6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 03:24

Loin de porter des peaux de bêtes et des plumes, les Indiens ont un look à part : sari pour les femmes, la dhoti ou veshti (le pantalon de Gandhi) pour les hommes. La moustache est à la mode (moi-aussi du coup). Chose amusante : les vieux messieurs se teignent les cheveux... en orange ! Ils m'expliquent que les cheveux blancs, ce n'est pas très joli.... Bon, je veux bien que les goûts et couleurs ne se discutent pas, mais, tout de même, orange pétant, sur la tête ??!

 

Je vous ai déjà expliqué 2-3 choses amusantes/énervantes à propos des Indiens : le non de la tête qui veut dire oui (surtout dans le sud en fait), le fait de pousser pour entrer dans les transports, ou de crier au téléphone. Il y a aussi des choses spécifiques avec moi, le touriste. Déjà, ils ont l'habitude de me faire signe de la main, l'air de dire "viens me voir". Moi, je suis têtu (enfin, en Inde, pas vraiment en France), et je leur dis de venir eux-mêmes. Car, souvent, ils sont tranquillement assis à 200 mètres de moi, et veulent me dire un truc, et ça serait à moi de lever mes fesses ! "Where from ?" est la première question, littéralement "d'où ?", c'est la question de base ! Puis vient "name ?" C'est facile, à chacune de mes conversations, j'ai l'impression de remplir un document administratif ! Surtout que l'enchaînement traditionnel est "married ?". 

Le fait d'être marié est essentiel dans le culture indienne. A tel point que ma réponse a sacrément varié : je suis passé de "non" à "oui" ! Non pas que je me sois marié sur place, mais ça facilite les choses pour échapper au sujet. Car si tu réponds non, c'est l'interrogatoire : "quel âge ?", "pourquoi ?", voir même "homosexuel ?". Les Indiens ont, en grande majorité, des mariages arrangés : ce sont les parents qui décident de ton futur mari ou de ta future femme, avec qui tu dois passer toute ta vie (car il n'est pas question de divorcer, sauf situation extrême). Dans les grandes villes ou dans les couches les plus éduquées, c'est plus diversifié et la société évolue peu à peu vers les "love mariages" (et puis les "love divorces" hum hum).

Grâce à Coucchsurfing, j'ai ainsi rencontré Aneesh, à Kochi. Agé de 32 ans, il était à un mois de se marier, avec une fille qu'il avait vue.... 3 fois. Je tombe sur un garçon comme vous et moi, ayant un peu voyagé en Europe (donc un esprit moins convervateur que la moyenne indienne), et qui flippe. Il ne savait pas s'il avait vraiment envie de se marier, mais il n'avait pas le choix : les 1 000 invités étaient prévenus ! (oui, les mariages indiens c'est quelque chose !). C'est une fille de son village natal qui va devenir sa femme, et ils vivront ensemble toute une vie. La pression de la société est énorme, surtout de la part des parents. Ainsi, ce sont eux qui remplissent ton profil sur les sites de rencontre ! Aneesh m'a montré, c'est une folie ! Ils choisissent pour toi le métier de ta future femme, sa taille, sa couleur de peau (plus c'est clair et mieux c'est...), sa caste, et son signe astrologique (et c'est peut-être le plus important !). Bref, toujours est-il qu'Aneesh m'a invité à son mariage, mais j'étais à 3 000 kilomètres de là (et il est marié aujourd'hui).

 

Au fur et à mesure de la conversation, l'Indien essaie de t'amener...dans son magasin, souvent via une tasse de thé (oui, c'est comme au bled !). D'ailleurs c'est pas vraiment son magasin, mais celui de son oncle, ou de son cousin ! (ils sont en fait à la recherche d'une commission). Une autre demande très importante : "smoke ??". Le haschich est la spécialité de l'Inde du Sud, quand la marijuana serait celle de l'Inde du Nord. Et il y en a partout, et pas que : je refuse régulièrement de la cocaïne, de l'hérïine, du LSD et plus récemment de l'opium !

Les Indiens ont un rapport particulier avec la température ; ils me répètent régulièrement : "il fait chaud", ce à quoi je réponds, "je sais, c'est l'Inde !". Pour eux, pas question de marcher 500 mètres sous 35 degrés. Alors quand je leur explique que je marche toute la journée.... "AC ?", la clim ? Là, c'est une histoire d'amour ; en grand sur les routes, à la télévision, la publicité pour la clim est partout. Personnellement, je n'aime pas trop ça. De ce fait, à choisir entre une chambre avec clim ou ventilo... j'opte sans hésitation pour la seconde, à la grande détresse des locaux. Et pour cause, c'est leur principal argument de vente, avec "wifi gratuit !" Décidément, je suis un mauvais client, moi qui voyage sans ordinateur ou smartphone. Leur dire que je viens de Mercure les surprendrait moins ! Car les Indiens sont fans de What's App, de Facebook et... des selfies. C'est d'ailleurs l'argument de masse dans chaque publicité pour un téléphone : "le meilleur pour les selfies !" (ce sont souvent des blanches dans les pubs...). Personnellement, j'ai envie de décréter le selfie et sa foutue perche grande cause nationale, voir mondiale ! Je refuse souvent les photos d'ailleurs (j'évoque ce sujet prochainement).

Autre incompréhension (question d'éducation), c'est au restaurant. Déjà, le serveur te demande si tu veux le plat que tu commandes en une seule unité.... euh, oui. Quand tu es à plusieurs, les repas arrivent avec un gros délai. Et surtout, ne lâche pas ton couvert 3 secondes, sinon il se jette sur le plat pour te débarrasser ! Bon, après une semaine, j'ai opté pour les couverts pour les plats à base de riz, faut pas déconner non plus ! A noter que l'on ne sert pas d'alcool dans les restaurants, et qu'ils sont souvent végétariens (je ferai un article sur la nourriture un jour).

La religion, majoritairement hindoue, minoritairement musulmane, est très importante. On me dit que c'est l'un des éléments stabilisateurs de la société. Je suis un peu circonspect, à la vue des relations parfois (souvent) difficiles qu'entretient l'Inde avec le Pakistan voisin. On peut parler de haine partagée, et le match de cricket entre les deux pays est sans aucun doute le nouveau grand champ de bataille : interdiction de défaite ! 
Le sport national est donc le cricket (c'est la saison en ce moment, et j'ai fini par comprendre les règles ! et même à aimer ça !), quoique historiquement ce soit le hockey sur gazon. Il y a aussi du polo et du badminton à la télévision (c'est d'ailleurs bizarre de regarder un match de badminton à la télé). Et les Indiens aiment aussi particulièrement... le catch américain (et ça c'est triste !). Ils ne me croient d'ailleurs pas quand je leur dis que c'est un spectacle. Le football est également présent (je peux même voir des matchs de Ligue 1 en direct !) Autre chose, par rapport à la télévision : il y a énormément de publicités, et c'est toujours les mêmes. Tu peux voir une publicité pour un téléphone 70 fois pendant un seul match de cricket (et tu te surprends en train de répéter les phrases tel un robot). J'ai aussi zappé sur les débats politiques.... c'est à qui hurlera le plus fort ! Pour les films, Bollywood a la côte, des séries comiques (quoique bien lourdes) aussi, et les grosses productions hollywoodiennes arrivent jusqu'ici (vous savez, les films avec des gros muscles, des grosses bagarres, des gros effets spéciaux et des tout petits scénarios...).

Voila pour mes quelques observations sur les Indiens. C'est bien sur loin d'être complet, et c'est peut-être un peu réducteur, mais c'est ce qui me saute le plus aux yeux ici.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 02:00

Je continue ma tournée du Rajasthan coloré avec celle dont j'attendais peut-être le plus au départ : Jodhpur. Faut dire, une ville bleue, ce n'est pas tous les jours ! 

Jodhpur la bleue

Quelle idée de peindre sa maison en bleu ! Mais il y a une explication : le bleu était la couleur des brahmanes, la caste religieuse en Inde. La maison bleue signifiait donc que la maison était celle d'un religieux. Bon, j'ai entendu d'autres explications, comme le fait que le bleu soutient bien la chaleur, qu'il repousse les moustiques ou que la peinture bleue... était la moins chère ! (bizarrement j'ai plutôt tendance à croire celle-là !).

Bon, toute la ville n'est pas bleue, loin de là. Il y a des quartiers spécifiques, et, c'est vrai, la ville est beaucoup plus bleue que les autres ! Néanmoins, j'imaginais ça vraiment bleu partout.

Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue

A Jodphur, il y a un fort qui surplombe la ville.... oui, je sais, c'est la même histoire qu'à Jaisalmer ! Cette fois, le fort de Mehrangarh appartenait à la famille des Rathor, une famille qui s'est alliée avec l'Empire Moghol. 122 mètres de haut, et infranchissable, hormis par la porte principale. Car j'ai essayé de faire le tour, de trouver une autre entrée... rien ! La différence avec Jaisalmer, c'est que le fort n'est plus habité, c'est aujourd'hui un grand musée. Avec l'audio-guide compris dans le prix de mon ticket étudiant, la visite est agréable. J'apprends notamment que la ville fut un grand centre de commerce d'opium (et que la consommation existe encore dans certains villages).

Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue

Après une balade en centre-ville, je me retrouve sur Internet chez un type qui fait principalement des impressions et des photocopies. Il n'y a qu'un seul ordi, forcément je le gêne ! Mais le type veut que je reste là. 15 minutes plus tard, alors que j'ai fini, il me demande de l'aider à faire une page de publicité pour sa propre entreprise. Puis je tape le CV d'une jeune Indienne. Une journée à Jodhpur et j'avais déjà une proposition d'embauche ! Je suis resté là deux heures, à lui expliquer comment utiliser Wordart et les produits Microsoft.

Jodhpur la bleue

Bon, je ne suis quand même pas ici pour bosser ! Le lendemain, je grimpe vers le "Taj Mahal" local... clairement ils se font plaisir sur la comparaison ! Le Jaswant Thada est un petit palais construit par un maharadja pour la mort de son père. De là, la vue sur le fort est vraiment sympa.

Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue
Jodhpur la bleue

J'ai ensuite pris un tuk-tuk direction le palais, plutôt éloigné. Si d'extérieur il est impressionnant, le musée à l'intérieur n'est vraiment pas terrible.

Jodhpur la bleue

Enfin, et pour une fois, j'ai pris une photo d'un fort la nuit, ça rend pas mal non plus ! 

Jodhpur la bleue

Direction Jaipur, la ville rose ! (aucun rapport avec Toulouse je crois)

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 02:43

Un immense fort surplombe la ville jaune. Et, 90 kilomètres devant, le Pakistan.

Jaisalmer est la ville la plus à l'Ouest de mon périple. Je la rejoins en bus de nuit, où, pour une fois, j'avais une couchette. Quoique j'utiliserais plutôt le terme de cercueil, car je suis en fait dans une mini-cabine quasi insonorisée, entourée par des rideaux de mauvais goût. 1m80 est la taille maximale selon les Indiens, je réalise donc, au cours de la nuit, de très beaux numéros de contorsionniste ; sans les rideaux j'aurais certainement eu le droit à une standing ovation sur les coups de 4 heures du mat' !

La ville est magnifique. Tout d'abord il y a ce fort majestueux, encore habité par près d'un quart de la population, et qui s'apprécie autant de l'extérieur que de l'intérieur. Ce qui m'a fasciné le plus dans cette ville, ce sont les façades, énormément travaillées, sculptées, décorées (et pas seulement dans le fort).

Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert

J'avale les kilomètres le premier jour, malgré les 40 degrés (il faisait 45 degrés il y a 3 jours, je m'estime donc chanceux). Je profite de la quiétude du lac, puis je surplombe la ville sur un petit fort et, enfin, dans un cimetière !

Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert

En plus d'être venteuse et poussiéreuse (sableuse sans doute), Jaisalmer est LA ville des animaux : je n'en ai pas vu autant ailleurs. Des vaches et des chiens, je commence à en avoir l'habitude, des chèvres, bon, des cochons sauvages, ça, c'est nouveau ! Et, tiens, un dromadaire ! Forcément la circulation est sympa ! Je me bats également avec une armée de moustiques au cours de ma dernière nuit, qui fut celle de vomito 2, le retour.

Jaisalmer, fille du désert

Jaisalmer, c'est surtout la porte du désert. Je ne suis pas trop à faire des excursions organisées, mais quand tu réfléchis à "désert" et "40 kilomètres de la frontiere pakistanaise", tu te dis que c'est peut-être la meilleure solution ! Et c'est parti pour un petit safari en dromadaire. C'est ma troisième fois sur ce drôle d'animal (après l'Egypte et la Mongolie), et ça me confirme bien quelque chose  je m'ennuie très vite à monter un animal (évitons les blagues salaces, merci !). Mais ce n'est pas tant pour l'animal que pour les dunes de Sam que je suis venu. Nous sommes dans le désert du Thar, à la frontière (quasi-infranchissable) indo-pakistanaise. Le paysage est magnifique (quand on aime le sable !). Le coucher de soleil est jaune pâle, comme si le désert se reflétait dans l'astre (ce sera le cas tous les jours). Nous passons la nuit sur un lit à même les dunes, observant les millions d'étoiles scintiller (merci l'absence de lune !).

Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert
Jaisalmer, fille du désert

Il est sympa ce voyage.

Quelle gravité ?
Quelle gravité ?

Quelle gravité ?

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:13

Il y a 5 ans de cela, j'avais fait un article similaire, et ce fut le plus lu sur l'ensemble de mon blog le mois dernier, actualité oblige. En vue du deuxième tour, je réactualise mes arguments (car ça n'a pas l'air clair pour tout le monde !). Pourtant, il y a bien 10 bonnes raisons, au moins, pour ne pas voter Marine Le Pen.

 

1 - Car ça lui laissera le temps d'aller voir les juges. 

Pour crier au "tous pourris", il y a du monde ; pour répondre à une convocation en raison d'un présumé emploi fictif européen, y'a plus personne ! Donnons-lui du temps !

 

2 - Pour qu'elle puisse se réconcilier avec son père.

On le sait tous, les histoires de famille sont toujours compliquées. On espère bien sûr que leur brouille va bientôt se terminer, et ne pas voter pour elle lui laissera le temps d'organiser un petit resto en tête à tête. Papa lui parlera peut-être du policier assassiné, et plus célébré selon lui parce que homosexuel que policier. Ah, ça, il a toujours le bon mot au bon moment.

 

3 - Afin de reprendre sa place de présidente du FN, sa vraie place.

A peine le poste quitté qu'un négationniste l'avait récupéré ! Ah, ces détails de l'histoire...

 

4 - Parce que son parti reste un repaire de fascistes.

Oh, oui, Marine Le Pen a presque réussi à dédiaboliser le discours du Front Nazional. Et je ne suis pas sûr qu'elle même soit raciste ou totalitaire. Mais je suis sûr que la base, ses militants, sont les mêmes qu'avec son père : racistes, excluant l'autre, vouant un culte aux dictateurs, et prêts à entreprendre des actions violentes pour "sauver la France". Il est là le danger. Attention, je n'écris pas que tous ses électeurs sont ainsi, ce serait une erreur, mais une bonne partie des militants les plus actifs le sont.

 

5 - Parce que son programme économique est le pire.

Fermer les frontières, quitter la zone euro (mais garder un moment cette monnaie, en même temps qu'une autre monnaie... même eux ne savent plus comment l'expliquer !), s'isoler de nos voisins... Marine Le Pen et le FN sont restés au 19ème siècle. L'économie est au 21ème ; vouloir aller à son encontre va empirer la situation.

 

6 - Parce qu'elle veut un Frexit.

Je reprends l'argumentation : l'UE ne fonctionne pas, donc on doit quitter l'UE. Donc, si une région française considère que le pays ne fonctionne pas, elle doit quitter la France ? Et si ma commune ne fonctionne pas, je reste seulement avec les gens de ma rue ? C'est un raisonnement par l'absurde, je sais. Je pense fort que l'UE a besoin de changements profonds (et démocratiques), mais casser la machine n'améliorera pas notre situation, bien au contraire.

 

7 - Parce qu'elle veut nous emmener vers une société de division.
Je ne crie pas au loup, ou à la guerre civile. Mais je considère que le programme du FN oppose les gens : les migrants aux Francais, les musulmans aux autres (elle a tout de même comparé leur prière a l'occupation allemande !), les Roms, les gens du voyage... et toutes les minorités possibles sur lesquelles le FN aime taper.

 

8 - Parce qu'elle souhaite rétablir la peine de mort.
Je pense à Omar Raddad, ou à tous les présumés coupables d'Outreau que le FN aurait volontiers envoyés à l'échafaud..

 

9 - Parce qu'elle a Dupont avec elle.

Tintin, pourquoi pas, mais Dupont, soyons sérieux...

 

10 - Parce que si elle est élue, je vais finir ma vie à Katmandou, à la recherche de Tchang, mon ami tibétain, dont l'asile aura été refusé par l'administration frontiste !



Je n'ai pas évoqué le népotisme par lequel elle est arrivée a son poste, sa vie de château en nous faisant le coup de "je suis la voix du peuple", ses bals à Vienne avec les néonazis, ses mensonges réguliers (toute la viande à Paris est halal....), les entraves à la liberté de presse (regardez comment les journalistes de Quotidien se sont fait dégager, ça vous donne une idée de la liberté d'expression à venir), ou la peur que j'ai de voir évoluer les programmes d'histoire (ah, ça, Pétain, il n'avait pas le choix ; la colonisation ? bien sûr qu'il y a eu beaucoup d'effets bénéfiques... etc). Alors laissons les Américains avoir la honte internationale, et laissez-moi revenir dans un pays que j'aime et dont je serai à peu près fier ! 

VOTER MACRON
(on peut toujours être en désaccord avec certains points de son programme, on ira manifester le jour J ; pas sûr qu'avec le Front Nazional on ait le droit de manifester aussi librement !)

10 raisons pour ne pas voter Marine Le Pen
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 03:28

Je quitte Bombay par la gare de Bandra, le quartier où j'ai passé le plus clair de mon temps. Il est 15h30 lorsque mon train démarre, et il sera 9 heures lorsqu'il arrivera à Udaipur.

C'est mon premier train de nuit dans ce pays. Comme je suis prévoyant, je n'ai pas pris de couchette, mais la seconde classe. Ah, ça, 3 euros pour 1000 bornes, y'a pas de secret ! Qu'importe, j'ai de la lecture jusque minuit, où je commence à somnoler. Enfin, nous commençons.

Udaipur la blanche

Ca ressemble à ça, un train de nuit indien. Vers les 3h, un type me file sa fausse couchette (on peut s'allonger, mais à même les barreaux en fer, car il n'y a pas de matelas) et je dors comme un bébé ! (le confort n'est qu'une habitude..)

Rajasthan bonjour. Ma septième région indienne est la plus connue et la plus mythique (j'ai le droit d'utiliser ce mot là, non ?). Voyons-voir mon projet de voyage (cliquez sur l'image pour mieux voir).

Udaipur la blanche

Ca, c'est une idée. Car ça commence à devenir flou après Jaipur. J'hésite entre foncer vers le nord de l'Inde, ou vers le Taj Mahal, ou Varanasi. Le parcours Taj puis Delhi tient en ce moment la corde.

 

Me voici donc à Udaipur, que l'on m'a recommandé à plusieurs reprises. Tout d'abord un mot sur mon hôtel familial : l'expression est parfaite puisque j'y rencontre la grand-mère, le grand-père, la fille, le fils, un grand-oncle, sa femme, une nièce.... et que tout ce beau monde se réunit dans l'entrée. Je me retrouve souvent embarqué dans les conversations par la fille, une pipelette de première, mais c'est avec plaisir que je rencontre tout ce beau monde.

Udaipur est la ville blanche. Chaque ville de Rajasthan aura sa couleur. Depuis le toit de mon hôtel, j'admire souvent toute cette vie qui se déroule sous mes yeux. Je déambule surtout dans la ville, et je me retrouve rapidement face au lac. Un courant d'air de fraîcheur semble briser les 40 degrés ambiants. Les bâtiments se réfléchissent, et je pourrais facilement passer une journée à boire des jus en rêvassant devant ce spectacle (c'est d'ailleurs exactement ce que j'ai fait !!). 

Udaipur la blanche
Udaipur la blanche
Udaipur la blanche

Le palais de la ville est la visite à ne pas manquer. Les salles s'enchaînent, l'architecture est majestueuse et la vue fantastique. Udaipur a été pendant 1200 ans le joyau de Mewar, un royaume gouverné par la dynastie Sisodia. Forcément, ils ont eu le temps d'agrandir siècles après siècles leur maison. Dommage qu'ils n'aient pas pensé à relever un peu les plafonds, parce qu'hormis être né Wallerand je ne vois pas trop comment on peut rester debout dans la plupart des pièces ! 2h30 dans ce palais, sans vraiment m'attarder.

Udaipur la blanche
Udaipur la blanche
Udaipur la blanche

J'ai ensuite escaladé une petite colline pour voir le coucher de soleil, l'une de mes activités quotidiennes ! Le spectacle est plutôt au rendez-vous ce soir...

Udaipur la blanche
Udaipur la blanche
Udaipur la blanche
Udaipur la blanche

La ville est relaxante (ce qui n'est clairement pas toujours le cas des cités indiennes...). Deux choses à noter en plus. La première, c'est que le coeur touristique de la ville est très différent du reste. La misère se fait sentir, et j'ai eu l'impression d'avoir franchi une frontière intra-muros.

Autre chose, aussi joyeuse, Internet a été banni pendant 3 jours en raison de tensions religieuses entre Hindous et Musulmans. Personne ne semble d'accord sur la raison, puisque j'ai entendu que c'était en raison d'un post sur Facebook d'un musulman insultant des dieux hindous, ou un tweet d'un acteur indien critiquant les muezzins. Mais, hormis la coupure internet, rien à signaler (rien vu, rien entendu de problématique).

Direction le désert...et la frontière pakistanaise muahah !

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 02:40

L'hommage à NTM manquait dans ce blog. Car, si je suis parisien côté football, je suis plutôt marseillais quand il s'agit de rap francais (FF, IAM, 3eme oeil, Psy4 etc.).
Je résume Bombay, ou Mumbai selon son nom officiel depuis deux décennies, par deux nombres. 23. C'est en millions le nombre d'habitants. 2 fois Paris donc. 35. C'est en degrés la température attendue. L'été est bel et bien arrivé en Inde, et je m'attends donc, à la vue de ces deux nombres, à souffrir dans cette trop grosse ville. Et pourtant... (là, je cite Aznavour. Oui, il y en a pour tous les goûts !). Pourtant, j'ai aimé Bombay.

Est-ce que ce fut cette balade le long de la mer d'Arabie ?

Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé

Est-ce que ce furent ses bâtiments historiques, donnant à la ville un côté très british ? (je me sentais parfois à Londres, parfois à Manhattan)

Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé

Est-ce que ce furent les jus de sucre de canne, ma nouvelle passion ? Ou ceux d'orange ? Ou de citron ?

Est-ce que ce furent les grottes d'Elephanta, inscrites au patrimoine mondial et gratuites ce jour-là pour la journée de l'Unesco ?

Bombay, c'est de la bombe bébé

Ou est-ce que ce fut la balade en bateau, pour rejoindre ce lieu ?

Bombay, c'est de la bombe bébé

Est-ce que ce furent les transports en commun, où pousser est devenu le sport national ? Hum, pas sûr. Quoique la gare centrale de Bombay...

Bombay, c'est de la bombe bébé

Ce fut sans doute un peu tout ça. Et Couchsurfing, avec des hôtes indiens géniaux, qui m'ont baladé en soirée, fait découvrir la nourriture de Mumbai, répondant à mes 1 000 questions sur ce pays, et offert des macarons pour mon anniv. Elle compose et chante, lui fait la même chose pour Bollywood. 

Alors, certes, je n'oublie pas les odeurs, la circulation, la foule, la saleté, le métro partagé entre wagons filles et garçons, les inégalités. Car c'est aussi ca Bombay. Un melting-pot de trucs sympas et moins sympas. 3 jours, ça va. Une vie ? C'est mort !

Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 04:25

Platon, Le procès de Socrate

J'avoue avoir eu une certaine appréhension avant de débuter ce livre. Platon, Socrate, tout cela ressemblait fort à de la grande philosophie, et je ne savais pas si c'était facile d'accès. Voyez-vous, je pense souvent que je ne sais rien, ou pas grand chose. Sans m'en rendre compte, j'étais un vrai "Socratien"!

Le procès de Socrate est un livre divisé en 3 parties. Tout d'abord l'Eutyphron, qui présente la manière de penser de Socrate, face à un devin. A force de questions, il parvient à faire se remettre en cause son interlocuteur et ses affirmations initiales. La deuxième partie est l'Apologie de Socrate, à savoir sa défense dans le procès qui lui est intenté. Pour les non-historiens, Socrate, à l'age de 70 ans, est accusé de corrompre la jeunesse et de nier l'existence des Dieux. Sa défense, telle que la présente Platon, combat une à une les accusations, en montrant notamment les contradictions. La fin de son discours est très intéressante, quoique parfois non-dénuée d'une pointe de sentiment de supériorité. Jugé coupable, Socrate réclame les honneurs pour peine... Condamné à la peine de mort, il termine par un discours offensif, ne regrettant rien, Papy Socrate semble sûr de ses valeurs, et les défend jusqu'au bout, même quand Criton veut le faire échapper dans la dernière partie du livre.

J'ai beaucoup apprécié le fonctionnement de la raison de Socrate, à base de nombreuses questions remettant tout en cause. Son discours sur les valeurs et sur la mort est passionnant. Aucune idée de la précision historique de Platon, mais il n'en reste pas moins que ce procès est caractéristique de la rapide agonie d'Athènes à la fin du Vème siècle. Périclès, Socrate, la fin des géants.

Extraits : Personne ne connaît ce qu'est la mort, ni si elle n'est pas le plus grand de tous les biens pour l'homme. Cependant on la craint, comme si l'on savait certainement que c'est le plus grand de tous les maux.

Ce n'est pas la richesse qui fait la vertu, c'est la vertu qui fait la richesse.

Sophocle, Oedipe-roi

La peste s'abat sur Thèbes. Apres avoir consulté l'oracle de Delphes, il est décidé de retrouver le meurtrier de Laios, ancien roi, assassiné il y a plusieurs années. Oedipe, roi aimé et respecté depuis qu'il a délivré la ville du Sphinx, se lance à sa recherche, sans savoir que c'est lui-même le meurtrier. L'histoire est dramatique : abandonné par ses parents à sa naissance en raison d'un oracle, il est élevé par Polybe et Mérope. Il finit malgré tout par tuer son père biologique et par épouser sa mère, Jocaste. Celle-ci se suicide en découvrant l'affaire, tandis qu'Oedipe se crève les yeux.

Je connaissais un peu cette histoire mythologique, et notamment le syndrome en découlant. Sophocle la met en scène de façon originale, en raison du choeur qui coupe les scènes et les relie. Je voudrais bien voir ce que ça donne sur scène. 

Antigone, fille d'Oedipe est une autre pièce de Sophocle. A lire, avec Ajax. A noter que ce fut un bon livre pour réviser l'histoire grecque (notamment la religion).

Fiodor Dostoïevski, Le joueur

Alexcis Ivanovitch travaille pour un général russe. Il est amoureux de Paulina, la belle-fille de celui-ci. L'ensemble de la famille est en Allemagne, à Roulettenbourg, ville du jeu. Des secrets, des amours et des trahisons se font et se défont, Alexis essayant surtout de comprendre ce qui se passe chez Paulina, notamment avec ce Français, et cet Anglais, et Madame Blanche... et la Babouchka, qui ne meurt toujours pas. C'est pourtant elle qui a tout l'argent.
Je suis fan de Dostoïevski : Crime et châtiment a changé ma vie. Difficile d'être objectif dans ces conditions : le style d'écriture me plaît toujours autant, certains personnages sont particulièrement bien trouvés (la babouchka) et les questionnements du personnage principal sont toujours au coeur des intrigues. L'univers du jeu est bien traité, les fortunes se faisant rapidement, mais se perdant encore plus vite. J'ai hâte de trouver les possédés.

"L'homme est despote par nature et la femme bourreau"

Antoine Compagnon, Un été avec Montaigne

Les essais de Michel de Montaigne sont les pensées de l'écrivain, développées tout au long de sa vie. Il les rature, il les annote, et il les publie à plusieurs reprises. Compagnon se propose de nous guider pour mieux comprendre le livre, avec 40 idées, 40 essais.

J'ai eu un peu peur au départ, car je ne comprenais pas les passages cités. Montaigne écrit dans un style ancien, en vieux françois, et nous sommes parfois dans de la philosophie pure. Mais Compagnon, fort de son expérience radiophonique, réussit à être didactique, sans me prendre non plus pour un idiot. On sent qu'il est fan de son philosophe, et il manque un peu de recul critique, mais cela n'empêche pas le lecteur attentif que j'étais d'apprécier le moment.

Quelques passages m'ont fait réfléchir :

Pourquoi le miséreux n'agrippe pas le riche à la gorge m'a interpellé sur le rôle de l'éducation dans l'acceptation de la pauvreté. 
Socrate dit "je ne sais rien". Il sait donc qu'il ne sait rien. Montaigne va plus loin, puisqu'il se demande "Que sais-je ?"

Le chapitre 10 est excellent, il traite du temps libre et de son utilisation par le cerveau.
Le chapitre 11 m'interpelle sur la volonté d'écrire.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 03:41

Parfois, ce pays me paraît vide. C’est fou, ils sont plus d’un milliard. Soit c’est un cache-cache géant, soit les densités varient énormément (j’opte pour la deuxième hypothèse). Je me dirige vers le Nord, en bus, avec des Indiens tendus (un passager et le contrôleur s’embrouillent, car, même si je ne comprends pas la langue, il y a une intonation universelle à la prise de tête !). Pour la première fois, ça ne parle pas du tout anglais dans mon bus. Le ticket est d’ailleurs écrit dans une langue inconnue, et même les chiffres ne sont pas arabes. Je dois donc faire confiance au chauffeur, qui me fait non de la tête, me confirmant ainsi que je suis dans le bon bus. Sacré pays !

 

Goa, ça va 5 minutes. Ou 3 jours. Mais ce n’est pas vraiment l’Inde, en tout cas pas celle que je suis venu chercher. Et, encore une fois, c’est Couchsurfing qui me vient en aide. “Entre Goa et Mumbai, je te conseille Ratnagiri et Raigad”, tel fut le message d’une fille qui ne m’a pas hébergé. Et je l’ai écouté, mot pour mot, sans savoir ce qui se cache là-bas.

A Ratnagiri, je recherche un hôtel, et le chauffeur de tuk tuk ne parle pas anglais. Une première. Du coup, il fait appel à un homme, puis à une femme, et à un autre homme. Ca galère, j’explique que je cherche un hôtel pas cher. Il m’amène finalement dans un lieu luxueux, décidément on a du mal à se comprendre. Après une longue conversation, j’arrive à obtenir une chambre dans mes prix, avec un ordinateur à ma disposition (c’est comme ça que je peux donner de mes nouvelles !). En plus d’une connexion, Ratnagiri fait plaisir pour ses falaises. Un fort est perché sur les hauteurs. L’endroit vaut le détour, malgré les détritus.

Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond

A Raigad, il y a une rivière qui coupe la “ville”. Les enfants s’y jettent, les femmes y lavent leur linge, les hommes se lavent tout court, les boeufs se promènent.

Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond

En soi, ces deux villes ne sont pas vraiment touristiques. Je n’ai d’ailleurs pas rencontré un seul blanc. Mais elles représentent mieux que les autres l’Inde. Celle où les cérémonies religieuses défilent en ville. Celle où l’anglais se fait rare. Celle qui détourne le regard en me croisant. Les gens essaient de m’aider, m’indiquent quelques lieux à découvrir, restaurants où manger. Ils viennent me serrer la main, cherchent à savoir ce que je fais là, sans arrière pensées commerciales (et ça change de Goa !). Mais, surtout, la vie suit son cours. Des vieilles femmes sont assises à même le sol au milieu d’un marché, essayant de récupérer quelques roupies d’une cueillette de fruits ou de légumes. Une odeur de poissons se dégage du lieu. Un homme sort d’un étal, crache sur le chemin, et repart aussitôt. Les vendeurs de jus de citron appâtent le client avec un petit claquement de langue sur leur palais, ayant peine à surpasser le bruit du klaxon d’une moto roulant en sens inverse. Un homme transporte je ne sais quelle marchandise sur sa tête, des enfants crient ça et là, jouant au cricket ou effectuant un saut dans l’eau. Beaucoup de sourires rencontrent des visages fermés, des marchands de babioles attendent sans grand espoir le client du jour, les restaurateurs font frire les samosas, envoyant dans l’air un nuage de fumée. Du thé, dans chaque verre. Les litres d’eau. L’odeur des déchets. Un troupeau de chèvres. Un sacré bordel. L’Inde.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 04:02

30

Le train est arrêté en pleine voie depuis 20 minutes. Je me suis vaguement relevé de ma couchette, sans vraiment chercher à savoir ce qui se passe ; de toute façon, il n'y a pas d'explication. Les ventilateurs gardent la cadence au-dessus de nos têtes, les Indiens sont allongés en bas. Je souhaite aller à Raigad. Enfin, pas spécialement, mais il fallait que je trouve quelque chose entre Ratnagiri et Mumbai. La guichetière m'a répondu Roha, et me voilà dans ce train, sans être sûr. 286 kilomètres de trajet prévus, j'espère au moins que c'est vers le nord... Une vendeuse traverse l'allée, en disant "kiri" "kiri" "kiri", enfin quelque chose comme ça.

Parfois, je me demande bien ce que je fous là. Aujourd'hui j'ai 30 ans. D'ordinaire, les gens t'appellent, t'écrivent, te le souhaitent. Ma mère aurait fait un gâteau au chocolat, avec des cerises, peut-être le meilleur souvenir gustatif de mon enfance. Ce matin, j'ai mangé du riz. Et personne autour de moi ne sait que j'ai 30 ans aujourd'hui. Ca leur ferait une belle jambe. Ce que tout le monde recherche, à cet instant, c'est comment supporter au mieux cette chaleur. Il n'y a que ce père qui, lui, essaie de trouver un moyen pour rendre ses enfants immobiles et silencieux, espérant commencer sa sieste.

 

30 ans. Pas de copine, pas d'enfant. Je me disais ça à 20 ans, ne pas se marier trop tôt, profiter de la jeunesse. J'ai sacrément bien respecté mes voeux !

Ah, le train redémarre, après qu'un autre nous ait croisé. D'en haut, j'ai un petit angle sur une fenêtre en face de moi, mais difficile de déceler quelque chose. Ca ne m'intéresse pas vraiment de toute façon. Cela fait 8 semaines que j'enchaine les trains et les bus, que je me nourris de paysages. Aujourd'hui, j'ai un livre avec moi, un nouveau stylo, je peux laisser vaguer mon imagination autrement. 

A peine cette ligne écrite que nous traversons un long tunnel, et c'est dans l'ombre que je continue. Je pense à mon pays. Que font-ils aujourd'hui ? C'est samedi apparemment, le jour de la grande liberté. Certains doivent encore dormir après la grosse soirée d'hier soir. Mon père nettoie son camion. Je me demande bien ce que fait ma mère. Un peu de ménage ? S'il fait quelques rayons de soleil, elle est dehors. [bon sang, c'est le plus long tunnel indien ?] Samedi ne veut rien dire pour moi. C'est tous les jours samedi. Quoiqu'il n'y ait plus de jours, de semaines ou de mois. Seule compte la saison, chaude ou mousson. Je suis dans la première, la seconde débarque normalement dans un mois et demi. J'aurai fui l'Inde d'ici là.

 

Que retenir de ces 8 semaines ? Ah, de la lumière, enfin ! J'arrive à me relire, comme toujours. Et re-tunnel. Décidément. Que retenir donc ? 66 pages. 2307 photos ou vidéos. 2 pays. Près de 25 lieux découverts. Des rencontres. Une visite. Et je me trouve, peu à peu. C'est aussi ce que je venais chercher. Des questions. Et les réponses, qui apparaissent, presque naturellement. Faisons le point sur mon état d'esprit du jour.

Ma région me manque parfois depuis mon retour en Inde. J'ai eu de la visite, ça a peut-être perturbé l'équilibre de la solitude que j'avais trouvé auparavant. De ce fait, je me vois bien rentrer au début de l'été, sauf si quelqu'un me propose un voyage d'ici là.

A mon retour, Je pense à me poser dans cette région audomaroise. Cette réponse se dessine peu à peu. Les DOM-TOMs étaient donc une soif d'évasion avant tout. Alors que je suis actuellement évadé, ils ne me font plus envie. [Une odeur de saucisses au barbecue me monte jusqu'aux narines. C'est sans doute autre chose, mais ça n'en reste pas moins désagréable.]

Ce matin, je me suis réveillé avec l'envie de m'impliquer pleinement dans le lieu où j'habiterai. J'ai envie d'associatif. Ca m'a pris comme une envie de pisser, et pas sûr que ce soit tout de suite compatible avec mon métier et les révisions du concours, qui s'annoncent chronophages. Car oui, aujourd'hui, je crois que je veux vraiment le passer.  J'ai envie de stabilisation. C'est peut-être ça, avoir 30 ans. J'ai une envie d'appartement. J'ai même envie d'être en couple. A ce rythme la, je vais finir par avoir envie de me marier.

Je risque peut-être de m'ennuyer. De regretter cette drôle de vie qui est actuellement la mienne. Je serai donc un éternel insatisfait, jamais au bon endroit, idéalisant un ailleurs. Sauf si je trouve d'autres activitiés, des nouvelles, et c'est là où l'associatif doit m'aider. M'impliquer dans des choses qui me tiennent à coeur, auxquelles je crois, où je trouve du plaisir. Reste à trouver ces assos. Le café polyglotte est cool. Faut-il que je m'investisse à Tilques ? J'aime ce village, mais ça dépend d'où j'habite. Déménager ? En septembre-octobre ça serait plus logique. On va d'abord voir si je trouve un poste, et où. Des projets. Je me nourris de projets. Mon bonheur passera par là. Et par Elle.

Je pense que ce qui me manquait le plus avant mon départ, c'était de rencontrer de nouvelles personnes. Je suis un animal de sociabilité et de découvertes. C'est là où l'associatif doit aider. Il faut peut-être choisir une asso a l'écart de Saint-O pour renouveler un peu les têtes. Quelque chose qui puisse me faire rencontrer des gens de mon âge, ce serait bien aussi (j'aime bien le club de généalogie, mais soyons honnête...). La politique reste une option, même si mon attirance et ma curiosité n'ont jamais été aussi peu élevées. Quelque chose sur Lille, parce que le public de la métropole est différent ? Sur la côte ? J'aime bien le boulonnais, j'y vivrais bien. Apprendre le néerlandais côté flamand ? Ce n'est pas si loin et ça m'intéresse bien. Un nouveau sport ? Attends, n'oublie pas les cours et le concours... Hum, reperdre ma liberté pour bosser le concours, est-ce que je le veux vraiment ? Je peux aussi le passer plus tard. Faut-il d'ailleurs vraiment revenir cet été ? En ai-je envie ? Parfois. 

C'est flou.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 03:43

5 bus. Pour aller de Hampi à Keri, ville au nord de la région de Goa, je vais mettre plus de 13 heures, et arriver lessivé. Ce qui n'est pas le cas de mes fringues, 7 semaines sans machine, et même si le lavage à la main dépanne bien, ce n'est pas pareil : j'ai de plus en plus l'impression d'être poisseux !

A Goa, je retrouve le paysage verdoyant et un peu escarpé que j'avais laissé dans le Kerala et la Tamil Nadu : palmiers partout, rivières, et, avec plaisir, la plage. C'est un peu pour ça que je viens, puisque Goa est LA station balnéaire du pays. Je retrouve aussi, peut-être avec moins de plaisir, le tourisme de masse (quoique ce ne soit pas la grosse saison). Je vais passer mes deux jours sur la plage de Mandrem, à siroter des banana shakes et à nager tout mon saoul.

Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou

A mes côtés, des Russes, des Russes, et des Russes. Vraiment impressionnant. Les magasins, les restaurants et les hôtels se sont adaptés, et beaucoup d'indications sont traduites en russes. Direction mon hôtel.

Un homosexuel russe au regard de chat. Un Néerlandais en dreadlocks, sosie de Fred, un copain de primaire, une guitare à la main. Un Indien étrange, comme possédé, rempli de TOCs. Deux Turcs en tour du monde à vélo, qui ont passé 3 mois en Iran. Lui a la barbe très fournie. Un Allemand, car il y a toujours un Allemand. Le Russe sert, ressert, et re-ressert du thé, son thé. No Name's Hotel. 

Certains considéreraient cet endroit comme un repaire de hippies. Ils n'auraient pas tort. Les joints tournent de main en main. J'esquive. Le lieu a été fondé par une Française et un Indien. Le concept : l'hôtel est... gratuit ! Nous sommes à Keri, le village le plus au nord de la région de Goa. A quelques centaines de mètres, un pont nous emmène au Maharashtra. Ce lieu est paisible : pas de restaurant aux environs, peu d'activité. C'est un village épargné de cette côte gangrenée par le tourisme de masse. Mais le No name's Hotel n'est-il pas le cheval de Troie pour ce village ? La question se pose. L'hôtel fonctionne grâce aux donations et aux coups de main. Un café et un petit resto sont sur les rails. La nourriture se fait rare dans les environs, ce ne sera pas un luxe. Je dors dans un dortoir, la salle de bain est sommaire. Je passe une longue feuille. La Russe guette ma tasse vide. Sur la terrasse, peinte de 1 000 dessins, ça lit, ça discute, ça rit, ça joue. Drôle d'endroit, tellement différent de ma routine française. Goa.

Goa, petite Moscou
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