1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 02:40

L'hommage à NTM manquait dans ce blog. Car, si je suis parisien côté football, je suis plutôt marseillais quand il s'agit de rap francais (FF, IAM, 3eme oeil, Psy4 etc.).
Je résume Bombay, ou Mumbai selon son nom officiel depuis deux décennies, par deux nombres. 23. C'est en millions le nombre d'habitants. 2 fois Paris donc. 35. C'est en degrés la température attendue. L'été est bel et bien arrivé en Inde, et je m'attends donc, à la vue de ces deux nombres, à souffrir dans cette trop grosse ville. Et pourtant... (là, je cite Aznavour. Oui, il y en a pour tous les goûts !). Pourtant, j'ai aimé Bombay.

Est-ce que ce fut cette balade le long de la mer d'Arabie ?

Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé

Est-ce que ce furent ses bâtiments historiques, donnant à la ville un côté très british ? (je me sentais parfois à Londres, parfois à Manhattan)

Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé

Est-ce que ce furent les jus de sucre de canne, ma nouvelle passion ? Ou ceux d'orange ? Ou de citron ?

Est-ce que ce furent les grottes d'Elephanta, inscrites au patrimoine mondial et gratuites ce jour-là pour la journée de l'Unesco ?

Bombay, c'est de la bombe bébé

Ou est-ce que ce fut la balade en bateau, pour rejoindre ce lieu ?

Bombay, c'est de la bombe bébé

Est-ce que ce furent les transports en commun, où pousser est devenu le sport national ? Hum, pas sûr. Quoique la gare centrale de Bombay...

Bombay, c'est de la bombe bébé

Ce fut sans doute un peu tout ça. Et Couchsurfing, avec des hôtes indiens géniaux, qui m'ont baladé en soirée, fait découvrir la nourriture de Mumbai, répondant à mes 1 000 questions sur ce pays, et offert des macarons pour mon anniv. Elle compose et chante, lui fait la même chose pour Bollywood. 

Alors, certes, je n'oublie pas les odeurs, la circulation, la foule, la saleté, le métro partagé entre wagons filles et garçons, les inégalités. Car c'est aussi ca Bombay. Un melting-pot de trucs sympas et moins sympas. 3 jours, ça va. Une vie ? C'est mort !

Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
Bombay, c'est de la bombe bébé
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 04:25

Platon, Le procès de Socrate

J'avoue avoir eu une certaine appréhension avant de débuter ce livre. Platon, Socrate, tout cela ressemblait fort à de la grande philosophie, et je ne savais pas si c'était facile d'accès. Voyez-vous, je pense souvent que je ne sais rien, ou pas grand chose. Sans m'en rendre compte, j'étais un vrai "Socratien"!

Le procès de Socrate est un livre divisé en 3 parties. Tout d'abord l'Eutyphron, qui présente la manière de penser de Socrate, face à un devin. A force de questions, il parvient à faire se remettre en cause son interlocuteur et ses affirmations initiales. La deuxième partie est l'Apologie de Socrate, à savoir sa défense dans le procès qui lui est intenté. Pour les non-historiens, Socrate, à l'age de 70 ans, est accusé de corrompre la jeunesse et de nier l'existence des Dieux. Sa défense, telle que la présente Platon, combat une à une les accusations, en montrant notamment les contradictions. La fin de son discours est très intéressante, quoique parfois non-dénuée d'une pointe de sentiment de supériorité. Jugé coupable, Socrate réclame les honneurs pour peine... Condamné à la peine de mort, il termine par un discours offensif, ne regrettant rien, Papy Socrate semble sûr de ses valeurs, et les défend jusqu'au bout, même quand Criton veut le faire échapper dans la dernière partie du livre.

J'ai beaucoup apprécié le fonctionnement de la raison de Socrate, à base de nombreuses questions remettant tout en cause. Son discours sur les valeurs et sur la mort est passionnant. Aucune idée de la précision historique de Platon, mais il n'en reste pas moins que ce procès est caractéristique de la rapide agonie d'Athènes à la fin du Vème siècle. Périclès, Socrate, la fin des géants.

Extraits : Personne ne connaît ce qu'est la mort, ni si elle n'est pas le plus grand de tous les biens pour l'homme. Cependant on la craint, comme si l'on savait certainement que c'est le plus grand de tous les maux.

Ce n'est pas la richesse qui fait la vertu, c'est la vertu qui fait la richesse.

Sophocle, Oedipe-roi

La peste s'abat sur Thèbes. Apres avoir consulté l'oracle de Delphes, il est décidé de retrouver le meurtrier de Laios, ancien roi, assassiné il y a plusieurs années. Oedipe, roi aimé et respecté depuis qu'il a délivré la ville du Sphinx, se lance à sa recherche, sans savoir que c'est lui-même le meurtrier. L'histoire est dramatique : abandonné par ses parents à sa naissance en raison d'un oracle, il est élevé par Polybe et Mérope. Il finit malgré tout par tuer son père biologique et par épouser sa mère, Jocaste. Celle-ci se suicide en découvrant l'affaire, tandis qu'Oedipe se crève les yeux.

Je connaissais un peu cette histoire mythologique, et notamment le syndrome en découlant. Sophocle la met en scène de façon originale, en raison du choeur qui coupe les scènes et les relie. Je voudrais bien voir ce que ça donne sur scène. 

Antigone, fille d'Oedipe est une autre pièce de Sophocle. A lire, avec Ajax. A noter que ce fut un bon livre pour réviser l'histoire grecque (notamment la religion).

Fiodor Dostoïevski, Le joueur

Alexcis Ivanovitch travaille pour un général russe. Il est amoureux de Paulina, la belle-fille de celui-ci. L'ensemble de la famille est en Allemagne, à Roulettenbourg, ville du jeu. Des secrets, des amours et des trahisons se font et se défont, Alexis essayant surtout de comprendre ce qui se passe chez Paulina, notamment avec ce Français, et cet Anglais, et Madame Blanche... et la Babouchka, qui ne meurt toujours pas. C'est pourtant elle qui a tout l'argent.
Je suis fan de Dostoïevski : Crime et châtiment a changé ma vie. Difficile d'être objectif dans ces conditions : le style d'écriture me plaît toujours autant, certains personnages sont particulièrement bien trouvés (la babouchka) et les questionnements du personnage principal sont toujours au coeur des intrigues. L'univers du jeu est bien traité, les fortunes se faisant rapidement, mais se perdant encore plus vite. J'ai hâte de trouver les possédés.

"L'homme est despote par nature et la femme bourreau"

Antoine Compagnon, Un été avec Montaigne

Les essais de Michel de Montaigne sont les pensées de l'écrivain, développées tout au long de sa vie. Il les rature, il les annote, et il les publie à plusieurs reprises. Compagnon se propose de nous guider pour mieux comprendre le livre, avec 40 idées, 40 essais.

J'ai eu un peu peur au départ, car je ne comprenais pas les passages cités. Montaigne écrit dans un style ancien, en vieux françois, et nous sommes parfois dans de la philosophie pure. Mais Compagnon, fort de son expérience radiophonique, réussit à être didactique, sans me prendre non plus pour un idiot. On sent qu'il est fan de son philosophe, et il manque un peu de recul critique, mais cela n'empêche pas le lecteur attentif que j'étais d'apprécier le moment.

Quelques passages m'ont fait réfléchir :

Pourquoi le miséreux n'agrippe pas le riche à la gorge m'a interpellé sur le rôle de l'éducation dans l'acceptation de la pauvreté. 
Socrate dit "je ne sais rien". Il sait donc qu'il ne sait rien. Montaigne va plus loin, puisqu'il se demande "Que sais-je ?"

Le chapitre 10 est excellent, il traite du temps libre et de son utilisation par le cerveau.
Le chapitre 11 m'interpelle sur la volonté d'écrire.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 03:41

Parfois, ce pays me paraît vide. C’est fou, ils sont plus d’un milliard. Soit c’est un cache-cache géant, soit les densités varient énormément (j’opte pour la deuxième hypothèse). Je me dirige vers le Nord, en bus, avec des Indiens tendus (un passager et le contrôleur s’embrouillent, car, même si je ne comprends pas la langue, il y a une intonation universelle à la prise de tête !). Pour la première fois, ça ne parle pas du tout anglais dans mon bus. Le ticket est d’ailleurs écrit dans une langue inconnue, et même les chiffres ne sont pas arabes. Je dois donc faire confiance au chauffeur, qui me fait non de la tête, me confirmant ainsi que je suis dans le bon bus. Sacré pays !

 

Goa, ça va 5 minutes. Ou 3 jours. Mais ce n’est pas vraiment l’Inde, en tout cas pas celle que je suis venu chercher. Et, encore une fois, c’est Couchsurfing qui me vient en aide. “Entre Goa et Mumbai, je te conseille Ratnagiri et Raigad”, tel fut le message d’une fille qui ne m’a pas hébergé. Et je l’ai écouté, mot pour mot, sans savoir ce qui se cache là-bas.

A Ratnagiri, je recherche un hôtel, et le chauffeur de tuk tuk ne parle pas anglais. Une première. Du coup, il fait appel à un homme, puis à une femme, et à un autre homme. Ca galère, j’explique que je cherche un hôtel pas cher. Il m’amène finalement dans un lieu luxueux, décidément on a du mal à se comprendre. Après une longue conversation, j’arrive à obtenir une chambre dans mes prix, avec un ordinateur à ma disposition (c’est comme ça que je peux donner de mes nouvelles !). En plus d’une connexion, Ratnagiri fait plaisir pour ses falaises. Un fort est perché sur les hauteurs. L’endroit vaut le détour, malgré les détritus.

Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond

A Raigad, il y a une rivière qui coupe la “ville”. Les enfants s’y jettent, les femmes y lavent leur linge, les hommes se lavent tout court, les boeufs se promènent.

Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond

En soi, ces deux villes ne sont pas vraiment touristiques. Je n’ai d’ailleurs pas rencontré un seul blanc. Mais elles représentent mieux que les autres l’Inde. Celle où les cérémonies religieuses défilent en ville. Celle où l’anglais se fait rare. Celle qui détourne le regard en me croisant. Les gens essaient de m’aider, m’indiquent quelques lieux à découvrir, restaurants où manger. Ils viennent me serrer la main, cherchent à savoir ce que je fais là, sans arrière pensées commerciales (et ça change de Goa !). Mais, surtout, la vie suit son cours. Des vieilles femmes sont assises à même le sol au milieu d’un marché, essayant de récupérer quelques roupies d’une cueillette de fruits ou de légumes. Une odeur de poissons se dégage du lieu. Un homme sort d’un étal, crache sur le chemin, et repart aussitôt. Les vendeurs de jus de citron appâtent le client avec un petit claquement de langue sur leur palais, ayant peine à surpasser le bruit du klaxon d’une moto roulant en sens inverse. Un homme transporte je ne sais quelle marchandise sur sa tête, des enfants crient ça et là, jouant au cricket ou effectuant un saut dans l’eau. Beaucoup de sourires rencontrent des visages fermés, des marchands de babioles attendent sans grand espoir le client du jour, les restaurateurs font frire les samosas, envoyant dans l’air un nuage de fumée. Du thé, dans chaque verre. Les litres d’eau. L’odeur des déchets. Un troupeau de chèvres. Un sacré bordel. L’Inde.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 04:02

30

Le train est arrêté en pleine voie depuis 20 minutes. Je me suis vaguement relevé de ma couchette, sans vraiment chercher à savoir ce qui se passe ; de toute façon, il n'y a pas d'explication. Les ventilateurs gardent la cadence au-dessus de nos têtes, les Indiens sont allongés en bas. Je souhaite aller à Raigad. Enfin, pas spécialement, mais il fallait que je trouve quelque chose entre Ratnagiri et Mumbai. La guichetière m'a répondu Roha, et me voilà dans ce train, sans être sûr. 286 kilomètres de trajet prévus, j'espère au moins que c'est vers le nord... Une vendeuse traverse l'allée, en disant "kiri" "kiri" "kiri", enfin quelque chose comme ça.

Parfois, je me demande bien ce que je fous là. Aujourd'hui j'ai 30 ans. D'ordinaire, les gens t'appellent, t'écrivent, te le souhaitent. Ma mère aurait fait un gâteau au chocolat, avec des cerises, peut-être le meilleur souvenir gustatif de mon enfance. Ce matin, j'ai mangé du riz. Et personne autour de moi ne sait que j'ai 30 ans aujourd'hui. Ca leur ferait une belle jambe. Ce que tout le monde recherche, à cet instant, c'est comment supporter au mieux cette chaleur. Il n'y a que ce père qui, lui, essaie de trouver un moyen pour rendre ses enfants immobiles et silencieux, espérant commencer sa sieste.

 

30 ans. Pas de copine, pas d'enfant. Je me disais ça à 20 ans, ne pas se marier trop tôt, profiter de la jeunesse. J'ai sacrément bien respecté mes voeux !

Ah, le train redémarre, après qu'un autre nous ait croisé. D'en haut, j'ai un petit angle sur une fenêtre en face de moi, mais difficile de déceler quelque chose. Ca ne m'intéresse pas vraiment de toute façon. Cela fait 8 semaines que j'enchaine les trains et les bus, que je me nourris de paysages. Aujourd'hui, j'ai un livre avec moi, un nouveau stylo, je peux laisser vaguer mon imagination autrement. 

A peine cette ligne écrite que nous traversons un long tunnel, et c'est dans l'ombre que je continue. Je pense à mon pays. Que font-ils aujourd'hui ? C'est samedi apparemment, le jour de la grande liberté. Certains doivent encore dormir après la grosse soirée d'hier soir. Mon père nettoie son camion. Je me demande bien ce que fait ma mère. Un peu de ménage ? S'il fait quelques rayons de soleil, elle est dehors. [bon sang, c'est le plus long tunnel indien ?] Samedi ne veut rien dire pour moi. C'est tous les jours samedi. Quoiqu'il n'y ait plus de jours, de semaines ou de mois. Seule compte la saison, chaude ou mousson. Je suis dans la première, la seconde débarque normalement dans un mois et demi. J'aurai fui l'Inde d'ici là.

 

Que retenir de ces 8 semaines ? Ah, de la lumière, enfin ! J'arrive à me relire, comme toujours. Et re-tunnel. Décidément. Que retenir donc ? 66 pages. 2307 photos ou vidéos. 2 pays. Près de 25 lieux découverts. Des rencontres. Une visite. Et je me trouve, peu à peu. C'est aussi ce que je venais chercher. Des questions. Et les réponses, qui apparaissent, presque naturellement. Faisons le point sur mon état d'esprit du jour.

Ma région me manque parfois depuis mon retour en Inde. J'ai eu de la visite, ça a peut-être perturbé l'équilibre de la solitude que j'avais trouvé auparavant. De ce fait, je me vois bien rentrer au début de l'été, sauf si quelqu'un me propose un voyage d'ici là.

A mon retour, Je pense à me poser dans cette région audomaroise. Cette réponse se dessine peu à peu. Les DOM-TOMs étaient donc une soif d'évasion avant tout. Alors que je suis actuellement évadé, ils ne me font plus envie. [Une odeur de saucisses au barbecue me monte jusqu'aux narines. C'est sans doute autre chose, mais ça n'en reste pas moins désagréable.]

Ce matin, je me suis réveillé avec l'envie de m'impliquer pleinement dans le lieu où j'habiterai. J'ai envie d'associatif. Ca m'a pris comme une envie de pisser, et pas sûr que ce soit tout de suite compatible avec mon métier et les révisions du concours, qui s'annoncent chronophages. Car oui, aujourd'hui, je crois que je veux vraiment le passer.  J'ai envie de stabilisation. C'est peut-être ça, avoir 30 ans. J'ai une envie d'appartement. J'ai même envie d'être en couple. A ce rythme la, je vais finir par avoir envie de me marier.

Je risque peut-être de m'ennuyer. De regretter cette drôle de vie qui est actuellement la mienne. Je serai donc un éternel insatisfait, jamais au bon endroit, idéalisant un ailleurs. Sauf si je trouve d'autres activitiés, des nouvelles, et c'est là où l'associatif doit m'aider. M'impliquer dans des choses qui me tiennent à coeur, auxquelles je crois, où je trouve du plaisir. Reste à trouver ces assos. Le café polyglotte est cool. Faut-il que je m'investisse à Tilques ? J'aime ce village, mais ça dépend d'où j'habite. Déménager ? En septembre-octobre ça serait plus logique. On va d'abord voir si je trouve un poste, et où. Des projets. Je me nourris de projets. Mon bonheur passera par là. Et par Elle.

Je pense que ce qui me manquait le plus avant mon départ, c'était de rencontrer de nouvelles personnes. Je suis un animal de sociabilité et de découvertes. C'est là où l'associatif doit aider. Il faut peut-être choisir une asso a l'écart de Saint-O pour renouveler un peu les têtes. Quelque chose qui puisse me faire rencontrer des gens de mon âge, ce serait bien aussi (j'aime bien le club de généalogie, mais soyons honnête...). La politique reste une option, même si mon attirance et ma curiosité n'ont jamais été aussi peu élevées. Quelque chose sur Lille, parce que le public de la métropole est différent ? Sur la côte ? J'aime bien le boulonnais, j'y vivrais bien. Apprendre le néerlandais côté flamand ? Ce n'est pas si loin et ça m'intéresse bien. Un nouveau sport ? Attends, n'oublie pas les cours et le concours... Hum, reperdre ma liberté pour bosser le concours, est-ce que je le veux vraiment ? Je peux aussi le passer plus tard. Faut-il d'ailleurs vraiment revenir cet été ? En ai-je envie ? Parfois. 

C'est flou.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 03:43

5 bus. Pour aller de Hampi à Keri, ville au nord de la région de Goa, je vais mettre plus de 13 heures, et arriver lessivé. Ce qui n'est pas le cas de mes fringues, 7 semaines sans machine, et même si le lavage à la main dépanne bien, ce n'est pas pareil : j'ai de plus en plus l'impression d'être poisseux !

A Goa, je retrouve le paysage verdoyant et un peu escarpé que j'avais laissé dans le Kerala et la Tamil Nadu : palmiers partout, rivières, et, avec plaisir, la plage. C'est un peu pour ça que je viens, puisque Goa est LA station balnéaire du pays. Je retrouve aussi, peut-être avec moins de plaisir, le tourisme de masse (quoique ce ne soit pas la grosse saison). Je vais passer mes deux jours sur la plage de Mandrem, à siroter des banana shakes et à nager tout mon saoul.

Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou
Goa, petite Moscou

A mes côtés, des Russes, des Russes, et des Russes. Vraiment impressionnant. Les magasins, les restaurants et les hôtels se sont adaptés, et beaucoup d'indications sont traduites en russes. Direction mon hôtel.

Un homosexuel russe au regard de chat. Un Néerlandais en dreadlocks, sosie de Fred, un copain de primaire, une guitare à la main. Un Indien étrange, comme possédé, rempli de TOCs. Deux Turcs en tour du monde à vélo, qui ont passé 3 mois en Iran. Lui a la barbe très fournie. Un Allemand, car il y a toujours un Allemand. Le Russe sert, ressert, et re-ressert du thé, son thé. No Name's Hotel. 

Certains considéreraient cet endroit comme un repaire de hippies. Ils n'auraient pas tort. Les joints tournent de main en main. J'esquive. Le lieu a été fondé par une Française et un Indien. Le concept : l'hôtel est... gratuit ! Nous sommes à Keri, le village le plus au nord de la région de Goa. A quelques centaines de mètres, un pont nous emmène au Maharashtra. Ce lieu est paisible : pas de restaurant aux environs, peu d'activité. C'est un village épargné de cette côte gangrenée par le tourisme de masse. Mais le No name's Hotel n'est-il pas le cheval de Troie pour ce village ? La question se pose. L'hôtel fonctionne grâce aux donations et aux coups de main. Un café et un petit resto sont sur les rails. La nourriture se fait rare dans les environs, ce ne sera pas un luxe. Je dors dans un dortoir, la salle de bain est sommaire. Je passe une longue feuille. La Russe guette ma tasse vide. Sur la terrasse, peinte de 1 000 dessins, ça lit, ça discute, ça rit, ça joue. Drôle d'endroit, tellement différent de ma routine française. Goa.

Goa, petite Moscou
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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 04:30

J'évite de trop écrire par superlatifs, même si ce pays le permettrait régulièrement. Néanmoins, j'ignore comment écrire cet article sans utiliser les mots "extraordinaire", "magique" ou "incroyable". Je les écris donc tout de suite, dans cette petite introduction.

Hampi est le lieu historique, culturel et architectural du coeur de l'Inde. C'est le Bagan, Angkor ou les Pyramides, c'est la cité Maya et le Machu Pichu national. Devant le Taj Mahal. Certes, vous connaissez tous celui-ci, et Hampi ne vous dit sûrement rien (c'était mon cas jusqu'à mon arrivée ici). Pourtant... Hampi, ce n'est pas un seul temple, une statue ou un palais. Non, c'est tout ça à la fois. De 1350 à 1550, ce fut la capitale de l'empire Vijayanagara. Des dizaines de temples et de palais ont poussé la, et l'ensemble est aujourd'hui un mélange de ruines mais aussi, et c'est pour ça que c'est génial, encore en fonction et utilisé par la population (Hampi est un village, moins de 3 000 habitants !)

J'ai tout de suite compris que ce serait incroyable, à peine arrivé, lorsque je rencontre une cérémonie religieuse, avec musique et éléphant. Coucou toi.

Hampi. C'est tout.

La suite, ce fut 6h30 de marche pour découvrir les merveilles. Magique.

Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.

Je souffre vraiment de la chaleur pour la première fois depuis mon arrivée. Le mercure doit approcher les 40 degrés, je réussis à prendre des coups de soleil sur les bras (en n'étant pas blanc blanc) et je descends 6 litres de boisson (je dois tenir un record personnel).

Après un repas dans un restaurant de rue, je pars à l'ascension du coucher de soleil, pas vraiment là au contraire des nuages. Depuis mon balcon, j'observe l'édifice principal, un phare dans l'obscurité, les vaches traînassant ça et là, sans se rendre compte qu'elles habitent au milieu d'un lieu extraordinaire. Hampi.

Hampi. C'est tout.
Hampi. C'est tout.
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 04:38

Amis des classiques français, bonjour ! Là, on est dans l'intemporel, et même sans les avoir lus, vous connaissez certains titres. 

Alfred de Musset, Les caprices de Marianne

Coelio, amoureux de Marianne, femme de Claudio, et vertu incarnée, Difficile dans ces conditions de lui trouver une solution. Mais Octave, son meilleur ami, et cousin de Claudio, est persuadé qu'il va réussir. Avec persévérance, mais aussi naïveté, il croit renverser une situation amoureuse, sans se rendre compte de son erreur.
Pièce assez classique, rapide (2 actes) et qui manque sans aucun doute d'originalité. Les raisons du changement d'esprit de Marianne sont esquissées, il manque peut-être un acte supplémentaire pour donner du corps (et du coeur) à l'intrigue.

Extrait : "Vivre pour une autre me serait plus difficile que de mourir pour elle".

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour

Le titre en soi mérite que je m'y attarde. Badiner avec l'amour. Quelle belle expression. Qui annonce la couleur, l'humeur, les coeurs, les malheurs. Le baron ramène dans son château son fils et sa nièce, bien décidé à les marier. Perdican a reçu une grande éducation à Paris, mais il revient sans avoir changé. Son village et ses ami(e)s lui ont manqué, et les moments de sa jeunesse restent gravés dans sa mémoire. Mais pour son ancienne comparse et promise Camille, les choses ont bien changé. Décidée à entrer au couvent, elle met une barrière physique et psychologique avec la vie du château, et donc son cousin. Celui-ci reste profondément amoureux de sa cousine, et de ses souvenirs. Il prend comme décision de se rapprocher de Rosette, jeune villageoise de son âge qui accepte de se remémorer et de revivre leur jeunesse. La fin est dramatique.

Amusant grâce aux personnages du gouverneur et du curé, mais surtout très fort grâce aux confrontations Perdican/Camille. La dernière scène de l'acte 2 est grandiose, amour et religion se faisant face dans un débat comme j'en ai rarement lu. La dernière réplique de Perdican dans cette scène mériterait d'être citée en entier. Un coup de coeur pour cette pièce, alors que le théâtre est toujours loin d'être agréable à la lecture. Il faut que j'aille voir des classiques joués sur les planches, par curiosité.

Extraits : "Je me suis élevé de quelques pieds vers le ciel, et vous vous êtes courbés de quelques pouces vers le tombeau".

"Je ne suis pas assez jeune pour m'amuser de mes poupées, ni assez vieille pour aimer le passé".

Guy de Maupassant, Contes de la bécasse

A la suite d'un repas de chasse, le convive ayant été désigné pour manger les têtes des bécasses s'engage à conter une histoire. Maupassant se propose ici de rassembler les meilleurs. En vérité, ces contes sont ceux qu'il a publiés lors de l'année écoulée (1882-3) dans deux journaux. Leur point commun ? La grande majorité traite de sa Normandie. Hormis cela, la thématique vagabonde, avec quelques comédies cinglantes (Ce cochon de Morin, Farce normande, Les Sabots...) mais aussi des drames. Pierrot est ainsi le prénom d'un chien jeté dans un puits, agonisant pendant plusieurs jours. La rempailleuse est l'une des histoires d'amour les plus cruelles qu'il m'ait été donné de lire. En mer évoque la perte d'un bras par avarice. Et puis il y a la guerre de 1870, ancrée dans la mémoire collective, et évoquée dans La folle, Saint-Antoine ou L'aventure de Walter Schnaffs, les deux premiers contes étant sanglants, tandis que le dernier évoque avec un immense sarcasme une grande victoire française. Il est question d'amour (Menuet), parfois filial (Le Testament, Aux champs, Un fils) mais aussi de religion, plutot moquée (Un normand). Enfin, il y a La peur, que j'ai un peu moins saisi.
Mes quatre contes préférés (je voulais faire un top 3, mais ce fut difficile !) : Ce cochon de Morin pour sa légende, Pierrot pour le drame, Un fils pour la souffrance, L'aventure de Walter Schnaffs pour l'absurde.
C'est mon quatrième livre de Maupassant (Une vie, Pierre et Jean, Bel-Ami). Le style, dû au format, est différent. L'emploi du patois est régulier, ces passages me plaisant particulièrement. L'ensemble se lit aisément, et si on ne peut forcément pas développer le caractère des personnages, c'est tout de même agréable de faire varier les sujets, et donc les plaisirs. L'idée des nouvelles me plaît bien du coup.

Extrait de L'aventure de Walter Schnaffs : Tout ce qui est doux dans l'existence disparaît avec la vie.

Charles Baudelaire, Le spleen de Paris

Après les fleurs du mal, voici mon second recueil de poèmes de l'autre grand Charles. Enfin, peut-on vraiment parler de poèmes ? Des pensées, certes. Mais sans réel rythme, sans rime. L'ensemble est saccadé, et alterne quelques bons passages avec du passable. On sent le dépressif. On sent aussi le talent. Je me régale parfois de simples oxymores, "éloquence muette" et surtout la "Sainte prostitution" (on n'a pas fait mieux depuis !). Les 50 textes abordent la capitale, vue d'en bas : les miséreux et les caniveaux, les artistes délaissés et les filles enchaînées. Il y a parfois de la méchanceté qui transparaît (le mauvais vitrier, assommons les pauvres). Il y a aussi l'envie de s'en aller, de déguerpir, de voyager, là bas, où les heures plus lentes contiennent plus de pensées (l'invitation au voyage), de prendre la mer (déjà). Baudelaire rêve de liberté, et d'amour.

Et puis il y a ce petit texte, pour moi le chef d'oeuvre du livre : "Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville". Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.

"Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies".

Lecture parfois difficile (besoin de relire 3 fois les phrases pour comprendre l'idée), avec un vocabulaire très soutenu et varié. L'ensemble reste toutefois inégal, et, surtout, vaguement poétique.

Pierre Corneille, L'illusion comique

Il me semble avoir lu Le Cid dans ma jeunesse, mais j'avoue que ma mémoire me fait défaut. Du coup, je considère un peu ce livre comme mon premier Corneille. Et quel livre ! Je râlais il n'y a pas si longtemps du dénominatif de poésie donné au Spleen de Paris de Baudelaire, et voilà que je me retrouve face à une pièce de théâtre en vers ! Woh ! J'étais un peu inquiet au départ, craignant que cela n'alourdisse le texte. Mais pas du tout, au contraire. L'histoire reste limpide, et je me suis délecté du talent de l'auteur pour la rime. Un chef d'oeuvre technique.

L'histoire est celle d'Isabelle, désirée par tant d'hommes mais qui choisit Clindor, simple second d'un drôle de capitaine. Elle quitte tout pour lui, amis, famille, argent et titre. Mais l'heureux élu finit par fricoter avec la femme de Florilame. La scène semble tragique. Elle est suivie de près par Primadant, père de Clindor, qui n'est pas au bout de ses surprises. La chute finale est intéressante et change des tragédies-comédies classiques. 5 actes, 1824 vers de plaisir.



La prochaine fois, je serai philosophe !

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 03:35

13 ans plus tard, il est toujours vivant, toujours debout ! Nombreux sont ceux qui en ont eu un, surtout à l'époque des skyblogs. La mode est retombée depuis, et je continue à écrire, sur tout et rien, quoique principalement ma vie. Et on me demande parfois : mais pourquoi tout dire dans ton blog ? Pourquoi avoir publié cet article, alors que 200 personnes de Saint-O t'en parleront pendant des années ? Pourquoi te dévoiler ? Quel intéret ?

Figurez vous que ce sont aussi des questions que je me pose souvent. Pourquoi écrire par exemple ? Pour moi, forcément. Au départ, c'était pour écrire sur les choses que j'aimais à la fin de mon adolescence : le PSG, la FF, deux-trois films intelligents (la tour Montparnasse, le Dîner de Cons), et des moments avec les copains (c'était l'époque pré-permis où une soirée au bowling avec eux te paraissait vraiment fou-fou !). Depuis, ça a légèrement évolué.
 

J'écris pour me connaître. Connais-toi toi-même disait un philosophe célèbre. Grâce à l'écriture, j'arrive, peu à peu, à me cerner. Ce que j'aime, ce que je n'aime pas, ce que je pense, ce que je souhaite, ce que je veux. Bien sûr, c'est rarement en un article. Mais, en 13 ans, j'affirme que l'écriture m'a beaucoup aidé, dans mon "développement personnel" (je sors les grandes expressions, pardon !). L'écriture me permet de me remettre en question, elle m'interroge. Elle m'est aussi réparatrice, les mots pour les maux, elle me soulage souvent. C'est aussi très intéressant, pour moi, de me relire, quelques mois ou années plus tard : je vois mon changement d'état d'esprit, d'opinion. J'observe mes contradictions. Ca m'évite ainsi de trop rester fixé sur une idée, d'être borné, car ça me prouve que l'on change tout au long de sa vie.
 

Oui, pour l'écriture, mais pourquoi publier tout ça ? Car je pourrais très bien garder l'ensemble pour moi, tel un journal intime. Je pense ici que j'ai aussi envie de divertir mes proches. Pour les voyages, ça me semble une évidence. Publier mes articles m'évite aussi de répéter 30 fois la même chose. Je me dis que les photos peuvent également donner envie aux gens de visiter un pays, de découvrir un lieu où je passe. J'ai presque l'ambition de repousser les limites de mes proches et connaissances, de leur montrer qu'un voyage à l'autre bout du monde n'a rien d'impossible, car je le fais ! Ca a fonctionné comme ça pour moi, j'ai vu un copain partir en Erasmus puis aux Philippines, et je me suis dit : pourquoi pas moi ? Là, mon idée, c'est pourquoi pas vous (sans prétention aucune, l'idée étant vraiment d'ouvrir l'esprit comme le mien l'a été un jour, et continue de l'être).

 

Cependant, les gens comprennent souvent mes articles de voyages. Non, la vraie question qu'ils souhaitent poser, c'est "pourquoi publier des articles intimes ?" Là, on touche quelque chose. Car, c'est vrai, je pourrais me contenter d'écrire sur mes voyages. Mais j'écris aussi sur ma vie étudiante/professionnelle (prof), Sur les films que j'aime. Sur la politique (et pour qui je vote). Pour certains, c'est déjà la limite. Moi, je repousse cette limite, je vais jusque dans mes propres sentiments. Amour. Peine. Décès. Et même sexe.

Ai-je une limite ? Oui. Beaucoup d'ailleurs. Car il y a ce que j'écris, et ce que je publie. L'auto-censure fonctionne déjà a plein régime. De nombreuses fois, je m'interroge : dois-je publier cela ? J'ai des vrais débats et je ne suis pas toujours d'accord avec moi-même (coucou mon dédoublement de personnalité !).

Deux raisons expliquent principalement mes publications intimes : la première, c'est que si cela me concerne, c'est que cela peut aussi vous concerner. Une rupture amoureuse, un décès, ce sont des choses que l'on rencontre tous dans sa vie. L'idée est de montrer que l'on n'est pas seul face à certains de ses sentiments, et j'apprécie vraiment quand quelqu'un, à la suite d'un article, vient m'écrire un petit mot sur Facebook pour me dire qu'il/elle s'est reconnu/e.

La deuxième raison, c'est ce que j'appelle la double vanité. La vanité, aujourd'hui, est plutôt une critique. Est-ce-que je suis vaniteux, et qu'en publiant ces articles intimes. je recherche les clics, les vues, les commentaires, les réactions ? Ou est-ce la vanité ancienne, celle qui dit simplement que notre passage sur terre est limité, que l'on mourra tous ? Dans ces conditions, pourquoi vouloir donner une certaine image biaisée de nous, et non pas le tableau complet ? Les sentiments intimes font partie de moi. Je les assume, de plus en plus. Alors pourquoi vouloir les cacher ? Pour contrôler mon image, pour que mon paraître ne soit pas entaché, pour ne pas montrer mes faiblesses ? Je préfère le fait de laisser ma trace, mon empreinte, réelle, qui pourra faire rire, sourire, rêver mais aussi pleurer mes enfants, petits-enfants, ou neveux. Et vous aussi, d'ailleurs. C'est ce que j'ai préféré dans mes recherches familiales, les sentiments de mes anciens. Ils les écrivaient, sur des lettres, et les envoyaient à leurs proches. Je les envoie au monde. XXIème siecle.


Et, bien sûr, si une gêne apparaît chez vous à la lecture d'un article, ne perdez pas votre temps à aller jusqu'au bout, c'est qu'il n'en vaut pas la peine !

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 02:56

Les réfugiés tibétains, c'est un peu comme les bébés chiens, tout le monde les aime bien, les trouve mignons, et serait prêt à en adopter un.... sauf les Chinois ! Bon, ils ne vont pas jusqu'à manger les petits Tibétains, mais comme ils ont déjà envahi leur pays...

Nous sommes en 1950, et 40 000 soldats chinois marchent sur Lhassa pour "libérer" le Tibet. De qui ? De quoi ? Ca reste une bonne question. Toujours est-il que la Chine remporte une victoire assez facile et le gouvernement tibétain doit signer un accord en 1951 reconnaissant la souveraineté chinoise sur la région. Cet accord a été dénoncé depuis (car signé sous la contrainte) par le gouvernement tibétain en exil, qui est réfugié en Inde depuis 1959.

Des milliers de réfugiés tibétains arrivent en Inde. Que faire pour eux ? Le gouvernement indien aurait pu leur proposer de construire un grand camp, voire une jungle...(suivez mon regard). Non, New Delhi va faire mieux que ça : elle lance un programme d'installation ! A Bylakuppe, ce sont ainsi près de 50 000 réfugiés tibétains qui s'installent. Aujourd'hui ils représentent près de 75% de la population locale. Je pars donc en territoire tibétain.

 

Sur la route de Mysore, je trouvais déjà que la région du Karnataka était plus pauvre que le Kerala ou le Tamil Nadu. Mon impression se confirme, puisque ce sont maintenant des petits tracteurs ou des boeufs qui tractent les remorques ou travaillent dans les champs. Et c'est aussi la première fois qu'un mendiant insiste de façon gênante pour avoir de l'argent (il s'agrippe à mon bras, et me fait une sorte de câlin en réclamant de l'argent).

Arrivé à Bylakuppe, je me retrouve sans hôtel. Dans le premier on m'explique que c'est les élections ce week-end, et que tout est plein. On me conseille quand même d'aller voir au pied d'un monastère tibétain, on ne sait jamais. Arrivé là-bas, il y a de la place, ouf. Mais il faut un permis spécial du ministère des affaires étrangères indien pour y dormir. Merde. En résumé, les Tibétains sont les bienvenus en Inde, mais on surveille un peu quand même qui ils reçoivent. Bon, que faire ? Je laisse mon sac au pied du monastere, et je m'en vais voir le lieu. Difficle de le visiter, les moines ne sont pas du tout loquaces, et je cherche en vain des infos. Je demande à l'auberge des conseils, notamment pour en savoir plus sur l'histoire locale des Tibétains... on me répond que ce n'est pas possible. Bon, d'accord. Décidément, pas grand chose de possible ici !

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Je repars, mon sac sur les épaules... quand le moine de l'auberge vient me chercher et m'explique que je peux finalement rester une nuit ! Ca m'arrange ! Et c'est ainsi que je dors dans la zone de peuplement tibétain de Bylakuppe, au pied d'un monastère.

Je visite notamment le Golden Temple, la grosse attraction locale. Les moines sont présents en très grand nombre, tout comme les Indiens, comme toujours très bruyants. Cela ne m'empêche pas d'apprécier les hommes en rouge et orange qui chantent devant la porte du temple, derrière le rideau (le rideau, le rideau, le rideau !!).

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Bylakuppe est intéressante pour son coté combattif, que l'on ne voit pas toujours chez les Tibétains. Ainsi, il y a plusieurs mémoriaux, pour les martyrs. Il y a des peintures murales "Save Tibet", "Free Tibet".

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Je me sens de moins en moins en Inde en me baladant en ville : les écoles sont tibétaines, les restaurants (avec de la viande !), les magasins et même la maison de retraite ! Surtout, ce sont les faciès qui sont très différents. Il y a même leur propre show !

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Se sont-ils adaptés à l'Inde, se sont-ils intégrés ? (car c'est toujours une grande question que l'on pose lorsque l'on évoque les réfugiés !). Pas sûr. Difficile de l'affirmer, car j'ai beaucoup de mal à engager des conversations (faudrait rester une semaine pour gagner la confiance des locaux). Mais je remarque peu de mélange entre Indiens et Tibétains, pas de faciès mixte. Même au niveau du sport, puisqu'il y a un terrain de foot, mais pas de terrain de cricket ! (et ça c'est un signe !)

Je suis le seul touriste sur place quand... je rencontre un bus de lycéennes anglaises en voyage scolaire ! Comment sont-elles arrivées là, c'est un mystère !

Tout ça donne envie d'aller voir Lhassa. Mais si ça ne passe pas au niveau du visa, j'aurai quand même vu un second bout de Tibet (après le Sichuan !).

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 04:28

Il y a des mots qui entraînent un scintillement du regard, le sourire béat. Maharadjah est l'un de ces mots pour moi. Je repense à Tintin et au Maharadjah de Rawhajoutalah dans les Cigares du pharaon. Et je me revois, enfant, fasciné par les épisodes du grand reporter.

Pour rencontrer le Maharadjah de Mysore, je prends un bus d'Ooty à Mysore. Celui-ci traverse notamment un parc naturel où les tigres seraient présents. Mais hormis les biches et les phacochères (il était jeune et phacoooocheeeere. Bel organe. Merci.), pas grand chose. J'ai l'impression que les régions que je traverse sont de moins en moins riches : les maisons rapetissent, tout comme les magasins, les territoires sont de plus en plus ruraux, les charrettes sont tirées par des boeufs. Même la végétation est moins riche, plus sèche, moins luxuriante. Arrivé à Mysore, je fonce me coucher, car il est déjà 20h ! (réveillé à 3h50 pour mon train mythique, d'où mon horaire russe !).

De ce fait, c'est frais comme un gardon que je me prépare à attaquer le palais de la ville, the place to be. 8h30, ça ouvre à 10h. Bon. Ca me laisse le temps de faire un tour.

Pour la première fois, je vois un "beau" centre-ville. C'est très subjectif, et cela correspond pour moi à des bâtiments ayant une architecture à peu près existante, ce qui n'est pas toujours le fort des villes du Sud. Ici, influence du palais ou pas, il y a des colonnades, des frontons, bref, une certaine classe, que ce soit pour l'école, la poste, l'hôpital ou les autres bâtiments publics.

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

9h45. C'est l'occasion de vous présenter deux particularités parfois gênantes des Indiens. La première, c'est la queue pour les tickets. Ou plutôt l'absence de queue. Car lorsque le guichet ouvre, c'est la cohue. Ca pousse franchement (et c'est pareil pour monter dans un train ou un bus). Parfois ça en est ridicule, comme ici, ou les deux premières femmes de la "queue" se battent à moitié pour être la première servie. Oh, vous allez avoir un ticket, pas d'inquiétude ! J'entre dans le palais, je prends l'audioguide qui me sera très pratique et qui est compris dans le prix du ticket et je vois, autour de moi, les Indiens cavaler. Pas de cow-boys à l'horizon pourtant. Non, ils cavalent pour faire la visite. Et là, spectacle amusant, ils se suivent un à un, comme.... dans une queue. Ils sont tellement rapides que certains ont déjà fini alors que je suis au point 3 sur 24 ! Surtout, et c'est leur deuxième caractéristique parfois ennuyante, ils sont bruyants. Ils crient, partout, dans les édifices religieux ou dans ce palais. Ils s'appellent d'un bout à l'autre d'une pièce. Et s'ils sont au téléphone, c'est là le pire ! 


Il n'empêche, ce site est magique. Le palais appartenait à la famille des Wodeyar, qui a gouverné Mysore de 1399 à.... 1947 ! (sacrée dynastie !!) Plusieurs palais se sont succédé, celui en face de moi ayant été construit en 1897 (après l'incendie du précédent). Ce n'est donc pas un vieux bâtiment. Ce qui fait sa force, c'est le mélange des influences : indienne, musulmane et... néo-gothique !

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Si l'extérieur est magnifique, que dire de l'intérieur.... (ce ne sont pas mes photos, puisqu'il est interdit de sortir l'appareil dans le palais).

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Le reste de la ville, plutôt étendue (quasiment 1 million d'habitants) est sympa, un zoo (que je boycotte désormais), un grand marché, quelques édifices religieux, mais rien de comparable au palais !

Le maharadjah de Mysore
Le maharadjah de Mysore

Tiens, un Tibétain. Tchang ? (à suivre)

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