8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 14:21

Pas de zapping de l'année 2014, oui, je sais, c'est tout un mythe qui s'effondre ! Mais que voulez-vous, 2015 est l'année du changement ! Le changement c'est maintenant comme dirait l'autre. Et ça commence par un petit programme de l'année, avec les bonnes résolutions... Que voulez-vous, je suis un type qui fonctionne avec des challenges et des listes !

 

  • ETRE HEUREUX

  • ECRIRE MA THESE

  • Visiter San Sebastian

  • Faire du surf

  • Aller voir un match de rugby et de football à Bordeaux

  • Aller trois fois au théâtre dans l'année

  • Prendre trois kilos (61,3 kg au premier janvier)

  • Réaliser deux missions de ma Bucket List

  • Refaire du sport (prier pour mes genoux en carton)

  • Visiter deux nouveaux pays

  • Apprendre à faire un noeud de cravate

  • Etre quelqu'un de bien

 

12 challenges. L'année dernière, j'en avais aussi proposé douze, et j'en avais réalisé la moitié (deux nouveaux pays, deux missions de ma Bucket List, la découverte de l'Allemagne, être proche de végétarien, 3 concerts, apprendre l'allemand). J'ai lamentablement échoué une troisième année d'affilée pour prendre cinq kilos (mais j'en ai pris deux, ce qui me change un peu), du coup je revois mon objectif à la baisse. J'ai arrêté d'écrire mes rêves après avoir pris peur ! (on fait des rêves de fous tout de même!). Je ne peux toujours pas faire 100 pompes (j'ai arrêté à 47, mais je ne désespère pas d'en faire 50 prochainement, ce qui serait déjà pas mal vu mes bras!). Quan aux étoiles et aux arbres, j'ai repoussé l'échéance, faute de temps (mais ça viendra!). Allez, au boulot, y'a tout de même deux résolutions beaucoup plus importantes que les autres !

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 14:47

C'est vrai que trois ans en couple vous font un peu oublier de quoi se compose la vie d'un célibataire. Quand on est en couple, on se souvient parfois du célibat comme d'un temps de liberté et de fête. On pourrait même parfois regretter ce temps. Pour un célibataire c'est exactement l'inverse : on se souvient de sa période de couple comme du temps du bonheur, et on a parfois tendance à tout idéaliser de ce passé !

Célibataire, c'est forcément retrouver tes potes. Tu as beau dire que tu ne les as jamais perdus, le célibat c'est les côtoyer chaque jour. Alors que bon, quand tu étais avec ta copine, le soir, sous la couette, devant un bon film, il pleut dehors...et tes potes qui appellent pour aller boire un verre... le choix était vite fait, tu ne répondais pas au sms, faisant le dormeur, ou alors tu répondais, faisant le loveur. Dans les deux cas, tes potes ne te voyaient pas.

Aujourd'hui, quand ils sont plusieurs à se rassembler à 23h30 et que tu n'as rien à faire, pas une hésitation d'une seconde, tu fonces ! Tant pis s'il ne se passe rien, tu es avec eux, et c'est ça qui compte !

Tes potes justement, certains sont célibataires. Là, c'est vraiment cool ! En ce moment, moi, c'est quasi toute la bande. Alors ce fut deux semaines de vacances de folie, des sorties quasi chaque soir, une bonne humeur assurée. Pas de relou qui dit à 1h du mat' « bon, on y va, non ? Il est tard ». Non, ce relou là, c'est le pote en couple.

Le pote en couple, lui, est carrément dans un autre monde. Déjà ses conversations ne sont pas les mêmes. Il va te parler de sa dernière soirée en amoureux, il va te raconter le petit voyage prévu à deux. Le pote en mode vieux couple va carrément évoquer ses projets d'achat de maison, de futur mariage ou d'enfants ! Tu as alors l'impression d'être passé dans une faille spatio-temporelle ! Les enfants... oui, oui, mais tu as le temps tu sais... Le mariage, oui, oui.... pas avant 30 ans hein ! Tu te souviens, on se disait ça quand on était célib ! Rappelle-toi le bro code ! (que l'on t'offre à nouveau car tu dois en avoir besoin)

Les potes en couple peuvent également te voir comme une cible parfaite pour.... leur bonne copine ! « Tu sais, celle qui est célib depuis plusieurs semaines »... Bon, très vite tu apprends qu'en fait, cette fille n'est pas célibataire depuis plusieurs semaines mais plusieurs mois ou années ! Forcément, tu te méfies ! On veut te la faire rencontrer, on organise tout un stratagème des plus tordus pour au final se retrouver dans un rendez-vous pas du tout naturel, où les deux sont gênés, et où le résultat est catastrophique. La fille est célib depuis plusieurs années car en fait elle n'est pas du tout compliquée, elle cherche juste un mec beau, grand, baraqué, blond mais pas trop, galant, gentleman, avec une bonne situation, de l'humour, un casier vierge etc... Bref, pas du tout compliqué ! (et s'il pouvait jouer de la guitare, danser la salsa et parler cinq langues, ça serait bien aussi !)
Les copains, ne cherchez pas pour moi, ça ne fonctionne pas comme ça !

Et puis je me débrouille tout seul. Ou presque. Oui, j'admets, j'ai un peu cherché, à mon insu. Car quand tu es en couple, les soirées en boîte ne sont pas les mêmes : tu danses, tu regardes, et c'est tout. Quand tu es célibataire, tu peux danser, tu peux regarder, et tu peux flirter (oui, en couple aussi, mais il faut connaître ses limites!). Alors même si tu répètes depuis plusieurs semaines que non, tu n'en as plus envie, tu es aux aguets, la radar allumé, on ne sait jamais.

Célibataire, c'est aussi se renseigner sur cette vieille copine qui était très jolie au lycée, et dont tu apprends qu'elle est également célibataire. Salut, tu vas bien ? « Quoi ?? Tu es célibataire ?? Non ?? Mais quelle coïncidence ! Moi aussi ! » Ne rêvez pas les filles, les coïncidences sont simplement des idées tordues de mec que vous ne comprenez pas.

Dans la famille, c'est différent. On évoque assez peu la situation, car à 27 ans, se retrouver célibataire, c'est bizarre... Surtout si tu l'es depuis tes 17 ans. Là, clairement, on commence à regarder avec plus d'attention le bon copain que tu as et chez qui ta vas dormir de temps en temps... Serait-ce possible ? L'inquiétude grandit, certes ce n'est pas la même génération, certes, les enfants des amis de mes parents sont également célibataires, mais ça n'empêche, à ton âge je t'avais déjà eu ! Et puis il est encore étudiant ! 27 ans bon Dieu ! Tanguy va !
Non, en vérité, dans ma famille, on n'ose pas trop évoquer le sujet. La rupture est encore fraîche, et on se voit mal faire une petite blague sur le sujet. Alors je la fai moi-même, quand on évoque un mariage dans la famille en 2015 "rassurez-vous ce n'est pas prévu !". 


Bref, célibataire c'est pas l'enfer non plus. Le paradis ? Faudrait pas abuser ! Mais quand les potes autour de toi le sont également c'est beaucoup plus facile. L'important restant d'être entouré. Car la solitude putain...
Merci pour ces vacances, c'était génial

La vie de célib'
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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 23:31

Bon allez, ça fait plusieurs fois que j'hésite à faire un article sur ce site génial, qui occupe un peu de ma vie et beaucoup de mes discussions avec pas mal de potes. Mon petit gazon, c'est quoi ? C'est un site de copains. Un site de football. Un site de manager. Attention, on est très loin de Fifa ou de Football Manager. Mon petit gazon, c'est la vraie vie. Enfin, presque.

Mon petit gazon (MPG pour les intimes), c'est un mini-championnat. J'en ai lancé deux cette année, avec un groupe de 7 copains, et un autre groupe de 5. L'idée est simple : on réalise une équipe avec des joueurs de ligue 1 (au cours d'un mercato légendaire, on dispose d'une enveloppe de 500 millions d'euros, mais c'est un système d'enchère avec ces mêmes potes, qui deviennent des ennemis lorsqu'ils ont renchérit sur Lacazette d'un million). Et puis c'est un match chaque week-end. Un exemple simple : Lacazette marque deux buts contre Lyon, j'ai Lacazette dans mon onze de départ, je marque deux buts à Lucas. Les buts réels sont des buts dans le jeu, et il y a aussi un système de notation (pas forcément aimé de tous) qui permet de marquer des buts supplémentaires, les fameux « buts MPG ».

Mon petit gazon

Autant vous dire que c'est un jeu facile à prendre en main, et qui ne prend pas beaucoup de temps. 5 minutes le vendredi, 30 minutes si vous êtes un dingue qui consulte les infirmeries et les chances de victoire de chaque équipe ce week-end !
Quelques bonus existent, tel la valise un nanard (un but de moins pour l'équipe adverse), Zahia (qui passe dans le vestiaire de votre équipe et augmente la note de tous les joueurs d'un demi-point), Suarez (qui mort votre gardien, ce qui descend sa note de deux points).

Le jeu est vraiment fun, (gratuit!), la plate-forme est très épurée et offre un mur de la taille où vous pouvez vous laisser emporter après une victoire 5-0. Bien sûr, en cas de défaite, vous ferez le mort pendant une semaine. Car Mon petit gazon est devenu en une année et demi la source de gros tacles lors de nos soirées, une fierté pour les champions, une honte pour les paillasses (dernier!). Mon petit gazon, c'est l'assurance d'un bon lundi après une victoire, ou au contraire d'un lundi de merde lorsque vous voyez votre pote qui l'a emporté contre vous ce week-end ! Je conseille le jeu à tous les fans de ballon rond. C'est facile, depuis que je joue, je m'intéresse comme jamais à la Ligue 1, je connais les remplaçants de Guingamp et de Caen, et même le troisième gardien de Bastia ! Vous serez très vite addict !

http://www.monpetitgazon.com

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 23:06

D'ordinaire, je suis un peu le rabat-joie de service à Noël. C'est une fête que je n'aimais pas, pire, que je ne supportais pas. C'est un surplus de bouffe et de consommation légendaire, pour une raison pseudo-religieuse. Mais bon, comme j'ai commencé mon article en disant que j'étais rabat-joie dans le passé, je vais éviter de l'être en ce moment.

 

Car oui, Noël a du bon. Mon exemple personnel n'est pas trop mal : Noël me permet de revenir chez moi. Chez moi, dans le Nord. Ça me permet de passer deux semaines avec ma famille, de revoir mes amis (plusieurs fois). Noël c'est la fête du rassemblement par excellence. Il n'y a pas d'autres moments dans l'année où tu es sûr de la présence de certains, si ce n'est ces jours-là. Je reviens l'été, mais d'autres sont à ce moment là partis en vacances, en voyage, ou travaillent. Noël c'est l'assurance de la présence du plus grand nombre.

Noël c'est aussi de la bouffe. Oui, difficile de parler de repas, tant j'ai l'impression que nous sommes des cochons que l'on souhaite engraisser. J'imagine d'ailleurs très bien la balance française, à savoir tous les habitants du pays, qui prend soixante-cinq millions de kilos au bas mot entre le 23 et le 26 décembre. Noël c'est aussi l'assurance du régime d'après-fête (pour beaucoup hein, n'imaginez pas que je me lance dans un régime!).
Noël c'est une certaine ambiance. Les gens peuvent être cons toute l'année, certains font tout de même des efforts à cette période. Ils lancent des « bonnes fêtes de fin d'année » dans les magasins, alors que d'ordinaire ils parlent à peine à la caissière. Les gens sont un peu plus souriants, un peu plus détendus (quoique, le stress des cadeaux...).

Et puis Noël c'est aussi... les SDF dans les rues. Quoi, rabat-joie ? Oui, un peu. Je rappelle qu'un peu plus de 400 personnes sont mortes cette année dans les rues de France. Un chiffre élevé pour un pays « riche ». On se rassure un peu, en se disant que les 10% les plus riches ont encore vu leur fortune augmenter cette année, et que la production française a augmenté de 0,3% au dernier semestre. Bizarrement, pour moi, la définition d'un pays riche n'est pas le nombre de riches dans le pays, mais le nombre de pauvres qui restent. Et force est de constater que la France n'est pas un pays riche, tout au moins pas un pays développé. Disons un pays injuste. Où des millions de Français s'engraissent le 24 et le 25 décembre, à en exploser, à en vomir, et surtout à en jeter la moitié. Et pendant ce temps là, dans les rues de France et de Navarre, il y a des milliers de SDF à qui on n'a pas voulu donner une petite pièce cette année, en pensant qu'ils ne la méritent pas. « C'est vrai, tout ça pour quoi ? Pour qu'il aille acheter une bouteille d'alcool avec ! Non merci ! ».
L'esprit de Noël, c'est aussi la dizaine de centaines de réfugiés qui errent dans les rues de Calais, vivant dans le dénuement, expulsés plusieurs fois des squats. Pendant ce temps, nous offrons des cadeaux stupides, des biens matériels inutiles, quand d'autres rêveraient d'une couverture et d'un bon lit.

Oui, je sais, j'avais dit de ne pas être rabat-joie cette année. Mais que voulez-vous, je n'y arrive pas. J'ai beau essayer, je reste effaré par tant de misère et d'injustice dans notre pays. Pire, j'ai l'impression que ça empire. Que chaque année c'est la même, que chaque année nous nous gavons quand d'autres galèrent. Que chaque année notre pays se rapproche de l'abîme, du Front National devenu premier parti de France. C'est sûr que c'est Noël, qu'on a envie de parler d'autre chose, que c'est des jours de fête où l'on essaie d'oublier les galères du quotidien, les petites misères et autres embrouilles. Que l'on se doit de profiter, au moins pour eux, pour ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir vivre ça, de l'excès de nourriture et l'excès de bien-être. Mais ça ne nous empêchera pas d'y penser, d'imaginer la galère d'un Somalien ou d'un sud-Soudanais, d'un Syrien coincé entre deux régimes tyranniques, d'une femme tabassée parce que c'est Noël et que c'est aussi sa fête, d'un enfant pleurant ses parents partis trop tôt. On pensera aux absents, à ceux qui n'ont pas eu le temps d'en profiter. On pensera aux présents, mais qui ne peuvent pas en profiter.
Je ne veux pas faire le curé ou le pape, pardonnez ce sermon un peu maladroit, mais je suis comme ça. Noël, je n'y arrive pas. Je fais les efforts, j'essaie comme je peux, je ris à la mauvaise blague d'un oncle et je mets une cuillère dans ma bûche. Mais tout ça me dégoûte un peu, tout ça a un goût de faux et d'injustice. Mais ça ne m'empêchera pas de vous le souhaiter. Avec une drôle de grimace. Joyeux Noël à vous.

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 23:12

Soyez le changement que vous voulez voir dans ce monde. Gandhi l'a dit, j'essaie de le faire ! Après le manger végétarien, le vélo ou le bio, voici l'AMAP, l'Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne.

Le principe est simple : je vais chaque semaine dans une petite salle à côté de chez moi, je me sers en légumes, et je repars.

Bon, bien sûr, je dois payer à un moment ! Je détaille : un agriculteur de Clérac, à 60km au nord-est de Bordeaux, vient chaque semaine avec ses légumes de saison. Et chaque semaine, je viens avec mon panier. Au début du mois, nous avons versé (avec mes colocs) un chèque de 37,50€.

Trois raisons principales :
- manger des légumes. C'est bon pour la santé, et en plus, on n'a plus besoin de faire les courses ! On y va, et on est tranquille pour la semaine !

- favoriser un circuit court de distribution. On mange des produits d'un agriculteur que l'on connaît, que l'on croise chaque semaine. Ça a son charme.
- manger des légumes de saison. On a beau dire, au goût, c'est toujours meilleur. Et ça nous permet de manger des légumes qu'on n'achèterait pas forcément !

Qu'est que l'on a récupéré ? A titre d'exemple la semaine dernière :

Un kilo de pommes de terre (Bintje)
500 g de poireaux

1 demi céleri
1 petite courge butternut
600 g de carottes

200 g d'oignons

65 g de mâche

1 navet

1 radis noir

1 sachet de courge muscade

1 scarole

 

Et cette semaine :

900 g patates

400 g poireaux

un demi-chou lisse

1 sachet de courge muscade
500 g carottes

200 g oignons

400 g topinambours

1 navet

1 radis green meat

1 laitue

Pour 12,50€ par semaine, ça ne nous semble pas très cher, surtout que l'ensemble est BIO ! Oui, c'est une bio-AMAP, ce n'était pas une obligation, mais c'est celle qui est la plus proche de notre quartier ! Pour le moment, on valide ! J'ai fait de la soupe de courge pour la première fois de ma vie (et c'est délicieux !), j'ai découvert le radis noir et surtout le radis green meat ! (et je me demande encore ce que je vais faire avec mon demi-chou lisse !)

A noter que mon AMAP fait aussi du poulet, du poisson (avec un marin-pêcheur d'Arcachon, 3kg une fois par mois), du pain, de la farine, du miel, des œufs, du porc... A suivre !

Alors n'hésitez pas, il y en a forcément une pas trop loin de chez vous !
http://www.reseau-amap.org/recherche-amap.php

 

 

Mon inscription dans une AMAP
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 14:50

6 ans putain ! 6 ans ! Il y a six ans de cela, j'allais revenir après mon premier semestre Erasmus. Je vous parlais à l'époque d'un semestre de folie, de fête et de furie. Et Dieu sait que c'était le cas !

Car dans la vie, il y a ceux qui ont fait Erasmus, et il y a les autres. C'est facile, j'ai mes deux meilleurs copains, et ils ont tous les deux fait Erasmus. Il m'est d'ailleurs arrivé plusieurs fois de devenir pote, ou tout au moins de développer une relation avec quelqu'un, quand cette personne était en Erasmus. C'était comme si ce moment nous rapprochait, inconsciemment. J'avais l'impression de pouvoir comprendre cette personne, et cette personne en Erasmus avait l'impression de pouvoir être comprise. Car Erasmus c'est comme une secte : les fêtes d'initiation sont une folie sans nom, l'eau bénite a été remplacée par le litre de bière, Dieu est en fait le diable, plein de plaisirs et de vices. Erasmus, c'est la vie dans une bulle, une bulle d'étudiants qui sont seuls au milieu d'une ville européenne, sans passé, sans futur, avec pour seule bible le Carpe Diem.

6 ans, c'est bien pour faire un bilan. Un bilan de l'après-Erasmus.
Car oui, Erasmus est un rêve, une vision, un mirage. Et l'après-Erasmus fait sacrément mal au cul. Au cœur tout au moins. A la tête encore plus. Cette putain de dépression post-Erasmus. Vous riez. Normal, vous n'avez pas fait Erasmus. Car tout ceux qui ont fait Erasmus savent de quoi je veux parler. Entendre un accent étranger en ville et se retourner. Croiser un Erasmus à la fac et lui parler (jalousie quand tu nous tiens...). Et surtout, cette tonne d’anecdotes amassées au fil des soirées, et personne à qui les raconter. Cette superbe histoire d'une maison hantée, vide, et finalement habitée. J'ai beau la raconter à mes potes de Saint-Omer, ils n'auront pas la même réaction que ceux qui l'ont vécue. Ils n'y étaient pas. Frustration. Et toutes mes photos Erasmus... (3 660, si, si, j'vous jure !) Mon après-Erasmus, ce fut un an d'université sans réelle soirée. Avant d'y retrouver goût, petit à petit. A croire que j'avais fait une overdose. Que j'avais l'impression de les avoir toutes faites.

L'après-Erasmus, c'est aussi les retrouvailles. Car si Erasmus est une sacrée agence matrimoniale, c'est aussi une agence de voyages européenne, voire mondiale. Renaud, Jonathan, Eleni, Suzanne, Franka, Suzan, Sean, Jules, Pavlina, Alfonso, Alban, Tiphaine, Alicia, Janire, Carlota, Ander, Paloma, Raquel, Oscar, Esther, Gloria, Helena, Nora, Paolo, Federico, Caroline, Ilaria, Lars, Pauline, Emmanuel, Dina, Edith, Margot, Adeline... Ils sont 34 que j'ai recroisés depuis dans leurs villes. Et encore, je ne compte même pas une fille croisée par hasard dans le métro de Lille ou dans une rue de Bruxelles. Erasmus, ça m'a fait mes voyages, encore cet été ! (Dina à Cannes) Erasmus, ça reste à vie.

Chose étonnante de l'après-Erasmus, c'est que l'on reste parfois (souvent ?) en contact avec des personnes dont on n'était pas toujours proche pendant l'Erasmus. Exemple typique d'Helena, une jolie Espagnole (j'espère qu'elle ne lira pas cet article, au risque de prendre la grosse tête !) qui m'a hébergé chez elle en Espagne, et que j'ai hébergée chez moi ensuite. Pourtant, pendant l'Erasmus, nous n'étions pas si proches. Et aujourd'hui, c'est l'une des Erasmus dont j'ai le plus de nouvelles.

Loin des yeux, loin du cœur. Encore plus avec Erasmus, c'est certain. Mais on a une chance incroyable : Facebook. Oui, on hait tous Facebook un jour ou l'autre, mais je l'ai souvent répété : si je suis encore sur Facebook c'est notamment pour mes Erasmus. Et comme j'ai beaucoup de mal à les supprimer (je sais que certains le font !), ils restent là. Ils apparaissent toujours dans mon fil d'actualité, j'en vois un qui se marie en Pologne, j'en vois une qui se marie en Israël, j'en vois une qui fait un enfant en Finlande. Toute cette petite troupe festive rentre dans la vie d'adulte au fur et à mesure des années (sauf moi !). Je peux voir leur nouveau boulot, leur récent voyage. De temps en temps je communique avec eux, avec une petite blague, un petit débat politique très européen, ou même en lançant une invitation reprise rapidement par d'autres pour se revoir.
En vérité, se revoir est quasi-impossible. Je me vois mal faire un doodle de 100 personnes avec des emplois du temps de fous pour une simple rencontre (bien que...). Mais si le présent est absent, si tout futur semble impossible, il nous reste ce passé partagé. Ce passé d'Erasmus.

 

Et encore aujourd'hui, quand on parle de Canterbury, je souris. I love you guys & come to Bordeaux !

Après Erasmus
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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 20:12

La loi Macron doit être présentée demain au conseil des Ministres. Au menu, l'assouplissement du travail le dimanche, avec notamment la possibilité pour les magasins d'ouvrir 12 dimanches par an (au lieu de 5 aujourd'hui).

 

Le MEDEF applaudit. C'est bizarre, quand le MEDEF applaudit, je me méfie. C'est comme un signal, un lanceur d'alerte. Car quand le MEDEF applaudit, c'est le salarié qui paie.

Une foule d'arguments que l'on entend partout. Imaginez d'abord, les malheureux touristes devront « aller à Londres pour faire leur achat le dimanche ». Je comprends bien ; moi-même, ce dimanche, le Castorama était fermé, et j'avais besoin de deux clous. Ni une, ni deux, j'ai pris le train pour Londres pour trouver ces fameux clous. Je suis comme ça, moi, j'aime le travail le dimanche. Bien sûr, cette loi vise surtout Paris, et la clientèle touristique internationale. Bizarrement, on oublie de préciser que 20 à 25% des magasins parisiens sont déjà ouverts le dimanche, soit plus qu'à Londres ou Berlin...

Tiens, justement, Berlin et l'Allemagne. A chaque débat de société, on nous explique que les Allemands font ci, que les Allemands font ça, et que c'est pour ça que leur pays fonctionne mieux. Et là, bizarrement, pas d'Allemagne dans les débats. Enfin, pas si bizarre que ça, puisque l'Allemagne est encore plus stricte que la France concernant l'ouverture des magasins le dimanche. Pour l'avoir vécu, le dimanche en Allemagne, c'est ville morte. Et vie de famille.

Car oui, la loi autorisant le travail le dimanche flingue la vie de famille. Bien sûr j'entends les arguments : oui, mais les pompiers et les médecins travaillent déjà le dimanche ! Alors pourquoi pas les magasins ? Et bien tout simplement parce qu'un feu de maison ou une opération chirurgicale ne peuvent pas attendre. Un achat de perceuse, lui, peut.
Un autre argument : les salariés profiteront du travail le dimanche. Ils seront mieux payés et pourront décider s'ils souhaitent travailler ce jour là. Un argument entendu sans cesse, notamment dans le débat « travailler plus pour gagner plus ». Car oui, c'est bien connu, le salarié fixe ses horaires. Chaque lundi, le salarié va voir son patron et dit : bon, cette semaine je veux travailler mardi, mercredi, jeudi, et samedi. Mais pas dimanche. Salut patron, et merci encore.
Quoi ? On m'aurait menti ? Ce serait le patron qui fixe les horaires des salariés et non l'inverse ?

 

Bricorama. Vous vous souvenez, c'est eux qui l'année dernière ont lancé le débat en voulant ouvrir le dimanche. Ils le font en 2014. Leur chiffre d'affaires allait exploser ! 25% de plus qu'ils promettaient ! Et depuis que leurs magasins sont ouverts le dimanche, le nombre de clients... est le même qu'en 2013 ! Et leur chiffre d'affaires a même baissé... C'est con, merde alors ! Le client ne vient pas le samedi ET le dimanche pour acheter sa perceuse. Quelle SURPRISE !?!

Travailler le dimanche va créer des « milliers d'emplois ». 20 000 selon Europe 1. Pour le Figaro : 100 000 ! Oui, les promesses d'emplois, ça fonctionne bien dans les discours ! Si demain le MEDEF proposait un million d'emplois, il serait aussi con pour le croire. Ah, mais attendez. Mais oui, ça a déjà existé ! On allait créer « un million d'emploi » si le Pacte de Compétitivité de 50 milliards venait à voir le jour. Bonjour le MEDEF, on vous a reconnu. Ce pacte, c'était ni plus ni moins qu'une baisse des charges pour les entreprises. Le million d'emplois, vous l'avez vu venir, vous ?
Mais rassurez-vous ! Les actionnaires se portent mieux ! Les dividendes versés au deuxième trimestre ont explosé : 40,7 milliards (+ 30,3%) ce qui a fait de la France le plus important payeur de dividendes en Europe devant l'Allemagne et le Royaume-Uni (quelle crise ?)... Et dans le même temps, les investissements dans les entreprises... ont baissé de 0,8% (la crise vous savez...)
En résumé, on baisse les impôts des grosses entreprises, qui en échange distribuent de l'argent à leurs actionnaires (au lieu d'augmenter les salaires), actionnaires qui réclament à corps perdu la baisse des charges dans les médias (http://www.acrimed.org/article4157.html). La boucle est bouclée, et c'est le salarié au travail le dimanche qui pensera à tout ça au moment de vendre sa perceuse à Pierre Gattaz, bien content que le Bricorama à côté de chez lui soit ouvert. Il pourra réparer l'étagère de sa petite fille. Oui, mais les petites entreprises dans tous ça, les artisans, les PME... Et bien je laisse la conclusion au représentant des PME françaises, Jean-Eudes du Mesnil : « le choix fiscal, c'est celui des grandes entreprises au détriment des plus petites. »


Sinon, j'avais voté à gauche, non ?

 

Travailler le dimanche (mais pas moi!)
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 14:00

Si, si, j'vous jure !

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 16:09

Avançons un peu dans le temps. 31 mars 2015. Les écrits de l'agrégation d'histoire-géographie sont passés, je ne suis pas admissible. Plus de cours, reste simplement (sic!) ma rédaction de thèse. A Bordeaux. Ou...

C'est quelque chose qui me traverse l'esprit depuis plusieurs semaines maintenant, et peu à peu je commence à me faire à l'idée. Pour tout vous dire, c'est même une possibilité qui me plaît de plus en plus. Rentrer. Chez moi. A Tilques. Oué, ça semble cool, non ?
Je sais, ça fait déjà quelque temps que je n'habite plus là-bas. Mais ma famille est encore là. Mes amis dans les alentours. Alors pourquoi ne pas rentrer ?

Pour la thèse, il fallait que je valide 180 crédits ECTS. Depuis septembre, j'ai plutôt bien avancé de ce côté-là, et je pense pouvoir terminer cette contrainte administrative avant la fin du mois de mars. De ce fait, d'un point de vue strictement professionnel, enfin, universitaire, il n'y a pas beaucoup de raisons de rester. Mon laboratoire de recherche est cool, les gens sont sympas, mais quand on rédige une thèse ça n'a pas vraiment d'importance. Je me connais, j'ai besoin de concentration, de silence, et le labo n'est pas un environnement adéquat pour ma phase d'écriture. Bien sûr, il y a les livres de la bibliothèque. C'est peut-être le seul hic. Mais je ne les utilise pas non plus chaque jour, et je pourrai toujours bénéficier des prêts entre bibliothèque pour obtenir les ouvrages à Lille.

Surtout, ce n'est pas une volonté de quitter Bordeaux. C'est vraiment l'envie de rentrer chez moi.

Je me souviens bien de ma rédaction de mémoire. J'étais au bout de ma table, dans la salle à manger. C'était un environnement parfaitement adéquat.

Je me souviens aussi de ma phase post-rupture saison 2, et j'étais également à Tilques. C'est là où je me suis refait, où j'ai pu réfléchir à ce que je voulais vraiment. C'est cette période qui m'a convaincu que je devais partir à travers le monde. Tilques, c'est un gage de sérénité, d'équilibre. Quelque chose que je n'ai pas encore trouvé à Bordeaux, et que je ne conçois pas vraiment sans un entourage proche.

 

Bien sûr Tilques c'est un retour aux sources. C'est un retour dans ma famille, dont je suis éloigné depuis x années. C'est aussi un retour auprès des amis, avec qui j'ai réussi à garder les liens malgré les kilomètres. Ce fut un combat de chaque instant, de chaque semaine, mené par les deux partis. Néanmoins, j'ai parfois l'impression que certaines de mes amitiés se nourrissent plus du passé, des moments vécus, que du présent (et pour cause, je ne suis pas là). Et surtout, difficile de parler de futur, étant donné que pour moi le futur s'inscrit à plusieurs centaines de kilomètres.

 

Bien sûr il y a la solitude. La solitude bordelaise, ou kényane, ou de je ne sais où, est quelque chose qui m'atteint. C'est ainsi de ne pas partager sa vie avec quelqu'un. Certes mes colocs sont là (et ils sont supers), j'ai rapidement rencontré du monde. Mais l'amitié se construit avec le temps, au fil des années, au fil des moments passés. Je n'aurai sans doute pas la patience d'attendre. L'amitié avec les Erasmus a déjà une date d'expiration. Il faudrait alors tout refaire ensuite. De même dans mon laboratoire de recherche, où chaque personne après la thèse part vers d'autres horizons. Tilques, c'est totalement différent. Mes amis sont là, ancrés. Ils vont bien parfois jusque Lille, Arras ou Dunkerque. Mais ça reste à une distance convenable, on n'est plus loin des yeux à ce niveau là.

 

Mais est-ce que je ne vais pas vite me lasser de l'air tilquois ? Oui, sans doute. Je me connais, vous aussi, je suis un vagabond. Il faut s'y faire, il faut l'admettre, je n'arrive pas à rester un an au même endroit. Je m'ennuie trop vite. Je rêve toujours d'autres paysages. Mais ça n'empêche, j'ai envie de revenir. La période de Noël sera un bon test, je serai là deux semaines. Ce sera l'occasion de faire le point, d'analyser les points forts et les points faibles de cette décision. Mais je pense que mon choix est déjà en partie fait aujourd'hui. La preuve, je souris.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:12

J'ai beau chercher d'autres moyens, je n'en trouve pas. La rupture. L'écriture.


Certes, ce n'est pas ma première rupture, mais celle-ci a un goût très différent. Une rupture d'un commun accord. Consentement mutuel qu'il dirait. Une prise de décision à deux. Mais ça n'empêche pas la souffrance. Ça n'empêche pas le déchirement. Ça n'empêche pas la tristesse ou la colère. Cette fois, ce n'est pas contre l'autre. Ce n'est pas contre soi. C'est contre la vie. C'est contre l'amour. On y croyait, une fois de plus. La relation impossible. La relation de rêve. La rencontre improbable. Le voyage de fou. Et la fin du voyage, près de trois ans plus tard.

Nous nous sommes séparés avec Alba. C'était il y a une semaine de cela. Je revenais de deux mois en Afrique. La distance, cette salope. Et je me prépare à partir un an à Bordeaux. La distance, cette salope. Nous n'y arrivions plus. Nous n'en voulions plus. Finies les larmes des départs, finie la tristesse des kilomètres. Finie la souffrance de l'éloignement. Aujourd'hui, nous choisissons la douleur de la rupture. La peste ou le choléra. Ebola et le chikungunya.

Alors il y a deux sentiments qui s'affrontent. Le premier, celui qui restera, c'est le bonheur. Le bonheur de l'avoir rencontrée. Le bonheur d'avoir croisé sa route. Le bonheur d'avoir emprunté avec elle les chemins d'Asie et d'Europe. Ce bonheur d'avoir connu l'amour, d'avoir tant partagé, d'avoir tant vécu. Les rires, les sourires, ses yeux. Cette fille est géniale. Elle le restera à mes yeux.

Bien sûr, ce sentiment est actuellement bien caché derrière la tristesse. La tristesse de lui dire au revoir. La tristesse de la quitter. La tristesse de quitter trois ans de vie, trois ans de souvenirs, trois ans de moments mémorables passés ensemble. C'était avec elle, c'était l'unique. Quand je parle de l'Asie, elle est partout. Quand je parle de l'Allemagne, elle est partout. Quand je parlerai de mes 25, 26 ou 27 ans, elle sera là. Elle a partagé ma vie, et elle hantera mes souvenirs. C'est ainsi, c'est la vie.

C'est la vie. Si vous voulez mon avis, la vie est quand même une belle chienne. Elle vous promet des histoires d'amour à la Disney. L'amour d'une vie. Sur le modèle de nos grands-parents, on croit encore rencontrer LA fille, celle qui partagera tout avec nous. Problème de génération, problème de notre temps : LA fille n'existe plus. Ou de moins en moins. On a toujours un exemple ou deux autour de nous. Mais pour le reste, c'est la foire à la rupture. On passe tous par là. Et on s'en remet tous ! C'est triste et salvateur à la fois.
Alors dire au revoir à Alba, c'est dire au revoir à cette idée dont je rêvais tant : l'amour de jeunesse qui devient l'amour d'une vie. C'est ma troisième rupture, avec mon troisième amour de jeunesse. Plus le temps passe, et plus l'amour est fort. Mais moins je crois à cette idée de LA fille, à cette idée d'UN amour. L'amour arrive. L'amour dure. Et l'amour s'en va. Trois fois.

Dire au revoir à Alba, c'est dire au revoir à ma copine. Je veux dire à ma meilleure copine. Celle avec qui je partageais tout. Celle à qui je disais tout. Celle dont je savais tout. Peu à peu, au cours de la relation, la petite copine devient la grande copine, puis la meilleure copine. Le temps passé ensemble, la confiance qui s'installe, le partage... on passe forcément à ce stade. Et si je me suis fait à l'idée de dire au revoir à l'amour, une fois de plus, j'ai encore beaucoup de mal à me faire à l'idée de perdre ma meilleure copine. Pire encore, je déteste l'idée de dire adieu à une fille avec qui je viens de passer trois ans. Et le pire du pire, c'est que je sais que c'est inévitable.  


J'ai passé presque deux ans avec Amélie. J'ai passé presque deux ans avec Laura. Est-ce que je les revois aujourd'hui ? Non. J'ai recroisé Amélie une fois ou deux, il y a de nombreuses années. Je n'ai jamais recroisé Laura. Tu passes donc des années de ta vie avec quelqu'un, tu partages tout. Et du jour au lendemain, il n'y a plus RIEN. Plus de présence. Plus de conversation. Plus d'échange. Rien. Le vide. Adieu.

Le vide. C'est une sensation que je n'avais pas éprouvé depuis... bah depuis ma dernière rupture. La solitude, un peu (je suis bien entouré). Et le sentiment d'être perdu. Voilà, c'est ça. Avec Alba, je n'étais pas perdu. Je savais qu'elle était là. C'était un peu mon ancre, la seule chose dont j'étais à peu près sûr pendant près de trois ans. Aujourd'hui, l'ancre n'est plus là, et mon radeau de vie est au milieu de l'océan. Je ne sais plus trop quelle direction prendre. J'avais fait des plans. Mais des plans à deux. Est-ce que ces plans me conviennent toujours seul ? Non, clairement. Car quand on est seul, on n'a moins envie de se poser. Une idée me trotte déjà en tête : repartir. Voyager. Et fuir un peu, de cette façon, cette rupture.

Avec le temps va, tout s'en va. L'amour. Et la tristesse. Nous nous en remettrons. C'est ce que je lui souhaite. C'est ce que je me souhaite. J'ai toute une vie à réorganiser. J'ai une thèse à écrire. J'ai un déménagement à faire. Bordeaux. Tout ça évitera de me faire trop cogiter. Tout ça me permettra de reprendre un peu de goût à la vie. Et un jour, goût à l'amour. Mais pas maintenant. Il me faudra un peu de temps. Patience. Wir müssen geduldig sein.


D'ici là, je penserai à toi, souvent. Une chanson. Un film. Une phrase. Un bruit. Un paysage. Toutes ces petites choses de la vie qui me rappelleront ton souvenir. Qui me rappelleront le bonheur. Et ton sourire, ton rire. D'ici là, je penserai à cette rupture. J’essayerai de la comprendre. J'essayerai de l'expliquer, aux autres, autant qu'à moi. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Qu'est-ce qui nous a éloigné ? Qu'est-ce qui nous a fait nous quitter ? Pourquoi l'amour est mort ? Pourquoi la vie est triste ? Et peu à peu, je ferai le deuil. Je passerai par différents stades, de la tristesse à la colère, de l'envie d'isolation à l'envie de sortir à outrance. J'aurai à de nombreuses reprises ce mal de ventre au moment de lire un de tes messages. J'aurai même les larmes aux yeux, parfois. Et puis ça ira, un jour. Ça passera. C'est la vie, c'est ainsi. C'est la rupture. C'est un au revoir. Mais pas un adieu. Car on se retrouvera, un jour. Et on reparlera de tout ça, avec le sourire. Nos souvenirs. Ce coup de foudre. Une princesse. Un amour.

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