27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 15:07

C'est un nom qui résonne à mon esprit. Une image chez mon papy. La photo d'une chute d'eau. Un bateau.

A la frontière canado-américaine, deux chutes principales, 945 mètres de large, 57 mètres de haut. Difficile d'en dire plus, chaque photo vaut un long discours. Ce que je retiens, c'est l beauté du lieu. Cette sensation d'immensité. Le bruit. Le rejet de l'eau qui arrose les environs. L'esprit Disneyland qui règne aux alentours, les casinos, les fast-foods, Planet Hollywood. Mais rien ne me gâchera mon plaisir. La puissance de l'eau. La puissance des photos. Régalez-vous.

Les chutes du Niagara
Les chutes du Niagara
Les chutes du Niagara
Les chutes du Niagara
Les chutes du Niagara
Les chutes du Niagara
Les chutes du Niagara
Les chutes du Niagara
Partager cet article
Repost0
25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 22:24

« Si tu aimes l'histoire, il faut aller à Québec ! » Est-ce que j'aime l'histoire ? Oui, je le crois bien (peut-on faire un doctorat en histoire sans aimer cette matière ? Cela me semble compliqué!). Du coup je remonte le Saint-Laurent en bus (50$ canadiens pour trois heures de trajet, oui, c'est cher ce pays!) pour déboucher sur la capitale de la région : la ville de Québec.

 

Je suis hébergé une nouvelle fois par Couchsurfing. Pas par une personne, ni deux, ni trois : c'est une colocation de cinq jeunes. Et ils ont prévu un barbecue pour mon arrivée. Ça tombe bien, j'adore le barbecue (sarcasme). Et c'est parti pour une soirée de discussions en tous genres, de la politique québecoise à un voyage en stop à travers le pays, des différences dans nos langues aux drôles de sentiments qu'ils ont parfois vis-à-vis des Français. La colocation est très roots, et l'ambiance me plaît beaucoup. Nous nous rassemblons finalement tous dehors, sur la petite terrasse, dans une scène qui me fait vraiment penser aux Invasions Barbares.

Québec l'historique

Le lendemain, direction le vieux-Québec ! Il faut savoir que la ville est un peu divisée en deux, avec la ville-basse et la haute-ville. Habitant dans le bas, je commence par traverser cette mini-banlieue. L'endroit me fait beaucoup penser aux villes côtières de la Scandinavie. C'est assez sombre, il n'y a pas âme qui vive, des petites usines sont cachées entre deux rues. Pendant une petite heure, je n'ai qu'une seule envie : fuir cet endroit !

Québec l'historique

Des escaliers, et une petite vue. J'arrive dans la ville haute, et le vieux-Québec peut commencer. La ville a été fondée en 1608 par Samuel de Champlain (star locale aujourd'hui). Elle est devenue très rapidement la capitale coloniale de la Nouvelle-France et même pendant une courte période la capitale du Canada. Elle est aujourd'hui la capitale régionale, tout en étant la seconde ville de la région (plus de 500 000 habitants, à se demander où ils sont cachés!).

Québec l'historique

J'entre par la porte Saint-Jean. Québec est la seule ville canadienne fortifiée (d'abord par les Français puis surtout par les Anglais). Je longe les remparts tout en profitant de la vue. Je grimpe également sur la citadelle (étrange de voir une citadelle qui n'a pas le nom de Vauban!) et je peux admirer la baie du Saint-Laurent, fleuve qui relie les Grands Lacs nord-américains à l'Océan Atlantique. La vue est sympa, un (immense) bateau de croisière mouille (hum hum).

Québec l'historique

Puis vient le château Frontenac, immense hôtel avec beaucoup de style, devenu l'un des symboles de la ville.

Québec l'historique

Oui, cette ville a la classe, encore plus vue du Vieux-Port.

Québec l'historique

J'ai beau me répéter depuis plusieurs voyages qu'il ne faut pas comparer, je le fais toujours de manière inconsciente. Je vois de la Scandinavie et un peu d'Angleterre ici. C'est un comble tout de même ! Mais pas de Nouvelle-France, hormis la toponymie (rue Napoléon) et la langue parlée.

Les rues du centre-ville sont maintenant bondées de touristes. J'observe avec attention la fresque des Québecois célèbres (sur le modèle lyonnais) et je me rends compte que hormis Cartier, que des noms inconnus !

Québec l'historique

Je cherche un peu de nature et me réfugie à nouveau dans le haut de la ville. Les plaines d'Abraham s'offrent à moi. C'est ici que la bataille décisive s'est déroulée en 1759 : en moins de trente minutes les armées britanniques l'emportent sur les armées françaises. Le Québec est (lâchement) abandonné lors du traité de Paris de 1763, à la suite de la guerre (désastreuse) de sept ans. 250 ans sous le joug anglophone, mais le Québec reste toujours francophone (96% dans la ville). Un bel exemple de résistance !

Québec l'historique
Partager cet article
Repost0
23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 18:57

Après une courte nuit dans la capitale, direction le CANADA ! Ouh yeah ! Oui, pour le coup, c'est avec beaucoup d'excitation que je m'envole, puisque le Canada c'est une petite revanche. Il y a maintenant huit ans, avec deux copains de fac, nous avions fait notre demande pour une année d'étude au pays de Céline et de René. Et nous avions été rejetés, puisque c'est l'année où le pays a mis en place des quotas sévères pour les étudiants étrangers. Une année plus tard, je partais en Erasmus en Angleterre, et je ne me plains pas de la suite. Mais tout de même, cette arrivée à Montréal, qui plus est dans une des universités que j'avais ciblées à l'époque....

Qu'est-ce que je viens faire au Canada ? Bonne question ! (oui, je fais les questions et les réponses, mais c'est l'avantage d'avoir son blog, on fait ce que l'on veut!). Je suis ici pour le congrès de sciences politiques de l'Université de Québec à Montréal (uqam) qui se déroule dans l'université de Concordia. Vous avez compris l'idée, je n'ai pas eu à payer mon ticket d'avion. Toujours dans les bons plans.
A la douane, le brave agent canadien me fait un peu peur en tournant les pages de mon passeport... « mais il n'y a plus de page vide ? » « Euh, non, mais là, entre le visa kényan et le visa rwandais, il reste de la place pour un tampon ». S'en suit une discussion sur mes voyages. Il me pose deux questions sur Ebola (non je n'ai pas touché récemment quelqu'un ayant Ebola), me demande comment je fais pour voyager autant, et finit par me laisser entrer.
Je prends des dollars canadiens, un bus, trois métros, et je débarque chez ma Couchsurfer. Camille est une vraie Québecoise, avec un accent génial et des expressions assez étranges (il faudra faire un article sur le québecois très prochainement!). Mais nous nous sommes mis d'accord avant ma venue, la première heure se fera... en allemand ! Et me voici en train de parler allemand sur la terrasse de son appartement. Amusant.
Elle prend soin de moi la première journée. Les six heures de décalage ne m’abattent pas trop vite, et je me balade un peu en ville avec elle. Premier essai culinaire : la poutine.
Manger une poutine. En voilà une drôle d'idée ! Non, rien à voir avec le brave Vladimir. La poutine est un mélange de frites, de fromage (cheddar) et d'une sauce brune, également appelée sauce à poutine ! C'est le plat national québécois. J'étais à la Banquise, connue dans tout l’État (il y aurait une queue de fou à trois heures du matin chaque jour de l'hiver!). Bon, nous sommes loin d'un plat gastronomique, et j'avoue que plus j'approchais de la fin de ma poutine, et plus j'approchais du dégoût. Mais comme c'est un classique...

Montréal, la melting-pot

Je me suis très vite bien senti dans cette grande ville de Montréal (deux millions d'habitants). J'ai du mal à l'expliquer, c'est un mélange de... Non, voilà, c'est ça, c'est un mélange. Un melting-pot. Partout, tout le temps. Que ce soit dans les langues, avec l'anglais et le français qui cohabitent : 50% de la population est francophone, 16% anglophone. Et 34% a une autre langue ! Alors c'est aussi un immense melting-pot dans la population, surtout dans mon quartier de Parc-extension. J'entends de l'espagnol et de l'arabe, ma voisine est indienne, le restaurant du coin de la rue libanais. Il y a des Grecs, une petite Italie, un Chinatown et le yiddish. Et j'ai l'impression que c'est beaucoup moins ghettoïsé qu'en France (attention, c'est ma première impression, et je connais assez peu la politique du pays).

C'est aussi un mélange dans l'architecture. Je suis dans une petite rue qui fait très américaine, avec les arbres, les jardins, les petits escaliers pour entrer dans la maison. L'ensemble du quartier est très plat, bas, avec peu de gros bâtiments. Des fois il y a des mélanges, avec des jolies maisons et un gros immeuble au bout de la rue.

Montréal, la melting-pot
Montréal, la melting-pot

Et puis dans le centre-ville vous avez une sorte de City, avec des immeubles de dizaines d'étages. Une espèce de skyline que l'on peut très bien admirer depuis Mont Royal, le poumon vert et vallonné de la ville.

Montréal, la melting-pot

Le parc de Mont Royal est vraiment un plaisir. En quelques minutes on peut abandonner le bruit des voitures et la foule des passants pour un cœur de verdure en plein milieu de la ville. L'histoire raconte que c'est d'ici que Jacques Cartier a observé la baie de Saint-Laurent et devant la beauté du paysage a décidé de créer une ville, qu'il nomma Mont Royal, et dont le nom de Montréal est originaire. Je me balade bien trois heures dans les lieux, essayant d'obtenir une vue de chaque côté du parc. C'est le point le plus haut de la ville (234 mètres). Le parc fait plus de 2km². Je rencontre de drôles d'animaux : les ratons-laveurs ! C'est le premier que je vois dans ma vie ! Et c'est mignon comme tout.

Montréal, la melting-pot
Montréal, la melting-pot
Montréal, la melting-pot
Montréal, la melting-pot

L'autre lieu que j'ai visité, c'est le Vieux-Port. Oui, je sais, ça sonne marseillais, mais c'est aussi montréalais. Je prends également un sacré bol d'air frais, avec le vent qui secoue le Saint-Laurent. L'endroit est un mélange touristique-industriel, les bateaux de plaisance côtoient les entrepôts, un chemin de fer sort tout droit de nulle part et longe une drôle de plage aménagée.

Montréal, la melting-pot
Montréal, la melting-pot
Montréal, la melting-pot

Alors oui, Montréal je m'y suis senti bien. Je comprends les étudiants qui y vivent (4 grosses universités tout de même !). Bon, je suis présent au printemps, et on peut avoir une toute autre sensation au coeur de l'hiver (record de froid à -37,8°C tout de même ! et une moyenne de -10°C en janvier). De là à y faire un post-doctorat... (qui sait !). 
J'y reviens la semaine prochaine pour prendre l'avion (et finir ma petite visite). Aujourd'hui, direction Québec !

Partager cet article
Repost0
1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 07:19

En direct de ce bon vieux train SNCF direction Lille Europe. La verdure a repris ses droits, les nuages aussi mais j'avoue que l'air pollué d'Addis ne me manque pas.

 

Question que l'on peut me poser parfois, combien coûte un mois de voyage ? Réponse cette fois-ci avec l'Éthiopie ? (je vous ai déjà donné bien des détails sur le coût de la vie en Asie du Sud-Est)

Tout d'abord, l'aller-retour avec Qatar Airways : 542,36€. Sans surprise, c'est la dépense la plus importante. Difficile d'y échapper, sauf à prendre un vieux radeau en Italie et essayer de traverser vers la Libye (mais les gens qui effectuent le trajet inverse vont vous prendre pour un cinglé)

Le train de Saint-Omer jusque Charles de Gaulle : 19 + 31,60€ = 50,60€. J'ai fait jouer un bon que j'avais à ma disposition depuis l'année dernière pour l'aller. A noter qu'à l'aller je bénéficiais de la carte 12-27.... et plus au retour ! (les joies de vieillir!)

Le visa : 48€. Un mois touriste. Les visas pour l’Éthiopie peuvent être assez galère à obtenir, et surtout à faire prolonger (encore plus pour les visas business).

 

Échange d'euro sur place : 60€. Mon premier échange s'est fait à l'aéroport (car par le choix). Le second s'est fait en centre ville, au marché noir ! (le taux d'une banque pour un euro est de 20,4 birr ; au marché noir, un euro = 22,50 birr!)

Retrait : 91,51+5,76€ : 97,27€. Les joies des frais bancaires (oui, je sais, je dois changer de banque).

 

Au total, j'ai donc dépensé 800€. Une somme raisonnable quand on est un étudiant comme moi.

 

Quel est le secret pour dépenser 157€ sur place ?

Les joies du Couchsurfing. Pas d'hôtel, pas de loyer : logement gratuit. Surtout, Couchsurfing m'a vite permis de connaître les prix locaux, et de ne pas me faire avoir comme la plupart des blancs au départ. J'ai payé quatre taxis, dont deux pour l'aéroport (23€ en tout). Le reste du temps, j'ai pris les transports en commun. Bon, c'est folklorique parfois. Je me suis notamment retrouvé dans un bus debout, le prix du ticket était de 1 birr (6 centimes d'euro). Le seul problème, c'était ma taille, je faisais environ 20 centimètres de trop. J'ai passé le voyage avec la tête repliée sur mon épaule, au grand amusement des Éthiopiens qui m'entouraient. Le reste du temps je payais environ 2 birr pour chaque trajet de bus.

Niveau nourriture, j'ai commencé par manger pour 2€, voir 2,50€. A la fin de mon séjour je mangeais pour un euro. On apprend peu à peu à reconnaître les endroits les moins chers (et pas forcément les moins bons). Je mangeais chaque midi au restaurant, le soir on cuisinait régulièrement avec mes Couchsurfers.
Mes petits plaisirs étaient limités à :

  • un jus de fruit frais (une dizaine au total, à 80 centimes le jus).

  • me connecter à Internet pour vous donner quelques nouvelles ou en prendre (j'ai dû dépenser une petite dizaine d'euro sur le mois)

 

Bon, j'étais loin de l'ambiance voyage à travers le pays, on prend des bus, on visite, etc... Je suis resté tout le mois à Addis Abeba (parce que pas trop le choix), ce qui a limité le coût de mon séjour...

 

...mais pas forcément le plaisir. J'avoue que j'ai passé un bon mois. Ma colocation fut essentielle, mon travail aussi (merde, on peut prendre du plaisir en travaillant, je crois que je passe du côté obscur de la force!). Ma dernière journée fut de noter les petits détails qui ont marqué le séjour : la petite musique des peseurs dans la rue (oui, ils sont nombreux et leur métier est de peser les gens dans la rue ; tu donnes 20 centimes et le monsieur te pèse et te mesure!), les signes de croix des gens dans le bus à chaque fois qu'ils passent devant une église (et le signe de croix des orthodoxes est répété trois fois!), la musique de Janis Joplin dans l'appartement, le thé du centre français et les deux tortues qui s'y baladent. Ces petites choses qui ont fait ma routine et un peu de mon bonheur là-bas.

Prochain voyage dans.... 20 jours ! A suivre...

Un mois en Éthiopie, combien ça coûte ?
Partager cet article
Repost0
28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 08:57

Il y a dix ans de cela, d'immenses manifestations se sont déroulées à Addis Abeba, Éthiopie. Des manifestations qui ont pris un tour violent : de 200 à 400 personnes ont été tuées.
Mercredi 22 avril, trois jours après l'annonce de l'assassinat de 27 Éthiopiens par l’État Islamique, une immense manifestation a été organisée par le gouvernement. En vérité, cette manifestation a surtout pour but de réguler la colère qui s'est emparée de la population. Des Éthiopiens sont tués au Moyen-Orient, des Éthiopiens sont tués en Afrique du Sud. Et aujourd'hui, des migrants éthiopiens sont tués en Libye. « Et que fait-le le gouvernement ? » C'est la question que l'on pose beaucoup ici. La veille, mardi 21 avril, alors que je rentrais à pied vers chez moi, j'ai observé une route coupée, et une grande foule rassemblée. Cette route, c'est celle de l'une des familles des victimes.

Alors en ce mercredi 22 avril, à Meskel Square, c'est la foule des grands jours. Enfin, faut dire qu'il n'y a pas trop le choix. La police vous invite gentiment à aller à la manif, fait le tour des quartiers et rassemble tout le monde. Comme à chaque fois que le gouvernement veut quelque chose, il l'obtient. Et si vous n'y allez pas, c'est sûrement que vous êtes dans le parti d'opposition. Et là, forcément, vous aurez des problèmes.

Le premier ministre commence son discours. Mais au lieu de parler des événements de Libye, il évoque le développement du pays, le terrorisme intérieur, les élections à venir... la foule hurle son mécontentement. Ça ne se fait pas ici. Les religieux au premier rang de la manifestation quittent les lieux. L'ambiance se tend, et la foule se rue vers le premier ministre, qui se met à bégayer.
Et comme au bon vieux temps, la police arrive, et stoppe les manifestants. Si la police n'avait pas été là ? « Le premier ministre était lynché » selon un manifestant. Les policiers déjà bien tendus commencent à jouer de la matraque. Ça cogne dans tous les sens, les femmes et les enfants d'abord. Les manifestants répliquent avec le lancer de pierres. L'intifada est dans la place mais le rapport de force est déséquilibré. Des gens sont à terre, ça frappe avec les chaussures. Le matos de la police est magnifique, tout neuf.

 

Des manifestants vont se réfugier dans l'église. Ils y restent deux heures, le temps que ça se passe. La police n'oserait pas rentrer, sinon le lendemain il y a une révolution (le poids de l'église orthodoxe est très important dans le pays). En sortant, on peut voir 1600 policiers, alignés en deux lignes de 800. En passant devant le Hilton, dans les jardins de la Bank of Ethiopia, des journalistes blancs sont pris à parti par le police. Même scène, les journalistes à terre, la police qui frappe de bon cœur.

Autour de l'université l'armée est également déployée. Interdiction de sortir. C'est pareil dans les universités du nord du pays. Il y a dix ans, les grosses manifestations avaient débuté dans les universités, on ne prend pas de risque.

Mercredi après-midi, je reçois un mail de l'ambassade comme quoi il ne faut pas se rapprocher de la manif. Ils sont marrants, et en retard de plusieurs heures. La manif est terminée. Les rumeurs annoncent deux morts, mais pas de bilan officiel. Le nombre de blessés est également inconnu. Les vidéos font le tour de la toile. Mais le gouvernement les regarde également avec beaucoup d'attention.

Vendredi soir. Panne de courant géante. Enfin, on croit. Mais dans le même temps, grosse vague d'arrestations (300 personnes ? Plus?) dans les parties d'opposition, notamment chez le « Blue Party ».

 

Des élections ont lieu le mois prochain. Pas de suspense, le parti au pouvoir FDRPE va gagner. Vive la démocrature.

Un mois en démocrature : les manifestations de Meskel Square
Un mois en démocrature : les manifestations de Meskel Square
Un mois en démocrature : les manifestations de Meskel Square
Partager cet article
Repost0
27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 10:19

Miam Miam Miam. C'était l'idée que j'avais avant mon départ, enchanté que j'avais été par ma première expérience de nourriture éthiopienne à Kigali. Et je ne suis pas déçu, au contraire ! Je peux même affirmer que c'est le pays africain où j'ai le mieux mangé. Non pas que mon expérience soit si importante, mais entre le fameux « y'a pas » burundais (« je vais vous prendre ça sur la carte »... « y'a pas ».... « et ça ? ».... « y'a pas »... « bon bah brochette, comme hier ! ») ou le haricot-riz kényan (et ce chaque jour!) la concurrence n'était de toute façon pas extraordinaire !

La nourriture éthiopienne

La nourriture éthiopienne se résume à un plat : l'injera (à droite). L'injera est une galette à base de teff. Qu'est-ce que le teff ? Bonne question ! Le teff est en fait une herbe originaire d’Éthiopie (de la famille des Poacées), cultivée comme céréale. A noter qu'elle ne contient pas de gluten !

Toujours est-il que cet injera est la base de la nourriture éthiopienne. Au sens figuré comme au sens propre, puisque l'on met l'injera dans une grande assiette, et que l'on rajoute par-dessus le reste de la nourriture. L'injera est donc la base, mais c'est aussi la fourchette et le couteau ! Oui, l'injera sert à la fois de couverts et de récipients ! L'idée est de prendre un morceau d'injera avec votre main droite (car manger de la main gauche est malpoli, ce qui est super-méga pratique pour moi et ma main droite un peu handicapée), et d'attraper un peu de nourriture avec ce morceau. Et puis vous approchez le tout de votre bouche... (enfin bref, je ne vous apprendrai pas dans cette article comment manger!).

La nourriture éthiopienne

L'accompagnement le plus consommé (et le moins cher) est le chiro. Le chiro, c'est cette sauce rouge que vous voyez au centre de la photo. Elle est composée d'ail, de tomates, d'oignons, d'ail, d'épices, d'ail (quoi je l'ai déjà dit?). Bref, mieux vaut aimer un mélange détonnant !

La nourriture éthiopienne

Ici, c'est l'injera bejainet. Là, on est dans le top niveau. Vous avez des lentilles, du riz, des légumes, d'autres sauces (en plus du chiro), des piments. Parfois des pâtes, des patates. Mon préféré. Vous avez aussi des injera avec de la viande (doro = poulet, siga = viande). Mais j'admets que pour le végétarien que j'essaie d'être, l’Éthiopie est le pays parfait ! Ce qui n'empêche pas de voir des découpes de viande par dizaines, même en bas de chez moi, accrochées à un poteau !

La nourriture éthiopienne

Les boucheries valent le coup d’œil, puisque faute d'équipement réfrigéré, la viande est entreposée à l'air libre. Quand il fait très chaud comme ici chaque jour, ça donne une odeur sympa. Surtout, c'est le spectacle du boucher avec son fouet qui chasse les mouches qui vous convainc une dernière fois qu'être végétarien c'est cool !

La nourriture éthiopienne

L’Éthiopie c'est aussi le pays du bunna. C'est à dire le café. Je pense que vous ne pouvez pas dire avoir vu un peuple aimant le café si vous n'êtes jamais allés en Éthiopie. Bon, à la base on pense que la plante du café est née dans les hauts plateaux éthiopiens. Tous les buveurs de café que j'ai rencontrés ici confirment qu'il est délicieux. C'est toute une cérémonie, puisque le café est préparé dans une jebena, une cafetière locale. Elle chauffe devant vous et l'or noir (l'autre!) coule abondamment. Ils sont tellement dingues de café qu'il existe même un préservatif au goût café (pas testé cependant!) !

La nourriture éthiopienne
La nourriture éthiopienne
La nourriture éthiopienne

Je vous parle du café, mais je dois aussi mentionner le thé, le meilleur que j'aie bu dans ma vie (?). Ils font ce thé à la cannelle (et j'adoooore la cannelle) méga-sucré que je bois chaque jour. Et puis les jus de fruits frais.... ici un mélange papaye-mango-ananas. Coût 80 centimes. Il faudrait être fou pour s'en priver !

La nourriture éthiopienne
La nourriture éthiopienne

Enfin, il y a les épices. C'est un régal pour les papilles, mais aussi pour le nez. Et je pense que pour les yeux, ça rend pas mal non plus !

La nourriture éthiopienne
La nourriture éthiopienne
La nourriture éthiopienne

Convaincu

Partager cet article
Repost0
25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 10:08

10 mois putain ! Bon, on ne va pas se raconter d'histoire, je ne suis pas encore passé à autre chose. Ce n'est pas faute d'essayer de me persuader, mais je n'y arrive pas (encore). Il faut dire que j'ai un gros problème : je la mets sur un piédestal.

Oui, Alba reste ma princesse, et le temps n'efface pas ce sentiment là. C'est le gros souci de la rupture tranquille (comme quoi n'importe quel type de rupture entraîne son lot de soucis!), il n'y a pas eu de grosses engueulades ou de coups de poings (heureusement!), de reproches ou de trahison. Non, ce fut une rupture à l'image de notre relation : quelque chose de facile, quelque chose d'évident. Nous ne résistons pas à la distance, arrêtons dès maintenant et ne nous faisons pas souffrir. Une espèce de rupture amoureuse.

 

J'avais un gros avantage dans ma rupture précédente : il y avait eu beaucoup de dégâts sur la fin. Les engueulades par centaines, les non-dits, les trop-dits... alors si elle me manquait parfois, je me reprenais toujours : « non, mais de toute façon ce n'était qu'une garce ! » (Laura tu me pardonnes si tu lis ça!). On a beau dire, ça fait du bien ! Rien de tel que de détester son ex ! Ça m'a permis de couper tout contact sans regret, d'arracher les photos sans pleurer (ou du moins de les décrocher!) et de me dire qu'il existait cent fois mieux ailleurs !

 

Le problème cette fois, c'est que je ne me dis pas qu'il existe cent fois mieux ailleurs. J'espère simplement qu'il existe aussi bien. Le problème cette fois, c'est que je suis incapable de décrocher les photos. Je me ballade avec une photo de la princesse dans mon porte-feuilles depuis 10 mois. Il y a même une mèche de ses cheveux...

Je suis un ringard romantique. L'expression n'est pas de moi, mais elle m'a été attribuée il y a quelques années par une amie. Je ne sais pas si ça m'avait fait rire à l'époque, mais aujourd'hui j'en souris, et je me dis que ça me correspond bien. Je suis le genre de type à s'endormir en pensant à son ex pendant une heure, à des retrouvailles chaleureuses, à un deuxième coup de foudre. Je suis clairement un ovni dans ce monde. Je n'ai rien à faire là. Mais c'est ainsi, et j'admire avec tant d'attention et des yeux pleins d'envie le cadavre de notre relation. Je me rends chaque jour dans le cimetière de nos souvenirs, incapable que je suis de les enterrer. J'arrose les plantes, et je contacte les morts. Pour par grand chose je descendrais jusqu'en enfer pour la retrouver. Des espoirs si vivants (ou désespoir?)...

Bon, j'utilise mon cerveau de temps en temps, et j'essaie d'être un minimum objectif. Je ne sais pas si c'est elle qui me manque ou si c'est simplement l'amour. Je me dis que si la rupture a existé, c'est qu'il y avait des raisons plus profondes. J'idéalise sans doute beaucoup trop notre histoire (faut dire aussi que c'est assez facile) et j'oublie les moments les plus sombres. Malheureusement, ce côté réaliste a du mal à résister au ringard romantique. Celui qui sur une phrase serait capable d'aller choper un train jusqu'en Allemagne pour la retrouver.

 

De temps en temps je me dis que je devrais lui dire de m'insulter. Ou de me dire qu'elle ne m'aime plus, voir même qu'elle ne m'a jamais aimé, qu'elle est en relation avec 3 mecs, mariée avec deux, 4 enfants sous les bras. Je ne dis pas que ça serait suffisant (je m'inquiéterais sans doute!), mais ça aiderait sûrement.

Bon, vous allez me dire « il nous embête lui avec ses histoires de cœur ! ». Oh, mais je ne vous pousse pas à lire jusqu'au bout ! Je sais ce que vous dtes : il s'en remettra. Car oui, on s'en remet tous. Enfin, presque. Et l'important, c'est de ne pas être le presque. Ringard romantique.

Partager cet article
Repost0
23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 11:42

Être un voyageur. Je ne sais pas si c'est vraiment le cas (ni même qui peut en juger), mais c'est la façon dont on me définit souvent. C'est le cas dans ma famille ou chez mes amis. Je suis un rouleux d'rue comme on dit dans mon patois local. Et c'est une appellation qui me fait plaisir. C'est une identité qui me va à ravir.

 

La fierté. Ce drôle de sentiment, parfois sur-développé. Mais tellement nécessaire. Au début de mon blog, il y a onze ans (!), j'ai répondu à un petit questionnaire comme on en avait régulièrement sur skyblog. L'une des questions était : « quelle est la chose dont tu es le plus fier ? » Pensez, à 17 ans, on est loin d'avoir accompli quelque chose. Surtout moi. Ma réponse était « mon blog ». Je ris en relisant cela, et en me revoyant dans le bureau sombre en train de répondre à ce long questionnaire (sans doute entre deux parties de Football Manager). Le blog était la chose qui me définissait le mieux à l'époque. C'est un peu encore le cas aujourd'hui, mais le contenu a bien changé.

 

J'ai commencé à vraiment voyager en 2007. Depuis, j'ai arpenté 44 pays (et encore, c'est parce que l’Écosse n'a pas voulu être indépendante sinon je touchais le 45!) et je garde un rythme soutenu. Le fait de voyager me rend fier de moi. J'apprécie quand on m'appelle Phileas ou qu'un inconnu vienne me parler d'un de mes voyages. Attention, je ne deviens pas un fier-cul non plus, mais je pense qu'il faut être fier de soi un minimum.

Il se trouve que les voyages que j'ai effectués me rendent fier. Ils donnent une image de moi que j'apprécie. Cependant, je me pose la question : voyages-tu pour voyager, ou pour l'image que cela donne de toi ? Il y a plusieurs années, je n'aurais pas hésité une seconde. Aujourd'hui, je réfléchis un peu plus longuement. J'ai l'impression que le plaisir que je ressens lors de mes voyages africains est bien moins important que lors de mon départ pour l'Asie par exemple. Bien sûr, le contexte joue beaucoup, et un voyage professionnel est loin d'être un voyage d'aventurier. Surtout, le voyage seul n'a pas le même goût que le voyage accompagné.

Je reviens sur cette histoire d'identité. Jusqu'à l'année dernière, l'identité de voyageur n'était pas ma préférée, loin de là. Mon identité était mon couple. C'était ainsi que je me définissais avant tout, et je voulais que les autres me définissent également de cette façon. Là encore, c'était une fierté incroyable que d'être avec la demoiselle allemande, et de raconter une rencontre incroyable. Aujourd'hui, cette identité a disparu. Fini le « nous ». Bizarrement, je ressens cette perte d'identité. Elle me manque (oui, aussi). Alors l'identité du voyageur en est devenue encore plus importante, car c'est celle qui peut encore me donner un peu de fierté.

Je me pose la question : « quid si mon identité de voyageur disparaissait ? ». Imaginons que je la range au placard pendant quelques années, que j'arrête les voyages. Comment me sentirais-je ? Qu'est-ce qui ferait ma fierté ? Mes enfants ? Mon boulot ? Mon parcours ? Sans doute, oui. Mais aujourd'hui, quoi d'autre ? Un peu d'étude, et pas grand chose d'autre. Cette identité de voyageur est essentielle. C'est elle qui me permet tout simplement de ne pas me considérer comme de la merde.

Alors je regarde ma Bucket List, et ce challenge ultime de mettre un pied dans chaque pays du monde. Challenge accepted !

 

Pays : 44 sur 197 (22,34%)

Europe (29) : France, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande, Espagne, Italie, Suisse, Luxembourg, Allemagne, Norvège, Finlande, Suède, Pologne, République Tchèque, Autriche, Croatie, Hongrie, Slovaquie, Serbie, Bulgarie, Macédoine, Grèce, Albanie, Turquie, Estonie, Lettonie, Russie, Monaco

Non compté : Slovénie, Monténégro, Lituanie, Danemark, Écosse, Irlande du Nord

Reste à faire : Islande, Portugal, Malte, Chypre, Bosnie, Roumanie, Ukraine, Moldavie, Biélorussie, Andorre, San Marin, Liechtenstein, Vatican + Kosovo, Transnistrie...

Afrique (6) : Égypte, Kenya, Tanzanie, Rwanda, Burundi, Éthiopie

Amérique (1) : États-Unis

Asie (8) : Mongolie, Chine, Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande, Malaisie, Philippines

 

Partager cet article
Repost0
22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 12:59

Après la folle église, voici la deuxième histoire un peu extraordinaire de ce voyage en Éthiopie : un mariage ! Ce n'est pas mon premier mariage à l'étranger, puisque je me suis déjà retrouvé à un mariage au Vietnam, l'une des histoires les plus dingues de ma courte vie. Chose amusante, ce mariage a débuté de la même façon : une invitation grâce à Couchsurfing, et un déplacement en tuk-tuk, moyen de locomotion que je n'avais pas encore vu ici.

Se marier en Éthiopie

Same same, but different. Tout d'abord, je me retrouve en pleine campagne d'Addis. Fini les voitures à tout va, on croise des ânes, des vaches et des charrettes le long de la route. Pas désagréable. Arrivé au lieu de la cérémonie, on se retrouve assis au deuxième rang. Oui, nous sommes blancs, donc VIP. On a beau insister, ça serait vraiment malpoli de reculer de plusieurs rangs. Chose assez folle, on a confirmé notre présence ce matin : pas de problème ! Imaginez en France ajouter 3 couverts le jour même du mariage : une prise de tête assurée ! (oui, j'ai déjà vu quelques personnes organiser leur mariage, et ça n'a pas l'air très amusant!).

 

Le lieu de la cérémonie est en fait une simple cour. Des bancs et chaises ont été installés, et au fond un grand canapé. Oui, ce mariage sera assez différent de nos normes.

Se marier en Éthiopie

La mariée est déjà là. Elle est « cachée » dans une petite pièce derrière le canapé. Mais nous sommes des VIP, et on se retrouve à faire des photos avec elle. Forcément tout le monde ricane, mais on commence à en avoir l'habitude.

Se marier en Éthiopie

Question : où est le marié ? On est en Afrique, on a le temps. Le marié est en retard d'une heure, et ça n'a l'air de déranger personne ! J'en profite pour prendre en photo un garçon d'honneur en tenue traditionnelle.

Se marier en Éthiopie

Le marié finit par se présenter avec une heure trente de retard sur l'horaire prévu. J'ai l'impression qu'il a vingt ans de plus qu'elle ! Il va chercher sa belle et tendre, et les deux futurs époux s'assoient dans leur canapé.
 

Se marier en Éthiopie

S'en suit une cérémonie bizarre où l'on ne comprend pas grand chose, si ce n'est les amen. Les mariés se lèvent, et vont vers le buffet. Ils se servent, et mangent devant nous. Personnellement, à 15h, après 2h30 à attendre sous la chaleur locale, les regarder boire et manger ne me fait pas rire ! Moi aussi j'en veux !
 

Se marier en Éthiopie

Un peu de patience et c'est notre tour. On se régale comme souvent dans ce pays (le prochain article portera d'ailleurs sur la nourriture locale). Et puis c'est le tour de danses et de chants. J'avoue ne pas très bien connaître les tubes éthiopiens et comme de toute façon je ne sais pas chanter... (true story!)

Ensuite une autre cérémonie : les mariés vont vers les parents de la mariée, et lui remettent des cadeaux. En parlant de cadeaux, les voici qui arrivent. On ne les ouvre pas aujourd'hui, mais on annonce ce qu'il y a dans l'emballage (bon ça ne sert à rien de dire une télévision plasma si ton emballage fait 10 centimètres de long, ils ne sont pas idiots!)

Nous sommes bien installés, la musique est sympa, mais on doit changer de lieu ! On part en voiture direction une espèce de parc de jeux. Arrivés là-bas, il n'y a pas d'électricité ! Embêtant pour la musique ! La cérémonie (encore!) devait se faire à l'intérieur, dans un lieu assez romantique. Finalement on passe à l'extérieur.

Se marier en Éthiopie
Se marier en Éthiopie

Nouvelle cérémonie religieuse (je vous passe les détails), les bagues sont échangées, et ils sont bel et bien mariés ! Il est 19h ! Les gâteaux ont été installés par un type qui n'a pas franchement l'air sympa, mais ça ne gâche pas la joie des mariés. Les cons, ils ne savent pas que dans deux ans ils divorcent ! (rabat-joie, moi?)

Se marier en Éthiopie
Se marier en Éthiopie

A 20h30 tout le monde s'en va, la nuit tombe, et il faut rentrer sur Addis. Nous en profitons pour boire un verre avec les demoiselles d'honneur avant de signer sur le livre du mariage. A noter la photo officielle du mariage, en mode je suis le marié, je suis le boss !

Se marier en Éthiopie

Le bilan est mitigé. Très intéressant, mais moyennement funkie. Je pensais pouvoir me trémousser et enflammer le danse-floor, c'est raté ! Mais je garde précieusement la photo que l'on m'a donné des mariés, Kiya et Biruk, 11 juillet 2007 (date locale!). Et je me dis que ce samedi, il y a un autre mariage, où l'on est également invité !

Partager cet article
Repost0
21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 09:02

Certes, j'ai déjà mis les pieds à l'Assemblée Générale de l'ONU. J'ai même posé sur le pupitre et me suis assis sur le siège de la France. J'y ai même emmené mes sœurs, Bubu, Olivia et Lucas. Mais ce n'était pas vraiment grâce à moi, mais à Elle.

 

Aujourd'hui, ce fut différent. Cette fois, ce n'est pas l'ONU mais l'UA, l'Union Africaine, et son conseil paix et sécurité. Je m'y retrouve grâce au directeur de l'institut où je travaille en ce moment. Il a été invité pour une réunion du conseil à l'initiative du GIZ allemand. Le sujet porte sur l'architecture paix et sécurité de l'Union Africaine, et comme c'est un peu mon dada du moment, je me retrouve dans les invités.

Nous arrivons dans les locaux de l'Union Africaine, où j'ai déjà passé quelques heures la semaine dernière pour des entretiens. La branche paix et sécurité de l'UA va bénéficier dans quelques mois de nouveaux locaux, construit par le GIZ allemand (les bâtiments de l'UA ont eux-même été construits par la Chine...). Notre réunion se déroule donc dans l'ancien hall, dédié aujourd'hui aux seules questions de paix et de sécurité.

 

Le conseil paix et sécurité de l'Union Africaine : diplomatie et roupillon

Je me place derrière le représentant français. Au centre de l'assemblée, les délégués africains (pas tous présents cependant). Tout autour du centre, les délégués associés, les « partenaires », c'est à dire en gros tous les bailleurs : pays occidentaux et la Chine.

Le conseil paix et sécurité de l'Union Africaine : diplomatie et roupillon

Le sujet a l'air très intéressant. En vérité, je vais m'ennuyer comme rarement. L'UA partage avec l'ONU cet art de faire des phrases qui ne disent finalement pas grand chose, et surtout qui ne fâchent personne. C'est ce qu'on appelle la diplomatie. Les résultats du GIZ sont « légers », très convenus, et ne font pas du tout avancer le schmilblick. Il faut dire que le travail a été sous-traité à une entreprise aux Pays-Bas, entreprise qui n'a pas mis les pieds en Afrique avant la cérémonie du jour ! Pour un sujet qui porte sur l'Afrique, c'est un peu gênant. Encore plus quand le représentant de cette même entreprise explique « j'ignorais que l'UA faisait autant de choses dans le domaine de la paix et sécurité » (sic!). Toutefois, les délégués africains ne manqueront pas de « remercier » l'Allemagne pour ce travail. L'Allemagne reprend la parole, et « remercie » l'ensemble des délégués africains de leur intervention. Puis pendant deux minutes, l'Allemagne va remercier un à un les délégués de leur intervention (ne croyez pas que c'est moi qui radote!).

 

Bon, il n'y a pas que moi qui m'ennuie sévère. Le délégué de la Guinée-Bissau profite de la réunion pour effectuer sa sieste du jour, tandis que beaucoup sont sur leur smartphone, Ipad ou ordinateur. Le seul effet positif pour moi aura été de grappiller deux cartes de visite pour organiser d'autres interviews sur mon sujet cette semaine. Et d'avoir un verre gratuit et quelques petits fours à la sortie. UA, ONU, drôle de ressemblances [comme le dit un délégué français ici, on est « déniaisé » des espoirs que l'on porte parfois dans les instances internationales].

Partager cet article
Repost0

Plus De Blogs