4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 19:37

Fiodor Karamazov est un père de famille russe sans scrupule. Un mauvais homme. Il a trois fils : Dimitri, l'aîné, militaire, colérique, impétueux. Ivan, homme solitaire, raisonné, rationnel, ne croyant pas en Dieu. Et Alexei, le plus jeune, engagé dans les ordres, homme de foi et de justice.
L'amour que Dimitri porte pour Grouchenka est contrarié par son père, qui souhaite lui-même l'épouser.


Difficile de faire un résumé de ce livre tant il est immense. Un peu plus de 1000 pages dans la collection que je possède. J'ai mis près d'une année à le lire. J'aime beaucoup Dostoïevski pour sa façon d'écrire, son sens du détail, sa façon de cerner les personnages. Et ce livre est un petit chef d'œuvre. Le plus grand pour beaucoup des admirateurs de l'écrivain.
La famille Karamazov présente tous les problèmes qu'une famille peut connaître. L'argent. L'amour. Le sentiment d'abandon. La différence de point de vue sur le sens de la vie. Et pourtant, cette famille qui se déchire laisse place parfois à tellement de bonté. Un véritable esprit fraternel semble même toucher les frères à la fin du livre.

Ce livre est une fresque. Une fresque des bouleversements que la Russie traverse à la fin du XIXème siècle (l'abolition du servage, la remise en question de la religion). C'est un livre très mystique (le personnage du staretz notamment). Il faut toujours être concentré au moment de la lecture. Parfois, les choses vont tellement en profondeur qu'il me fallait relire la page trois fois avant de parfaitement cerner une idée. C'est aussi un livre russe dans toute sa splendeur pour les noms (composés, souvent deux prénoms, les personnages ont en moyenne cinq surnoms !).

Alexei semble, au contraire des autres, être le personnage parfait. Dostoïevski avait perdu l'année précédente son fils de trois ans, nommé Aliocha. Et il semble avoir voulu donner toutes les qualités à celui-ci (modestie, sens de la réflexion, de l'honneur, quête de la bonne décision, du bon chemin à prendre).

 

La morale de cette histoire ? J'ai l'impression que Dostoïevski ne croit pas en l'athéisme. Qu'il en a peur. Il considère que l'homme non-croyant serait capable des pires atrocités. Sans pour autant donner une vision très optimiste du croyant. Dostoïevski était pendant très longtemps un agnostique, avant de devenir un fervent croyant sur la fin de sa vie. Son livre s'en ressent.

Voilà, ca y est. Après l'Idiot, Souvenirs de la maison des morts, Crimes et Châtiments, et donc Les frères Karamazov, j'en ai fini avec mon Dostoïevski. Il y a bien d'autres livres (Le joueur, L'Eternel mari, L'adolescent). Mais je crois avoir fait le tour des principaux. Néanmoins, je pense rester en Russie. Les nouvelles de Pouchkine m'accompagnent.

 

Citations .

Plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier.

On compare parfois la cruauté de l'homme à celle des fauves, c'est faire injure à ces derniers.

Rien ne peut compenser une seule larme d'un enfant.

Il vaut mieux laisser partir dix coupables que châtier un seul innocent.

Comme la vie est belle quand on a fait quelque chose de bon et de vrai.

 

 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 14:52

« Mais qu'est-ce que tu vas faire après ta thèse ?! ». Question entendue mille fois. Et pour cause, la réponse a été plutôt longue à se dessiner. Mais le sort en est jeté (je crois!). Direction l'enseignement.

Il y a des multitudes de raisons qui m'ont amené à ce choix. La principale étant que je crois en l'éducation. Cette croyance, de type quasi-religieuse, m'est venue au fil du temps. A chaque discussion, à chaque problème, une réponse revient sans cesse : l'éducation.

Il y a plusieurs types d'éducation. La sienne, celle de ses enfants, l'éducation populaire. Et puis il y a la fameuse Éducation Nationale. « Le mammouth! » pour les intimes de Claude Allègre.

Alors c'est décidé, je m'en vais déclarer ma flamme à l'Éducation Nationale. Reste une question : Capes ou Agreg ? Pour ceux qui ne connaissent pas la différence, l'Agreg est le grand frère du Capes. Plusieurs avantages à être agrégé : travailler moins, gagner plus, meilleur poste. Forcément, c'est tentant. Bon, il y a un petit désavantage : c'est un concours extrêmement dur. En 2008, le taux de réussite atteint les 5,9% ! 2624 inscrits, 83 admis !
Bon, le taux est un peu remonté récemment (en 2013 il est de 12,5%, avec 100 admis pour 1937 inscrits). Mais ca reste quelque chose !

Bref, difficile de l'avoir sans bosser. Cette fois, il va vraiment falloir s'y mettre ! Et à 200% !
200%, car je veux dans le même temps... écrire ma thèse !

Ce sera compliqué de faire les deux, je le sais bien. Mais c'est aussi un investissement pour l'avenir. Je sais que si je ne valide pas l'agreg cette année, je peux encore le faire l'année prochaine (une bonne moitié des programmes de révision devraient être renouvelés). La priorité reste donnée au doctorat.

Concernant les programmes, les voici :

Le monde romain de 70 av. J.-C. à 73 ap. J.-C.
Gouverner en Islam entre le Xème siècle et le XVème siècle (Iraq jusqu'en 1258, Syrie, Hijaz, Yémen, Égypte, Maghreb et Al-Andalus)
La péninsule ibérique et le monde (années 1470-années 1640)
Citoyenneté, république et démocratie en France de 1789 à 1899.

Géographie des mers et des océans.
La France : mutations des systèmes productifs

 

Les quatre épreuves écrites auront lieu au mois de mars 2015 (deux épreuves de dissertation, une épreuve d'explication de textes et une composition sur un sujet de géographie, des épreuves de 7 heures (!!)).
Pour les admissibles, 3 épreuves pratiques et orales (de 6h).

J'ai déjà mon emploi du temps (16h minimum, jusqu'à 26h). Ah, oui, précision importante, je m'en vais suivre la préparation au concours à l'université de Bordeaux.

Bon, je sais que mon temps entre septembre et mars sera très très (très) limité (la bibliographie de 17 pages que je viens de recevoir me le confirme). Je pense d'ailleurs très honnêtement que ce blog ne survivra pas à la fin de l'été. Mais ce sera une année investissement. Une année qui transformera, je l'espère, ma vie.

Je repars à mes lectures.

L'agrégation d'histoire-géo 2015
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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 19:07

Marine Le Pen dit des bêtises. Régulièrement. Je n'écris pas un article à chaque fois, sinon j'y passerais mes journées. Mais aujourd'hui, ça me concerne un peu. La suppression de la double-nationalité.


Oh, non, je n'ai pas une autre nationalité que la nationalité française (malgré les rumeurs circulant concernant mes origines asiatiques !). Mais cela peut un jour concerner... mes enfants ! Alors, en vertu de mon futur statut de père d'enfants binationaux, je prends la plume.

Dans ma situation actuelle, si demain mes enfants naissent, ils auront un père français et une mère allemande. Que veux tu Le Pen, c'est ainsi fait, je n'ai pas trouvé Française à mon pied. Et l'amour est tombé Outre-Rhin. Mes enfants seraient donc franco-allemands. Le problème, c'est que Le Pen n'en veut pas. Le Pen, elle, ce qu'elle veut, c'est des « vrais Français », à 100%. Un Français à 50%, non merci.

Si je t'écoute Marine, je devrais donc demander à mes enfants de choisir leur nationalité, de choisir entre la France et l'Allemagne. Ainsi de choisir entre leur père et leur mère. Choix cornélien. Imagines-tu demander à chaque enfant de choisir entre son père et sa mère ? Non, clairement pas ! Ca serait des drames de famille à chaque fois. Alors pourquoi vouloir le faire pour des raisons administratives ?

Mais d'ailleurs, pourquoi ne pourrait-on pas avoir deux nationalités ? Donne-moi une seule bonne raison. Est-ce un problème d'identité ? Mais j'ai moi-même beaucoup d'identité. Tu sais, Le Pen, on peut être à 100% Français, mais aussi 100% Européen, 100% Ch'ti et 100% Audomarois. C'est ce que je suis. Est-ce que tu y vois un problème d'identité ou d'intégration ?

Au contraire, la double nationalité est une chance. Moi-même j'aurais voulu naître binational ! Penses-tu, tu parles deux langues sans avoir besoin de galérer à l'école pour les apprendre ! Deux pays, deux cultures, c'est une chance, un sacré avantage dans un monde mondialisé.


Bien sûr, je vois bien où tu veux en venir. Non, toi, les Franco-allemands ne te gênent pas. Toi, c'est plutôt les Franco-maghrébins qui t'énervent. C'est d'ailleurs sur eux que tu tapes à chaque fois. Coup de chance, il y a des abrutis qui ont brûlé des voitures après un match de l'Algérie. C'est super pour toi, la meilleure nouvelle de la semaine. Bizarrement, lorsque les chiffres du chômage sont tombés, on n'a pas entendu tes propositions. Mais 70 interpellations, ça c'est cool ! Ça vaut plus que 25 000 demandeurs d'emplois supplémentaires (car tout le monde sait que 70 > 25 000).

La solution pour ne plus voir ce genre de débordement serait donc la fin de la double-nationalité. Mais c'est magique ta potion ! Un seul passeport et tout d'un coup, les gens arrêteront d'être cons ! Ils arrêteront de casser en fin de soirée. Mais il faut proposer ta potion magique le soir de la braderie de Lille (44 interpellations en 2013). Et pour la Manif pour tous (plus de 70 interpellations en avril 2013). Bizarrement, ces jours là, on ne t'avait pas entendue non plus.


Attention, je ne défends pas là les débordements. Au contraire, ces types sont des cons, ils font le jeu du FN dans une atmosphère déjà très tendue en France.

Mais quand des types se font arrêter à Notre-Dame des Landes après avoir blessé six policiers, on dit qu'ils sont vraiment abrutis de pourrir une manifestation pacifiste. Ils gâchent le mouvement, ils en profitent pour casser du flic. Pour les Algériens c'est pareil. Beaucoup de ceux qui ont regardé le match à Barbès ont fêté ça, puis sont repartis tranquillement dormir chez eux. Le problème c'est les abrutis qui sont restés.

Quand un Français est con, on dit: «Quel sale con!» - Quand un Arabe est con, on dit: «Quel sale Arabe!». - Je revendique pour les arabes le droit d'être con.

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 17:07

J'ignore pour le moment si nous serons jugés après la mort, comme la religion le dit parfois. Mais je sais que nous sommes déjà énormément jugés lors de notre vie.

 

Juger, ce n'est pas seulement une question de justice. Au contraire, les jugements les plus nombreux se font à l'extérieur des tribunaux. Dans la rue. En soirée. Entre amis. En famille.
Les juges sont souvent acerbes. Les juges sont critiques. La critique, voilà la forme de jugement la plus répandue. On critique les autres, sous de multiples facettes. Ça commence avec les vêtements, le look, l'apparence physique. C'est la critique facile, celle que tout le monde peut faire. C'est facile, il n'y a qu'à se poser dans la rue, et observer ses semblables.

Au final, ça n'est pas très important. Très souvent, l'accusé ignore son chef d'inculpation. Il continue sa route sans se douter qu'il vient de prendre une peine de deux minutes de foutage de gueule. Et quand bien même il apprend par hasard le jugement, il s'en accommodera fort bien une fois passé le stade de l'adolescence.

Il y a des jugements un peu plus profonds, ce sont ceux qui traitent de votre façon de vivre, de votre façon de penser. Là, c'est un peu différent. Parce que la critique physique, passe encore (de toute façon, on ne peut pas y faire grand chose, on est toujours le beau d'un tel et le laid d'un autre). La critique de la pensée c'est différent, ça me semble plus grave, car porté par un élan de supériorité et une pointe d'arrogance. La justice peut être là aussi impitoyable. Surtout que les jurés sont très souvent vos proches. Le jugement est souvent sévère, et il est rare qu'une décision de justice populaire soit positive.

Mais il y a encore pire. Il y a le jugement dernier terrestre. Celui-là, impossible d'y échapper. C'est le jugement par soi-même.
La morale. Sa morale. Si on peut se contrefoutre de ce que pensent les autres (j'emmerde le peuple), c'est plus difficile avec soi-même. Je me retrouve moi-même régulièrement confronté à ma morale. Celle qui décide de ce qu'est le bien ou le mal. Je sais par exemple qu'elle me hante déjà pour des actions commises il y a plusieurs années. Celle où je me dis que je n'ai pas bien agi. Celle où je pense avoir fait le mal, pris la mauvaise décision. Celle où j'ai laissé mes instincts les plus bas prendre le dessus. Ce jugement sur moi-même est le pire de tous. Il est également le plus sévère. Je repense à un processus de rupture, à une décision de fin de soirée. Je repense aussi à mes inactions, dans des moments qui auraient pu, qui auraient du être importants.

Cette morale me hante jusque dans mes rêves, lorsqu'elle me fait ressentir un horrible sentiment de culpabilité à la suite d'une action que je serais incapable de faire dans la vraie vie. Tromper sa copine. Tuer quelqu'un. Même dans le plus sombre des cauchemars je me juge régulièrement.

C'est d'ailleurs ce jugement terrible à l'encontre de moi-même qui influence mes décisions chaque jour. Tel un prisonnier, je ne suis pas sorti indemne de mes propres condamnations. Et j'ai choisi la repentance plutôt que la récidive. Avant mes décisions importantes, je repense à ma morale, à mon jugement, à tout ce temps passé au trou. Et je m'adapte.
Ce jugement dernier nous concerne tous. On apprend ainsi parfois des erreurs des autres, et des souffrances qu'ils connaissent face à leur morale. Et on se dit qu'on n'aimerait pas être à leur place, avec cette mauvaise décision prise il y a une semaine, cinq mois, trois ans, et qui continue à les hanter chaque semaine.

Cette morale, c'est peut-être la chose la plus importante que nous avons coincé quelque part au fond de notre cerveau. C'est elle qui permet à notre société de tourner tant bien que mal, avec nous autres pauvres humains responsables de nos actes devant la justice, mais surtout devant nous-même. Le jugement dernier, ici bas.

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:26

Avant deux grosses filmographies à venir très prochainement (Pedro Almodovar et Gus van Sant), voici une filmographie express, celle de Stephen Daldry. Le réalisateur britannique n'a réalisé que 4 films (Trash est annoncé cette année). Mais certains ont déjà laissé une empreinte.


Billy Elliot (2000) : 15/20. Avec Jamie Bell.

 

L'histoire de Billy Elliot, un jeune garçon inscrit à la boxe et qui préfère la danse... la réaction de sa famille, son frère, son père... Le tout avec un fond de grève minière en période tatcherienne. Un grand film, une belle fresque historique. Déjà culte.

Stephen Daldry, la filmographie

The hours (2002) : 12/20. Avec Nicole Kidman, Mery Streep et Julianne Moore.

3 femmes, 3 époques différentes, et un livre en commun : Mrs Dalloway. L'ouvrage est écrit au début du XXème siècle par Virginia Woolf, puis lu dans les années 1950 par Laura Brown, mère au foyer attendant son deuxième enfant. Enfin, il y a Clarissa, à notre époque, qui essaie de soutenir tant bien que mal son ami homosexuel.
Les trois femmes vont vivre une même journée, entre mélancolie et envie d'en finir.

Film porté par un très beau casting féminin (Nicole Kidman est méconnaissable, récompensée par l'oscar de la meilleure actrice), mais plombé par un scénario compliqué. Les passages réguliers d'une époque à une autre peuvent énerver, tout comme la petite musique de fond. Malgré l'émotion, il manque quelque chose pour en faire un film inoubliable.

7 fois nommé aux Oscars.

The Reader (2008) : 15,5/20. Avec Kate Winslet et Ralph Fiennes.

Woh ! Kate Winslet est fantastique dans ce film un peu tabou, pour l'amour d'une femme de 35 ans envers un garçon de 15 ans. La trame historique, le procès des S.S et la honte de l'illettrisme...

Oscar de la meilleure actrice mérité.

Stephen Daldry, la filmographie

Extrêmement fort et incroyablement près (2011) : 12,5/20. Avec Tom Hanks et Sarah Bullock.

Tout ceux qui ont lu le livre risquent d'être déçus par l'adaptation (comme souvent...). Un enfant qui a perdu son père dans l'attentat du 11 septembre. Mais il se raccroche à un possible secret que son père lui a laissé... Un peu déçu, il faut le reconnaître, notamment lorsqu'on voit le casting.

Le bilan, c'est un réalisateur qui obtient de beaux succès critiques, avec une belle propension à amener ses actrices principales vers les Oscars. Mais il est dans le bas de mon top 20. A voir ce que son prochain film va donner.

Mon classement des réalisateurs (totalement subjectif)

1. Emir Kusturica : 17,08/20 (7 films)

2. David Fincher : 15,94 (8 films)

3. Jacques Audiard : 15,83/20 (6 films)

4. Frank Capra : 15,50 (7 films)

5. Billy Wilder : 15,46 (12 films)

6. Charlie Chaplin : 15,29 (7 films)

7. Clint Eastwood : 15,25 (10 films)

8. Quentin Tarantino : 15,19 (8 films)

9. Les frères Coen : 14,96 (14 films)

10. Stanley Kubrick : 14,82 (11 films)

11. Henri Verneuil : 14,69 (8 films)

11. Sergio Leone : 14,58 (6 films)

12. Howard Hawks : 14,29 (7 films)

13. Alfred Hitchcock : 14,21 (12 films)

14. Woody Allen : 13,97 (16 films)

15. George Cukor : 13,95 (10 films)

16. Steven Spielberg : 13,79 (12 films)

17. Stephen Daldry : 13,75 (4 films)

18. Tim Burton : 13,25 (12 films)

19. Wes Anderson : 12,92 (6 films)

20. Sofia Coppola : 12,9 (5 films)

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 13:30

Non, je ne veux pas vous faire peur avec cet article ! Mais pour bien relater ce qui se passe ici, il faut parfois évoquer les sujets qui fâchent !

L'avion est presque devenu une routine pour moi. Je me souviens bien des premières fois, de ma fascination devant les champs de coton (nuages), de la petite pression au décollage et à l'atterrissage, de mes sourires béats quand je survolais les Alpes. Maintenant, j'avoue ne plus trop y faire attention, sauf circonstance exceptionnelle...
Il se trouve que mon vol fut agité. Pourtant je dormais bien, après avoir regardé un film moyen (Crazy, Stupid, Love, également dénommé : film de filles). Je commence à ressentir quelques turbulences. Oh, rien de bien grave, mais le pilote appuie sur son bouton : « mettez vos ceintures ». Je m'exécute. Le problème, c'est que les petites turbulences deviennent un peu plus grandes chaque seconde ! L'avion commence à secouer sévère, et des grands cris se font entendre. L'air de rien, entendre quelqu'un qui panique vous stresse toujours un peu. Mais c'est seulement quand l'hôtesse de l'air s'est littéralement jetée sur le siège à côté de moi que j'ai vraiment commencé à me demander si mon heure n'était pas venue. Parce que les passagers qui paniquent, c'est logique, mais l'hôtesse de l'air, habituée à de nombreux vols... ce n'est pas rassurant !
Bon, là vous vous dites : « s'il était mort dans un accident d'avion, il n'écrirait pas cet article ! ». En effet, c'est une histoire qui se finit bien puisque les trous d'air se sont peu à peu éloignés. Et me voici à l'aéroport de Nairobi.

Là, tout de suite, moment comique : panne d'électricité dans l'aéroport. Bon, il y a eu un gros incendie l'année dernière, et on est dans les bâtiments annexes de l'ancien aéroport. Mais ca n'explique pas tout ! Notamment mon moment visa.
Idée bête, je souhaite avoir un visa commun pour le Kenya, l'Ouganda et le Rwanda. C'est tout nouveau, ça a commencé début 2014, et ça doit beaucoup m'arranger pour mes voyages. Déjà, la tête de l'agent quand je lui demande vaut le détour. « Visa commun ? » « Oui oui, visa commun ». Je lui explique le truc, et là il se lève, et part avec mon passeport dans des bureaux au fond. J'attends.
10 minutes plus tard, j'attends toujours. Les gens dans la queue derrière moi se demandent bien qui je suis (terroriste ? Immigrant illégal ?) tandis que moi je garde un oeil attentif à mon fonctionnaire et surtout à mon passeport. Il revient, pose une question à tous les autres guichets, puis repart, sans plus d'explication. Nouvelle panne d'électricité dans l'aéroport. C'est folklorique. Le type revient finalement et me dit : « on n'a plus les papiers ». Administration bonjour. Je lui demande quelle solution j'ai, hormis celle de prendre un visa kényan. Il me dit « euhhhh ». « No solution ».

Et me voici avec un visa kényan. Du coup, conséquence directe, pas d'Ouganda pour moi. Je pensais faire le pays en bonus (avec le visa commun), mais ça a déjà sauté. Ce samedi, je m'envole directement pour Kigali, Rwanda. Bref, restent mes bagages. Du fait de la panne électrique, on ne sait pas quel tapis roulant il faut surveiller. Forcément, je choisis le mauvais. Qu'importe, je suis entré !

Ma semaine à Nairobi n'est pas des plus intéressantes à raconter : je suis dans mon bureau, j'étudie, je prépare mon déplacement rwandais, je revois mon directeur de thèse. Seules deux choses sont à signaler, car différentes des fois précédentes.
Tout d'abord, l'insécurité. Faut dire que je n'ai pas de chance : le lendemain de mon arrivée, bim boum, attentat sur la côte. 50 morts. Surlendemain, nouvelle attaque. Il y a quelques centaines de kilomètres d'ici à la côte nord-est, mais ça vous pose un peu le décor. Surtout, ça se ressent un peu partout en ville. Pourtant je suis déjà venu deux fois, et la première c'était juste avant les élections. C'était déjà tendu. Mais depuis les attentats de Westgate (qui ont fait la Une des journaux du monde entier pendant une semaine), on sent que Nairobi n'est pas sereine. Les habitants en parlent, les gens se font peur. On évoque le bruit d'une prochaine attaque sur les écoles de la capitale, on répète qu'il ne faut pas se déplacer seul. Et tous les gens autour de moi, les mêmes qui se déplaçaient sans trop de craintes il y a un an, font gaffe aujourd'hui. Beaucoup sont d'ailleurs contents de partir prochainement. Je le serai aussi ce samedi !

Enfin, il y a Couchsurfing. Oui, Couchsurfing en Afrique ! Je suis chez un Kényan et une Américaine. Ils sont en couple depuis 3 ans, et ont une petite fille : Sarah. Sarah, c'est mon réveil, vers 6h30 chaque matin. Une énergie débordante, une voix perçante (rappelez-vous Lara Fabian aux Guignols... c'est ça !) et des cochonneries à tout va ! Alors au choix : lancer de l'eau, jeter la nourriture un peu partout, faire pipi sur le divan (puis se jeter avec le short sale dans mon lit)... bref, on ne s'ennuie jamais avec cette petite métis de deux ans à peine. Sa mère est nutritionniste (et végétarienne) et son père est un ancien joueur de football professionnel kényan, qui s'occupe aujourd'hui d'une association dans un bidonville de Nairobi. Classe. Ça me change un peu des dernières fois (les garçons avec qui je trainais sont partis) mais ça me donne une autre vision de la vie et de la ville.

La suite au prochain épisode (des photos de la petite famille très bientôt si j'en ai l'occasion).

Nairobi le retour : panique dans l'avion, insécurité & CS
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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 21:26

Bon, on ne va pas se le cacher, les photos sont splendides. Alors je vais éviter le grand discours aujourd'hui, régalez-vous !
(bon petite présentation rapide quand même, je vois que vous êtes curieux ! Le Holi Festival a lieu depuis quelques années en Allemagne, dans la plupart des grandes villes. L'idée vient bien sûr de la fête des couleurs en Inde, pour célébrer le printemps. Le coût pour la journée de festival est assez raisonnable (22€) mais il n'y a pas vraiment de tête d'affiche, juste des DJ. L'ambiance entre les lancers (chaque heure) n'était pas extraordinaire, mais à chaque lancer par contre.... une folie !

Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
Pierrot le fou

Pierrot le fou

Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
Holi Festival, Freibourg : un monde en couleur
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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 21:25

 

Dans la série repas d'au revoir, vint le tour de mes tandems, ou de mon harem, c'est selon. De gauche à droite : Carmen, Laura, Katrin et Anne. Il manquait Lindsay à l'appel. Une belle équipe, qui m'aura permis de bien pratiquer (et de bien faire progresser) mon allemand. C'était les raisons de mes sorties quotidiennes. Un grand plus que je compte retrouver à Bordeaux (à la recherche des Erasmus).

Mes tandems
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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 10:23

C'est seulement ma seconde filmographie française, après celle de Jacques Audiard. A croire que je me suis spécialisé dans le cinéma US ! Mais je vais essayer de rattraper ça ces prochaines semaines/mois.

Henri Verneuil. Pour être honnête, je ne connaissais pas ce type il y a quatre ans. Et pourtant... il a tourné avec les plus grands : Fernandel, Gabin, Belmondo, Delon, Montand... et Michel Audiard aux dialogues !

Henri Verneuil, la filmographie

La vache et le prisonnier (1959) : 15/20. Avec Fernandel

En 1943, Charles Bailly (Fernandel), prisonnier de guerre en Allemagne, décide de s'évader de la ferme où il est employé. Sa ruse, grossière et folle en apparence, consiste à traverser le pays, la vache Marguerite en laisse et un seau de lait dans l'autre main. Ainsi va commencer la plus extraordinaire des odyssées pour l'homme et la bête, paisible image de paix dans un pays déchiré par les haines et la violence. Après s'être séparé de l'animal, non sans lui avoir promis de ne plus jamais "manger de veau"... dissimulé sous un train, il franchit la frontière germano-française et se retrouve à la gare de Lunéville où, prenant la fuite devant deux policiers français, il sautera dans un train en partance pour... l'Allemagne. Ce n'est que deux ans plus tard que cet héroïque anti-héros reviendra, "comme tout le monde", de captivité.

Fernandel est d’un touchant impressionnant. Une pensée pour la scène finale. Près de 9 millions de spectateurs.

Henri Verneuil, la filmographie

Le président (1961) : 14/20. Avec Jean Gabin et Bernard Blier.

Emile Beauford était un président du conseil. Aujourd'hui à la retraite, il passe ses journées à écrire ses mémoires. Il se souvient alors de l'épisode de la dévaluation du franc et du jour de son renvoi. Avec un personnage en commun : Philippe Chalamont, qu'on annonce aujourd'hui comme président du conseil.

Film politique, porté par Gabin. C'est fou comme le film est d'actualité (le passage sur l'Europe est fantastique). Corruption, petits arrangements entre amis, servir les intérêts des puissants plutôt que ceux de la nation... un film qui n'a pas pris une ride.

Quelques citations (les dialogues sont de Michel Audiard...alors forcément!) :

C'est toujours les mêmes qu'on cite, pas étonnant qu'ils soient connus.
Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur, dans des proportions qui restent à déterminer.

Le repos, c'est fait pour les jeunes : ils ont toute la vie devant eux. Moi pas.
C'est une habitude bien française que de confier un mandat aux gens et de leur contester le droit d'en user.

Il faut prendre la démocratie comme elle est, cette démocratie dont un grand homme a dit qu'elle était le pire des régimes, à l'exception bien entendu de tous les autres.

On est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui seraient seulement pas foutus de faire pousser des radis.

« Il y a des patrons de gauche ! Je tiens à vous l'apprendre !

Oui, et y'a aussi des poissons volants mais qui ne constituent pas la majorité du genre ! »

 

Un singe en hiver (1962) : 18/20. Avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo

Tiré du livre éponyme d’Antoine Blondin, ce film met en scène juin 1944, Albert Quentin (Jean Gabin), ancien fusilier-marin en Chine, tient, avec sa femme Suzanne, rencontrée à La Bourboule, l’hôtel Stella dans le village de Tigreville, sur la côte normande aux environs de Deauville.

Il se laisse souvent aller à trop boire, ce qui le porte à la nostalgie de son service militaire en Chine. Lors d’un bombardement en juin 1944, il promet à Suzanne de ne plus boire si l’hôtel échappe à la destruction ; promesse tenue.

Quinze ans plus tard, débarque Gabriel Fouquet (Jean-Paul Belmondo), publicitaire. Il boit pour effacer l’échec de sa vie sentimentale avec Claire qui vit à Madrid. Il vient voir sa fille Marie pensionnaire à Tigreville, dont Mme Victoria, la directrice pourtant française ne parle qu'en anglais. Les deux hommes vont connaître deux jours d’évasion grâce à l’ivresse, l’un en Espagne et l’autre en Chine ; l’apothéose étant un feu d’artifice « dantesque » sur la plage. Puis chacun retournera à sa vie d’avant.

Le jeu des deux acteurs est très bon, star du cinéma français et vedette de la Nouvelle Vague.

Citations (bonjour Audiard) :

Ah ! Nous y voilà ! Ma bonne Suzanne, tu viens de commettre ton premier faux pas ! Y a des femmes qui révèlent à leur mari toute une vie d'infidélité, mais toi, tu viens de m'avouer 15 années de soupçon. C'est pire ! Eh bien que t'as peut-être raison : qui a bu boira ! Ça faut reconnaître qu'on a le proverbe contre nous.

Les gastronomes disent que c'est une maison de passe et les vicelards un restaurant chinois.

Dis-toi bien que si quelque chose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse !

Monsieur Esnault, si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille !

Je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que Huang Ho veut dire fleuve jaune et Yang-tsé-Kiang fleuve bleu. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l'aspect grandiose du mélange. Un fleuve vert ! Vert comme les forêts, comme l'espérance. Matelot Esnault, nous allons repeindre l'Asie, lui donner une couleur tendre. Nous allons installer le printemps dans ce pays de merde.

Suzanne : Albert, j'ai peur !

Albert : Bois !

Suzanne : Avoue que c'est quand même une drôle d'heure pour arriver, surtout de ce temps-là !
Albert : Ah ! Les voyageurs c'est fait pour voyager, le temps n'a rien à voir là-dedans !

Albert : Pourquoi buvez-vous ?
Gabriel : La question m'a déjà été posée Monsieur le Proviseur !
Albert : Probablement par des gens qui vous aiment bien !
Gabriel : Probablement… Claire me la posait trois fois par semaine. Elle devait m'adorer.

Albert : Écoute, ma bonne Suzanne, t'es une épouse modèle.
Suzanne : Mof !
Albert : Mais si, t'as que des qualités. Et physiquement, t'es restée comme je pouvais l'espérer. C'est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c'était à refaire, eh bien je crois que je t'épouserais de nouveau. Mais tu m'emmerdes.
Suzanne : Albert !
Albert : Tu m'emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour ! Mais tu m'emmerdes !

Henri Verneuil, la filmographie

Mélodie en sous-sol (1963) : 14/20. Avec Jean Gabin et Alain Delon

Dialogue d'Audiard.

Charles (Jean Gabin), la soixantaine, tout juste sorti de prison, ne se fait plus tout jeune. Il retrouve difficilement son pavillon à Sarcelles.

Son épouse Ginette lui propose de déménager dans le Sud, de prendre un commerce et de couler des jours heureux, mais Charles ne conçoit qu'un seul genre de retraite : dorée et au soleil, en Australie. Pour cela, il doit faire un autre coup, le dernier, celui « d'une vie » et cette fois ce sera la bonne : le casino de Cannes. Tout est prêt. Il contacte alors un jeune malfrat rencontré en prison, Francis Verlot (Alain Delon).

La scène de la fin, avec l’argent dans la piscine et le regard de Gabin, est grandiose.

 

Le clan des Siciliens (1969) : 14/20. Avec Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura.

Pas le meilleur Verneuil mais un bon film d’action. Porté par des grands acteurs.

Roger Sartet (Alain Delon), un truand, s'évade avec la complicité d'une famille mafieuse, les Manalese, dirigée par le patriarche Vittorio (Jean Gabin). Malgré une traque menée par le commissaire Le Goff (Lino Ventura), Sartet lui échappe. Avec ses complices le truand propose un projet démentiel : voler une collection de bijoux qui doit être transférée de Rome vers New York par avion. Vittorio fait appel à son vieil ami italien installé aux États-Unis pour l'aider dans le coup...

Henri Verneuil, la filmographie

Peur sur la ville (1975) : 13,5/20. Avec Jean-Paul Belmondo et Charles Denner.

Le commissaire Letellier a vu sa carrière brisée par le truand Marcucci, à l'issue d'un braquage qui a mal tourné. Muté dans un commissariat terne, il continue à chercher la trace de son ennemi. Au moment où Letellier apprend enfin le retour du braqueur à Paris, un mystérieux tueur terrorise la capitale. Letellier doit alors choisir entre assouvir sa vengeance ou faire son métier de policier et neutraliser un redoutable tueur en série.

Pas le meilleur Verneuil, sans grande surprise. Merli dans le rôle de Minos tient bien son personnage.

 

I comme Icare (1979) : 16/20. Avec Yves Montand

Un très bon film français, thriller politique. Yves Montand est très bon. Une préférence pour la scène de l'expérience médicale.

Un peu de Kennedy en arrière-fond, je ne sais pas pourquoi mais ça revenait en filigrane.

À la suite de l'assassinat du Président Marc Jarry récemment réélu, une commission d'enquête dirigée par le président de la Haute Cour de Justice, Frédéric Heiniger, est instituée afin d'élucider les circonstances de l'attentat. Le rapport final de cette commission précise qu'il n'y a eu qu'un seul tireur, Karl-Erich Daslow, ayant agi seul, par folie et avec préméditation. Ces conclusions ne satisfont pas le procureur Henri Volney, à qui sont remis les pleins pouvoirs afin de continuer l'enquête.

Le film s'appuie sur l'allégorie d'Icare : à vouloir trop s'approcher de la vérité, on se brûle les ailes.

Henri Verneuil, la filmographie

Mille millards de dollars (1982) : 13/20. Avec Patrick Dewaere, Charles Denner.

Paul Kerjean, journaliste, reçoit un coup de fil anonyme lui recommandant d'enquêter sur Jacques Benoit-Lambert, riche industriel et homme politique à l'avenir radieux. Très vite, il voit le scandale. Mais après son article, les événements s'enchaînent, et il se rend compte qu'il a été piégé.

Film assez surprenant, très anti-capitaliste, anti-libéraliste. Un film dans l'air du temps, qui pourrait avoir été tourné cette année. Patrick Dewaere est assez bon, mais le rythme du film ne l'aide pas. Les flash-back ralentissent un peu. Il manque un truc, une ferveur, quelque chose. Dommage car le scénario est costaud.

 

Ce brave Verneuil m'aura bien plu, il termine avec une bonne moyenne (14,69) et arrive aux portes du top 10 (classé entre Sergio Leone et Stanley Kubrick, ça vous situe un peu le niveau!)

Mon classement des réalisateurs (totalement subjectif)

1. Emir Kusturica : 17,08/20 (7 films)

2. David Fincher : 15,94 (8 films)

3. Jacques Audiard : 15,83/20 (6 films)

4. Frank Capra : 15,50 (7 films)

5. Billy Wilder : 15,46 (12 films)

6. Charlie Chaplin : 15,29 (7 films)

7. Clint Eastwood : 15,25 (10 films)

8. Quentin Tarantino : 15,19 (8 films)

9. Les frères Coen : 14,96 (14 films)

10. Stanley Kubrick : 14,82 (11 films)

11. Henri Verneuil : 14,69 (8 films)

11. Sergio Leone : 14,58 (6 films)

12. Howard Hawks : 14,29 (7 films)

13. Alfred Hitchcock : 14,21 (12 films)

14. Woody Allen : 13,97 (16 films)

15. George Cukor : 13,95 (10 films)

16. Steven Spielberg : 13,79 (12 films)

17. Tim Burton : 13,25 (12 films)

18. Wes Anderson : 12,92 (6 films)

19. Sofia Coppola : 12,9 (5 films)

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Published by Phileas Frog - dans Cinema
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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 00:02

Cela nous arrive tous de douter. Enfin, je pense. Moi, je doute régulièrement, et j’espère que c’est de même pour vous. Enfin, non, je n’espère pas. Car cela m’emmène dans des couloirs tellement sombres. J’espère vraiment être le seul à les emprunter. Mais je suis pessimiste sur la chose, on doit tous un jour ou l’autre s’y retrouver. Bon, moi, j’aime bien marcher dans ce couloir parfois, faire les cent pas. Ca me permet de réfléchir. Sombrement.


Tout d’abord, je tiens à vous rassurer. Cet article est écrit à un instant T, à savoir ce dimanche, vers 22h, juste après avoir regardé un film avec Patrick Dewaere. C’est bizarre, cet acteur m’envoie à chacun de ses films vers ce couloir sombre. Je repense à Série Noire. Aujourd’hui, c’est Mille milliards de dollars. Oh, pas le film le plus sombre de l’acteur. Mais ca n’empêche, j’ai l’impression de ressentir un truc à chaque fois que je croise son visage. Bref, toujours est-il que cet article ne représente pas mon état d’esprit général, mais celui du moment, bien différent.

Mes pensées sombres m’amènent toujours à me questionner. Aujourd’hui, c’est le mois de juin, mois du départ. Depuis quelques jours j’y pense déjà, et ça me contrarie. Se contrarier, verbe familial. En silence. Ca aussi d’ailleurs.
J’ai peur. Oui, un peu. C’est con d’avoir peur. Ca n’aide pas. Mais c’est ainsi, j’ai peur de quitter cet équilibre à peu près stable que j’ai trouvé ici, en Allemagne. Et j’ai peur de ne pas le retrouver. En Afrique déjà. Parce que mes deux expériences sur place n’étaient pas ce que je considère comme le bonheur. Loin d’être une partie de fun. Et à Bordeaux ensuite, car la relation à distance m’effraie encore plus.

Mais bon, tout ça, c’est du futur. Le présent aussi, parfois, me pousse dans ce couloir. Ce présent, c’est notamment la thèse. De nombreuses fois je m’interroge. De plus en plus en fait. « A quoi ça sert ? à quoi ça va servir ? » Ca, ce sont des questions que l’on m’a posées des dizaines de fois. J’avais toujours une réponse. A croire qu’à force ça m’a mis le doute.

A quoi ça sert ? Voila, nous avons ici la question principale du couloir. A quoi ça sert tout ça, cette vie, ce futur, ce présent. C’est une question qui revient toujours, à intervalles irréguliers. En ce moment, c’est plutôt régulier.

 

Ah, je pense avoir compris. Mon problème du moment, et la raison de cet article, c’est mon absence d’objectif. Chaque matin, je me lève sans avoir quelque chose de précis à faire. J’ai l’impression d’être en stand-by pour ma thèse, du fait de mon voyage qui arrive et de la fin de mes lectures. Je n’ai plus la motivation pour l’allemand, sachant que je pars dans une semaine. Plus trop d’envie de film, plus de recherche généalogique, pas de vrai voyage à préparer… Et tout d’un coup, le vide. L’ennui. L’absence totale de motivation. Même pour le sport (pas de marathon à préparer). Alors je me retrouve devant mon ordi, avec une tonne de temps disponible, un temps qui ferait envie à des millions de personnes, et je ne sais pas comment l’utiliser. J’ai un peu repris la lecture, ça m’a plu. Mais je cherche quelque chose de plus constructif. Je regarde sur ma Bucket List, mais je ne trouve pas quelque chose cette fois. A croire qu’il manque quelques missions.
Bon, je sais que tout cela n’est qu’un petit problème du moment. Dans une semaine, je suis de retour dans le Nord, dans 10 jours en Afrique. L’ennui me quittera très vite. L’année prochaine, l’écriture de la thèse et la préparation d’un concours me feront sans aucun doute regretter ce temps libre que je ne savais pas utiliser aujourd’hui.

Vous avez peut-être remarqué un changement de ton entre le début de l’article et la suite. Et pour cause, on est jeudi, 1h55 du matin. Mon moral est différent, mon pessimisme est déjà passé. J’ai bien regardé un film aujourd’hui, mais sans Patrick Dewaere. Alors pour les pensées sombres, il faudra repasser. Mais pas tout de suite. Laisse-moi savourer ma dernière semaine ici. On se donne rendez-vous en Afrique. Ou oubliez-moi un peu. J’ai déjà assez arpenté ce couloir. Je veux rester dans la lumière.

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Published by Phileas Frog - dans Autre
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