22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 16:34

Lorsque j'ai lu l'Ancien Testament, je suis très vite tombé sur les 10 Commandements, reçus par Moise sur le Mont Sinaï

 

1er : Je suis l'Éternel ton Dieu

2ème : Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face

3ème : Tu ne te feras point d'image taillée, ni aucune ressemblance des choses qui sont là-haut dans les cieux, ni ici-bas sur la terre, ni dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point, car je suis l'Eternel ton Dieu, un Dieu jaloux

4ème : Tu ne prendras point le nom de l'Eternel ton Dieu en vain

5ème : Tu travailleras six jours, et tu feras toute ton œuvre, mais le septième jour est le repos de l'Eternel, ton Dieu.

6ème : Tu ne tueras point

7ème : Tu ne commettras point l'adultère

8ème : Tu ne déroberas point

9ème : Tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain

10ème : Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain, tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit à ton prochain.

 

Le problème, c'est qu'il ne me correspondait pas. J'ai cherché à comprendre pourquoi. Le fait de voir écrit « un Dieu jaloux » me gênait. Le fait de lire « tu travailleras six jours » encore plus ! Certes, les idées de base sont intéressantes (ne pas tuer, ne pas voler...), mais ce ne sont pas là mes 10 Commandements.
Alors j'ai commencé à réfléchir à ce que pouvaient être mes 10 Commandements. 10 phrases qui me correspondent, qui disent ce à quoi je crois. Et finalement, j'y suis arrivé.

 

1- On n'a qu'une vie

 

Je peux développer chacun des commandements pour un souci de compréhension. Le premier est plutôt clair, on n'a qu'une vie : on mourra tous, il faut profiter de la vie au jour le jour. Une sorte de Carpe Diem.

 

2- Vivre ses rêves et non pas rêver sa vie

 

Le second est dans le même genre, avec cette fois une précision très importante : il faut vivre ses rêves. Certes, c'est sympa de rêver sa vie, d'imaginer ce que l'on pourrait faire le jour de la retraite, ou en gagnant à l'euromillion. Mais rien n'est plus efficace que de tout faire pour vivre l'ensemble de ses rêves, de mettre toutes les chances de son côté pour atteindre ce but.

 

3- L'amour triomphe

 

Oui, une dose de romantisme pour mon troisième commandement, qui me rappelle à quel point l'amour est le plus fort des sentiments, et qu'il vaut la peine que l'on se batte pour lui. Aimer, c'est plus fort que tout.

 

4- Travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler

 

C'était l'un des regrets principaux des mourants (un article que j'ai déjà évoqué dans ce blog) : avoir trop travaillé. Je sais que la valeur travail est très importante pour beaucoup d'entre-vous. De mon côté, je la mets au second plan. Le travail doit permettre d'amener au bonheur. Il ne faut surtout pas sacrifier cette possibilité de bonheur en s'acharnant à la tâche (travailler moins pour vivre mieux).

 

5- Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit

 

Mon cinquième commandement répond à un soupçon d'égoïsme des quatre premiers : le bonheur passe par les gens autour de moi. Le bonheur ne doit pas être égoïste, il est également construit par les gens qui t'entourent. Et que tu dois respecter.

 

6- Les paroles s'envolent, les écrits restent

 

C'est un peu la base de ce blog. C'est aussi la base de l'histoire en tant que matière. C'est important de poser par écrit nos idées si on ne veut pas qu'elles deviennent des pensées de passage. Cela permet de les retravailler, de les améliorer et de progresser.


7- Le bonheur est dans l'être, non pas dans l'avoir

 

A quoi bon acheter 10 paires de chaussures ? A quoi bon vouloir absolument le dernier Iphone quand tu as déjà l'avant-dernier ? Le bonheur n'est pas dans l'avoir, pas dans la société de consommation. Le bonheur, c'est l'être, c'est ta personne, c'est les autres personnes. Le bonheur n'est pas une succession de plaisirs matériels, mais un épanouissement personnel.


8- Nous ne sommes que la somme de nos actes

 

Tout ce que nous faisons, jour après jour, transforme notre vie, sans forcément que l'on puisse s'en rendre compte. Chaque décision quotidienne influence le lendemain. La somme de nos actes correspond également à nos erreurs passées, à celles que nous ne devons pas reproduire.


9- Garde la famille et les ami(e)s auprès de toi

 

La famille et les ami(e)s doivent être le cocon de sécurité. Ceux où l'on peut se réfugier dans les moments de doutes et de peines. Ceux à qui l'on ne doit rien cacher. Ceux pour qui on se doit de répondre présent. Ils sont l'une des pierres de notre bonheur.


10- Quelle planète laisserons nous à nos enfants, quels enfants laisserons nous à notre planète


La nature et l'éducation. Ce sont les pierres supplémentaires du bonheur de demain. Et nous avons chacun ces pierres entre nos mains. Il faut en prendre soin, car ce sont les bases de l'édifice mondial. Sans ces deux pierres, aucun bonheur n'est possible.

Amen.

Partager cet article
Repost0
21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 17:58

Cela faisait plusieurs années que je n'étais pas allé à un concert. Je ne suis même pas sûr de ce que c'était. Johnny avec mon père ou Bénabar avec ma mère. C'était donc déjà dans un Zénith, à Paris ou à Lille. Et je continue ma visite des Zénith de France avec Strasbourg, pour la 19ème édition du festival des Artefacts. 12 000 spectateurs, pour le plus grand Zénith de France.

A la base, c'était un cadeau de Noël pour Alba. Parov Stelar. C'est le nom de la bande autrichienne qu'elle adore. De l'électroswing, très en vogue Outre-Rhin. Parov Stelar commence à être un peu connu en France (une pub avec leur musique passait à la TV lors de ma dernière visite dans l'Hexagone). Mais ce n'est rien par rapport à Stromaé... Et là, c'est devenu MON cadeau de Noël !

Stromaé en 2013, c'est un peu Adèle en 2011 : on connaît tous plusieurs chansons, qu'on le veuille ou non. 3 Victoires de la musique, succès critique et commercial (2 millions d'albums), tournée de fou (survendue par plusieurs ami(e)s). Bref, je l'attends de pied ferme !

Commence donc Parov Stelar. On est dans les gradins, mais on se prend vite aux airs entraînants de la bande autrichienne. Du coup on descend dans la fosse et on se met à danser. Là, on a vite compris qu'on faisait partie des 0,04% également venus pour Parov Stelar ! On danse, mais on se sent seul ! L'ambiance n'est pas mauvaise, les gens réagissent à chaque fois que la chanteuse leur demande. Mais on a beau faire, quand le public ne connaît pas la musique ou les paroles... Je me surprends moi-même à connaître l'ensemble des chansons (sauf deux nouvelles), preuve en est que le travail de sape d'Alba a payé (l'album de Parov Stelar était l'un des seuls que nous avions pendant le tour d'Asie). Je vous mets plus bas un morceau de la bande, pour vous donner envie d'en écouter un peu plus.

Une petite pause, et voici venu la star de la soirée. Les décibels explosent, on a la confirmation des 99,99% venus pour Stromaé ! La surprise vient d'ailleurs des gradins : on pensait que les gens allaient rester assis... que dalle ! Tout le monde debout, que la fête commence, Stromaé est dans la danse !

Je n'ai pas l'album, je ne l'ai même jamais écouté. Mais je connais les bases. Je suis surpris par quelques chansons (notamment celle sur le thème du cancer, qui a fait s’asseoir la moitié des gradins, et qui m'a fait penser à sa marionnette aux Guignols, plus vraie que nature!).
Mais pour le reste, c'est debout, ça danse, ça chante, ça crie, ça fait du bruit. On sent le show rodé (forcément, quand on est en tournée depuis plusieurs mois...) et les répliques bien préparées. Quelques-unes sympas, notamment quand il demande à l'ensemble du public de crier en chœur : « A poil ! ». Et c'est là que tu te rends compte de l'avantage d'être une star de la chanson : tu peux faire ce que tu veux ! Le type demande de crier « à poil » et l'ensemble du public le fait. Il demande de sauter, l'ensemble du public se met à sauter. Il met une musique des 90's en mode boîte de nuit (cf. vidéo) ou même de la bonne vieille techno belge et les gens sont contents ! Je donnerais cher pour voir un chanteur demander à son public de crier des insultes ou des slogans politiques.

J'avoue, j'ai adoré. J'étais parfois assis dans les escaliers, souriant béatement devant la performance de Stromaé et la joie du public qui m’entourait. On sentait un Zénith heureux. 12 000 personnes heureuses, au même endroit, au même moment. Encore plus quand c'était formidable. Alors on danse. A son zénith. Stromaé l'artiste.

Partager cet article
Repost0
18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 19:21

Mon aventure avec le cinéma est assez récente. Quelques années, tout au plus. Mais l'aventure du cinéma, elle, est très ancienne. Il y a quelques semaines de cela, j'ai eu la chance de regarder un documentaire sur "Le voyage dans la lune", film de Georges Méliès, datant de 1902. C'était tout simplement fascinant ! Et c'est pour ça que je vous conseille ce film. Plusieurs avantages : ça dure 14 minutes, c'est en couleur (un exploit pour l'époque), c'est disponible sur Youtube (les droits d'auteurs ont expiré depuis quelque temps) et ça nous montre un tout autre cinéma. Et puis cette vision de la lune, la nature imaginée, ses habitants... Une autre époque, un voyage dans le passé. Mythique.

Partager cet article
Repost0
18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 18:57

Je suis jeune. Je suis donc certainement encore naïf. Mais je pensais lors des dernières élections présidentielles avoir voté pour un candidat de gauche. Pas au premier tour, mais au second. Mister François Hollande. Je n'étais pas séduit à 100%, mais l'expérience de Paul Bismuth à l'Elysée m'avait vraiment déplu. Pas tant dans sa politique économique que dans ses actions sociétales. Je trouvais le petit Nicolas trop à droite.
Manque de chance, je trouve François Hollande trop à droite ! Caramba, encore raté !

 

La crise a bon dos. Elle permet à des gens, plutôt privilégiés (au hasard le patron du MEDEF), de demander des « sacrifices » aux travailleurs. Pas pour eux, pas pour les profits, non non. Mais à cause de... la CRISE (musique qui fait peur du JT de TF1). Ah, la CRISE... si elle n'existait pas, il aurait fallu l'inventer ! Elle permet de réclamer aux travailleurs de travailler plus (fin des 35 heures), de gagner moins (on a même entendu récemment « sous le SMIC »), d'en virer quelques milliers (ah, la CRISE...). Et, pendant ce temps là, on réclame à cor et à cri « une baisse des impôts et des charges ! ». Attention, pas pour payer moins d'impôts, mais pour « relancer la croissance ! ». Baissons les charges, et on pourra créer un million d'emplois ! C'est ce qu'a dit le patron du MEDEF.
Notre gouvernement, socialiste (enfin, je crois) répond : oui ! Tu m'étonnes, un million d'emplois, ça serait bien sympa ! Alors la réforme est là : « un pacte de compétitivité ».
Vous voyez comme le mot choisi sonne bien : compétitivité, être compétitif, ça semble être une bonne chose. Si ça s'appelait : baisse des charges pour les grandes entreprises à hauteur de 50 milliards, ça sonnerait forcément moins bien.

50 milliards. Rien que ça ! Et en période de CRISE. Alors va falloir les trouver autre part. Bon entre-temps, le MEDEF explique que les 1 million d'emplois c'est pas sûr, que ça dépendra de beaucoup de choses, etc, etc... (on nous aurait menti ?) Peu importe, le pacte est lancé, et les 50 milliards, on va les piocher chez les gens qui ont des moyens, les fameux 1% qui continuent de s'enrichir malgré « la CRISE ».
Caramba, encore raté ! Le gouvernement socialiste choisit les retraités. Et les fonctionnaires. Et l'assurance maladie. Ce n'est pas encore très détaillé, mais rassurez-vous, ça va toucher tout le monde !

50 milliards. Tiens, ça me rappelle un autre chiffre : l'année dernière, en 2013, année de CRISE (oui, la CRISE est là depuis plusieurs années maintenant), 43 milliards d'euros ont été versés en dividendes et rachat d'actions par les entreprises du CAC 40. 43 milliards, sur une seule année. L'année d'avant, c'était « seulement » 41 milliards. Parmi lesquels Sanofi, 600 emplois supprimés, 8 milliards de bénéfices en 2012.
Les rachats d'actions, c'est formidable. Peugeot PSA a fait de même pendant plusieurs années, à un cours élevé. Face à une situation compliquée, c'est l’État, à savoir nous, qui avons recapitalisé l'entreprise. Privatiser les bénéfices, socialiser les pertes. Oui, une ruse de banquier.

Voir un gouvernement « de gauche » (enfin, je crois) mener une politique de droite me sidère (le changement c'est maintenant qu'il disait...). Surtout quand on voit les résultats que ça donne à l'étranger. Surtout quand on voit les résultats que ça donne en France. Mais non, on persiste et signe. Et après, on s'étonne que les électeurs de gauche se détournent du PS...


La CRISE fait reculer le progrès. En 2014, on entend encore le patron du MEDEF réclamer que des jeunes travaillent pour moins de 1 128€ net par mois. Lui, il s'en fout, il n'est plus jeune depuis longtemps. Et il était l'enfant du représentant des patrons français. Alors le SMIC, forcément, il n'a jamais eu à vivre avec. Mais attention qu'il dit, ça va permettre d'embaucher plein de jeunes !

Il ne faut pas se prostituer auprès des patrons pour le travail. Je veux bien que l'on soit dans une économie mondialisée, que le chantage au travail fasse peur, mais nous devons garder nos valeurs. Et continuer d'aller dans le sens du progrès.

Oui à une politique de relance européenne. Oui à la taxe sur les transactions financières (tiens, 57 milliards par an). Oui à la sixième semaine de congés payés.

Partager cet article
Repost0
14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 22:25

27

Il paraît qu'aujourd'hui j'ai 27 ans. 

C'est un chiffre qui m'impressionne un peu. Ça me semble beaucoup pour tout vous dire. J'ai vraiment l'impression d'en avoir moins. La raison c'est bien sûr mon mode de vie : je suis et je reste un étudiant. Un étudiant de 27 ans, une espèce rare en France.

Les anniversaires, c'est un peu comme Nouvel An, un drôle de décompte qui nous oblige à nous arrêter et dire : « Déjà ?! Mais ça passe vite ! » Oh que oui petit, le temps passe vite.

Alors c'est l'occasion de faire un bilan de mon année, ou des vingt-six déjà écoulées. Bon, c'est quelque chose que j'ai déjà fait souvent, et j'aurai encore beaucoup l'occasion de le refaire. En deux phrases ça donne : content de ce que j'ai déjà fait, heureux quand je vois ce qu'il reste à faire. Pas impatient comme je pouvais l'être à mes 16 ans (quand j'aurai un permis, quand j'aurai un appart, quand j'aurai une copine...). Pas perdu comme je pouvais l'être à mes 20 ans (pourquoi la vie, qu'est-ce que je veux faire, où vais-je...). Heureux. 27 ans et heureux. Je donnerai beaucoup pour continuer un décompte pareil jusque 100 avec la même appréciation. Heureux et sans problème. Un luxe. Une chance. Cette journée, c'est aussi s'en rendre compte. Et penser à ceux qui n'ont pas cette chance. Et profiter pour eux, autant que pour moi.

Alors mes 27 ans ne seront pas vraiment particuliers, ou exceptionnel. Comme mes 26 d'ailleurs (aucune idée de où j'étais et de ce que je faisais). Pas de fête, pas de verre en ville, pas de voyage de fou. Juste une journée ordinaire. Une de plus. Mais une de plus que j'apprécierai. Elle est belle, la vie.

Partager cet article
Repost0
9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 17:13

Il est 6h45. C'est l'heure du réveil et très franchement, je n'ai pas envie. J'ai mal dormi, sans doute un mélange d'excitation et d'habitude de se coucher tard. Je suis encore fatigué, et ce n'est pas vraiment un bon signe quand on s'apprête à aller courir le marathon de Paris.


Un petit-déjeuner plus tard, je m'en vais vers mon tram. A la station, nous sommes 3 avec un dossard. Petits sourires. Il est 7h30. Puis c'est un métro, bondé de coureurs. Enfin l'arrivée sur les Champs-Élysées. C'est ici qu'aura lieu le départ de la 38ème édition. L'avenue est déjà bondée. Je m'en vais vers mon sas de départ : 4h00. Oui, 4h00, c'est le temps plus ou moins estimé de ma course. Je sors d'un semi-marathon de Lille à 1h35, mais ça fait déjà plusieurs mois. Et j'avoue partir dans l'inconnu. Mon entraînement n'a pas été très régulier. Je me suis surtout évertué à ne pas arriver blessé, comme c'était le cas lors de 2 semi-marathons (sur 3, saloperie de tendinite).

L'ambiance est bon enfant. Une sono nous tient informés de tout ce qui se passe, fait le décompte toutes les cinq minutes. Et surtout, il y a les entraînements collectifs ! Là, c'est folklore. Deux types surplombent les SAS, et suivent une musique entraînante. L'ensemble des coureurs participe à une chorégraphie, style Véronique et Davina. « On lève les mains bien haut, on applaudit, on lève le genou droit, on fait des talons fesses... ». Mais c'est assez marrant de voir 40 000 personnes se bouger les fesses ensemble. Une sorte de flash mob géant en fait.

Le premier SAS prend le départ à 8h45. Je n'y suis pas. Le premier SAS, c'est les barges. Ceux qui vont courir le marathon en un peu plus de deux heures, alors que je pense faire le double. Des types qui sprintent (pour moi), et ça pendant 42 kilomètres. Des monstres physiques. Alors on les applaudit, en sachant très bien qu'on ne les reverra pas (ils seront douchés et dans un avion pour le Kenya/Éthiopie avant que je sois arrivé!).
Et puis petit à petit, les SAS partent, un à un. Les 2h30, les 3h, les 3h30, les 3h45...

Le départ, 0-5 kilomètres, le plaisir

Nous sommes sur la ligne de départ. Enfin. Il est 9h35. Bekele (le futur gagnant) est déjà à mi-épreuve. Et c'est parti. On descend les Champs-Élysées sous un beau soleil. Je profite des cinq premiers kilomètres pour savourer l'ambiance, la chance d'être dans Paris sans voiture, je regarde un peu les monuments. Y a pas à dire, c'est tout de même une jolie ville !

Après le cinquième kilomètre, j'essaie de me concentrer un peu. Dans ma poche, j'ai un petit papier avec les temps de passage que je dois faire pour réaliser 4h00. Je suis bien dans les temps dès le départ. Ce n'est pas rapide pour moi, ce n'est pas fatigant. L'idée est de ne pas puiser dans mes réserves pour aller vite. Ces réserves, je vais devoir y piocher dans 20 bornes, autant les garder bien à l'abri pour le moment.
C'est fou le monde autour de moi. On est 42 000. Forcément, ça impressionne. 42 000 fous, sans aucun doute. Car courir un marathon est une sacrée folie. Je le sais déjà, je vais m'en rendre compte un peu plus encore ensuite.

5ème-29ème kilomètres, la course

Arrive la place de la Bastille. Je suis bien. Très bien même. Bon, il y a bien une petite douleur au genou droit dès le onzième kilomètre. Sur le coup j'ai un peu peur, ça sent la tendinite à plein nez. Mais mon genou est chaud, ça devrait tenir. Pendant une dizaine de kilomètres, c'est le bois de Vincennes. C'est la première fois de ma vie que je viens ici. Le château est sympa, il y a du monde dehors, dans le parc. Les coureurs autour de moi profitent de n'importe quel arbre pour pisser (j'ai l'impression d'être sur une étape du tour de France).
Les ravitaillements sont plutôt tranquilles. Et pour cause, j'ai pris mon sac « petit tuyau » avec moi. J'ai un litre et demi d'eau. Du coup pas de galère. Je me suis arrêté une fois sans grand souci pour récupérer du sucre et des raisons secs, puis quelques oranges. Mais il n'y avait pas de bousculade. Il y a beaucoup de bénévoles, l'organisation est rodée, ça se sent.
On repart vers le cœur de Paris, avec notamment les quais de Seine. Notre-Dame de Paris apparaît sur notre gauche. L'ambiance est assez folle dans les tunnels, avec des spots, de la musique électro et peu de lumière. On se croirait en boite de nuit. Les gens nous encouragent tous, même si tout le monde est plus ou moins à l’affût de la personne qu'il est venu encourager. Les groupes de musique (plus de 70 tout au long du parcours) rythment nos passages. C'est cool, c'est bon enfant. J'apprécie.

Au niveau des temps de passage, je suis bien. Plutôt régulier d'ailleurs, jugez-en plutôt :

0-5 28'16

5-10 28'36

10-15 29'08

15-20 29'11

20-25 31'45

Jusqu'ici tout va bien.

29ème-36ème, la souffrance

Mais j'ai fait une erreur. Erreur bête. Au 29ème, j'ai voulu manger. Oh, pas grand chose, une banane et quelques oranges. Ce n'était pas mes premières, ça ne devait pas être mes dernières. Alors je me suis arrêté au ravitaillement, faisant gaffe de ne pas glisser sur une peau d'orange (j'avais vu une chute au ravitaillement précédent). Et alors que je souhaite repartir...
Aie. 3 mètres. Aie. 3 mètres. Je regarde mon genou, le genou me regarde et dit « mais, c'est pas de ma faute ! ». Je pense la tendinite, je vois la tendinite. J'essaie de me relancer mais je n'y arrive pas. Je tente quelques étirements. Mais rien n'y fait. La douleur est atroce à chaque fois que j'essaie de courir. Je marche vers le 30ème kilomètre, celui du fameux mur. Mon souffle va très bien, la jambe gauche aussi. Mais à cloche-pied, c'est plus difficile. Je réessaie encore. C'est un échec. J'ai la haine. Je suis en colère. Mais je sais que je n'y peux rien. Je marche donc, en espérant que ça passe.
Les gens essaient de me motiver, pensent que c'est dans la tête. « Allez Jérémy ! ». Oui, sur mon dossard est écrit mon prénom. Et comme je marche, ils ont bien le temps de lire ! Autour de moi il y a de plus en plus de marcheurs. Ceux qui boitent, comme moi. Et d'autres, qui n'en peuvent tout simplement plus. Dès le quinzième kilomètre j'avais vu des gens en souffrance. A partir du 30ème, j'ai vu des gens dans un sale état. Des types allongés sur le sol, une civière à côté d'eux, la Croix Rouge à leurs côtés. Un mec en pleurs, qu'on est obligé de porter. Nombreux sont assis sur le sol, et attendent je ne sais quoi.
Entre le 30ème et le 35ème kilomètres, j'ai mis une heure et huit minutes. Dont un passage à la Croix Rouge. Là, c'est mon dernier espoir. On m'accueille très gentiment, on me file une poche de glace, on prend mon pouls, ma tension. J'en vois d'autres arriver, et en comparaison je vais très bien.
Et c'est là que je comprends : le marathon est une torture. Bon, une torture choisie (je viens d'écrire sur 12 years a slave, et il n'y a pas de comparaison). Une torture pour le corps. Pour les articulations. Une folie. D'ailleurs le premier marathonien, Philippidès, celui qui a annoncé aux Athéniens la victoire des Grecs face aux Perses en partant de Marathon, le premier qui a effectué ces 42 kilomètres, il est arrivé à Athènes, il a dit « victoire » et il est mort tout de suite après ! Si ce n'est pas une preuve de la dangerosité de cette épreuve !

36-42ème, la fin

 

Blessé, à cloche-pied, à quatre pattes, peu importe : j'arriverai au bout ! Il ne m'est pas venu l'idée d'abandonner, et qu'importe si au lieu de quatre je fais sept heures ! C'est une question de fierté, une question d'objectif, je l'ai dit, je veux finir un marathon ! Et je le ferai !
Le froid a fait du bien, je vois que mon genou a un peu dégonflé. Je tente de trottiner. J'ai mal, mais seulement un peu. C'est le moment, il faut repartir. Quand le genou sera chaud, je ne sentirai plus rien !
Et ce fut le cas. Quasiment. J'étais loin d'être aérien dans ma foulée. Mais je pouvais courir. Et je n'en demandais pas plus. Logiquement, je double beaucoup de monde. Je suis ici avec ceux qui pensaient courir le marathon en plus de 4h30, un rythme plus lent que le mien. Mais je l'affirme, ce sont eux les vrais marathoniens. Ce sont eux les courageux. Parce que Bekele, soit dit en passant, est un feignant. Le type court deux heures. Et c'est tout ! Ici, je suis avec des gens qui courent cinq heures ! C'est autre chose ! C'est plus de classe, c'est plus de mérite ! C'est eux qui devraient recevoir les médailles et le plus d'applaudissements ! Car courir deux heures, moi aussi je peux le faire, et souvent d'ailleurs ! Mais courir cinq heures, faut être sacrément motivé ! Et fou !
Je cours donc dans le Bois de Boulogne, espérant chaque seconde croiser un sosie de Brandao (sans succès). Le parcours est à nouveau plat (sur les quais de Seine, le nombre de faux plats montants est assez élevé, à ma surprise d'ailleurs, avec les tunnels qu'il fallait toujours emprunter). Je profite des dernières centaines de mètres. J'ai retrouvé le sourire. Ma poche d'eau est à sec, mais je sais que l'arrivée est là, sur cette bonne vieille avenue Foch. La boucle est bouclée. Je suis officiellement un marathonien. Je suis allé au bout. J'éprouve un sacré sentiment de fierté de ne pas avoir lâché. Je souris quand je reçois mon T-Shit « Finisher » et ma médaille. J'ai la classe, malgré un vieux K-Way vert Schneider Electric. Et je rejoins Alba, exténué. 42,195 km. 5'07''27. Putain de folie.

Ma Bucket List perd donc un seizième élément. Il m'en reste vingt-quatre. Pas mal pour un type de vingt-trois ans à peine. La suite, les courses, tout ça, tout ça, ce n'est pas encore défini. J'ai traîné un énorme hématome le lendemain et le surlendemain de la course, au niveau du genou droit. Je boitais sacrément bas. Mais ça ne m'enlève pas l'idée de recourir un jour un marathon. Quelques heures après la course, j'avais envie de crier haut et fort, tel un poilu : « Plus jamais ça ! ». Mais finalement, je me dis qu'un dix kilomètres en moins de 40 minutes ou un semi en moins d'1h30 sont des choses réalisables. Pour le marathon, plus en 2014, soyez-en assuré !

Le marathon de Paris, souffrance et fierté
Partager cet article
Repost0
9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 12:51

Parfois on se demande si on n'a pas vieilli, si le temps ne joue pas trop sur notre physique ou notre mental, sur notre façon de nous amuser, sur notre façon de faire la fête. Et parfois on tombe sur un CD de RFM Party 80. Et là, on ne se demande plus rien. On savoure, à gorge déployée.

 

Partager cet article
Repost0
9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 10:31

Steve McQueen, Twelve years a slave (2013) : 17,5/20. Avec Chiwetel Ejiofor.

Solomon, homme libre du nord des Etats-Unis, est enlevé par des marchands d'esclaves qui le vendent dans le Sud. Au revoir petite famille et jolie maison. Bonjour peur, torture et travaux manuels. L'esclavage.

Une grosse claque. Pas seulement en raison du scénario. Mais les images.... la scène la plus dure est sans conteste l'une des dernières, quand Solomon doit exécuter une peine. Chaque coup de fouet me faisait mal. Pas à mon corps, mais à mon esprit, à mon cœur. C'est un film qui devrait vous toucher (ou alors vous avez des affinités avec le KKK). Grosse performance d'Ejiofor (découvert quelques heures plus tôt dans Dirty Pretty Things avec Tautou). 

Les films sur l'esclavage sont un peu plus nombreux depuis quelques années. Django était très bon, mais dans un tout autre genre (un genre appelé Tarantino, car difficile à décrire). Ici, c'est le drame, sombre. Pas de magie, pas de comédie, pas de sauvetage spectaculaire. Des coups, des larmes et du sang. L'esclavage, le vrai. Oscar du meilleur film. Logique.Twelve-years-a-slave.jpg

Partager cet article
Repost0
9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 09:59

Stephen Frears, Dirty Pretty Things, loin de chez eux (2002) : 16/20. Avec Chiwetel Ejiofor, Audrey Tautou et Sergi Lopez.

Une petite claque. Deux immigrés illégaux, Okwe, un Nigérien, et Senay, une jeune Turque, survivent dans Londres. Petits boulots, petits apparts, petites peurs. Mais la découverte d'un cœur dans la chambre d'hôtel où les deux migrants travaillent bouleverse leurs vies. Ils se retrouvent confrontés à un terrible commerce d'organes. Qui va bientôt les toucher.

Film très sombre, entre le drame et le thriller. Pas de misérabilisme cependant. Les acteurs sont impeccables (Tautou dans un rôle de jeune urque, vraiment stupéfiante). Le scénario amène à regarder les migrants d'une façon différente (humaine).Dirty-Pretty-Things-Audrey-Tautou-Stephen-Frears.jpg

Partager cet article
Repost0
9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 08:16

Albert Dupontel, Le vilain (2009) : 16,5/20. Avec Albert Dupontel, Catherine Frot et Bouli Lanners.

Un braqueur de banque revient chez sa mère pour se cacher. Cela fait 20 ans qu'il est parti. Sa mère est si heureuse de revoir son petit ange... jusqu'à ce qu'elle se rend compte que c'est un vilain ! S'en suit un duel déjanté.

Loufoque, fou, burlesque, cocasse, saugrenu, farfelu... ce film est un ensemble de ces termes. Les scènes de « batailles » entre la mère et son fils sont amusantes, encore plus quand le médecin arrive. Et cette tortue... Dupontel s'installera assez vite dans mon top 5 réalisateur !
Le-vilain--Albert-Dupontel-Catherine-Frot.jpg

 

 

Partager cet article
Repost0

Plus De Blogs