27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 11:03

Le lendemain de mon arrivée, je m'attaque à la vallée de Katmandou, le lieu culturel et historique du pays. C'est en bus que je rejoins le temple de Pashupatinath. Le ticket d'entrée est de 1 000 roupies népalaises (environ 10 euros), et je me retrouve face à un temple... où je n'ai pas le droit d'entrer ! C'est réservé aux Hindous (et mes deux mois de stage intensif temples hindous en Inde ne sont pas suffisants pour me faire passer !). Au passage les Népalais sont à 90% hindous, alors que je les pensais bouddhistes ! Dans les faits, les deux religions sont fortement mélangées et s'influencent mutuellement (Bouddha n'est finalement que le Luther/Calvin de l'hindouisme !). Pas grave, je vais voir ce qui se cache derrière... et je me retrouve à Varanasi ! Encore !

Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou

Le temple de Pashupatinath est l'un des plus sacrés du pays, et de l'hindouisme. La rivière Bagmati va se jeter dans le Gange, et c'est donc ici que les Népalais veulent effectuer leur dernier voyage. Ainsi, devant moi, c'est une nouvelle fois un crématorium à ciel ouvert.

Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou

L'endroit me plaît surtout pour toutes les stupas planqués au sein d'un petit bois en contrefort de la rivière. Alors que je me désaltère devant cette vue, je vois passer une vingtaine de policiers. Ils s'arrêtent et se précipitent derrière un bâtiment. Ressortent une dizaine de jeunes, entourés par leurs nouveaux gardes... c'est ça de fumer des substances prohibées ! Deux choses par rapport à cette histoire. La première, c'est que Katmandou était avec Goa le lieu des hippies jusqu'à la fin des années 1970, avec une politique très libertaire vis-a-vis des drogues (c'était en vente libre !). Les choses sont donc différentes aujourd'hui. Deuxième chose, c'est la présence des policiers et des militaires, importante tout au long de mon séjour. Cela s'explique par le contexte historique et actuel, qui m'était méconnu : le pays a connu une guerre civile jusque 2006-2007, et les élections ont lieu dans 3 jours ! Les premières depuis 20 ans ! J'imaginais le Népal comme un pays super tranquille, et j'apprends que la guerre civile a fait au bas mot 13 000 morts, que le premier ministre issu du parti maoiste est interdit de séjour dans l'UE et aux USA (car considéré comme un terroriste) et que le roi agissait en dictateur jusqu'à l'abolition de la monarchie en 2008 (à noter un repas en 2001 où toute une partie de la famille royale a été abattue, coucou game of Thrones). Bref, ils ont l'air un peu tendu !

Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou

A Bodnath, quelques kilomètres plus loin, c'est un immense stupa blanc qui est l'attraction. C'est un lieu de pèlerinage pour les bouddhistes, notamment tibétains (il y a d'ailleurs énormément de restaurants et magasins de souvenirs tibétains). Il faut tourner dans le sens des aiguilles d'une montre pour la découvrir. A noter qu'elle a été entièrement reconstruire après le tremblement de terre. Ce qui n'est pas vraiment le cas de Patan...

Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou
Dans la vallée de Katmandou

Durban Square, son attraction principale, est un immense chantier. Difficile dans ces conditions de s'extasier devant les monuments. Je décèle bien une inspiration chinoise-bouddhiste dans l'architecture, mais malheureusement souvent cachée par des bâches et échafaudages. Les 1 000 roupies d'entrée sont sans doute trop élevées aujourd'hui (à voir dans un an, et puis cet argent sert à la reconstruction...).

Les Népalais que je rencontre sont très sympas, quoique arnaqueurs avec les touristes (il faut diviser les prix des taxis par 2). Leur visage est différent des Indiens, et je vois aussi comme ça que j'ai passé une frontière : c'est un mélange des traits indiens, chinois et tibétains. Il en va de même pour l'architecture ou la nourriture : le riz lentille (dahl) indien est l'une des spécialités, avec les momos tibétains (qui sont en fait des dumplings chinois). Au niveau des vêtements c'est une vraie transformation, fini les saris ! Je vois des filles porter des vêtements à l'occidentale, et.... que vois-je.... des genoux !! La mentalité a donc bien évolué depuis l'Inde !

A noter que j'ai esquivé Bhaktapur, l'autre lieu culturel de la vallée de Katmandou, car le lieu serait autant en chantier que Patan.

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 01:22

Deux mois à remercier les douches froides. Et, ce soir, je remercie la douche chaude.

Varanasi-Katmandou. On m'annonce 14 heures de trajet, mais je suis maintenant toujours dubitatif concernant les durées annoncées par les Indiens. Il n'y a pas de train, ni de bus couchette. Bon, va pour le bus normal... merde y'a la clim ! Et je n'ai pas le choix ! Pour la première fois du voyage, je me retrouve quasiment avec autant de blancs que de locaux dans un bus. Un Tchèque est assis à côté de moi, deux Autrichiens un peu plus loin derrière me donnent des tuyaux trek au Népal, un Irlandais bien sympa au fond (ils sont toujours sympas ces Irlandais !). Le trajet jusqu'à la frontière est plutôt rapide. Le poste frontière Sonauli (Inde)-Bhairava (Népal), c'est une autre histoire. Le tampon de sortie du territoire indien est fait très rapidement. A peine sorti du bureau que le chauffeur m'envoie échanger mes roupies indiennes contre des roupies népalaises (ce n'est pas possible au Népal). Pas le temps d'avoir 15 secondes pour réfléchir, on me prend quasiment l'argent des mains, paf, pouf, me voilà avec des roupies népalaises ! Merde, je voulais me payer un dernier thé avant de partir ! Bon, le taux se révèle à peu près correct. Tous les étrangers ont le droit au même traitement puis direction le poste népalais. Là, c'est l'administration dans toute sa caricature. Il faut une photo, et 40 dollars. Ca a l'air si simple... Problème, les dollars doivent être propres, non chiffonnés, et dater d'après 2003 ! C'est à dire que si tu donnes 20 dollars de 2002, c'est comme si tu donnais 0 (ce n'est pas le seul endroit où c'est comme ça, les Birmans ayant la réputation d'être les champions du monde dans ce domaine). Pas de souci pour moi, j'ai été prévoyant à Varanasi. Mais je dois venir en aide à un couple hongro-allemand (j'avais 20 "vrais" dollars en rab, je me retrouve avec leurs 20 "faux" dollars), tandis que deux Hongrois luttent longtemps. Je croise à ce poste un Omanais qui arrive de son pays... à vélo, Je me dis que ça doit être génial... et puis je découvre les routes népalaises, qui vont me casser le dos. Le mot route est d'ailleurs inapproprié, puisque ce sont des cailloux posés de façon aléatoire à distance plus ou moins grande les uns des autres. Nous arrivons à Katmandou à 5h30 (donc avec 3h30 de retard sur la promesse indienne), et.... mais j'ai froid ! Drôle de sensation après 2 moins indiens !

25 Avril 2015. Magnitude de 7,9 sur l'échelle de Richter. Près de 9 000 morts, 20 000 blessés. Le Népal a souffert il y a deux ans d'un des plus forts tremblements de terre enregistrés sur son territoire. Je débarque dans Katmandou sans trop savoir ce qu'il en est, en me disant que 2 ans doivent être bien suffisants pour reconstruire.... naïf que je suis (ou ignorant). Le quartier de Durbar Square est le coeur historique de la ville. Et voilà son état actuel.

Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie

Je pensais voir les cicatrices du tremblement de terre, j'en vois les blessures, encore vives. Alors que j'observe tout ça, un chien surgit d'une maison, en coursant un autre. Sans raison, il dévie sa course... et vient me mordre la cuisse ! La surprise est telle que je réagis seulement d'un "aïe !" tandis que le canidé reprend sa route sous l'oeil médusé des locaux. C'est dans ces moments là qu'on se remercie d'avoir fait le vaccin anti-rage ! La morsure est superficielle, mais c'est mentalement qu'il y a le plus d'effets : je fais dès lors un détour et prépare ma défense à chaque fois que je croise une bête !

Katmandou est très vivante, et j'ai parfois l'impression que c'est plus densément peuplé que l'Inde.

Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie

Une partie des Népalais porte des masques, à la manière des Chinois. Pourquoi ? Même cause, mêmes effets : Katmandou est l'une des villes les plus polluées au monde. La faute à l'effet cuvette, puisque la ville est cernée de collines, pas vraiment visibles d'ailleurs, en raison d'un smog. La circulation est bien sûr la raison principale (énormément de motos, fini les tuks-tuks), tandis que la poussière, en partie due à la déconstruction/reconstruction post tremblement de terre, est omniprésente.

C'est vendeur, hein ?!

Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie

Il n'empêche, l'architecture locale, même endommagée, vaut le coup d'oeil. 

Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie
Katmandou la meurtrie
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 21:39

Liste d'attente. Je ne sais pas trop à quoi cela correspond, mais je valide. Pour la première fois, je prends mon ticket de train dans la catégorie sleeper, où une banquette est sensée m'être attribuée. Manque de chance pour moi, la liste d'attente ne bougera pas, et je me retrouve... sans siège. Il est 21h à Agra, et le train doit arriver à 8h à Varanasi... Pas très content, limite bougon, je décide de chercher un autre wagon où je pourrais, au moins, me trouver une place assise, quand... le train démarre ! Ni une, ni deux, je saute dans le premier wagon devant moi, le plus bondé.... c'est même difficile de tenir debout ! Je maudis ciel et terre, je repense à mon premier wagon avec nostalgie. Les Indiens se demandent ce que je fous là, avec mon gros sac sur les pieds. Le train ralentit. Je saute en dehors et je repars à l'assaut de mon premier wagon, que je ne retrouve pas. Mais, cette fois, avec de la chance, j'ai une place assise ! Au prix d'une couchette, mais qu'importe ! Et, sur les coups de 2-3 heures du matin, une famille m'ayant pris en pitié m'offre une couchette alors qu'elle s'apprête à descendre. Le train arrivera à Varanasi avec 6 heures de retard. J'ai faim. J'ai soif. Je suis sale. Bref, je suis prêt pour cette ville que l'on m'a plusieurs fois contée comme l'enfer indien, à tel point que j'ai vraiment hésité a venir.

Mon hôtel est dans le coin le plus touristique de la ville, qui est interdit aux voitures (et c'est quand même bien sympa pour le piéton que je suis !). Qu'est-ce qui se cache à Varanasi (ou Bénares, son autre nom) ? Le fleuve sacré, long de 2 510 kilomètres : le Gange.

Varanasi, le dernier voyage

Je longe le cours d'eau à plusieurs reprises au cours de mon séjour (c'est la seule vraie chose à faire ici). Je m'assois notamment près d'un temple plus connu que les autres, le Ghat de Manikarnika, d'où une fumée semble s'échapper. Je reste là plus d'une heure, en essayant de comprendre. Il y a des piles de bois, sur la rive, et dans les bateaux accostés. Ca s'agite. Un corps apparaît sur un brancard, porté par 4 Indiens. Il est déposé sur la pile de bois. Après plusieurs soins, un religieux débute une cérémonie. Il a de la paille ou du foin dans la main, et ça fume. Essaie-t-il de débarrasser cet homme de ses péchés ? C'est la purification du corps. Il remue sa main, une flamme apparaît, et il glisse l'ensemble dans la pile de bois. Le corps s'enflamme.

A Varanasi, il y a deux crématoriums à ciel ouvert. Les cérémonies s'enchaînent, et je peux compter jusqu'à 9 bûchers en même temps. Après plusieurs dizaines de minutes, l'homme est devenu cendre et poussière. Le groupe revient, un vase à la main. Il verse l'eau du Gange pour éteindre les braises. Il jette le vase, et tout le monde s'en va.
Autour, des vaches sont occupées à manger les fleurs de la cérémonie, des boeufs se défient, et il y en a même qui tentent de copuler. Des chiens aboient. Une musique retentit. Une nouvelle cérémonie débute. Le décor est saisissant et représente magnifiquement l'Inde : des traditions ancestrales mélangées à un bordel sacré...

Varanasi, le dernier voyage
Varanasi, le dernier voyage

A Varanasi, il faut faire une croisière sur le Gange. J'opte pour celle de fin de journée, quand le soleil est assez descendu, afin de voir les cérémonies depuis le bateau. Le fleuve est moins sale que ce que j'attendais, même si j'ai côtoyé le corps flottant d'un chien. La ville était 417ème au classement des villes les plus propres d'Inde en 2014, elle est classée 32ème aujourd'hui (ça rassure pas vraiment sur les autres !) De ce fait, je n'ai pas vu ou senti l'apocalypse à Varanasi. J'ai même apprécié ce lieu, malgré la propension des locaux à vouloir me faire prendre toutes sortes de drogues. Si la culture hindoue vous intéresse, c'est le lieu à visiter en Inde, celui du dernier voyage pour les Indiens. C'est d'ailleurs la ville qui accueille le plus grand nombre de pèlerins du pays. Des cérémonies religieuses ont lieu le soir sur les rives du fleuve, avec une grande audience. Je ne m'y sens pas vraiment à ma place. Je quitte cet endroit. Je quitte ce pays. Au revoir, Inde. Et merci.

Varanasi, le dernier voyage
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Varanasi, le dernier voyage
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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 02:47

Sardar Market Cirdikot. Clock Tower, Jaipur. Devant moi, des étals à n'en plus finir, des motos se frayant un chemin, et des milliers d'Indiens, vendant, achetant, négociant, ou se baladant. Il y a un homme avec un bonnet (alors qu'il doit encore faire 38 degrés à 17 heures !). Il y a les saris, orange et vert, rose et vert, jaune et rouge, seulement du rose, du noir ça et là. Il y a les bijoux, sur les poignets, sur les chevilles, au niveau du nez. Il y a une multitude de couleurs. Il y a des sourires. Il y a des cris. Il y a les enfants. Il y a bien 1 000 visages. Et, pourtant, aucun ne sera dans mon appareil photo.

 

C'est un débat que j'ai avec moi-même à chacun de mes voyages : dois-je prendre en photo les gens ? Pas seulement en toile de fond d'une photo de monuments ou de paysages, je veux dire que la personne soit le sujet de la photo ? D'un côté, il y a cette envie de capturer ces traits, et, de l'autre, la volonté de ne pas interférer dans l'espace privé. 

Je ne pense pourtant pas que les Indiens aient des problèmes avec le fait de les prendre en photo. C'est en Afrique que ça gênait le plus (même en toile de fond d'un paysage urbain). Ici, je l'ai déjà écrit, la jeune génération indienne (et pas que) est fan de selfie ; et on se prendrait même en photo avec un cendrier. Néanmoins, ma ligne de conduite reste la même, pas de photo des gens que je croise dans la rue. Plusieurs raisons.

La première, c'est que je refuse moi-même toutes les sollicitations de photo ou autre "selfie" de la part des Indiens. Je suis assez strict sur ce sujet, je me vois mal dans ces conditions demander des photos aux locaux.

La seconde, c'est l'impossibilité de prendre une photo naturelle, de l'instant, s'il on s'en tient aux règles : il faut d'abord demander avant de prendre une photo de quelqu'un. Demander a posteriori me semble déjà franchir la porte d'une maison et demander si l'on peut entrer...

La troisième raison, la plus importante aujourd'hui selon moi, c'est le fait de partager cette photo. Car si je prends la photo et qu'elle reste dans mon appareil, cela ne pose pas vraiment de problème. Mais, si après avoir demandé et pris la photo de quelqu'un, je la partage (en petit comité ou, pire encore, sur la toile), cela pose la question de la vie privée. J'ai beau avoir demandé avant de prendre la photo, je n'ai pas demandé "je peux te montrer au monde entier, tu as une tête qui est bien sympathique ?". C'est quelque chose qu'on ne ferait peut-être même pas avec nos amis (taguer sur Facebook sans demander est de moins en moins la mode). Alors, parce que c'est un Indien qui vit à l'autre bout du monde, on s'autoriserait à la faire ?

Dans ces conditions, je m'abstiens donc, et c'est pour ça que les gens, les Indiens, les Sri Lankais, ne semblent pas vraiment exister en tant que tels dans mes photos. Mais ils restent dans mon cerveau ; et c'est peut-être la seule chose que je garde exclusivement pour moi dans mes voyages : les visages.

 

Attention, ce débat est loin d'être clos, Je rencontre beaucoup de voyageurs pour qui la population est le plus beau des sujets. Je comprends d'ailleurs cet attrait, mais je ne suis pas toujours d'accord avec les règles déontologiques utilisées (je sors les grands mots, mais j'ai quand même donné un cours d'éducation civique sur un sujet similaire !). Photos volées et partagées font trop souvent partie des mauvais comportements, me semble-t-il.

J'opte donc pour les photos de dos, ou de 3/4, au plus de profil. 

La vraie différence, c'est quand je passe du temps avec quelqu'un. Apres 15-20 minutes, à discuter, à rigoler, et si le visage m'est sympathique, je n'hésite plus à demander une photo. Ce n'est plus l'étranger, la barrière est ouverte : j'ai passé le seuil de sa maison, après avoir été invité.

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 01:36

Il y a eu la Tour Eiffel. Les Pyramides. Big Ben. La tour de Pise. La Statue de la liberté, La Grande Muraille. Les temples d'Angkor. Le Taj Mahal s'ajoute à ma liste des monuments construits par l'homme qui, rien que par le nom, font apparaître une image. J'avais l'impression de déjà connaître le Taj Mahal avant de le voir, pour de vrai. Ce n'était pas le cas des forts ou palais du Rajasthan, de Mysore, ce n'était pas le cas des ruines d'Hampi. La sensation est de ce fait différente : la surprise n'est pas là ; et j'ai l'impression d'entrer dans une image, celle qui était accrochée au mur de ma chambre à Rennes. La photo avait été prise par mon ex-copine finlandaise, et elle a trôné devant moi pendant un an, avant de rejoindre le grenier, où elle doit toujours être posée quelque part. C'est cette photo qui trotte dans mon esprit alors que j'entre dans l'enceinte du palais. Les guides de voyage conseillent de venir aux premières heures de l'aurore ou en fin de journée. J'ai fait exactement l'inverse, puisque je suis la à midi ! La cagnard est là, et je me dis que les Indiens doivent l'être un peu moins. Pas manqué, je suis loin d'être bousculé, et le contre-jour n'existe pas. Et me voici dans ma photo.

Le Taj Mahal

Après les pyramides, voila un nouveau tombeau qui en jette aux vivants. De sorte à devenir immortel ?

Le Taj Mahal
Le Taj Mahal
Le Taj Mahal

Les inscriptions et la blancheur du marbre renvoient la pureté, celle-ci étant amoindrie à l'intérieur par des Indiens on ne peut plus bruyants. Le dedans est austère, et il ne faut pas s'attendre à des merveilles : des pièces blanches et vides, hormis les tombeaux au centre du grand dôme.

Autour du bâtiment principal, une mosquée, un temple et la porte d'entrée, l'ensemble se rejoignant par un haut mur d'enceinte. Au milieu, des petits jardins, fontaines, et autres verdures. Le lieu est agréable.

Le Taj Mahal
Le Taj Mahal
Le Taj Mahal
Le Taj Mahal

La vie à Agra tourne autour du Taj. Certes, il y a bien un beau fort, surtout de l'extérieur, mais c'est à peu près tout.

Le Taj Mahal

Les chauffeurs essaient bien de te vendre le "bébé Taj", mais c'est illusoire : rien n'est comparable au Taj Mahal. Ca sera le plus beau bâtiment de mon voyage indien, ça sera le plus grandiose, le plus "wouah", le plus avec des frissons sur les bras, le plus avec des larmes d'émotion qui te montent au-dessus des narines. Le Taj Mahal, c'est le point où je me dis que j'ai déjà réussi mon voyage.

Le Taj Mahal
Le Taj Mahal
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 01:39

J'ai hésité avant de me rendre à Jaipur. Ce n'est pourtant pas très loin de Jodhpur (6h de train), et c'était sur ma route. Mais plusieurs personnes en avaient une souvenir contrasté, si bien que j'ai failli faire l'impasse. Et quel dommage ça aurait été !

Jaipur est la capitale du Rajasthan. Loin de Jaisalmer et ses 70 000 habitants, Jaipur rassemble 3 millions d'individus.... pas mal pour une ville fondée en 1727. Forcément, l'ambiance est différente ! Oui, la ville est un peu plus sale que les autres, et ça ne sert pas vraiment à grand chose de déambuler comme dans les autres colorées du Rajasthan. Ici, c'est plutôt la technique du Chinois : tu loues un tuk-tuk et tu fais les visites à la suite. Comme je sors de 3 villes découvertes à pied, ça ne m'a pas dérangé !


J'ai commencé par le quartier rose de la ville (aucun lien avec les quartiers rouges d'autres villes). Pourquoi est-ce rose ? Apparemment, la ville a été peinte pour la visite d'un roi anglais, et le rose serait la couleur de bienvenue ! Bon, pour moi, c'est plutôt un rose très saumoné, pas très loin du orange ! Mais c'est vrai que le centre-ville a une belle allure.

Jaipur l'assiégée

Ce bâtiment au premier plan, c'est le Hawa Mahal, le Palais des vents. Construit en 1799, il s'élève sur 5 étages. Bon, ne nous mentons pas, la façade est juste la plus incroyable que j'ai jamais vue !!!

Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée

Juste à côté, le Jantar Mantar est un observatoire astronomique. Il est classé au patrimoine mondial de l'Unesco, car il a été construit entre 1727 et 1733 ! Apparemment, les 17 instruments pourraient encore être utilisés aujourd'hui (même si l'humanité a fait quelques découvertes depuis). Donnant l'heure, la position des planètes, cadran équatorial le plus grand du monde... il y en a pour tous ! Dommage que l'audioguide soit compliqué à suivre (et surtout avec une voix criarde a étrangler un chat).

Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée

Pour une fois, j'ai esquivé le palais de la ville, car il n'était pas compris dans mon ticket groupé (et ce n'est pas le plus impressionnant). J'ai tout de même croisé le Jal Mahal, au milieu d'un lac. Dommage que le petit détail sur la gauche soit là, avec beaucoup d'amis....

Jaipur l'assiégée

Puis, c'est direction le fort d'Amber. Nous sommes ici à une dizaine de kilomètres de Jaipur, et Amber était la ville principale autrefois. Parmi tous les forts du Rajasthan, s'il faut en choisir un, ce serait lui. Le paysage autour, désert, puis un lac, puis deux autres forts au dessus, rend le lieu magistral. 

Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée

Surtout, le fort a ses propres jardins intérieurs, et, du fait de sa taille, on se retrouve souvent seul. Le soleil semble cogner la peinture, et le lieu fait vraiment abandonné en plusieurs endroits.

Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée

Vers la sortie, j'ai pris un tunnel qui passe sous le fort, et qui rejoint à l'intérieur d'un mur de fortifications le fort de Jaigarh. Et ce malgré les singes qui me regardaient de travers (et semblaient lorgner mes lunettes de soleil).

Jaipur l'assiégée
Jaipur l'assiégée

A Jaipur, il y a également possibilité de voir le temple des singes ou de faire une balade en éléphant, mais j'ai esquivé. A noter que dans l'internet café d'où j'écris ce récit, j'ai surpris le patron en train de regarder des vidéos pornos. Et je viens de voir dans l'historique de la veille "homme éjaculant dans un porc"..... d'accord, bon, que dire après ça.... Ah, si, je pars vers le Taj Mahal !

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 03:24

Loin de porter des peaux de bêtes et des plumes, les Indiens ont un look à part : sari pour les femmes, la dhoti ou veshti (le pantalon de Gandhi) pour les hommes. La moustache est à la mode (moi-aussi du coup). Chose amusante : les vieux messieurs se teignent les cheveux... en orange ! Ils m'expliquent que les cheveux blancs, ce n'est pas très joli.... Bon, je veux bien que les goûts et couleurs ne se discutent pas, mais, tout de même, orange pétant, sur la tête ??!

 

Je vous ai déjà expliqué 2-3 choses amusantes/énervantes à propos des Indiens : le non de la tête qui veut dire oui (surtout dans le sud en fait), le fait de pousser pour entrer dans les transports, ou de crier au téléphone. Il y a aussi des choses spécifiques avec moi, le touriste. Déjà, ils ont l'habitude de me faire signe de la main, l'air de dire "viens me voir". Moi, je suis têtu (enfin, en Inde, pas vraiment en France), et je leur dis de venir eux-mêmes. Car, souvent, ils sont tranquillement assis à 200 mètres de moi, et veulent me dire un truc, et ça serait à moi de lever mes fesses ! "Where from ?" est la première question, littéralement "d'où ?", c'est la question de base ! Puis vient "name ?" C'est facile, à chacune de mes conversations, j'ai l'impression de remplir un document administratif ! Surtout que l'enchaînement traditionnel est "married ?". 

Le fait d'être marié est essentiel dans le culture indienne. A tel point que ma réponse a sacrément varié : je suis passé de "non" à "oui" ! Non pas que je me sois marié sur place, mais ça facilite les choses pour échapper au sujet. Car si tu réponds non, c'est l'interrogatoire : "quel âge ?", "pourquoi ?", voir même "homosexuel ?". Les Indiens ont, en grande majorité, des mariages arrangés : ce sont les parents qui décident de ton futur mari ou de ta future femme, avec qui tu dois passer toute ta vie (car il n'est pas question de divorcer, sauf situation extrême). Dans les grandes villes ou dans les couches les plus éduquées, c'est plus diversifié et la société évolue peu à peu vers les "love mariages" (et puis les "love divorces" hum hum).

Grâce à Coucchsurfing, j'ai ainsi rencontré Aneesh, à Kochi. Agé de 32 ans, il était à un mois de se marier, avec une fille qu'il avait vue.... 3 fois. Je tombe sur un garçon comme vous et moi, ayant un peu voyagé en Europe (donc un esprit moins convervateur que la moyenne indienne), et qui flippe. Il ne savait pas s'il avait vraiment envie de se marier, mais il n'avait pas le choix : les 1 000 invités étaient prévenus ! (oui, les mariages indiens c'est quelque chose !). C'est une fille de son village natal qui va devenir sa femme, et ils vivront ensemble toute une vie. La pression de la société est énorme, surtout de la part des parents. Ainsi, ce sont eux qui remplissent ton profil sur les sites de rencontre ! Aneesh m'a montré, c'est une folie ! Ils choisissent pour toi le métier de ta future femme, sa taille, sa couleur de peau (plus c'est clair et mieux c'est...), sa caste, et son signe astrologique (et c'est peut-être le plus important !). Bref, toujours est-il qu'Aneesh m'a invité à son mariage, mais j'étais à 3 000 kilomètres de là (et il est marié aujourd'hui).

 

Au fur et à mesure de la conversation, l'Indien essaie de t'amener...dans son magasin, souvent via une tasse de thé (oui, c'est comme au bled !). D'ailleurs c'est pas vraiment son magasin, mais celui de son oncle, ou de son cousin ! (ils sont en fait à la recherche d'une commission). Une autre demande très importante : "smoke ??". Le haschich est la spécialité de l'Inde du Sud, quand la marijuana serait celle de l'Inde du Nord. Et il y en a partout, et pas que : je refuse régulièrement de la cocaïne, de l'hérïine, du LSD et plus récemment de l'opium !

Les Indiens ont un rapport particulier avec la température ; ils me répètent régulièrement : "il fait chaud", ce à quoi je réponds, "je sais, c'est l'Inde !". Pour eux, pas question de marcher 500 mètres sous 35 degrés. Alors quand je leur explique que je marche toute la journée.... "AC ?", la clim ? Là, c'est une histoire d'amour ; en grand sur les routes, à la télévision, la publicité pour la clim est partout. Personnellement, je n'aime pas trop ça. De ce fait, à choisir entre une chambre avec clim ou ventilo... j'opte sans hésitation pour la seconde, à la grande détresse des locaux. Et pour cause, c'est leur principal argument de vente, avec "wifi gratuit !" Décidément, je suis un mauvais client, moi qui voyage sans ordinateur ou smartphone. Leur dire que je viens de Mercure les surprendrait moins ! Car les Indiens sont fans de What's App, de Facebook et... des selfies. C'est d'ailleurs l'argument de masse dans chaque publicité pour un téléphone : "le meilleur pour les selfies !" (ce sont souvent des blanches dans les pubs...). Personnellement, j'ai envie de décréter le selfie et sa foutue perche grande cause nationale, voir mondiale ! Je refuse souvent les photos d'ailleurs (j'évoque ce sujet prochainement).

Autre incompréhension (question d'éducation), c'est au restaurant. Déjà, le serveur te demande si tu veux le plat que tu commandes en une seule unité.... euh, oui. Quand tu es à plusieurs, les repas arrivent avec un gros délai. Et surtout, ne lâche pas ton couvert 3 secondes, sinon il se jette sur le plat pour te débarrasser ! Bon, après une semaine, j'ai opté pour les couverts pour les plats à base de riz, faut pas déconner non plus ! A noter que l'on ne sert pas d'alcool dans les restaurants, et qu'ils sont souvent végétariens (je ferai un article sur la nourriture un jour).

La religion, majoritairement hindoue, minoritairement musulmane, est très importante. On me dit que c'est l'un des éléments stabilisateurs de la société. Je suis un peu circonspect, à la vue des relations parfois (souvent) difficiles qu'entretient l'Inde avec le Pakistan voisin. On peut parler de haine partagée, et le match de cricket entre les deux pays est sans aucun doute le nouveau grand champ de bataille : interdiction de défaite ! 
Le sport national est donc le cricket (c'est la saison en ce moment, et j'ai fini par comprendre les règles ! et même à aimer ça !), quoique historiquement ce soit le hockey sur gazon. Il y a aussi du polo et du badminton à la télévision (c'est d'ailleurs bizarre de regarder un match de badminton à la télé). Et les Indiens aiment aussi particulièrement... le catch américain (et ça c'est triste !). Ils ne me croient d'ailleurs pas quand je leur dis que c'est un spectacle. Le football est également présent (je peux même voir des matchs de Ligue 1 en direct !) Autre chose, par rapport à la télévision : il y a énormément de publicités, et c'est toujours les mêmes. Tu peux voir une publicité pour un téléphone 70 fois pendant un seul match de cricket (et tu te surprends en train de répéter les phrases tel un robot). J'ai aussi zappé sur les débats politiques.... c'est à qui hurlera le plus fort ! Pour les films, Bollywood a la côte, des séries comiques (quoique bien lourdes) aussi, et les grosses productions hollywoodiennes arrivent jusqu'ici (vous savez, les films avec des gros muscles, des grosses bagarres, des gros effets spéciaux et des tout petits scénarios...).

Voila pour mes quelques observations sur les Indiens. C'est bien sur loin d'être complet, et c'est peut-être un peu réducteur, mais c'est ce qui me saute le plus aux yeux ici.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 02:00

Je continue ma tournée du Rajasthan coloré avec celle dont j'attendais peut-être le plus au départ : Jodhpur. Faut dire, une ville bleue, ce n'est pas tous les jours ! 

Jodhpur la bleue

Quelle idée de peindre sa maison en bleu ! Mais il y a une explication : le bleu était la couleur des brahmanes, la caste religieuse en Inde. La maison bleue signifiait donc que la maison était celle d'un religieux. Bon, j'ai entendu d'autres explications, comme le fait que le bleu soutient bien la chaleur, qu'il repousse les moustiques ou que la peinture bleue... était la moins chère ! (bizarrement j'ai plutôt tendance à croire celle-là !).

Bon, toute la ville n'est pas bleue, loin de là. Il y a des quartiers spécifiques, et, c'est vrai, la ville est beaucoup plus bleue que les autres ! Néanmoins, j'imaginais ça vraiment bleu partout.

Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue

A Jodphur, il y a un fort qui surplombe la ville.... oui, je sais, c'est la même histoire qu'à Jaisalmer ! Cette fois, le fort de Mehrangarh appartenait à la famille des Rathor, une famille qui s'est alliée avec l'Empire Moghol. 122 mètres de haut, et infranchissable, hormis par la porte principale. Car j'ai essayé de faire le tour, de trouver une autre entrée... rien ! La différence avec Jaisalmer, c'est que le fort n'est plus habité, c'est aujourd'hui un grand musée. Avec l'audio-guide compris dans le prix de mon ticket étudiant, la visite est agréable. J'apprends notamment que la ville fut un grand centre de commerce d'opium (et que la consommation existe encore dans certains villages).

Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue

Après une balade en centre-ville, je me retrouve sur Internet chez un type qui fait principalement des impressions et des photocopies. Il n'y a qu'un seul ordi, forcément je le gêne ! Mais le type veut que je reste là. 15 minutes plus tard, alors que j'ai fini, il me demande de l'aider à faire une page de publicité pour sa propre entreprise. Puis je tape le CV d'une jeune Indienne. Une journée à Jodhpur et j'avais déjà une proposition d'embauche ! Je suis resté là deux heures, à lui expliquer comment utiliser Wordart et les produits Microsoft.

Jodhpur la bleue

Bon, je ne suis quand même pas ici pour bosser ! Le lendemain, je grimpe vers le "Taj Mahal" local... clairement ils se font plaisir sur la comparaison ! Le Jaswant Thada est un petit palais construit par un maharadja pour la mort de son père. De là, la vue sur le fort est vraiment sympa.

Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue

J'ai ensuite pris un tuk-tuk direction le palais, plutôt éloigné. Si d'extérieur il est impressionnant, le musée à l'intérieur n'est vraiment pas terrible.

Jodhpur la bleue

Enfin, et pour une fois, j'ai pris une photo d'un fort la nuit, ça rend pas mal non plus ! 

Jodhpur la bleue

Direction Jaipur, la ville rose ! (aucun rapport avec Toulouse je crois)

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 02:43

Un immense fort surplombe la ville jaune. Et, 90 kilomètres devant, le Pakistan.

Jaisalmer est la ville la plus à l'Ouest de mon périple. Je la rejoins en bus de nuit, où, pour une fois, j'avais une couchette. Quoique j'utiliserais plutôt le terme de cercueil, car je suis en fait dans une mini-cabine quasi insonorisée, entourée par des rideaux de mauvais goût. 1m80 est la taille maximale selon les Indiens, je réalise donc, au cours de la nuit, de très beaux numéros de contorsionniste ; sans les rideaux j'aurais certainement eu le droit à une standing ovation sur les coups de 4 heures du mat' !

La ville est magnifique. Tout d'abord il y a ce fort majestueux, encore habité par près d'un quart de la population, et qui s'apprécie autant de l'extérieur que de l'intérieur. Ce qui m'a fasciné le plus dans cette ville, ce sont les façades, énormément travaillées, sculptées, décorées (et pas seulement dans le fort).

Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert

J'avale les kilomètres le premier jour, malgré les 40 degrés (il faisait 45 degrés il y a 3 jours, je m'estime donc chanceux). Je profite de la quiétude du lac, puis je surplombe la ville sur un petit fort et, enfin, dans un cimetière !

Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert

En plus d'être venteuse et poussiéreuse (sableuse sans doute), Jaisalmer est LA ville des animaux : je n'en ai pas vu autant ailleurs. Des vaches et des chiens, je commence à en avoir l'habitude, des chèvres, bon, des cochons sauvages, ça, c'est nouveau ! Et, tiens, un dromadaire ! Forcément la circulation est sympa ! Je me bats également avec une armée de moustiques au cours de ma dernière nuit, qui fut celle de vomito 2, le retour.

Jaisalmer, fille du désert

Jaisalmer, c'est surtout la porte du désert. Je ne suis pas trop à faire des excursions organisées, mais quand tu réfléchis à "désert" et "40 kilomètres de la frontiere pakistanaise", tu te dis que c'est peut-être la meilleure solution ! Et c'est parti pour un petit safari en dromadaire. C'est ma troisième fois sur ce drôle d'animal (après l'Egypte et la Mongolie), et ça me confirme bien quelque chose  je m'ennuie très vite à monter un animal (évitons les blagues salaces, merci !). Mais ce n'est pas tant pour l'animal que pour les dunes de Sam que je suis venu. Nous sommes dans le désert du Thar, à la frontière (quasi-infranchissable) indo-pakistanaise. Le paysage est magnifique (quand on aime le sable !). Le coucher de soleil est jaune pâle, comme si le désert se reflétait dans l'astre (ce sera le cas tous les jours). Nous passons la nuit sur un lit à même les dunes, observant les millions d'étoiles scintiller (merci l'absence de lune !).

Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert

Il est sympa ce voyage.

Quelle gravité ?
Quelle gravité ?

Quelle gravité ?

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:13

Il y a 5 ans de cela, j'avais fait un article similaire, et ce fut le plus lu sur l'ensemble de mon blog le mois dernier, actualité oblige. En vue du deuxième tour, je réactualise mes arguments (car ça n'a pas l'air clair pour tout le monde !). Pourtant, il y a bien 10 bonnes raisons, au moins, pour ne pas voter Marine Le Pen.

 

1 - Car ça lui laissera le temps d'aller voir les juges. 

Pour crier au "tous pourris", il y a du monde ; pour répondre à une convocation en raison d'un présumé emploi fictif européen, y'a plus personne ! Donnons-lui du temps !

 

2 - Pour qu'elle puisse se réconcilier avec son père.

On le sait tous, les histoires de famille sont toujours compliquées. On espère bien sûr que leur brouille va bientôt se terminer, et ne pas voter pour elle lui laissera le temps d'organiser un petit resto en tête à tête. Papa lui parlera peut-être du policier assassiné, et plus célébré selon lui parce que homosexuel que policier. Ah, ça, il a toujours le bon mot au bon moment.

 

3 - Afin de reprendre sa place de présidente du FN, sa vraie place.

A peine le poste quitté qu'un négationniste l'avait récupéré ! Ah, ces détails de l'histoire...

 

4 - Parce que son parti reste un repaire de fascistes.

Oh, oui, Marine Le Pen a presque réussi à dédiaboliser le discours du Front Nazional. Et je ne suis pas sûr qu'elle même soit raciste ou totalitaire. Mais je suis sûr que la base, ses militants, sont les mêmes qu'avec son père : racistes, excluant l'autre, vouant un culte aux dictateurs, et prêts à entreprendre des actions violentes pour "sauver la France". Il est là le danger. Attention, je n'écris pas que tous ses électeurs sont ainsi, ce serait une erreur, mais une bonne partie des militants les plus actifs le sont.

 

5 - Parce que son programme économique est le pire.

Fermer les frontières, quitter la zone euro (mais garder un moment cette monnaie, en même temps qu'une autre monnaie... même eux ne savent plus comment l'expliquer !), s'isoler de nos voisins... Marine Le Pen et le FN sont restés au 19ème siècle. L'économie est au 21ème ; vouloir aller à son encontre va empirer la situation.

 

6 - Parce qu'elle veut un Frexit.

Je reprends l'argumentation : l'UE ne fonctionne pas, donc on doit quitter l'UE. Donc, si une région française considère que le pays ne fonctionne pas, elle doit quitter la France ? Et si ma commune ne fonctionne pas, je reste seulement avec les gens de ma rue ? C'est un raisonnement par l'absurde, je sais. Je pense fort que l'UE a besoin de changements profonds (et démocratiques), mais casser la machine n'améliorera pas notre situation, bien au contraire.

 

7 - Parce qu'elle veut nous emmener vers une société de division.
Je ne crie pas au loup, ou à la guerre civile. Mais je considère que le programme du FN oppose les gens : les migrants aux Francais, les musulmans aux autres (elle a tout de même comparé leur prière a l'occupation allemande !), les Roms, les gens du voyage... et toutes les minorités possibles sur lesquelles le FN aime taper.

 

8 - Parce qu'elle souhaite rétablir la peine de mort.
Je pense à Omar Raddad, ou à tous les présumés coupables d'Outreau que le FN aurait volontiers envoyés à l'échafaud..

 

9 - Parce qu'elle a Dupont avec elle.

Tintin, pourquoi pas, mais Dupont, soyons sérieux...

 

10 - Parce que si elle est élue, je vais finir ma vie à Katmandou, à la recherche de Tchang, mon ami tibétain, dont l'asile aura été refusé par l'administration frontiste !



Je n'ai pas évoqué le népotisme par lequel elle est arrivée a son poste, sa vie de château en nous faisant le coup de "je suis la voix du peuple", ses bals à Vienne avec les néonazis, ses mensonges réguliers (toute la viande à Paris est halal....), les entraves à la liberté de presse (regardez comment les journalistes de Quotidien se sont fait dégager, ça vous donne une idée de la liberté d'expression à venir), ou la peur que j'ai de voir évoluer les programmes d'histoire (ah, ça, Pétain, il n'avait pas le choix ; la colonisation ? bien sûr qu'il y a eu beaucoup d'effets bénéfiques... etc). Alors laissons les Américains avoir la honte internationale, et laissez-moi revenir dans un pays que j'aime et dont je serai à peu près fier ! 

VOTER MACRON
(on peut toujours être en désaccord avec certains points de son programme, on ira manifester le jour J ; pas sûr qu'avec le Front Nazional on ait le droit de manifester aussi librement !)

10 raisons pour ne pas voter Marine Le Pen
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