'est autre chose ! Des champs à perte de vue qui ne font que confirmer la réputation de grenier à blé du pays. Pour arriver dans mon bus, ce fut toute une expédition. Je me suis levé à 6h20, et après 35 minutes de marche, me voici à la station de bus de Tulcea, Roumanie. L'Ukraine n'est pas loin géographiquement, puisque c'est de l'autre côté du delta du Danube (j'ai d'ailleurs capté leur réseau la veille). Mais le poste frontière le plus proche est.... à 80 kilomètres. Un bus m'emmène à Bratianu, où je récupère un ferry pour traverser le fleuve et rejoindre Galati, la grande ville de la région. De là, j'espère trouver un bus pour la frontière... moldave ! (la carte va vous aider à comprendre !)

Une petite aventure : traverser le Prout

Coup de chance, je tombe sur une étudiante de français qui m'amène jusqu'à un croisement. Là, elle me dit "tout droit !" et c'est la frontière moldave. 8 kilomètres. Bon. J'en marche 1, et je commence à faire du stop. Un Roumain s'arrête. Avec un mélange anglais-espagnol-italien et beaucoup de signes, il me pousse jusqu'à la frontière en ayant réussi à m'expliquer qu'il est à la retraite, qu'il pêche dans le Prout (on ne rit pas !), et qu'il a 4 gamins ("four Bambino" dans le texte). Le douanier roumain a quant à lui le temps de me faire comprendre qu'il court le marathon en 3 heures quelque chose, tandis qu'il me cherche une voiture pour passer la frontière roumano-moldave (qui n'est pas franchissable à pied !). Là, c'est un couple de Moldaves qui me fait sortir de l'UE et entrer dans ce drôle de pays qu'est la Moldavie. Je ne m'éternise pas (j'y reviens dans deux jours), et direction le poste frontière moldavo-ukrainien, à 1 kilomètre de là (oui, les trois frontières se côtoient). Les Moldaves me laissent sortir aussi facilement qu'ils m'ont laissé entrer (à pied cette fois), tandis que les Ukrainiens me font le coup de la fouille du sac ("avez-vous un grand couteau ?" "Bien sûr, je ne voyage jamais sans mon sabre !") L'anglais ne m'aide plus depuis longtemps, et le cyrillique est apparu (ça m'arrange moyen !). Enfin en territoire ukrainien, mais... au milieu de rien.

Une petite aventure : traverser le Prout
Une petite aventure : traverser le Prout

La prochaine ville, Reni, est à 6 kilomètres. Pas une voiture à l'horizon, alors je marche sous une chaleur accablante (il est midi). Je croise une vieille Ukrainienne, j'essaie de lui parler, elle essaie de me parler.... et les résultats ne sont pas probants ! Arrivé dans le "centre" de Reni, je trouve la station de bus, et une jeune me fait comprendre que le bus pour Odessa part à 14h. Et c'est ainsi que je me retrouve ici, dans ce bus, au milieu des champs de blé ukrainien. Belle aventure.

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 06:56

En regardant d'un peu plus près la carte de l'Europe, je me suis dit qu'étant à Bucarest, pourquoi ne pas aller voir le delta du Danube ! Et puis, en regardant d'un peu plus près encore la carte... tiens, finalement, l'Ukraine n'est pas très loin ! Et puis si je vais en Ukraine, pourquoi ne pas pousser vers la Moldavie !? Et c'est ainsi que mon parcours s'est dessiné !

Le delta du Danube

Direction donc Tulcea, la ville de base pour le delta du Danube. Le plus grand fleuve de l'UE prend sa source... en Forêt-Noire, à quelques dizaines de kilomètres de Strasbourg, et se jette dans la Mer Noire, après 3 019 kilomètres ! Il traverse en tout 10 pays et quatre capitales : Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade. Bref, ce fleuve est un beau symbole de l'Europe, et j'apprends peu avant mon départ qu'il se jette dans la mer en formant un delta, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. 
 

Après le combo petit pain au chocolat-bus, j'arrive à Tulcea, où je galère un peu pour trouver un hôtel abordable (je me retrouve dans une pension, grâce à l'aide d'une agence de voyage déserte, et très contente de me voir animer leur journée). La ville n'est pas extraordinaire, plutôt bétonnée le long du fleuve. Hormis les joueurs d'échec....

Le delta du Danube
Le delta du Danube

L'objectif c'est une croisière dans le delta. Il existe des petits bateaux pour quatre personnes qui m'ont l'air très sympas... mais je suis seul. Je croise Alfonso, un Espagnol, mais ça ne suffit pas : ce n'est pas la grosse saison touristique et nous nous retrouvons dans un gros navire. Mais l'avantage, c'est que la croisière va durer 6 heures !

Le delta du Danube
Le delta du Danube
Le delta du Danube

L'endroit est paisible. Je découvre des cormorans, des pélicans, un martin-pêcheur, des hérons gris et deux rapaces.

Le delta du Danube
Le delta du Danube

Nous mangeons sur le bateau (des boulettes de poissons dans de la soupe de poisson, puis un poisson frit !), aux côtés de la jeunesse roumaine qui ne se limite pas côté bière ! Du coup, après le repas, certains se mettent à danser, d'autres... dorment. Je conseille d'éviter les BGV (bateaux à grand vitesse), qui font le delta en deux heures : beaucoup trop rapides ! 

Le delta du Danube
Le delta du Danube
Le delta du Danube

Direction l'Ukraine !

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:40

Il y a plusieurs années de cela, alors que je cherchais une destination pour effectuer une année Erasmus, l'une des conseillères au bureau des R.I. de la fac m'a suggéré la Roumanie. "Le choix du futur !" qu'elle me disait, et "le roumain vous servira !". Le pays entrait à ce moment-là dans l'UE, et c'est peut-être ce qui expliquait son enthousiasme et ses conseils. Ou alors c'est le fait qu'elle soit elle-même roumaine... ça devait jouer ! Au final, j'ai préféré l'Angleterre (je crois bien que l'anglais m'a servi...), et je n'avais donc jamais mis un pied dans le pays du Maradona des Carpates...

J'ai opté pour Bucarest, essentiellement parce que le ticket d'avion n'était pas cher (60€ aller-retour de Charleroi, merci Ryanair) et parce que c'est une région que je ne connais pas (ça commence à se limiter pour moi en Europe). A peine atterri que je montre mon passeport et retire des lei (car si le pays est dans l'UE, il n'est pas encore dans Schengen et l'euro...). L'aéroport est desservi par les bus, et je m'en vais donc à l'assaut de la ville, tel un blindé de l'armée rouge en 1943.
Le paysage urbain me fait très vite comprendre que je suis en Europe de l'Est : longs boulevards, grands et gros bâtiments en béton : l'architecture soviétique a encore frappé ! Je serai d'ailleurs logé dans l'une de ces barres ce soir. Mais j'ai pas mal de temps avant mon RDV avec ma couchsurfeuse, fixé à 22h. Sac à dos sur les épaules, petit T-Shirt, c'est parti pour une visite express de Buca !

Après avoir longé pas mal de parcs et le lycée français de la ville, je vois depuis ma fenêtre la maison de la presse libre, un énorme bâtiment inspiré de l'université de Moscou, et un Arc de Triomphe, très parisien. Ce mélange URSS/Paris sera le fil rouge de ma journée. Ainsi, j'hésite à m'arrêter sur la place Charles de Gaulle, et je me retrouve finalement devant la rue Georges Clémenceau. Sur la carte que j'ai récupérée à l'aéroport, il y a un circuit "Little Paris". Mais il y a aussi "Communist Road". Mon coeur balance, et je me décide à alterner les deux, puisqu'ils s'entremêlent.

Bucarest, petite Paris soviétique
Bucarest, petite Paris soviétique

De ce fait, c'est un étonnant mélange des genres au niveau de l'architecture. Je passe d'un style néo-classique avec colonnes, fronton et dôme (Romanian Athenaeum) à un bâtiment rectangulaire sans fioriture : le ministère de la défense, l'ancien QG des forces soviétiques. C'est peut-être le lieu le plus historique de la ville, car c'est de ce bâtiment que Ceaucescu a embarqué en hélicoptère le 21 décembre 1989, espérant ainsi échapper à la révolution. Manque de chance pour lui, il a été très vite retrouvé, et fusillé le 25, après un jugement express.

Bucarest, petite Paris soviétique

La place de la révolution, c'est son nom, alterne donc le style parisien d'un côté et le style coco de l'autre. Les architectes s'en sont inspirés, puisque leur QG national actuel.... est un mélange de nouveau et d'ancien, sur le même bâtiment ! Vision sympa.

Bucarest, petite Paris soviétique

Après une petite halte au niveau de l'université (où je trouve des traces de la mobilisation politique du début de l'année 2017), je continue de descendre la rue de la victoire pour me retrouver face à quelques églises orthodoxes toujours aussi richement peintes. Puis les rues piétonnes s'enchaînent et, comme par hasard, les terrasses de restaurants et de bars également. Je suis juste au nord du canal, et je pense avoir découvert l'endroit vivant de la ville.

Bucarest, petite Paris soviétique
Bucarest, petite Paris soviétique

Direction enfin le gros bébé : le parlement. C'est le deuxième bâtiment administratif le plus grand du monde (derrière le Pentagone) : 350 000 m² habitables, de quoi faire un beau duplex ! Un peu caché côté nord en raison d'Andrea Bocceli qui vient faire un concert, il est pleinement visible côté Est. Je décide d'ailleurs de m'arrêter à ce niveau, après 5 heures de marche. Bucarest dispose de nombreux parcs, et, une glace à la main, je me pose au milieu des arbres et des canins. Après le kebab végétarien, je retrouve ma couchsurfeuse qui m'éclaire sur la politique roumaine et sa vision de l'UE. Mais pas le temps de se reposer, car je pars dès le lendemain vers le delta du Danube !

Bucarest, petite Paris soviétique
Bucarest, petite Paris soviétique
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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 07:48
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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 14:37

3 mois de voyage. 3 pays. Une petite quarantaine de lieux découverts. Certains en profondeur, d'autres plus en surface. Mais une impression se dégage : celle d'avoir vu l'Inde. Et de l'avoir un peu comprise. 

2 mois sont insuffisants pour en faire le tour, au moins géographiquement : je n'ai pas mis les pieds dans l'Est ou l'extrême-Nord, l'Inde des montagnes, j'ai traversé les campagnes mais j'en ai à peine effleuré ses habitants... Toutefois, j'ai la chance d'avoir découvert Couchsurfing il y a quelques années, et par là même d'avoir rencontré les habitants de plusieurs continents, pas seulement ceux qui souhaitaient me vendre quelque chose. Avec les quelques défauts de ses avantages (esprit plus occidentalisé, famille souvent plus aisée que la moyenne, etc.).

L'idée de ces quelques lignes, c'est de modérer et de souligner ce que sont deux mois dans un pays aussi grand : beaucoup et pas assez. Je ne suis pas devenu LE spécialiste de l'Inde, mais je peux témoigner de certains de ses aspects, de ses coutumes, de ses originalités. Je pourrais vous dire deux mots de sa nourriture, de son rapport à l'égalité homme/femme, ou à l'environnement. Et quand je parle de l'Inde, je veux dire DES Indes, tant le Sud et le Nord sont différents, tant les grandes villes et les campagnes n'ont pas la même vie, tant les jeunes et les anciens n'ont plus la même culture. C'est le cas dans de nombreux pays, la France comprise, mais c'est sans doute plus fort, plus extrême, dans un pays qui compte 1,2 milliard d'habitants, et où il faudrait rouler 50 heures pour aller du Nord au Sud, et 60 pour aller de l'Ouest à l'Est. L'immensité, c'est l'un des premiers points que je retiens. Car j'ai parcouru ce pays du cap Sud à sa frontière Nord, en train et en bus. "Voir du pays". Cette expression ne m'a jamais paru aussi bien adaptée ! J'ai vu, et c'est grand, c'est immense ! J'ai fait au moins 6 000 kilomètres en bus et en train, à un rythme bien différent du TGV. J'ai eu le temps de bien observer, quoique, à la fin, je regardais moins. C'est aussi ça, de voyager 3 mois.

 

C'est toujours difficile de faire un bilan. J'ai l'impression d'essayer de répondre à cette horrible question qu'on me pose parfois : "alors, c'était comment ?". Grandiose. Extraordinaire. Différent. Très différent. C'est peut-être ça, ce que je retiens le plus. La culture indienne n'est pas la même que la nôtre, à tous les points de vue. Ca semble évident dit comme ça, mais ça l'est encore plus et de manière beaucoup plus forte lorsqu'on le vit. Ce n'est pas que la nourriture ou les vêtements. C'est aussi le rapport aux autres, le rapport à ses parents, le conservatisme réel dans un désordre apparent. Les mariages arrangés, les castes, les signes astrologiques. Oui, aussi. L'Inde, c'est une claque, on m'avait prévenu. Certains ont mal aux joues, et en gardent un mauvais souvenir. De mon côté, je la prends plutôt comme une belle caresse. Oui, la pauvreté existe, mais non, elle ne m'a pas choqué. L'Ethiopie bien plus. Ou la gare de Lille. Oui, c'est sale comparé à nos standards occidentaux. Mais ça évolue, dans le bon sens. Oui les gens peuvent être fatigants, plus encore quand on est une fille. Mais j'ai vu des tas de gonzesses voyager en solo, et aimer ce pays en le disant accueillant et plutôt safe. 

 

Ce que je retiens aussi, c'est vis-à-vis de moi-même : liberté. La Liberté. Ma liberté. Qu'est-ce qu'elle était belle. Comme je la vivais, comme je la ressentais. J'étais libre, chaque matin, d'aller où je voulais. J'ignorais souvent où, d'ailleurs. J'avisais au dernier moment. Je débarquais dans une ville sans savoir où aller, sans savoir où dormir. Certains n'aimeraient pas cette sensation, l'appelleraient incertitude. Je l'appelais mon bonheur. Pas d'obligation. Pas de destination. Je suivais le vent, celui de mes envies, celui des conseils que je récoltais ça et là. Pas de ticket retour. Pas de partenaire de voyage. Cela pourrait être flippant. Cela pourrait être dommageable à la longue. Oui, j'ai eu un coup de blues. Ou deux. Mais qu'importe, ils sont passés très vite. Comme ces 3 mois d'ailleurs. Je n'ai jamais regretté ma décision de partir, comme je n'ai pas regretté ma décision de revenir. J'ai acheté le ticket la veille de mon départ. Plus cher. C'est aussi ça, le prix de la liberté. Et devoir lui dire "au revoir", ou "à bientôt", m'effraie désormais.

Est-ce que ce voyage m'a transformé ? Non. En tout cas, clairement moins que le précédent gros voyage en Asie. J'ai pas mal bourlingué depuis quelques années, j'ai pris aussi un peu d'âge, peut-être même de la maturité (ça reste à prouver). Je pense qu'il m'est de plus en plus difficile d'être choqué, d'être changé, d'être transformé. Je commence à me connaître, ce que j'aime, ce que je n'aime pas, ce que je ne supporte plus. Tant physiquement que mentalement. A la fin des 3 mois, je sentais que j'étais fatigué, et j'écoutais autant mon corps que mon esprit. Ma prochaine grande transformation passera par les enfants, plus par un voyage (ou alors sur la Lune pendant 2 ans).

 

Que retenir au niveau des paysages et des lieux découverts ? Je vais fonctionner, comme souvent, par un Top 3, loin d'être exhaustif :

- 1 Le Rajasthan. Ses palais, ses forts, ses villes colorées, son histoire, ses beautés... avec le Taj en bonus.

- 2 Les Annapurnas. Un trek, un guide, la nature, les montagnes, l'air, la grandeur. Respirer.

- 3 Le triangle historique sri lankais (Dambulla, Sigiriya, Polonaruwa). Bouddhas dans des grottes, un caillou majestueux, des ruines découvertes à vélo.

 

Un autre top 3, un peu le vôtre, car ce sont les 3 articles les plus lus du voyage : Pondichery, Taj Mahal, l'Annapurna. Hum hum.

 

Un voyage c'est aussi des rencontres. Des sourires. Des mets. Du goût. Des odeurs. Du bruit. Beaucoup de sensations difficiles à retranscrire par écrit. J'essaierai prochainement avec une petite vidéo, qui sera le point d'orgue de cette belle aventure. Content de l'avoir vécue, et prêt, déjà, à repartir. Mais moins loin, moins longtemps. Lundi, direction l'Europe de l'Est.

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 06:07

L'Inde. Le Sri Lanka. Le Népal. 

Alors que j'ai fait le tour des trois pays que je voulais voir, une grande question était devant moi : c'est quoi la suite ? J'ai du temps jusqu'à la fin du mois d'août, il me reste de l'argent de côté. Comme souvent, je vais fonctionner avec une petite liste. Celle-ci :

- Caucase --> Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan. 2 mois.
- Balkans --> Bosnie, Monténégro, Kosovo, Albanie, Macédoine. 2 mois.
- Islande. 1 mois.
- France.                                                                                       IIIII IIIII II
- Sur l'eau --> kayak le long d'un fleuve (Danube ? Loire ?)
                   --> croisière Polynésie --> Fidji                                  III
- A vélo ? 
- Marcher ? Pèlerinage Rome.                                                      I
- Indonésie
- Iran
- Traversée des Etats-Unis.                                                            I
- Maldives.   
- Liban.                                                                                               I

Les petits bâtons étaient faits chaque jour avant ma prise de décision, afin de m'aider à y voir plus clair, et de pouvoir déceler ce qui était un coup de tête de ce qui était mon envie plus profonde. Dans tous les cas, j'allais prendre un avion, de New Delhi ou de Katmandou, car je n'avais pas envie de continuer en train/bus vers le Pakistan ou le Tibet, deux routes qui sont un peu périlleuses... au moins politiquement.

Un duel a existé pendant quelques jours : le Pacifique versus la France. Alors que je me posais la question d'un retour en Europe, j'ai... postulé pour un poste de matelot ! C'était sur un voilier, tenu par des Français. Ils s'en allaient à la mi-juin de la Polynésie Française (Raiatea), et faisaient route vers le Tonga et les îles Fidji (cliquez sur la carte si la géographie du Pacifique n'est pas votre fort !). La traversée allait durer au maximum deux mois, et ils avaient besoin de 3 personnes.

Mon retour : les hésitations du Pacifique

Traverser un océan sur un bateau est l'un de mes rêves. C'est quelque chose que je veux absolument faire une fois dans ma vie. Mais ce n'était pas le moment. Physiquement, mentalement, je m'imaginais mal m'engager pour deux mois et demi supplémentaires. Surtout que ma décision devait être prise juste avant l'ascension vers le camp de base de l'Annapurna ! En plus du coût financier non négligeable (quoique supportable), c'était surtout le souci de ma perte de liberté. Je devais m'engager. Et, au milieu du Pacifique, on ne peut pas se dire "ah bah non, finalement je m'en vais". Alors j'ai décidé de laisser passer cette chance, persuadé qu'elle reviendra si je la cherche à nouveau.

De ce fait, ma décision était prise à partir de là. J'allais rentrer. Quand ? Je me laissais la liberté maximum. Je pensais revenir en descendant l'Annapurna. Et puis une fille est passée par là, et j'ai poursuivi le Népal (les éléphants, le parc national). De retour à Katmandou, j'ai acheté mon ticket, pour le lendemain. Une surprise plus tard, me voici chez moi. 


Mais je n'ai pas répondu à une interrogation : pourquoi rentrer ? J'ai déjà évoqué rapidement la fatigue, physique et mentale (car oui, on peut être fatigué à voyager ; je sais que ça en surprend toujours certains !). Le voyage s'est fait à un rythme effréné : je ne me suis pas posé plus de deux jours sur une plage ; j'ai déménagé tous les 2 à 4 jours ; j'ai traversé l'Inde du cap Sud jusqu'au Népal, et j'ai pris les transports en commun pour cela. Après 3 mois dans ces conditions, il faut bien reconnaître que je commençais à fatiguer. J'aurais pu dès lors choisir un voyage "reposant", les Maldives par exemple (mais la mousson était là), ou l'Indonésie.
Toutefois, il y a des autres raisons. Le manque de la famille et des amis premièrement. L'envie de les serrer dans mes bras, de passer du temps avec eux. C'est un manque que j'ai déjà connu, et qui a tendance à grandir au fur et à mesure des années. Je me rends compte du temps qui passe, ce temps que l'on ne rattrape jamais. Il y avait la saison : l'été en Europe est quand même très sympa. Rentrer en novembre eut été peut-être différent.

Surtout, rentrer ne m'interdit rien. Rentrer, c'est garder la liberté de repartir cet été, quand je veux, et à peu près où je veux. C'est une possibilité que je n'exclus pas (et si tu as envie de voyager, contacte-moi !).

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 08:19

1 - Parce que la saison des fraises commence dans mon jardin

2 - Pour ne pas manquer Paris-Angers en direct

3 - Parce que je n'ai plus de shampoing. En voyage et t'as pas de shampoing ? Non mais allo ?!

4 - Car Emmanuel doit m'appeler pour un secrétariat d'Etat

5 - Parce que l'Empereur, sa femme et le petit prince n'arrêtent pas de venir chez moi, tout droit, pour me serrer la pince. Et comme j'étais parti...

6 - Parce que j'ai presque honte de mon bronzage

7 - Pour acheter une perche à selfies

8 - Car les Français souriants et jamais ronchons me manquent

9 - Parce que Game of Thrones va recommencer

10 - Pour tondre la pelouse et nettoyer la voiture

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 06:13

95 pages plus tôt, je m'interrogeais : que suis-je venu chercher dans ce voyage ? Des paysages, une autre culture, des découvertes. Oui. Mais par rapport à moi, qu'est-ce qu'il peut m'apporter ? Un bien-être. Une légèreté. L'absence de stress. La liberté. Et, au fond, du bonheur. Je crois que le Népal me permet d'y arriver.

Car je suis parti avec une douleur encore vive qui, malgré le temps, ne voulait pas m'abandonner. Il fallait quelque chose, ou quelqu'un, pour la recouvrir. Intérieurement, je savais sans doute que c'était ma quête. Elle a été infructueuse, longtemps. Quelques étincelles ont fait briller ma nuit; mais ce n'était pas encore le feu  de joie. J'ai bien cru que je resterais dans l'obscurité jusqu'à la fin. Aujourd'hui; ce soir, dans cet avion, j'observe la clarté du ciel, tel mon âme.

Apprendre à se pardonner. C'est peut-être ça, le plus dur pour moi. Mais je vais y arriver, tout en ne perdant pas de vue mon idéal.

Une nouvelle vie commence. A moi de la croquer à pleines dents.

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:56

A Durbar Square, une sorte de mini-marché pour touristes s'établit chaque matin. Les marchands s'abritent très rapidement sous leur parapluie noir, afin de se protéger... du soleil. Ils vendent tous la même chose, à savoir de l'artisanat népalais, sans doute tout droit sorti des usines chinoises ou indiennes : les étals sont les mêmes, une succession de produits manufacturés, aux influences bouddhistes et hindouistes ; c'est ce que les touristes recherchent, imaginant ainsi ramener quelque chose de typiquement népalais. 

Je m'en vais moi-aussi chercher l'ombre et m'assois à côté du cybercafé. Il doit ouvrir à 10h. Il est 10h45. Les Népalais ne sont pas des lève-tôt : je me suis retrouvé bloqué dans mon hôtel à 8h15, la porte de sortie étant cadenassée. J'ai dû réveiller un type à coup de sonnette pour me retrouver dans les rues quasi-vides de la capitale népalaise. 2h30 plus tard, la vie est réapparue. Les motos défilent. Quelques chiens zigzaguent. Les femmes marchent sous leur parapluie. Des briques sont déposées devant moi, pour un bâtiment en reconstruction. Mon regard est attiré par une petite camionnette de police, sur roues, mais pourtant posée sur des briques. Elle est vide, et un panneau solaire la recouvre. Un marchand de légumes passe avec son vélo, en criant quelque chose comme "ALLOOO", qui doit vouloir dire "venez voir comme ils sont beaux mes légumes" (mais mon népalais est encore balbutiant). En regardant en hauteur, je vois mille fils qui s'entrelacent, formant une toile impressionnante au niveau des poteaux. Il y a deux jours, j'ai eu le droit à un feu d'artifice grâce à ce type d'installation : des étincelles, des flammes, et le public qui s'amasse autour. Des drapeaux flottent au-dessus de la rue, ce sont les restes des élections : des têtes de vainqueur côtoient celles des loosers. Alors que j'écris, un homme d'une cinquantaine d'années, assez fin, avec un T-Shirt bleu, se pose devant moi et observe les mouvements de mon stylo. Il sourit, me dit que "c'est incroyable d'écrire", et repart. Je souris. Deux enfants descendent les marches où je me suis réfugié, la mère entre eux. Ils me sourient également et regardent ce que je fais. Un homme marche, chargé comme une mule par une toile de jute, remplie de ce que je crois être des casseroles. 

Une femme avec des talons. Un taxi qui klaxonne. Le bruit des pas d'un pigeon sur la petite avancée en tôle. Quatre marchands de tissus croisent un marchand d'oranges. Ou c'est des citrons. Un homme nettoie ses chaussures. Plusieurs portent des masques anti-poussière. 

Katmandou; dernière matinée, vie quotidienne.

Scènes de vie
Scènes de vie
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 15:07

Deux semaines. J'ai pourtant l'impression que ça fait deux mois, tellement ces jours-là me paraissent loin. D'ordinaire, j'écris mes articles le lendemain, ou le surlendemain : les sensations sont encore là, les petits détails, les anecdotes. Deux semaines plus tard, les souvenirs sont déjà plus flous. Imaginez dans un an ! Heureusement les photos sont là.

Chitwan, oiseaux, crocos et rhino

Le parc national de Chitwan est le plus vieux parc népalais. Plusieurs possibilités s'offrent à moi : une demi-journée de marche avec deux guides (c'est obligatoire), je peux ajouter une demi-journée en jeep. Il y a également 3 jours de marche, avec nuit dans le parc. C'est l'idéal si vous voulez voir des tigres du Bengale (mais ça ne garantit rien, le fauve étant très cachottier). Personnellement, je sors de 8 jours avec un guide dans les Annapurna, donc je n'ai pas l'envie de repartir pour 3 jours. Le jeep n'étant pas tout à fait mon dada, je pars sur la seule demi-journée. C'est risqué, surtout que j'ai un impératif : je veux voir un rhinocéros ! 

Nous partons au petit matin, à 6h, afin d'éviter au maximum les grosses chaleurs de la journée (on s'approche des 40 degrés ces jours-ci...). Afin d'éviter les piqûres ou les griffures, les guides me demandent de mettre un pantalon et un T-Shirt à longues manches, que je n'ai pas. Je me retrouve avec un pull... content, surtout quand il fait très chaud !

De mon hôtel, à Sauraha, le parc est au bout de la rue. Encore faut-il traverser le petite rivière, peu profonde. Je m'imagine le faire à pied, mais nous prenons une petite barque... Décision de bon sens, car des crocodiles nous font face dès le départ ! La petite croisière me permet aussi d'admirer quelques volatiles.

Chitwan, oiseaux, crocos et rhino
Chitwan, oiseaux, crocos et rhino

Nous débarquons. 30 secondes plus tard, que voyons-nous ? Un rhino ! Coup de chance du siècle ! Le mammifère est tranquillement dans l'eau, mangeant des algues. Parfait pour l'admirer et prendre quelques photos. 1m80, 1,5 tonne minimum, un beau bébé ! Et dire qu'il est capable de courir à plus de 50 km/h ! A noter que j'ai croisé des Françaises qui, elles, au détour d'un arbre, avaient rencontré un rhino : leurs guides se sont retournés en criant "RUN !" (c'est ça de faire un parc à pied ! Apparemment, en cas de rencontre avec un tigre, il ne faut pas bouger et le regarder dans les yeux, plus facile à dire qu'à faire !)

Chitwan, oiseaux, crocos et rhino
Chitwan, oiseaux, crocos et rhino

Nous poursuivons dès lors notre marche sans grande pression. J'ai rangé l'appareil, et je ne le ressors que lorsqu'un animal reste très longtemps devant moi (histoire de profiter de l'instant plutôt que de le vivre à travers mon écran !). De ce fait, pas d'image de l'éléphant sauvage (?) ou des faons, très peureux. Seul un gros varan prend la pose, insistant, je pense, pour que je le prenne en photo.

Chitwan, oiseaux, crocos et rhino
Chitwan, oiseaux, crocos et rhino

Le parc est chouette, encore vert, avec de la forêt mais aussi des hautes herbes. De ce fait, la matinée passe très vite, sans que je souffre fondamentalement de la chaleur. Il y a un réel plaisir de traquer à pied tous les animaux, sans savoir où ils se cachent, et avec une part de risque. Nous sommes à la fois chasseurs et chassés, nous épions et nous sommes sans doute épiés.

Chitwan, oiseaux, crocos et rhino
Chitwan, oiseaux, crocos et rhino

Le Népal est vraiment le pays où je me sens au plus près de la nature. Si c'est ce que vous aimez, je vous le conseille au plus vite ! Par contre, si vous aimez aussi un petit peu de confort, notamment pour les transports, attendez une à deux années, histoire que les routes en travaux (c'est à dire toutes les routes !) soient terminées.
 

Allez, direction Katmandou, j'ai encore 2-3 histoires à vous raconter.

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Published by Phileas Frog - dans Nepal
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