6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 22:27

Ce sera ton regard. Ce sera ton sourire. Ca débutera ainsi, car ça débute toujours ainsi. Tu comprendras de suite, car ça fait partie des choses que je ne sais pas cacher. Et tu liras très vite dans moi comme dans un livre ouvert. Les pages ne seront pas toujours fantastiques, elles ne seront pas toujours heureuses. Nous traverserons des épreuves, nous traverserons les doutes et les peines. Mais nous écrirons lettre après lettre, mot après mot, phrase après phrase, ce « nous » que j’utilise déjà aujourd’hui. Pardonne-moi, je ne sais pas encore qui tu es, ni à quoi tu ressembles. Mais je sais que tu es là, quelque part. Que tu existes. Et je te cherche, sans trop l’avouer, sans trop me l’avouer. Car sans toi les journées ne sont pas tout à fait les mêmes (et je n’évoque pas les nuits). Il y a un manque. Sans toi l’envie n’est pas là, sans toi l’espoir n’existe pas. Sans toi, ce n’est pas le bonheur. Je t’attends avec impatience, tu sais, le temps me paraissant bien long. Quelle peut être cette vie sans amour ? Une lente agonie. Une suite de souffrances. La définition du malheur. Mais je suis encore là car j’ai le souvenir de cette puissance, j’ai le souvenir de ces instants, j’ai le souvenir de ce sentiment. Je donnerais ma thèse, je donnerais mes amis, je donnerais ma famille. Ça n’est pas bien, je le sais, mais tu sais que j’exagère dans ces moments-là.

Attention à toi, je ne suis pas quelqu’un de bien. Je voudrais l’être, mais j’en suis encore loin. J’essaie de m’améliorer, pour être prêt le moment où je te rencontrerai. Car, à partir de ce jour-là, je me devrai d’être irréprochable. Je devrai être là pour toi, dans tes moments de faiblesses et de tristesses, pour te porter et te réconforter, pour faite naître tes sourires et permettre tes rires, pour t’enlacer tendrement et t’embrasser amoureusement. Car tu seras ma raison de vivre.

Partager cet article
Repost0
4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 09:15

La chambre est éclairée par une drôle de lampe. La couverture verte, le papier peint rempli de fleurs en tous genres, Marie tenant Jésus dans ses bras, une boîte en forme de canard (?!) : Valérie Damidot n'est clairement pas passée ici. Le lit fait 1m80 et le matelas est vraiment étrange. Cette chambre, c'est la mienne cette nuit. C'est la mienne pour la troisième fois en autant de semaines. Drôle d'idée pour découcher, hein.

Je suis chez ma grand-mère. Je suis dans la maison de Mamy Didi et de Papy Babar. Je suis dans leur chambre. Je suis dans leur lit.

 

La maison est remplie de souvenirs. Ma pièce préférée, c'est la première chambre à droite, parce que c'est là où je dormais quand j'étais petit. La lumière y est tamisée, et dans la bibliothèque j'observais avec envie des titres que l'on ne trouve qu'ici. « Comment peut-on avoir autant de livres chez soi ? », réflexion de mon enfance. Aujourd'hui, les pièces du fond sont un sacré fourre-tout, remplies de cartons, de magazines, de papiers divers et variés. Ma grand-mère avait tendance à tout conserver, « au cas où ». Elle me découpait avec amour des pages de magazines, surtout celles qui parlaient d'un endroit où j'avais déjà mis les pieds. De mon côté, je regardais souvent d'un œil distrait cette attention si particulière.

La pièce suivante, elle était sacrément cool aussi, car c'est là que sont les jeux ! Les puzzles aussi ! C'était l'étape prioritaire à chacune de nos arrivées. Dans le couloir, on s'arrêtait aussi derrière l'escalier : la caverne d'Ali Baba. Et pour cause, plein de boissons que l'on n'avait pas chez nous ! Un jus de raisin ou du Canada Dry, l'après-midi peut commencer.

 

Dans la pièce de vie, les grandes fenêtres donnent sur un parterre de fleurs. Quelques mètres plus loin, la barrière alerte : « attention au chien ! », alors que Nono est mort il y a bien quinze ans. Sur le trottoir, on voit bientôt passer Madame Briez, ou bien Madame Catez, ou Patricia, ces femmes que je ne connaissais pas de visage il y a peu, mais dont j'ai entendu parler mille fois. Quand à Madame Decroos, de l'autre côté de la rue, il y a bien longtemps qu'elle est partie.

 

De l'autre côté de la maison, il y avait les pots de fleurs trônant sur des plaques métalliques, entourées par les cailloux. Un bâtiment est là, où se côtoient les outils de jardin et les vieux jeux de quilles. Juste à gauche, des cages à lapins, vestiges d'une époque d'élevage, et un immense jardin derrière la barrière. Aujourd'hui, le jardin n'est plus, les arbres non plus, et je me dis qu'on aurait sans doute fait des grands matchs de foot si ça avait été comme ça à l'époque.

Papy, lui, c'est plutôt pétanque. Les boules sont dans le coin derrière la porte, avec les chapeaux au dessus du porte-manteau. A gauche, il y a la cuisine et cette lumière d'hôpital. Ma grand-mère fait sans doute un bon petit plat, un rosbeef et des frites. Avant ça, on aura des plateaux de biscuits apéritifs, et on s'éclatera avec les cigarettes au fromage. Papy est au bout de la table, forcément. Et à un moment, on sortira le jeu de cartes, la belote remplaçant la manille quotidienne.

 

 

Il y a bien longtemps que cette maison n'est plus. Papy est parti, Mamy est encore là, mais pas dans la forme de sa vie. Le silence a remplacé le bruit de la télévision ou de RTL, et les comptes de la valise se sont arrêtés. La radio n'a toujours pas appelé...

Je viens d'aider Mamy à étaler ses jambes, mais la douleur est intense. Je ne peux rien faire.

 

Alors je déambule dans le couloir, méditant sur la vie, sur la vieillesse. J'observe chaque pièce, chaque détail, et un soupçon de tristesse m'envahit, au point où des larmes me montent aux yeux. Car cette maison, elle pue le temps qui passe.

Souvenirs d'une maison
Partager cet article
Repost0
23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 11:26
Une autre gauche

Suivre la politique, c’est énervant. Surtout en ce moment. La réforme du code du travail par exemple. Un recul impressionnant pour les salariés, que l’on justifie par des facilités pour les entreprises, qui vont de ce fait pouvoir embaucher ! Ah, ce fameux chantage à l’emploi ! Ce sera sans doute le million d’embauches prévues par le pacte de compétitivité, dont on attend toujours la couleur (mais qui coûte 41 milliards d’euros de réduction de charges au bénéfice des entreprises, surtout les grosses). A écouter le Medef, il faudrait supprimer l’ensemble des taxes, travailler 12h/jour et abolir les congés payés, et on finirait par avoir le plein-emploi.

 

Mon gros problème, c’est que ces réformes se font un peu en mon nom. Oui, j’ai voté à gauche, je crois, en 2012, au deuxième tour de la présidentielle. François et Manuel sont officiellement de gauche. Mais pas tout à fait la même que moi.

 

Ma gauche à moi, ce n’est pas le libéralisme, dont j’ai lu récemment qu’elle était une « valeur de gauche » (une tribune dans le Monde des « Jeunes avec Macron »). Ma gauche à moi, ce n’est pas l’état d’urgence permanent. Ma gauche à moi, ce n’est pas taper sur les chômeurs, ces fainéants, dont il faut réduire les allocations. Non, ma gauche à moi, c’est un peu l’inverse de tout cela. Ma gauche à moi, c’est une politique qui va dans le sens du progrès, qui va dans le sens du travailler moins, pour vivre mieux. Ma gauche à moi, c’est celle qui défend la majorité, contre une petite minorité oligarque. Ma gauche à moi, c’est celle qui prend la défense des plus démunis, chômeurs et réfugiés, veuve et orphelin. Ma gauche à moi, c’est plus celle de Taubira que celle de Macron.

 

Je me dis que je me gauchise. Sans doute un peu. Ou alors, c’est l’ensemble de la politique qui se droitise. Sans doute aussi. Parce que je ne vais pas tarder à avoir 30 ans, et que j’ai l’impression que le progrès, c’était avant. Que la réduction du temps de travailler c’est terminé (rappelez-vous du principal regret des gens qui vont décéder : « j’ai trop travaillé »).

 

Et je suis énervé ce matin, car je ne vois pas de solutions politiques. Parce que la droite abonde dans le même sens du reniement des acquis sociaux (tout en disant que la gauche ne le fait pas bien), parce que le centre est mort, parce que les verts se sont sabordés, parce que Mélenchon est trop occupé à dire du bien des grands démocrates Poutine et Castro. Je cherche bien un Podemos à la française, mais je rêve éveillé. La fin du cumul des mandats, la démocratie participative, une Union Européenne par le peuple, pour le peuple.

 

Mais ça viendra, un jour. Parce que le progrès triomphe toujours à la fin, que c’est le sens de l’histoire. Parce que j’ai rencontré des gens pensant la même chose dans la Jungle de Calais, dans des débats publics concernant les voies cyclables à Saint-Omer et même à Bujumbura, où les explosions résonnent encore ce matin.

Bien sûr, il y a pire que nous. Bien sûr, la France est un beau pays et tout n’est pas à jeter. Mais ce n’est pas une raison pour aller de plus en plus souvent dans la mauvaise direction. 
Une autre gauche est possible. Une autre vision du pays. Une autre vision de la vie.

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 23:32

Cela fait plusieurs mois que je pense à écrire cet article. Mais j'ai du mal à trouver le juste équilibre. Car voyez-vous, j'ai une position bien arrêtée : non, les hommes et les femmes ne sont pas égaux.

 

Je vois des sourires crispés. Des sourcils froncés. Que voulez-vous mesdames, il faut bien se rendre à l'évidence : vous nous êtes de très loin supérieures.

 

Un premier chiffre qui le prouve : aujourd'hui, les prisons françaises sont peuplées à 96,5% d'hommes ! (!!!!!) Oui, messieurs, nous sommes violents, voleurs, tueurs et criminels. Beaucoup plus largement que le deuxième sexe. Il n'y a qu'à regarder autour de nous : une soirée alcoolisée, des regards ou des paroles échangés, et des coups qui pleuvent. Vous avez déjà vu ça, avec des filles ? Avez-vous déjà vu des supportrices féminines se taper sur la gueule parce que l'adversaire n'a pas les mêmes couleurs que vous ? Ce sont des expériences très personnelles, mais j'ai joué au football en district, j'ai supporté le PSG au Parc des Princes, j'ai fait la fête dans pas mal de boîtes ou à des carnavals. Et jamais je n'ai vu une bagarre de filles ! Jamais ! Ce n'est pas faute d'en chercher, ce n'est pas faute d'avoir toujours 2€ sur moi au cas où, afin d'être prêt pour les paris. Mais ça n'arrive pas. Par contre, des bagarres de mecs, j'en ai vues, et c'était moche.

 

Ce n'est pas tant la violence que le cerveau. Car oui mesdames, vous êtes plus intelligentes que nous. 87 % des filles réussissent le brevet contre 82 % des garçons. Vous êtes 89 % à décrocher le baccalauréat contre 85 % des garçons. 31 % obtiennent un diplôme allant de la licence au doctorat, contre 24 % des garçons. Et c'est pareil dans tous les pays occidentaux. Et je ne suis pas surpris. Je me souviens bien de moi, à 14 ans. Immaturité, tel était mon nom. Et si les filles de 14 ans sont loin d'être matures, elles le sont souvent plus que les garçons.

 

Je me pose la question : pourquoi l'homme est-il inférieur à la femme ? Est-ce de par son éducation ? Est-ce que c'est l'ordre naturel des choses ? Est-ce à cause de ce qui pend entre nos deux jambes ? La testostérone. Oui, peut-être. Il n'y a qu'à nous voir en soirée. Pendant que mesdames dansent et pensent à la musique, messieurs, nous pensons à cette jolie blonde et à comment la draguer. Nous pensons avec notre sexe. Tristesse.

 

Mesdames je vous admire. Vous êtes la vie, vous faites la vie. Je vais finir par croire que je suis amoureux de vous. [à part peut-être Madame Thatcher]

L'inégalité des sexes
Partager cet article
Repost0
19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 23:09

Il est de ces soirées où tout nous semble possible, où le monde nous paraît si petit, où chaque barrière semble être franchissable. Certains ont cette sensation après quelques verres d’alcool, d’autres s’injecteront un peu d’héroïne. Moi, ça me vient comme ça, après un bon film.

Ce soir, j’ai envie d’être fou, de prendre la voiture et d’aller entendre le bruit des vagues, la fureur de l’océan. J’ai envie de goûter la neige fraîche en haut d’une montagne, et de mettre mes pieds dans un ruisseau. Je me vois sur une plage tropicale après avoir pris un ticket d’avion au hasard, et sans prévenir qui que ce soit me barrer de l’autre côté du monde. Ce soir, j’en ai un peu ma claque de regarder mes journées défiler sans arrêt à la station folie. Toutes ces minutes perdues, toutes ces semaines remplies de médiocrité. Ce n’est pas mon idée de la vie, ce n’est pas comme cela que je la conçois.

C’est un éloge de la folie. Un poème à la vie.

Je ne me sens jamais autant vivant que dans ces décisions. Que lorsque l’idée étriquée arrive dans mon cerveau. Je me vois déjà la réaliser, la vivre, et je souris à la vie, à cette folie. Bon Dieu, que tout le monde puisse connaître ce sentiment. Parce que décider d’un tour du monde, c’est presqu’aussi génial que de le vivre. Parce que nager dans un lac glacé c’est se réchauffer le cœur pour des années. Parce que lever le pouce sur une route de France, c’est lever le pouce au monde qui nous entoure. Le bonheur est ainsi fait chez moi. Et ce que je recherche chez l’autre, c’est bel et bien ça. Parce que la première question que je pose parfois s’intitule : « c’est quoi le moment le plus fou de ta vie ». Un soir, à Bordeaux, deux filles m’ont répondu que c’était d’être allé manger chez des gens qu’elles ne connaissaient pas.

Nous sommes dans une société qui ne nous encourage pas à vivre nos rêves les plus fous. Il faut être plus terre à terre, plus réaliste, moins utopiste. Je me souviendrai toujours de la première réaction de mon père lorsque j’ai dit que je voulais faire un tour du monde : « redescends sur Terre un peu ». Car les tours du monde ça n’existe pas. Pas chez nous en tout cas. Mais moi, je ne veux pas redescendre sur Terre, je veux justement voler, à plusieurs kilomètres de haut, et que l’on me balance d’un avion en plein vol, un parachute sur le dos. Je veux avaler les nuages, aspirer l’air glacé et faire l’oiseau. Je veux foncer à plusieurs centaines de kilomètres heure, que mes oreilles aient l’impression d’être dans un bocal, et que mes yeux pleurent de bonheur.

Bon sang, nous n’avons qu’une vie. Si demain on nous annonce une mort imminente, qui nous laisse une semaine à vivre, que ferons-nous ? Toutes les folies que nous nous interdisons pourtant. Nous laisserions l’honnêteté prendre le dessus, dirions merde aux gens qui nous font chier et je t’aime aux gens que nous aimons. Nous quitterions notre boulot, et partirions avec des amis le temps d’un week-end. Tout le monde trouverait du temps pour toi, car tout le monde saurait que tu n’es là qu’un petit bout de temps encore. Eh ! Mais c’est justement le principe de la vie ! Une semaine passe vite, et une vie, encore plus. On se faisait la réflexion récemment avec un bon copain, le temps accélère, toujours. On pense que ça va finir par ralentir un jour, mais c’est une lutte perdue d’avance. La première vitesse a été passée lors de notre première année de vie, la deuxième lors de la deuxième, et la cinquième lors de la cinquième. Depuis, on roule en sixième, à 230 km/h (en vérité, à 1670 km/h, puisque c’est la vitesse de la rotation de la terre !).

 

Bon, il est minuit, je vais me coucher. La folie attendra la fin de ma thèse.

 

Eloge de la folie
Partager cet article
Repost0
12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 23:21

Parce que les mots ne remplacent pas une vidéo

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 00:22

Hier, Papy est mort. Ou peut-être il y a quatre ans, je ne sais pas. C’est le souci d’Alzheimer. Le grand-père que j’ai connu, je ne l’ai pas revu depuis plusieurs années. A Audruicq, dans une maison de retraite. J’en reparlerai. Il est mort à ce moment-là, pour moi. Mais physiquement parlant, il est mort hier. Le médecin l’a déclaré cliniquement mort, l’arbre généalogique se souviendra de cette date, du 9 janvier 2016.

 

Les papys, ça doit mourir. C’est dans l’ordre des choses. Comme les mamys. Comme les parents. La vie veut que ce soit eux qui partent avant nous, les enfants, les petits-enfants. C’est là l’implacable logique de la vie. Nous naissons. Nous arrière-grands-parents sont souvent morts. Nos grands-parents prennent soin de nous. Puis ils meurent. Reste alors nos parents. Qui mourront aussi. Et puis ça sera notre tour. Naître pour mourir. La seule chose dont nous sommes sûrs. La seule chose où l’égalité existe entre chaque homme.

 

Hier matin, j’ai donc découvert mon grand-père. Enfin, un ersatz de papy. En quelques mois de temps, peut-être une année, il a énormément changé. Je ne l’aurais même pas reconnu dans la rue. Les traits sont allongés, le visage est sévère, le teint blanc est impressionnant. J’ignorais que l’on pouvait être aussi blanc. Un vrai visage de mort. Le visage de la mort, j’imagine. Cela faisait de nombreuses années que je n’avais pas vu un mort. Depuis le collège je crois bien, pour un autre papy. La vision m’avait quelque peu traumatisé, et j’avais toujours refusé depuis de rentrer dans une chambre funéraire. Cette fois-ci, c’est dans la chambre de la maison de retraite de Calais, et les pompes funèbres ne sont pas encore passées. J’accompagne ma mère et mes tantes. Le plus dur, ce n’est pas la présence d’un mort dans la pièce, mais ce sont les larmes des vivants, leurs souffrances. C’est cela qui me touche le plus. Papy, de son côté, ne souffre plus. C’est une délivrance. Il est mort quelques années trop tard, selon moi. Et j’avais déjà fait le deuil du papy que je connaissais.

 

Papy Babar. Oui, parfois, les surnoms sont un peu marrants. Celui de Babar est vraiment marrant. De mon grand-père, j’ai quelques images en tête. Je le revois assis dans sa 205 blanche, du côté de l’ESSOR. Il m’amène ou me ramène, je ne sais plus. Lui, né à Houlle, était très fier de son petit-fils jouant dans le club du village. Je le revois les cheveux blancs en arrière, j’ai l’impression de toujours l’avoir connu ainsi. Il y avait l’odeur de gitane incrustée jusque dans les sièges, je le revois, ce paquet bleu d'où mon grand-père retire cette drôle de cigarette. J’entends de la musique militaire, et mon papy au bout de sa table. Le chien Nono pas très loin. La réponse à une question de la télévision, le club doyen de la Division 1 est Le Havre « et c’est Nono qui l’a dit ». Les parties de belote, les parties de pétanque, les parties de manille. Les blagues. Les verres de vin. La guerre.

Mon grand-père c’est l’Algérie. Un traumatisme, je pense. Et c’est l’un de mes grands regrets. Ne pas avoir pu en parler avec lui. Moi, l’étudiant en histoire, qui ne connait pas cette histoire-là, familiale, intense, importante pour lui. Je l’entends encore nous parler de la bonne mère, du port de Marseille. Et un peu, du Djebel. Mais pas assez. J’aurais voulu en savoir plus, j’aurais voulu le faire parler. On se rend compte souvent trop tard de l’importance de nos « vieux », de nos papys et mamys, de l’histoire qu’ils emportent avec eux, dans les profondeurs de la Terre.

 

A la fin de sa vie, Papy n’avait plus toute sa tête comme on disait avant. Médicalement parlant, c’est Alzheimer. Et ça, ça ne vous donne clairement pas envie de vieillir. La vieillesse est un naufrage comme disait Chateaubriand. Le problème d’Alzheimer, c’est que l’on emporte toute sa famille avec soi sur un radeau de souffrances et de larmes. Et le radeau navigue pendant des années dans les eaux troubles des pertes de mémoire, des tentatives de fugue, des comportements violents. La maladie est cruelle, la solution l’est également. Placer son mari dans une maison de retraite, je ne pense pas que vous puissiez imaginer le déchirement que ce fut pour ma grand-mère, que ce fut pour ses filles. Vivre avec un sentiment de culpabilité, et pourtant se dire qu’il ne pouvait en être autrement. Mamy Didi a tenu des années. Et si elle avait continué de vivre avec lui, elle en serait morte. Aujourd’hui, elle est dans un lit d’hôpital, et c’est une autre maladie au doux nom de cancer qui la grignote.

 

Là, j’hésite. Il y a bien un « putain de vie » qui sort de ma bouche. Mais il y a aussi le rappel de tout ça, la leçon que l’on doit apprendre : la mort est devant nous. Elle viendra nous chercher, un jour. Et d’ici là, il faut savourer cette vie, unique. Profiter de la vie, à chaque instant.

 

La dernière fois que j’ai vu Papy, mon vrai Papy, c’est à Audruicq. C'était quelques jours avant mon départ pour le tour du monde, à la fin de l’été 2011. Très franchement, j'y allais en me disant que c'était sans doute la dernière fois que je le voyais. Alors, sur la route du retour de chez ma grand-mère, j'ai fait un arrêt à la maison de retraite. Je le revois assis sur une chaise, dans la salle commune. Il s'est retourné vers moi, et m'a reconnu. Ça se lisait à son visage : un grand sourire aux lèvres. Le fait qu'il m'ait reconnu était déjà, à l'époque, un petit miracle en soi. Mais ce qui suit va rester gravé. Il se leva, et prit la parole, en direction des autres pensionnaires : « c'est mon petit-fils, et il part faire le tour du monde ».

Alors là, ce fut un miracle. Et un bonheur. Mon grand-père ne se souvenait pas des prénoms, des visages, n'avait aucune idée de l'endroit où il était, était souvent persuadé de voir des personnes mortes depuis 30 ans, ou revivait un moment vieux de 15 ans. Et là, un immense éclair de lucidité a traversé la pièce, le temps, l'espace. On lui avait dit que je partais bientôt faire un tour du monde, on lui avait accroché un article de la Voix du Nord sur le sujet, et ça l'a apparemment marqué. Si vous saviez comme j'étais fier ce jour-là. J'avais réussi à graver quelque chose dans le cerveau malade d'Alzheimer de mon grand-père.

 

A Papy Babar. A mes grands-pères. Aux absents. Aux malades. A tous ceux qui souffrent. A la vie. Que j’aime.

Un papy
Partager cet article
Repost0
2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 11:25

Nouvel An, personnellement, me fait royalement chier. Bonne année, bonne santé, r.a.b., tel serait mon credo. Et chaque année, pourtant, il faut « organiser » cette soirée comme si c'était la soirée de l'année, voir même de la décennie. Cette fois, j'ai choisi la facilité, et j'ai attendu que l'on m'invite quelque part ! Car l'année dernière, le 1er janvier, nous avions organisé avec succès un nouvel an à Bruxelles... Et c'est là le seul avantage de ce changement d'année, l'occasion de se faire un rappel des 365 jours écoulés.

Le 31 décembre 2014, à Bruxelles, on pouvait encore faire la fête sans problème et Moleenbek n'était pas encore connu de chaque Français. Un feu d'artifice ne nous faisait pas peur, ni même un bar un peu geek où nous avons chanté avec succès (ou pas).
Dès le 2 janvier, nous enchaînions avec une soirée lilloise devenue légende.

C'était la période des bonnes résolutions, des objectifs de l'année, des compétitions lancées. J'annonçais avec joie mon intention de revenir très vite dans ma région, après 3 mois supplémentaires à Bordeaux.

Le 7 janvier 2015, j'ai eu mal à ma liberté d'expression, avec les attentats contre Charlie Hebdo. Je m'en souviendrai longtemps, le retour dans mon appartement, les infos, la descente de deux étages pour en parler avec Jérôme, le regroupement spontané du lendemain, le suivi de l'assaut en plein cours d'histoire de l'Islam, et la manifestation nationale. J'étais Lulu.

A Bordeaux, j'ai accueilli des amis dans de bonnes conditions (Marie-Eve, Sophie), d'autres dans de moins bonnes (Europa Tour), d'autres carrément pas ! (les Audomarois). La faute à une maison qui fut le running-gag du début d'année, mais qui me permit d'obtenir un beau chèque au printemps. Des Couchsurfers m'ont également rendu visite (Do Yeon pour la Corée du Sud, Sophia pour la France) ou m'ont cotoyé (Kristyna pour la République Tchèque). J'ai passé du bon temps en Gironde, Olivier, Sina, Myriam, le LAM et mes tandems allemandes y sont pour beaucoup.

Le zapping de l'année 2015

Pendant mes aller-retour réguliers dans ch'nord, je suis devenu un spécialiste de squash, des soirées lilloises, des matchs d'improvisiation (et d'un samedi soir sous la pluie à Isbergues, « bonsuuoéir »), j'ai revu Bruxelles avec Pauline, Laval avec Mélanie, la bande de Dunkerque avec Perrine et Romain, et les Arrageois sont toujours restés pas très loin. J'ai également patienté 2h45 devant le plus grand accident de l'année sur l'A1 (et un brasier jamais vu).

Avril 2015, l'Ethiopie. Un rêve qui devient réalité. Une première expérience au service de l'Etat, un travail très intéressant (et trop prenant), et une expérience Couchsurfing magnifique grâce à ma colocation allemande (Valerie et Mitja). Une nourriture fantastique, un mariage loufoque, et uné église totalement déjantée.

Après quelques paquitos audomarois et du théâtre bruaysien, je m'envole à nouveau, vers le Canada. Un congrès international, et un voyage génial. Montréal, ville attractive, accueillie par une Couchsurfer qui l'était tout autant, Québec et son histoire, Toronto et les chutes du Niagara. La poutine, et cet accent que j'adore.

Le zapping de l'année 2015

A peine rentré que je repars pour Romorantin et ses otaries (true story!). Et enfin, à la fin du mois de juin, je me pose pour quelques semaines dans ch'nord. Des bordées dunkerquoises faites de jolies rencontres, un Couchsurfer à vélo, le Main Square festival (IAM, Muse, Shaka Ponk, Pharell Williams, Mumford and Sons, et tous les autres), des visites à Paris et ECAS2015, du paintball, du poker, le 600ème anniversaire d'Azincourt , le marais audomarois en barque ou en courant, et la baie de Somme en compagnie des Arrageois et d'une Burundaise.

Au mois d'août, c'est une nouvelle folie. Un voyage en stop à travers la France (lien), les châteaux de la Loire, le marais poitevin, Bordeaux et son stade, les rouleaux du pays basque, la féria de Dax (malgré tout!), le mur de Gavarnie, Lascaux, Sarlat, Padirac, Aurillac, et les volcans d'Auvergne (on oublie Tulle). Tout cela ponctué de rencontres dingues, d'un Portugais loufoque-pervers à une Américaine à l'histoire folle, d'un Français avec sa cabane dans les bois et son pont népalais aux autres Couchsurfers et ami(e)s (ou parents d'ami(e)s). Christophe, Pierre et Juliette ont partagé cela avec nous.

Le zapping de l'année 2015

A peine revenu que je repars une dernière fois, direction Marseille (et l'ascension de la Sainte-Victoire à défaut de la descente en élastique) puis la Corse, île de beauté.

 

Je finis mon année 2015 la tête dans la thèse. Je vois même mon salaud d'Olivier soutenir la sienne, avec un énorme succès. A Bordeaux, je revois plusieurs fois Helena, et c'est mon Erasmus qui défile. Lille reste ma ville de course (10 km de la braderie), de fête, de football (ou comment je vois ma défaite MPG en direct face au vieux Moundir et son équipe de mer**), et même d'une annonce de mariage ! L'embrasement du beffroi d'Arras, les anniversaires d'Astrid à Dunkerque ou de Corentin à Saint-Omer. Et puis Noël à Marseille..

 

Je ne suis sans doute pas complet, et j'ai dû oublier quelques évènements marquants. Mais je sais que je n'ai pas besoin de tous vous citer, et que beaucoup se reconnaîtront dans cette belle liste, qui me rappelle à quel point 2015 fut une année chargée où le terme d'ennui n'a pas beaucoup existé. J'ai repris le football, j'ai regardé des films géniaux (top 3 de l'année : Gone Girl, Whiplash, et les Xavier Dolan), j'ai découvert une histoire familiale de la première guerre mondiale...

 

Mais je ne peux pas terminer mon zapping 2015 sans parler de mon 13 novembre. J'étais dans l'Irlandais (bar ambiance lillois), et j'apprenais qu'un attentat avait eu lieu à Paris. Il y a une vingtaine de morts. Malgré l'annonce et un contre-coup d'une vingtaine de minutes, j'ai continué ma soirée, dans une belle ambiance festive. Et puis je suis allé à la Boucherie (boîte lilloise), et j'ai vu sur la télévision le Bataclan, et ce bilan de 120 morts. Là, j'ai bien essayé de repartir sur la piste, mais l'ambiance festive me semblait tellement inappropriée, limite indescente. Le retour et la radio, puis Internet. Les larmes me sont montées plusieurs fois, parce que la génération Bataclan, c'était la génération Erasmus-Easyjet comme le dit si bien un article du Monde, et que l'on se retrouve toujours plus dans les morts français que népalais, centrafricains ou syriens (cruel mais vrai). Je pourrais vous parler des élections départementales ou régionales, et d'un engagement en politique, mais je garde tout ça pour un prochain article.

 

Je terminerai plutôt avec les filles, car je sais que c'est là un sujet qui vous intéresse beaucoup (c'est en tout cas celui dont j'ai le plus les échos!). 2015 fut une année de belles rencontres, mais pas d'amour. Sans doute n'étais-je pas prêt. Ou tout simplement je n'ai pas rencontré la bonne. Mais je les remercie quand même, comme je remercie chaque personne croisée cette année et qui aura contribué à faire de cette année une belle année. J'ai été heureux une bonne partie de mon temps. Que 2016 puisse être ainsi, pour moi, et pour vous.

Partager cet article
Repost0
28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 10:48

Je suis un homme de résolution. C'est facile : sans objectif, je ne fais rien. Je reste dans mon canapé à zoner sur le Net, tel le Geek que j'étais pendant mon adolescence. A la fin de la journée, je regardais celle-ci avec tristesse, ayant l'impression de n'avoir rien fait (hormis gagner un titre sur Football Manager, mais je me suis rendu compte que ça ne servait pas sur un CV...). Du coup, je m'oblige très réuglièrement à faire des listes, quasi-hebdomadairement, pour les choses que je dois faire. Les résolutions, c'est le même système que ces listes, sauf que c'est sur un temps plus long (une année) et qu'elles concernent les choses que je VEUX faire. Que je veux vraiment faire. Celles qui me rendront heureux, celles qui me rendront fier de moi (de l'importance de s'apprécier, tout de même un minimum). Après, ce ne sont que des objectifs, et je ne les réalise pas toujours (le terme de résolution est aussi utilisé par l'ONU...). Ainsi, en 2015, j'ai réussi à :

 

- Etre heureux

- Ecrire ma thèse

- Aller trois fois au théâtre dans l'année

- Refaire du sport

- Prendre trois kilos (61,3 kg au 1er janvier 2015)

- Visiter deux nouveaux pays

- Apprendre à faire un nœud de cravate

 

J'ai fait à moitié

 

- Aller voir un match de rugby et de football à Bordeaux

 

Et j'ai échoué à

 

- Visiter San Sebastian

- Faire du surf

- Réaliser deux missions de ma Bucket List

- Etre quelqu'un de bien

 

Bien sûr, cette liste est très personnelle, comme le regard que je porte sur elle. J'ai l'impression d'avoir été heureux cette année, j'ai écrit en partie ma thèse, j'ai repris le football, je suis allé au théâtre, je n'ai pas pris 3 kilos, mais 6 ! (les miracles existent donc !). J'ai découvert l'Ethiopie et le Canada, et je sais faire des nœuds de cravate. Je suis allé voir deux matchs de foot à Bordeaux (à Lescure et dans le nouveau stade, mais interdiction de prononcer son nom...). Par contre, pas de rugby (et c'est dommage), ni de San Sebastian, ou de surf. Ma Bucket List n'a pas bougé (et là c'est grave!), et je ne pense pas avoir été quelqu'un de bien cette année (et là, c'est encore plus grave!).

 

Reste que c'est un ratio de succès de plus de 50%. Plutôt pas mal, et encourageant pour 2016. L'objectif est de mieux faire, avec ces nouvelles résolutions :

 

Découvrir deux nouveaux pays

Courir 10 km en moins de 40 minutes

Découvrir deux nouveaux sports

Regarder 100 films

Lire 3 livres n'ayant aucun rapport avec ma thèse

Arriver à 70 kg

Sauter à l'élastique

Sauter en parachute

Voir la politique d'un peu plus près

Travailler au moins 3 mois.

Etre docteur

Etre quelqu'un de bien

 

Challenge accepted !

Les bonnes résolutions 2016
Partager cet article
Repost0
25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 23:21

Le poids des mots. Le choc des photos. Le charme des vidéos.

 

Noël c’est l’occasion de faire des choses que vous ne faites pas le reste de l’année. Manger une dinde avec un grand oncle. Jouer à la poupée avec votre petite cousine. Regarder de vieilles vidéos en famille. Pour nous, cette année, c’est la dernière option qui a été choisie. Assis à 4 dans un canapé marseillais, replongeant dans 3 heures de souvenirs de 1992 et 1993.

Rire de soi et rire de ses sœurs. A 5 ans, on est bête, et on est mignon. A 5 ans, je danse comme une star à la fête de l’école primaire : lunettes de soleil, jean relevé, le pas du rockeur (tu m’étonnes que j’en charme plus d’une à Lille !). A 5 ans, j’effectue mes premiers mètres sur mon vélo, sans les petites roues. Je tangue, je vacille, et perds l’équilibre. Il fait rien qu’à m’énerver ce vélo qui ne fait que tomber… (chanson de Bénabar le vélo, indispensable à l’écoute). Et puis à 5 ans, je discute avec mon grand-père, j’offre ses cadeaux, et je croise mon arrière-grand-mère.

 

Les morts vivants. Les morts qui parlent. Les morts qui rient. Les malades qui sourient. Ces gens-là, en pleine force de l’âge, sont parfois aujourd’hui entre quatre planches en bois. Ou dans un lit d’hôpital, atteint d’un cancer. Ou dans une maison de retraite, atteint d’Alzheimer. Pour nous, ce n'est pas possible de les oublier. Ils sont là, dans l'écran. Les souvenirs remontent. L’odeur de la cigarette de mon grand-père dans sa 205, le paquet de Gitanes. L’accent flamand de l’autre, et du troisième. Le rire un peu fou de ma grand-mère. Aujourd’hui, ils sont disparus. Les anciens partent, nous laissant ces quelques images, ces quelques paroles. Et cette piqûre de rappel : nous finirons tous ainsi.

 

Oui, je sais, cet article sent bon l’esprit de Noël ! (plutôt le sapin, sic !) Mais que voulez-vous, j’ai toujours tendance à être un peu cassant à cette période de l’année. Trop de bons sentiments, trop de bouffes, trop de cadeaux. Et l’impression de passer à côté de quelque chose, le reste de mon année.

2015 s’achève. Enfin. Quelle année de m**** diront certains. Tu m’étonnes, entre les deux attentats et le résultat des élections, pas sûr que la France se porte mieux que l’année dernière. Personnellement, 2015 ne fut pas des plus terribles. J’ai eu 3 premiers mois compliqués, avec une phase de rupture. Et puis les voyages m’ont sauvé (comme toujours) : Ethiopie, Canada, France en stop, Corse. Difficile de se plaindre dans ces conditions. Je suis de retour chez moi, à MA maison. Et je suis plutôt heureux d’y être. J’avance dans l’écriture de ma thèse, chapitre 5 quasi bouclé (je compte en écrire 7). Et 2016 s’annonce sous le signe de la liberté. Car je serai enfin délivré (les fans de Disney me comprennent) de ma thèse, et de mes études. 11 ans plus tard, je vais quitter la fac, le sentiment du devoir accompli. Devant moi, le fameux grand vide de la fin des études. Et les grands vides, moi, j’adore ça. C’est la fin de la route, et plein de chemins devant moi, tous pleins de promesses. Les concours de l’enseignement, les ministères, le post-doctorat… Ou alors.

 

Ou alors, il y a un mot, six lettres, et une autre vie. Une vie que j’aime bon Dieu ! Ce mot, c’est voyage. Car la liberté de temps que je vais obtenir dans quelques mois, c'est ma plus grande richesse. Et c’est peut-être l’une des dernières. Ne nous cachons pas, le temps passe, défile, à une vitesse assez incroyable. 1993 est bien loin, 2016 arrive, 2017 aussi. Et je vais avoir 30 ans. Un cap (une péninsule). Après 30 ans, ça serait bien de travailler quelque peu. Ça serait bien aussi d’essayer de se trouver une fille sympa avec qui faire un bon bout de chemin, histoire de connaître cette sensation fantastique d’être père (oooouuuuuuuuuuu, oui, là, j’imagine la réaction de certain(e)s et les sourires apparus sur les visages). Car être en couple à 30 ans ne signifie pas tout à fait les mêmes choses qu’à 20 ans. Les choses sérieuses arrivent beaucoup plus vites, et il faudrait éviter de totalement se tromper.


N’allons pas trop vite ! 2016, la liberté retrouvée. Et peut-être une envie. Celle d’un dernier voyageur formateur. « Encore ? » penseront certains, mes parents compris. Peut-être. Mais j’essaie constamment de me souvenir que l’on a qu’une seule vie. L’important c’est d’en profiter, au maximum. On mourra tous. Peut-être bien plus vite que ce que l’on avait prévu. N’ayons pas de regret.

La piqûre de rappel
Partager cet article
Repost0

Plus De Blogs